Auteur/autrice : admin

  • Mr. Djub, Hôtel Moderne

    Mr. Djub, Hôtel Moderne

    Du 7 décembre 2023 au 12 janvier 2024
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Vernissage le jeudi 7 décembre 2023, de 18 h à 22 h

    Hôtel Moderne sera le troisième solo show de Mr Djub à la galerie des Yeux Fertiles. Mr Djub est aussi connu sous le nom de Djubaka comme programmateur musical et chroniqueur à France Inter. Dans le cadre de cette exposition, il présentera pour la première fois son théâtre de papier : scalpé, découpé et collé à partir de papier imprimé du XIXe siècle. Les éditions Venus d’ailleurs éditeront à cette occasion un livre à tirage limité de ce théâtre miniature.
    « Le temps est élastique, les sources de mes collages sont des dessins des gravures issues de l’âge d’or de la presse illustrée et populaire de journaux parus entre 1860 et 1900, un monde à cheval entre le Second Empire, les débuts de la IIIe République, et les premiers pas de la belle époque. Mon nouveau terrain de jeu pour cette exposition se concentre sur les vingt-cinq dernières années du XIXe siècle. Nous sommes à Paris, ville-monde qui s’ouvre à toutes les modernités. Alors que Paname dépasse déjà les deux millions d’habitants, l’exposition universelle de 1878 va voir défiler seize millions de pèlerins avides de modernités et de rêves. Les hôtels de luxe ou de rien deviennent des antres à histoires, Paris connaît un bouleversement de pierre et d’âme, le mouvement est perpétuel. Hôtel moderne raconte les secrets et mensonges de personnages qui vont entre deux destinations poser leurs valises dans une ville iconoclaste, hétéroclite, disparate et monstrueusement accueillante. Ici, la nuit ne finit jamais. Pour un temps, la grande bourgeoisie fraye avec les pégriots, les artistes qu’ils soient de scène ou de chevalet fourmillent, les mouvements artistiques des Zutistes, Hydropathes et des Arts Incohérents mènent la danse et proposent une vraie contre-culture. Les sociétés secrètes recrutent à tour de bras. Les merveilles et bizarreries de la nature montent sur les planches et remplissent les salles. Paris est un aimant à ré-enchantement. Les cinquante collages d’Hôtel moderne ont été conçus dans l’esprit d’un cadavre-exquis mâtiné d’Oulipo. La contrainte des images imprimées et l’histoire qui les fait surgir poussent à la rencontre. Chaque collage recèle d’un bout de mensonge ou d’une vérité cachée. C’est aussi dans cet état d’esprit, et sans forcément le vouloir, qu’ont travaillé les dessinateurs et graveurs à qui j’emprunte et remixe des images. Leur rôle consistait à raconter l’extraordinaire sans jamais l’avoir vu, un témoignage par procuration. D’autres qu’eux avaient assisté aux drames qu’ils devaient raconter, crayonner. Le désir d’informer contrairement aux journalistes n’était pas forcément destiné à être véridique, précis. Leur espace était celui de l’extravagance, leur mission donnée du réalisme à l’inconnu. Cette contre-vérité était ensuite confiée au graveur du journal à qui le dessin, dorénavant, appartenait. Il avait le pouvoir de le modifier, de continuer à nourrir cet imaginaire, une fake news sans volonté de nuire. Cette fabulation du quotidien, devient la mienne. Le passé nous rattrape. Paris est une fête, on l’avait presque oublié. »

    Représentations du théâtre de papier

    • Samedi 23 décembre 2023, à 17 h puis à 19 h (première représentation)
    • Samedi 30 décembre 2023, à 17 h puis à 19 h
    • Samedi 6 janvier 2024, à 15 h, à 17 h puis à 19 h

    Devant le succès, l’exposition a été prolongée le jeudi 11 et le vendredi 12 janvier 2024, avec quelques chroniques de Mr. Djub et une galette des rois le vendredi à partir de 18 h. Merci à Bénédicte Philippe de Télérama et à Lucie Servin de L’Humanité.

    Œuvres présentées

    • Mr. Djub, Une riche nature, 2022, collage, exemplaire unique, 23 x 17 cm
    • Mr. Djub, Le mangeur d’orchidées, 2022, collage, exemplaire unique, 29,5 x 42 cm
    • Mr. Djub, Graine de cimetière, 2023, collage, exemplaire unique, 36,5 x 27 cm
    • Mr. Djub, Les pieds dans les nuages, 2023, collage, exemplaire unique, 30 x 26 cm
    • Mr. Djub, Les escrocs du gros caillou, 2022, collage, exemplaire unique, 28 x 43 cm
    • Mr. Djub, On perd toujours à la guerre, 2022, collage, exemplaire unique, 30 x 24 cm
    • Mr. Djub, La clef de verre, 2022, collage, exemplaire unique, 30 x 22 cm

    Artiste : Mr. Djub

  • Visions à tous les étages

    Visions à tous les étages

    Du 2 novembre au 1er décembre 2023
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Vernissage le jeudi 2 novembre 2023

    Des artistes proches du courant « Visionnaire » comme l’avait défini Michel Random :
    Stanislao Lepri, A. Courmes, Dado, E. Desmazières, L. Fini, F. Labisse, Ljuba, J. Le Maréchal, D. Mazuru, L. Missir, M. Prassinos, C. Verlinde, notamment.

    Au fil de l’exposition, quelques nouveautés ont rejoint l’accrochage des visionnaires : des œuvres d’Henri Michaux et de Pierre Curie, puis de Jean Peyrissac.

    Œuvres présentées

    • Stanislao Lepri, Survivre, 1977, huile sur toile, 73 x 117 cm
    • Ljuba, Trois points, 1980, huile sur toile, 162 x 130 cm
    • Jacques Le Maréchal, Là où plane le héron gris, 1991-92, aquarelle et gouache, 25,3 x 32,6 cm
    • Henri Goetz, Sans titre, 1942-43, huile sur panneau, 61 x 47 cm
    • Henri Michaux, Sans titre, circa 1958, encre de Chine et aquarelle sur papier, 39 x 29 cm
    • Pierre Curie, Image radiographique de la main de Marcelle Tinayre, 1903, 18 x 12,5 cm
    • Jean Peyrissac, Signes magiques, Soleil d’été, août 1936, gouache et crayons gras sur papier, 14,5 x 27 cm
    • Mario Prassinos, Prétextat n° 9, 1973, huile sur toile, 130 x 162 cm

    Artistes : Stanislao Lepri, Alfred Courmes, Dado, Leonor Fini, Ljuba, Jacques Le Maréchal, Didier Mazuru, Mario Prassinos, Claude Verlinde, Henri Goetz

  • Endre Rozsda à Saint-Germain, 60 ans après

    Endre Rozsda à Saint-Germain, 60 ans après

    Du 5 au 28 octobre 2023
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Vernissage le jeudi 5 octobre 2023, de 16 h à 21 h

    En 1963, six ans après la première exposition que Simone Kahn Collinet avait organisée pour Rozsda dans sa galerie Fürstenberg en 57 et préfacée par André Breton, Rozsda faisait sa dernière exposition personnelle, toujours chez Simone, et présentée cette fois par Joyce Mansour.

    Du 5 au 28 octobre 2023, la Galerie LES YEUX FERTILES présente l’exposition : Rozsda à Saint-Germain, 60 ans après.

    Des tableaux qui montrent l’évolution de l’artiste de 1939 à 1999, ainsi qu’une très intéressante sélection de dessins.
    Un hommage a été rendu à Simone Kahn (Breton puis Collinet).

    Événements

    • Jeudi 19 octobre 2023 à 18 h : conférence de Monique Sebbag sur Simone Breton-Collinet. « Il est temps de souligner, dans l’invention du surréalisme, le rôle de Simone Breton. Soutien et partenaire passionnée d’André pendant huit ans, le surréalisme est après tout son enfant, un enfant conçu collectivement dans ce 42 rue Fontaine dont elle est le cœur. Ainsi s’explique la ferveur avec laquelle, devenue Simone Collinet, elle en est toujours l’ambassadrice et fait la promotion de jeunes talents, parmi lesquels Rozsda qu’elle tient pour un maître. » Monique Sebbag
    • Vendredi 27 et samedi 28 octobre 2023, de 14 h à 19 h : finissage avec la projection du film documentaire Rozsda, la peinture, la vie de Pierre Boutang (1999, Arte Métropolis), avec David Rosenberg et Annabelle Le Doeuff.

    Œuvres présentées

    • Endre Rozsda, Trompé par la brume, 1977, huile sur carton
    • Endre Rozsda, Pisa, 1974, huile sur toile

    Artiste : Endre Rozsda

  • Jacques Le Maréchal, L’imperceptible abîme

    Jacques Le Maréchal, L’imperceptible abîme

    Du 1er juin au 1er juillet 2023
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Ouverture le jeudi 1er juin 2023, dans le cadre de « Chromatisme ». Une importante monographie, éditée par Venus d’ailleurs, est publiée à cette occasion.

    Jacques Le Maréchal est né en 1928 à Paris.

    Après avoir écrit des poèmes, Jacques Le Maréchal réalise, à partir de 1952, des dessins « inextricables », puis des peintures à la fois transparentes et touffues qu’André Breton remarque. Cependant, il reste indépendant du groupe surréaliste.

    Lors d’un séjour à Londres en 1955-1956, il découvre la gravure et ses techniques grâce à Robert Erskine.

    Sa première exposition est organisée à Londres en 1955.

    Il a été considéré par certains comme le « chef de file » du mouvement informel appelé « visionnaire » dont font partie, entre autres, Didier Mazuru, qui a photographié beaucoup de ses œuvres, Georges Rubel, qui a été son « élève », Jean-Pierre Velly, Yves Doaré, Mordecai Moreh…

    Événements

    • Samedi 17 juin 2023 à 11 h : projection du documentaire consacré à Jacques Le Maréchal par Véronique Faure et Delphine Genest, au Ciné Club Christine, suivie d’une visite de l’exposition à la galerie.
    • Jeudi 22 juin 2023, de 17 h à 21 h : nocturne à la galerie avec l’éditeur Venus d’ailleurs pour la présentation du n° 4 de la revue Alcheringa, lectures et récits avec l’équipe de la revue (Yoan, Sylwia, Joël et Guy), et présentation des publications éditées pour les expositions inaugurales de la Maison André Breton, Centre international du surréalisme à Saint-Cirq-Lapopie : René Alleau, Rêveur définitif et Lettres scellées, correspondance René Alleau-André Breton.

    Artiste : Jacques Le Maréchal

  • Christian d’Orgeix, Métamorphoses

    Christian d’Orgeix, Métamorphoses

    Du 20 avril au 27 mai 2023
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Vernissage le jeudi 20 avril 2023

    Une exposition avec principalement des pièces des années 50 et 60, meilleures périodes de l’artiste. Un catalogue des œuvres a été édité.

    Christian d’Orgeix est issu d’une famille de la noblesse de l’Ariège (les Thonel d’Orgeix), Orgeix étant une petite commune voisine d’Ax-les-Thermes.

    D’abord proche du post-cubisme, il s’inspire d’Albert Gleizes. Monté à Paris à la fin des années 1940, il y travaille avec Hans Bellmer et l’assiste dans la création de sa seconde Poupée (1949). Cette rencontre sera décisive car elle permet à Christian d’Orgeix de fréquenter les surréalistes à Paris. Il côtoie également Anna de Noailles et Henri-Pierre Roché.

    Exposé en Allemagne avant de l’être en France (dès 1955) il découvre à Berlin la peinture de Friedrich Schröder Sonnenstern et de Richard Oelze. Plus tard, il se lie d’amitié avec Wols, Sam Francis et devient le mentor de Konrad Klapheck. Il était également proche de Roberto Matta et de Simon Hantaï, son ancien camarade de chambre. Dans le contexte d’après-guerre, d’Orgeix ne choisit ni vraiment l’appartenance au surréalisme ni vraiment l’engagement auprès des artistes de l’informel. Ce non-choix laissera la peinture de Christian d’Orgeix un peu en dehors d’une histoire de l’art attendue mais elle incarne au mieux les enjeux picturaux qui s’élaborent dans le Paris des années 1950-60.

    Christian d’Orgeix a participé à la documenta II (1959) et à la documenta III (1964) de Cassel. Il participe également au groupe « Phases ».

    L’univers pictural de d’Orgeix paraît de prime abord onirique, tout en possédant une qualité de texture charnelle proche de celle de Francis Bacon. Mais le contenu de ses œuvres, toujours révélé par des titres très précis, quoique souvent humoristiques, se veut volontairement ancré dans la réalité. Son tableau Le Général est une charge féroce contre Charles de Gaulle, que l’on reconnaît sans peine. On trouve également dans sa peinture un équilibre des différentes tendances que rencontrent les avant-gardes dans le Paris d’après Seconde Guerre mondiale. À la fois peinture abstraite, ou du moins non figurative, c’est-à-dire proche des artistes informels, les motifs mécaniques ou biomorphiques que l’on devine, ici où là, renvoient aussi incontestablement sa peinture à une conception surréalisante. Le geste est présent et les fonds sont construits le plus souvent en ayant recours à l’automatisme qu’Hans Bellmer lui avait enseigné. Cette oscillation entre abstraction lyrique et peinture du merveilleux, place l’œuvre de d’Orgeix à la croisée de ces courants picturaux fort différents et lui donne son intérêt esthétique.

    En tant que sculpteur, d’Orgeix recycle des objets trouvés, des cailloux ou des pierres dont la forme l’inspire, et en obtient des résultats souvent étonnants. À la manière d’un Joan Miró, les pierres trouvées sont interprétées à la peinture pour leur donner une dimension poétique. Cette poétique n’est pas sans rappeler le travail d’André Breton qui place les pierres dans la fabrique surréaliste.

    Article de Philippe Dagen dans Le Monde sur l’exposition.

    Œuvres présentées

    • Christian d’Orgeix, Sans titre, ca 1955, gouache et collage sur papier, 27 x 35 cm

    Artiste : Christian d’Orgeix

  • Didier Mazuru, L’Ineffable

    Didier Mazuru, L’Ineffable

    Du 17 mars au 15 avril 2023
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Vernissage le jeudi 16 mars 2023

    Au cœur du sujet

    L’art exprime la vie humaine dans ce qu’elle a à la fois de personnel et d’universel. En art est beau le véridique, l’authentique, obtenu sans concession ni compromis. Il ne s’agit pas pour l’artiste de se forcer à l’originalité, notion superficielle, mais plutôt de parvenir à être soi-même sans se soucier de l’éventuelle appréciation extérieure, qu’elle soit ou non favorable.
    Chercher la vérité revient à donner du sens à l’existence. La beauté peut se définir comme le fruit d’une quête de sens. De ce point de vue, je suis convaincu que l’art qui ne cherche qu’à plaire ne touche personne en profondeur. Miyazaki ne dit-il pas que s’il avait cherché à plaire, ses films seraient déjà oubliés !
    Le sens du beau est lié à la faculté de perception d’un individu, il témoigne de son développement ; il est, en somme, le résultat d’un parcours de vie.
    L’esthétique est davantage liée à la culture, au style, et, donc, demeure une question formelle. C’est pourtant par ce chemin que j’ai abordé le monde de l’art et que, sous l’influence des grands maîtres du passé et aussi du surréalisme, j’ai engagé ma recherche picturale. J’étudiais alors l’architecture. Je travaillais avec soin le dessin, la composition et la technique picturale, multipliant les esquisses préparatoires, soucieux de perfection formelle et technique. 
    Au cours des années 2000 une transformation s’est peu à peu opérée, qui m’a fait passer de l’approche picturale studieuse et contrôlée à celle délibérément improvisée et spontanée.
    La perfection que je cherche à atteindre aujourd’hui ne dépend pas du résultat obtenu, mais de l’attitude au travail, que je veux juste, simple et naturelle, difficile à décrire de l’extérieur. Elle dépend d’un état de présence à soi-même, où l’écoute attentive marquée de bienveillance, d’absence de désir ou d’attente, sont la règle qui seule permet le don de soi : c’est alors qu’en l’artiste la vraie vie coule sans résistance, sans heurt quoi qu’il advienne.
    C’est l’état que je cherche aujourd’hui à atteindre lorsque je me mets au travail. Dans le meilleur des cas le résultat advient de façon inattendue et me surprend moi-même. 
    Didier Mazuru Stockholm le 29 avril 2019


    Ma vision de l’art:

    L’art est avant tout un champ d’expérience pour celui qui le fait, comme pour celui qui le découvre. Il ne s’agit pas tant de comprendre ou d’aimer que d’apprendre à se connecter au monde que l’on aborde. 
    Pas de créativité sans découverte et donc étonnement. L’étonnement est au cœur du geste créateur. 
    À mon sens créer signifie parvenir à se dépasser, tout en restant fidèle à soi-même et donc agir sans compromission.  
    De même, pour l’observateur, prendre connaissance d’un univers pictural authentique signifie avant tout, parvenir à dépasser ses propres limites. 
    Ainsi, le fait que nous soyons tous différents est une vraie richesse dès lors que l’on parvient à s’ouvrir et se mettre à l’écoute les uns des autres.

    La fonction de l’art majeur n’est donc pas tant de chercher à plaire que de déranger (entre autre chose, comme je l’ai déjà souligné, en nous amenant à flirter avec nos limites). Car chercher uniquement à plaire nous oriente dans une direction très superficielle.
    Et quand on demande à Picasso ce que le beau signifie pour lui, il répond que dans son travail, il ne cherche pas la beauté mais la vérité. 
    Il s’agit là, à mon sens, de cette vérité singulière aux multiples facettes, et qui se trouve enfouie au plus profond de nous.

    L’artiste était présent à la galerie le samedi 8 avril 2023. Une petite vidéo a été réalisée comme aperçu de l’exposition.

    Œuvres présentées

    • Didier Mazuru, La progression des pierres, 2017, acrylique et encre de Chine, 37,5 x 33 cm
    • Didier Mazuru, Fruits non défendus, 2019, acrylique sur bois, 65 x 54 cm

    Artiste : Didier Mazuru

  • Bernard Saby, L’intimité du monde

    Bernard Saby, L’intimité du monde

    Du 26 janvier au 25 février 2023
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Une vingtaine d’œuvres exceptionnelles et inédites de Bernard Saby : la 7e exposition de son formidable travail à la galerie en 15 ans.

    Il est toujours intriguant quand on parle de peinture abstraite d’imaginer le mot « intimité » . Après 1945 pour des raisons évidentes aussi bien dans le domaine de la Musique que celui de l’Ecriture ou de la Peinture, beaucoup ont essayé d’imaginer de nouvelles écritures de rupture. Bernard Saby incarne ce défi. D’abord mathématicien, puis membre du mouvement dodécaphoniste avec René Leibowitz et Pierre Boulez , il se décide finalement pour la peinture et cherche ce que serait une nouvelle écriture du sensible. Dans un entretien fait par Michel Butor le Maître du Nouveau Roman, il décrit très précisément la tension née de la possibilité de profondeur.

    Bernard Saby
    Voilà, un jour dans mes tableaux s’est mise à apparaître une profondeur et je me suis enfoncé, je me suis lancé à corps perdu dans son exploration
    Michel Butor
    Comment cette profondeur se produisait-elle ?
    Bernard Saby
    J’essayais d’organiser mes œuvres par des symétries puis par des homologies. C’est-à-dire que je faisais jouer une forme avec une autre semblable mais plus grande ou plus petite. À partir du moment où l’œil identifiait une série de formes semblables croissantes ou décroissantes automatiquement, celles-ci se disposaient dans l’espace.
    Michel Butor
    À l’origine il y a par conséquent une notion de variation qui peut très bien faire comprendre comment tu es passé de la musique à la peinture et quelle parenté essentielle relie ton œuvre à celle des compositeurs les plus inventifs de ton temps.
    Bernard Saby
    Tout vient d’un élément, d’une figure fondamentale, d’un thème que l’on peut définir comme deux lignes verticales de même longueur reliées par une ligne oblique, une sorte de manivelle. Si on lui ajoute son symétrique par rapport à une ligne horizontale, on obtient comme un vilebrequin ; si on lui ajoute à quelque distance son symétrique par rapport à un axe vertical, on obtient d’un côté une sorte de bouteille, de l’autre une sorte de verre, et si l’on fait varier les dimensions de ces éléments les uns par rapport aux autres on engendre des figures en nombre infini.

    D’un point de vue technique ce qui m’intéressait surtout c’est qu’il y avait là un moyen très puissant de lier les unes aux autres, les différentes parties du tableau. Cela forme des figures qui s’encastrent. La droite et la gauche sont ainsi enchaînées l’une à l’autre comme par une série de queues-d’aronde.

    Cette oblique, l’œil a toujours tendance à la redresser, la figure surtout lorsqu’elle se trouve groupée avec d’autres semblables, a tendance à se déployer dans l’espace. L’oblique tendra vers une horizontale, et l’une des deux verticales se mettra en avant ou en arrière de l’autre.

    Je faisais des parois, grottes cristallines et vitrifiées, qui ouvraient quelques fois sur un ciel. En m’enfonçant, je me suis tout naturellement installé dans cette ouverture et j’ai donc peint des paysages.

    Rencontres

    • Vendredi 3 février 2023, de 18 h à 20 h : communication et rencontre avec Stéphane Gatti autour d’œuvres inédites de Bernard Saby. D’où vient-il ?
    • Vendredi 17 février 2023, de 18 h à 20 h : nouvelle rencontre avec Stéphane Gatti, autour des écrits d’André Berne-Joffroy et de Paul Valéry.

    « Suppose toi dans un univers peint de couleurs pures. Ces couleurs se succèdent en mesure sur les corps, le ciel etc. Avec des entrées brusques de soleils incandescents, des nuits noires survenant comme des éclairs etc. chavirements de formes qui se comporteraient comme des fleuves. Et les changements dont je parle affectés de vitesse musicale. » Paul Valéry, Chemin d’André Berne-Joffroy pour arriver à Bernard Saby.

    Œuvres présentées

    • Bernard Saby, Sans titre, 1967, huile sur toile, 54 x 46 cm
    • Bernard Saby, Sans titre, huile sur toile marouflée sur aluminium, 61 x 50 cm
    • Bernard Saby, Sans titre, circa 1954, huile sur papier marouflé sur bois, 61 x 50 cm

    Artiste : Bernard Saby

  • Lou Dubois, Triscénoramas & Cie

    Lou Dubois, Triscénoramas & Cie

    Du 8 décembre 2022 au 12 janvier 2023
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Entomologiste mésestimé, atteint de calembourite aiguë et incurable, le petit Lou Dubois est allé voir ailleurs. Poète, artiste, il ouvre des mondes d’une infinie vastitude dans des cabinets de curiosité compressés.
    Le collage, c’est d’abord le découpage. Montées comme des films, les images basculent dans le grand vide et subissent des commentaires vertement sentis. Il vous plie L’autre et amont en un parapluie, une machine à coudre, un écorché et quelques verres.
    Il fait montre d’un érotisme discret et courtois mais juge mal les belles-mères, les affublant de crucifix turgescents et de saucisses pendantes. Les cerveaux sont occupés par des objets inappropriés. Érudit mélancolique, il amuse et émeut de ses brillantes sotties. Mais le pire c’est qu’il découpe les enfants pour en faire des images.
    Redevenu sérieux, il contribuait à feue la revue Supérieur inconnu, et expose à la galerie des Yeux fertiles.

    En raison du succès de l’exposition, elle a été prolongée les mardi, mercredi et jeudi après-midi de la semaine du 10 janvier 2023.

    Œuvres présentées

    • Lou Dubois, Triscénorama iconique, 2022, 50 x 39,3 x 6 cm
    • Lou Dubois, Merci pour l’escargot, 2021, 22,5 x 29,2 x 4,2 cm
    • Lou Dubois, Réouverture des Boîtes, 2021, 52 x 34 x 10 cm
    • Lou Dubois, Cibo lichen si beau nombril de Vénus, 2022, 39 x 26 x 5,2 cm
    • Lou Dubois, Le chant d’un argonaute, 2022, 39 x 30 x 4,6 cm

    Artiste : Lou Dubois

  • Leonardo Delfino

    Leonardo Delfino

    Du 24 novembre au 3 décembre 2022
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    La galerie Les Yeux Fertiles a le plaisir de vous convier à découvrir les meubles, sculptures et dessins de Leonardo Delfino (1928-2022). Un catalogue est disponible à la galerie ou en pdf sur demande.

    Leonardo Delfino naît à Turin en 1928 au sein d’une famille italienne traditionnelle.
    Son père est lui-même artiste et son enfance est marquée par l’ère mussolinienne et les difficultés économiques qui poussent la famille à émigrer en Argentine en 1936.
    C’est un élève aussi brillant que dissipé. Exclu de l’école à 14 ans, c’est seul qu’il préparera l’entrée à l’Ecole des Beaux-Arts de Buenos Aires qu’il obtient brillamment… avant de la quitter au bout de quelques mois. L’Art l’intéresse dès son plus jeune âge, il n’a que 17 ans lorsqu’il découvre un dessin de Jacques Hérold, artiste surréaliste, qu’il côtoiera plus tard à Paris.
    Sa vocation l’amène à exploiter ses talents manuels pour vivre, c’est ainsi qu’il construit plusieurs ateliers tout en suivant l’enseignement d’un peintre anarchiste.
    Delfino est alors très influencé par le réalisme et le socialisme, et trouve ses modèles parmi le peuple de la rue.
    Artiste autodidacte, féru de littérature et de poésie, il sera toute sa vie un grand lecteur admirant aussi bien les classiques (Tolstoï, London, Nietzsche, Dante … etc) que ses contemporains.
    Ses premières amours vont au dessin, et à la peinture, sa formation première.
    Sa notoriété se développe notamment grâce à des expositions à la galerie Rubbers ou à sa participation à des réunions culturelles dans l’entourage de Romero Brest, critique d’art dominant alors la vie artistique de Buenos Aires. C’est le temps des « fresquistes » comme Diego Rivera ou David Alfaro Siqueiros.
    Il n’a pas 25 ans.
    Sa rencontre avec celle qui va devenir sa femme, Olga, transforme sa vie. Issue d’une famille russe, elle est cultivée, mélomane et elle-même sculptrice.
    Ils décident de se marier et de partir s’installer à Paris. Nous sommes en 1959, période pendant laquelle Paris bouillonne.
    Les premiers temps dans la capitale française sont difficiles mais, comme lui, d’autres jeunes artistes argentins ont fait la traversée et, très vite, Delfino se met à la sculpture et expérimente un nouveau langage créatif en portant son intérêt sur le métal, la « ferraille » qu’il récupère et travaille avec des vis.
    Entre 1961 et 1963, dans le cadre de la Biennale des jeunes : « trente argentins de la nouvelle génération » il réalise sa première exposition avec Pablo Curatella Manes à la galerie Creuze mais également Alicia Penalba ou Guzman.
    Son travail de l’acier, son goût pour le grand format, attire l’attention d’une jeune galeriste américaine Darthea Speyer et marque le début d’une longue collaboration entre eux. En effet, entre 1970 et 1999, ils organiseront 8 expositions ensemble, faisant de Speyer LA galeriste de Delfino.
    Le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris conserve deux œuvres de l’artiste datant de cette période.
    Dès ses premières sculptures, se pose la question centrale de l’organique et de la « réalité masquée par l’extérieur ». Raoul Jean Moulin s’émerveille de ces « formes nouées, tumultueuses pour mieux s’épanouir » et de ces volutes qui transfigurent la pauvreté de la matière.
    Il expose également aux Salons de Mai (de 1966 à 1980) et dans les jardins du Centre Culturel américain avec Albert Féraud sur le thème de « Sept propositions pour le métal ».
    Comme ce dernier, et comme les autres « métallo-poètes » que sont Guino, César, Hiquily, il revisite les techniques d’assemblage et de soudure, exploitant toutes les possibilités offertes par le métal pour créer un nouveau langage.
    Ses œuvres s’illustrent par un rythme, une linéarité sinueuse et une souplesse soulignant la parfaite maîtrise technique de la matière par l’artiste.
    Il trouve son premier atelier parisien avec le sculpteur allemand Colas Geissler , rue de Clignancourt, et le divise en deux pour le partager avec le peintre Corneille. Sur ses conseils, le propriétaire des lieux (initialement une menuiserie) transforme les lieux, ce qui permet à Peter Klasen et à Breyten Breytenbach de s’installer, eux-aussi.
    Très ouverts, Delfino et son épouse sont en contact avec de nombreux artistes comme Edouardo Jonquieres, lui aussi argentin, (dont les peintures ne sont pas sans évoquer celles de Vasarely) ou Julio Cortazar.
    Vers 1965, il abandonne l’acier pour revenir à un travail plus classique de modelage en argile et fixe ses moulages en plâtre avec une résine époxy stratifiée, ce qui l’oblige à un travail minutieux de finition. Cette résine va devenir son matériau de prédilection. Très résistante, facile à mouler, légère, elle demande de nombreuses étapes avant d’obtenir une matière finie aux reflets bronzés concourant à accentuer l’aspect envoûtant de sa sculpture si particulière.
    Il élabore alors des œuvres anatomiques qui enthousiasment ses contemporains louant les « bouquets de muscles et de viscères donnant naissance à des créatures hybrides auxquelles il inspire un lyrisme fascinant ».
    Les années 70 sont celles de la consécration mais aussi celles pendant lesquelles il poursuit sa quête de la création d’un univers fantasmagorique où le noir est une couleur aussi sensuelle que funèbre.
    Delfino enchaîne les expositions, à Paris et en Province, à l’international ( Biennales de Venise, de Budapest, expositions de sculptures en plein air à Séoul…) et surtout reçoit prix et commandes : – tables-sculptures et sièges pour le Musée d’Art Moderne – sculpture commandée par Jacques Toubon pour la Place Nationale …
    Il se voit attribuer un atelier-logement passage Ricaut où il côtoie Jacques Hérold, Edgar Pillet, Andrée Honoré tout en continuant à travailler dans son atelier de la rue de Clignancourt.
    Naturalisé français en 1975, il réalise de nombreux voyages aussi bien en Europe, qu’en Amérique du Sud ou en Egypte.
    Il bouleverse la représentation du corps, sous la pression d’un imaginaire fécond qui lui permet de réinventer la réalité. C’est ainsi qu’il isole des éléments anatomiques qu’il sort de leur contexte pour les associer entre eux tout en les modifiant. La sculpture est un langage et Delfino cherche à créer une langue qui lui soit propre alliant intériorité et réalité objective.
    Avec le développement des musées de sculpture en plein air et les politiques culturelles, certaines villes s’attachent au développement artistique et de nombreux artistes les accompagnent comme Ipoustéguy , Viseux et… Delfino.
    En 1978, la ville de Vitry sur Seine lui concède un terrain pour construire son atelier.
    Il y travaillera jusqu’en 2017… quand les problèmes de santé se liguent pour réfréner son élan créatif en le contraignant d’abord à abandonner les grands formats puis à se consacrer de nouveau au dessin.
    C’est en 1980 que l’une de ses œuvres est implantée Quai Saint Bernard à Paris dans le musée de sculpture en plein air.
    Il reçoit la commande d’une œuvre monumentale pour La Défense, sur le parvis de la société Technip. Il y travaille pendant quatre ans et l’inauguration est faite en 1984, par Jack Lang, alors Ministre de la Culture, appuyant encore l’aura de l’artiste. « Lien du corps » s’impose par sa monumentalité dans un quartier d’affaires alors en plein développement immobilier mais aussi artistique puisque les œuvres de Calder, Miro, Agam , César jouxtent les tours qui ne cessent de s’élever.
    Les années 90 marquent une évolution dans son langage créatif. Sa recherche d’équilibre entre lignes tubulaires et noueuses s’accompagne de l’insertion de formes géométriques. Combinant des éléments géométriques, organiques, naturels, il créée « une nouvelle harmonie des contraires ». Sa technique, elle aussi, se renouvelle et il abandonne le moulage pour celle du montage. Si le noir lustré est toujours là, le rouge fait son apparition. L’apparition de totems, et plus largement la multiplication d’éléments verticaux, traduit sa recherche d’équilibre.
    Le rouge de la Vie s’oppose au noir de la Mort, tandis que l’utilisation de mains, réseaux sanguins, et autres détails réalistes évoquent une certaine violence mais également « le temps qui se consume, la vie qui se dissout dans le vide »
    A la fin des années 2000, Delfino s’isole et se met en retrait de la scène artistique. Il quitte l’atelier du passage Ricaut, puis s’installe rue d’Arcueil. Les expositions se raréfient…
    Deux opérations successives des genoux, l’obligent à réduire son activité créatrice. Il commence par diminuer les formats de ses œuvres avant de revenir à ses premières amours : le dessin. Il alterne alors dessins précis et œuvres plus intérieures.
    L’échéance du bail de son atelier de Vitry, en 2018, l’amène à déménager l’ensemble de ses œuvres rue d’Arcueil.
    Ses amis, sa famille sollicitent alors l’Académie des Beaux Arts afin de rédiger une superbe monographie, rétrospective de l’œuvre d’un artiste d’exception.
    Sa disparition récente rend l’hommage à la carrière de cet artiste complet absolument indispensable afin de remettre en pleine lumière celui qui fut l’un des créateurs les plus accomplis de la seconde moitié du XXème siècle

    Diane de Karajan

  • Art latino-américain

    Art latino-américain

    Du 14 octobre au 19 novembre 2022
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Vernissage le jeudi 13 octobre 2022, de 17 h à 21 h

    La galerie rend un hommage particulier à Joaquín Ferrer (1928-2022). Également dans l’exposition, les artistes « latinos » qui ont parfois été ses amis et compagnons de création à Cuba comme à Paris.

    « Je vois dans la nature des formes abstraites, des lignes et des lignes… Des arbres, par exemple, ont le même intérêt que les formes humaines. Je jouis de les transformer en formes abstraites et de les introduire dans l’architecture de mes tableaux. » J. Ferrer en 2016, cité par Serge Fauchereau in cat. Maison de l’Amérique latine, éd. Hermann, 2017.

    Avec Ramón Alejandro, Roberto Álvarez Ríos, Jorge Camacho, Gerardo Chávez, Mauro Mejiaz, Joaquín Ferrer.

    Œuvres présentées

    • Joaquín Ferrer, L’Arbre S, 1979, huile sur toile, 128 x 128 cm
    • Joaquín Ferrer, A distance du réel, 1979, huile sur toile, 114 x 146 cm
    • Joaquín Ferrer, Série Promenade, 1967, aquarelle sur papier, 34 x 26 cm

    Artistes : Joaquín Ferrer, Ramón Alejandro, Roberto Álvarez Ríos, Jorge Camacho, Gerardo Chávez, Mauro Mejiaz