Auteur/autrice : admin

  • Ody Saban, Tendres assemblées de femmes et autres merveilles

    Ody Saban, Tendres assemblées de femmes et autres merveilles

    Du 14 septembre au 8 octobre 2022
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Vernissage le mercredi 14 septembre 2022

    Ody Saban ouvre une nouvelle porte de rêve dans son univers surréaliste émerveillé.
    Ici, la végétation n’a pas fini d’étinceler. Ni les êtres hybrides de faire éclore des écosystèmes vertigineux. Ni le goût de l’eau de se confondre avec l’outre bleu du ciel…
    Mais les forêts et les océans d’Ody se sentent offerts à des assemblées de femmes. L’objectif constant de ces vastes réunions semble être de conjuguer la poésie visuelle avec la poésie tactile, kinesthésique, olfactive et doucement sonore.
    Les objectifs précis, conjoncturels de ces groupements humains très librement structurés sont toutefois ouvertement affichés comme l’indique les titres de ces œuvres. Il s’agit par exemple de « faire naître des volcans perliers », de « sublimer les feux les plus intenses », de « marier la musique érotique avec les chants d’oiseaux », d’apprendre les gestes et les paroles pour que « les éléphants et les albatros s’entr’apprivoisent », d’investir le « Bateau Soleil », d’initier tant d’autres actes collectifs indispensables.
    Pour ce faire, des images s’échangent à même la peau avec des caresses, des danses, des chants. Des femmes et leurs désirs se meuvent.
    À l’intérieur du féminisme de la nécessité immédiate et de la volonté révolutionnaire, se présente, à perte de vue, un surréalisme féministe. Ici, une liberté éblouissante. Des parfums pour embellir les rêves. Des civilisations nourries au lait de foudre.
    Comme souvent chez Ody Saban, plus les œuvres se présentent comme naïves et presque simplement narratives, plus l’identité des personnages et les rapports entre eux la vie et l’univers se complexifient. Parallèlement, les relations entre les matières, les perspectives, les lumières, les couleurs, les formes et les mouvements s’affinent et se troublent pour nous troubler.
    Bien que la créatrice de ces vies nues nous prenne par la main, il est impossible de « faire le tour » de ces œuvres. Leurs dimensions mythologiques et utopiques, leur puissance pulsionnelle ne peuvent cependant que résonner en nous, frôlant nos propres cœurs que nous percevons soudain bourrés d’explosifs.
    Ici, l’ivresse lucide et la recherche passionnée de sens se nourrissent l’une l’autre. Nous sommes chaleureusement invités à contribuer à ce vaste mouvement de croissance. Avec Ody Saban, accompagnée par l’irruption et l’insurrection calme de ses sœurs, cela n’est pas difficile. Pour commencer à s’aventurer sur les terres volcaniques et fertiles de ces contes aux ramifications infinies, il suffit d’être là et d’entre ouvrir, d’ouvrir ou de fermer les yeux.
    Il y aura encore plusieurs « livres d’artiste uniques » extraits de la bibliothèque magique d’Ody Saban. Et d’autres merveilles.


    Thomas Mordant, Avril 2022

    Rencontres

    • Jeudi 22 septembre 2022 à 18 h : rencontre avec Thomas Mordant, sur les relations entre la vie d’Ody Saban et son art. D’où viennent ces « Tendres assemblées de femmes » et les utopies qu’elles portent ? D’où surgit toute cette nature qui illumine les œuvres ? Comment sont éclos ces papiers de soie ?
    • Jeudi 29 septembre 2022 à 18 h : seconde rencontre avec Thomas Mordant, autour des techniques découvertes par l’artiste (nouvelles formules d’automatisme pictural) et des états d’esprit d’Ody, quand elle nous offre, par sa peinture, cette intensité onirique qui ouvre sur plus de lucidité.
    • Jeudi 6 octobre 2022, de 18 h à 19 h 30 : présentation du livre de Joë Bousquet, Imagination, avec 18 portraits imaginaires et un dessin original d’Ody Saban. Remarques sur les trois textes par Ody Saban, réalisation du livre par Pierre Walunski, introduction aux dessins par Thomas Mordant.

    Ody Saban figure également dans le n° 3 de la revue surréaliste Alcheringa (été 2022).

    Œuvres présentées

    • Ody Saban, Assemblée de femmes pour la sublimation des feux les plus subtiles, 2020, encre et aquarelle sur papier de soie, 116 x 148 cm
    • Ody Saban, Le Surmoi est caché dans le cadavre, encre de Chine, 30 x 41 cm

    Artiste : Ody Saban

  • Bernard Saby, Le corps immense du vide

    Bernard Saby, Le corps immense du vide

    Du 7 avril au 4 juin 2022
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Après cinq importantes expositions, et quatre catalogues depuis 2008, l’exposition Le corps immense du vide vous proposera de découvrir des œuvres majeures et inédites de Bernard Saby, de toutes les périodes et de tous les formats.

    Les succès des expositions précédentes, avec les acquisitions par de grandes collections privées, mais aussi par le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, ainsi que par le Centre Pompidou, nous incitent à vous présenter cet ensemble d’œuvres en deux phases d’expositions différentes et successives, la première au mois d’avril et la seconde au mois de mai.

    Premier volet du jeudi 7 avril au jeudi 28 avril 2022. Second volet du vendredi 6 mai au samedi 28 mai 2022, vernissage le jeudi 5 mai, de 17 h à 21 h. Le 5e catalogue édité par la galerie est paru à cette occasion.

    En raison du succès de cette double exposition, une semaine supplémentaire a été proposée jusqu’au samedi 4 juin, avec un nouvel accrochage et des inédits. Stéphane Gatti, représentant l’atelier de l’artiste, y a présenté des œuvres inédites sur papier et des miniatures, et a raconté les méthodes et les sources de la peinture de Bernard Saby, le vendredi 3 et le samedi 4 juin, de 16 h 30 à 19 h.

    Œuvres présentées

    • Bernard Saby, Sans titre, 1955, miniature, huile sur toile, 22 x 16 cm. Exposition : Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, rétrospective de 1986, n° 157
    • Bernard Saby, Sans titre, 1958, huile sur toile, 97 x 130 cm. Provenance : collection Jean-Claude de Feugas, Paris ; collection Jean-Claude Abreu. Exposition : Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, « Saby », février-mars 1986, n° 33
    • Bernard Saby, Sans titre, circa 1956, gouache sur enduit à la caséine, 81 x 65 cm
    • Bernard Saby, Sans titre, 1956, huile sur toile, 116 x 147 cm
    • Bernard Saby, Sans titre, 1968-1969, huile sur toile, 116 x 89 cm. Exposition : Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 12 février-13 avril 1986
    • Bernard Saby, Sans titre, circa 1955, tempera et gouache, 19 x 24 cm. Exposition : Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 12 février-13 avril 1986
    • Bernard Saby, Sans titre, 1950, fusain sur papier, 24 x 32 cm
    • Bernard Saby, Sans titre, 1957, dessin au fusain sur papier, 22 x 30 cm
    • Bernard Saby, Sans titre, circa 1955, dessin à l’encre de Chine sur papier, 25 x 32 cm
    • Bernard Saby, Sans titre, 1968, dessin au fusain et à la craie, 30 x 25 cm
    • Bernard Saby, Sans titre, 1951, dessin au fusain, 17 x 13 cm
    • Bernard Saby, Sans titre, circa 1963, gouache sur papier marouflée sur aluminium, 33 x 24 cm

    Artiste : Bernard Saby

  • L’Emprise des sens, variations érotiques

    L’Emprise des sens, variations érotiques

    Du 11 février au 19 mars 2022
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Vernissage le jeudi 10 février 2022, de 16 h à 21 h

    Un panorama de l’érotisme chez les artistes contemporains et historiques de la galerie, issus du Surréalisme et des arts singuliers.

    Avec Hans Bellmer, Jean Benoît, Pierre Bettencourt, Lucien Coutaud, Lou Dubois, Joaquim Vicens Gironella, Man Ray, Pierre Molinier, Ody Saban, Sir L, Josette Rispal, Virginia Tentindo, Jorge Vigil.

    Août 1953 : Pierre Bettencourt est invité dans le midi de la France par Jean Dubuffet à chasser le papillon. Il confectionne alors de petits portraits avec les ailes de papillons. À ce moment-là sa vie, dit-il, va se précipiter dans une direction toute nouvelle. En octobre, novembre 1953, n’ayant plus de papillons, il ramasse alors dans les bois des silex et écorces avec lesquels il constitue des visages et des scènes, en les collant sur un fond de contreplaqué. À partir de là démarre la quête passionnante des 388 Hauts Reliefs qui se clôturera en 1991. Le Divin Marquis, n° 6 de cette classification et constitué des matériaux les plus bruts, en fait une œuvre historique.

    Né en Catalogne, Joaquim Vicens Gironella est artisan bouchonnier et passionné par les chênes-lièges. En France, à Toulouse, dès 1941, il sculpte le liège alors qu’il travaille dans une usine de bouchons. Jean Dubuffet, en 1948, découvre son travail et lui organise une exposition au sein du foyer de l’Art Brut à Paris. Ses œuvres se trouvent actuellement dans les grandes collections publiques et privées d’Art Brut.

    Œuvres présentées

    • Hans Bellmer, Nu à la feuille, circa 1937, crayon et gouache, 29 x 25 cm
    • Pierre Molinier, Hanel Sechs !, tirage photographique original, 18,5 x 14,5 cm
    • Pierre Bettencourt, Le Divin Marquis, 1954
    • Pierre Bettencourt, Le Mystère du temps, 1970, haut relief, 124 x 175 cm
    • Joaquim Vicens Gironella, Désirs, circa 1970, liège sculpté
    • Virginia Tentindo, Eros, bronze doré, 18,5 x 14,5 cm
    • Sir L, Dame-oiselle au lion affolé, 1974, graphite sur papier, 21 x 29,7 cm

    Artistes : Hans Bellmer, Jean Benoît, Pierre Bettencourt, Lucien Coutaud, Lou Dubois, Joaquim Vicens Gironella, Pierre Molinier, Ody Saban, Sir L, Josette Rispal, Virginia Tentindo, Jorge Vigil

  • La Grande Java de Mr. Djub

    La Grande Java de Mr. Djub

    Du 2 décembre 2021 au 5 février 2022
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Mr. Djub

    « J’ai réalisé mon premier collage en 1983. J’avais 14 ans, j’étais punk, je faisais des fanzines. Une époque où l’on fabriquait toutes les maquettes de manière traditionnelle… En France, l’héritage punk et situationniste était déjà bien ancré. Le collage était donc une pratique naturelle, mais dans une application surtout politique, dans l’idée du slogan. Le collage a une histoire fascinante. Certains remontent à Charles Dufresny au XVIIIe siècle. Pour ma part, je suis émotionnellement relié aux dadaïstes Raoul Hausmann, Hannah Höch ou John Heartfield ainsi qu’aux surréalistes bien sûr et particulièrement avec Max Ernst – c’est à cette période précise que je suis le plus attaché. Ensuite, j’aime la façon dont les gens d’art brut ont fait évoluer les choses en combinant les techniques, passant du papier aux objets pour se raconter. Le collage est plus une pratique commune qu’un mouvement à proprement parler, c’est une réalité. Par contre, un état d’esprit soude les collagistes : le stakhanovisme de l’affaire. Ce sont tous des furieux du scalpel qui veulent faire surgir d’un matériel étranger un sens nouveau, une malice de détournement. Et le vrai truc là-dedans reste jusqu’où tu es capable de pousser l’exercice. Je crois aussi qu’il faut savoir distinguer les collagistes des addicts de l’ordinateur et de l’assemblage digital.  Je ne travaille que sur des journaux parus entre 1840 et 1880 pour des raisons de cohérence. Un des avantages du collage, c’est justement son manque de repère. En ce sens, aucun dogme n’enferme sa pratique, il n’a donc pas d’école définie, et j’adore cela, moi qui revendique mon état d’autodidacte ayant été éjecté de l’Éducation nationale à 16 ans. Ernst disait : « Si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n’est pas la colle qui fait le collage.» En art, rien ne peut se résumer à une technique. »

    Mr Djub vit et travaille à Paris (France). Il réalise ses premiers collages en 1983. Claude Roffat, reconnu et respecté pour son travail auprès des singuliers français, créateur de la référentielle revue d’art singulier et brut L’Œuf sauvage, expose l’artiste dans sa galerie de Paris au crépuscule des années 1980. À partir de 2010, Mr Djub complexifie sa technique de collage, décidant de créer uniquement à l’aide de « papiers anciens » – des gravures imprimées entre 1840 et 1890 éditées dans le cadre de publications populaires d’actualités art, culture, politique et faits divers. Recherchant la vérité d’un papier fragilisé et généralement difficilement conservé, ses créations rejettent les gestes – tels que reprographie, réequilibre des couleurs, surlignage à l’encre – autres que ceux imposés par une paire de ciseaux et un scalpel. Mr Djub est également Djubaka (programmateur musical pour la radio nationale France Inter) et la moitié du duo d’activistes Anne & Julien, fondateurs du projet artistique HEY! modern art & pop culture en 2010.

    Texte : Anne Richard

    À lire : Les Mondes Promis, illustrations Mr Djub, textes Rosita Warlock (éditions Rackham).

    www.galerie-lesyeuxfertiles.com
    instagram@mr_djub
    www.heyheyhey.fr

    Collages sur papier presse du XIXe siècle, et en exclusivité des collages en couleurs. Mr. Djub était présent à la galerie le samedi 11 décembre 2021, puis le samedi 8 janvier 2022 pour faire découvrir son élixir, le Myrthillium, et conter quelques chroniques et étranges histoires : celles de l’Explorateur, de l’Oiseau qui pense ou de la Lévitatrice.

    Articles dans Télérama Sortir et Beaux-Arts Magazine. Devant le succès, l’exposition a été prolongée jusqu’au 5 février 2022, en même temps que l’exposition de dessins de Jorge Vigil, Itinéraire d’un rêveur.

    Œuvres présentées

    • Mr. Djub, La Foire aux serpents, 2020, collage, papier presse XIXe siècle, 27 x 20 cm
    • Mr. Djub, Il faut savoir éléphant garder, 2020, collage, papier presse XIXe siècle, 43,5 x 26,3 cm
    • Mr. Djub, L’Œil de la police, 2021, collage, papier presse XIXe siècle, 37 x 32 cm
    • Mr. Djub, Mauvais calcul, 2021, collage, papier presse XIXe siècle, 28 x 23,5 cm
    • Mr. Djub, Ça chauffe à Wuhan, 2020, collage, papier presse XIXe siècle, 22 x 32 cm
    • Mr. Djub, Barbachat, 2021, papier presse XIXe siècle, 23 x 17 cm
    • Mr. Djub, Ripaille & Pagaille, 2020, papier presse XIXe siècle, 27,5 x 41,5 cm
    • Mr. Djub, Les Beaux Dimanches, 2020, papier presse XIXe siècle, 22 x 32 cm
    • Mr. Djub, La Course, 2021, papier presse XIXe siècle, 31 x 22 cm
    • Mr. Djub, Champignon céleste, 2020, papier presse XIXe siècle, 43 x 27 cm
    • Mr. Djub, L’Art moderne, 2017, collage, 25,5 x 20 cm
    • Mr. Djub, L’École à la maison, 2020, collage, 26 x 31 cm

    Artiste : Mr. Djub

  • Christine Sefolosha, Odyssée nocturne

    Christine Sefolosha, Odyssée nocturne

    Du 22 octobre au 27 novembre 2021
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Les vaisseaux fantômes, les navires errants, naufragés, engloutis, habitent notre imaginaire, la littérature et ses mythes depuis L’Odyssée et l’Arche de Noé. C’est que l’océan est un élément immense et menaçant, un monde familier et dangereux. Le sublime et l’horrible s’y emblématisent avec la finitude de l’humain et son aptitude à surmonter ce qui l’excède, à toiser l’impossible. Les fonds des mers sont jonchés d’épaves qui sont en soi des trésors pour nos rêves. Ce monde sub-aquatique nous fascine par son inhospitalité attirante, son altérité radicale.
    L’univers des oeuvres de Christine Sefolosha possède cette familiarité inquiétante, cette atmosphère nocturne où les formes semblent se dissoudre sous nos yeux tandis que nous sommes saisis par leur beauté épique. Ce monde flou engendre des monstres qui sont les nôtres. Nulle aube pour les faire fuir dans ces dessins, ces monotypes, ces encres échevelées. L’art de Christine Sefolosha ne nous protège pas de nos inquiétudes, il nous les dépeint dans ses troublantes métaphores, ses arachnéennes allégories qui sont sans merci pour le spectateur de leurs fééries tantôt burlesques tantôt sombres.

    Charles-Arthur Boyer

    Article de Bénédicte Philippe dans Télérama, 24 novembre 2021.

    Œuvres présentées

    • Christine Sefolosha, Orage, 2020, technique mixte, 82 x 45 cm (œuvre du carton d’invitation)
    • Christine Sefolosha, L’Arche, 2019, technique mixte sur papier Japon, 70 x 100 cm
    • Christine Sefolosha, Nacelle, 2019, technique mixte sur papier Japon, 200 x 135 cm
    • Christine Sefolosha, De nuit sur le Léman, 2018, technique mixte sur papier marouflé, 56 x 82 cm
    • Christine Sefolosha, Au dessus de la ville, 2018, technique mixte sur papier marouflé, 65 x 50 cm

    Artiste : Christine Sefolosha

  • Bernard Schultze, pionnier de l’abstraction informelle

    Bernard Schultze, pionnier de l’abstraction informelle

    Du 10 septembre au 16 octobre 2021
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    PIONNIER DE L’ABSTRACTION INFORMELLE

    Artiste : Bernard Schultze

  • El Fuego, sculptures de Virginia Tentindo

    El Fuego, sculptures de Virginia Tentindo

    Du 19 juin au 23 juillet 2021
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    J’ai fait la connaissance de Virginia Tentindo en 1997, en rejoignant le comité de rédaction de la revue Supérieur Inconnu, dont elle était membre. Je me souviens, lors de ma première visite dans son atelier, en compagnie de Sarane Alexandrian, avoir été saisi par la beauté convulsive de cet art, en prise directe sur Merveilleux. Virginia nous a toujours accueillis avec une générosité rare et une hospitalité toute argentine, telle une « prêtresse de la Terre-de-Feu » au sein de son sanctuaire onirique, constitué de terres cuites, de bronzes, de marbres, de sa faune et de sa flore, le tout, sorti d’un imaginaire des plus fertiles. Cet atelier, l’écrivain surréaliste José Pierre l’évoqua en 1986, comme « la fabrique des dieux ». Les sculptures de Virginia Tentindo, à la fois sensuelles et terribles, associent des têtes de félidés avec des corps d’hommes et de femmes, aux jambes qui se fondent en une seule, longue et flexible comme un serpent. Ces humanimaux, tels que les appelle Sarane Alexandrian, ont l’air de plantes carnivores. Il ne s’agit pas d’hybrides tels qu’en fabriquent des artistes enclins à des effets insolites faciles, car l’originalité de Virginia est justement de ne pas faire d’assemblages arbitraires. Julio Cortázar a ainsi pu écrire (in Voyage vers un temps pluriel) que chez Virginia Tentindo, « tout est ou peut être mandragore, Gorgone, hermaphrodite, rite phallique, hiérogamie et pourquoi pas épiphanie ». Car rien n’est donné sur un seul plan et la multiplicité des essences est, pour plusieurs de ses sculptures, comme une invite à s’approcher et à toucher ; alors on découvre que ces pièces ne commençaient ni ne finissaient à leur contour visuel mais que le toucher est là pour ouvrir une seconde porte basse. L’art de Tentindo n’est jamais apparence mais toujours intériorité. On dirait, écrit encore Cortázar, « que la nature s’interroge alors sur sa persistante monotonie et cherche à travers l’art quelque chose de plus que l’imitation que lui impartit Oscar Wilde, une rénovation capable de nous arracher à la routine génétique. Là, tout est substitution, parachèvement et ouverture vers de nouvelles constellations de formes. »

    Virgina Tentindo est née à Buenos Aires en 1931. Ses grands-parents sont des émigrés italiens qui s’étaient installés, comme tant d’autres en Argentine, non pas par goût de l’exotisme, mais pour des raisons multiples, dont l’exode d’une partie de la population du royaume des Deux-Siciles, Adolescente, elle fréquente les quartiers populaires de Buenos-Aires. Depuis son enfance, elle accompagne sa mère et son père dans les bals de nuit. La musique et la danse (surtout) joueront un rôle important dans sa vie comme dans son travail, qu’elle définira comme « une pratique du corps dans l’espace ».

    Le père de Virginia est violoniste dans un orchestre de tango. Virginia Tentindo accomplit sa formation aux écoles Manuel Belgrano, Prylidiano Pueyrredon et Ernesto de la Cracova, avant de réussir le concours d’entrée et de suivre avec succès les cours de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts. A sa sortie des Beaux-Arts, Virginia Tentindo loue dans le centre de Buenos Aires, avec une amie de dix ans son aînée, un entresol qui a l’avantage de posséder un four et deux vitrines donnant sur la rue, pour exposer ses sculptures. C’est ainsi qu’à l’âge de dix-huit ans, soit deux ans après avoir exposé en 1947 ses œuvres pour la première fois dans la Galerie Peuser, elle put ouvrir sa propre galerie, baptisée du doux nom de Vahiné. Pour rentabiliser l’affaire, outre l’exposition de ses œuvres et de celles de ces collègues de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts, la jeune artiste donne des cours de modelage. Virginia ressent le besoin de s’assumer dans l’exil, que le tango chante et danse. Avant de quitter son pays, elle présente ses sculptures et ses gouaches dans la Galerie Krayd en 1952 dans une exposition argentine intitulée « Huit Jeunes Artistes Surréalistes ».

    En 1953, elle quitte Buenos Aires avec ses amis Osky (le plus grand dessinateur de B.D. des années 50) et sa femme Ruth Varansky. Virginia Tentindo rejoint Naples en passant par Gênes, où se trouve une partie de sa famille. Durant son séjour à Naples, elle approfondie ses connaissances de la céramique et apprend la technique des émaux à Vietri sul Mare. Néanmoins, son désir est de venir s’installer en France. En septembre 1953, Virginia Tentindo arrive à Paris. L’émigrée argentine y est mal accueillie. Le combat commence et tout d’abord pour subsister : elle modèle des objets en terre cuite et travaille au noir dans des conditions difficiles, avant de regagner le soir une chambre sans électricité ni confort. Ce combat, elle le mènera seule durant dix ans. Puis, en marge de divers travaux, comme celui de décorer des boîtes à bonbons pour la maison Fouquet, Virginia Tentindo devient la secrétaire (assistante documentaliste) du poète surréaliste Philippe Soupault, pour qui il fait notamment des recherches dans les bibliothèques. Virginia Tentindo retrouve à Paris son amour de jeunesse : le peintre surréaliste gréco-argentin Juan Andralis (1927-1994). Deux ans plus tard, en 1955, elle retrouve également le peintre et sculpteur argentin Julio Silva, qu’elle épousera en 1959 et avec lequel elle aura deux enfants : Olivier et Stella.

    En 1960, Virginia élargit le spectre de son art, en devenant créatrice de personnages en petit format (30 cm), grâce au cinéaste Abel Gance, qui pour son film Austerlitz, lui commande cinquante sculptures de figurines, d’après Le Sacre de Napoléon (1805-1807) du peintre Jacques-Louis David. Neuf plus tard, en 1969, elle réalisera les poupées du remarquable film de Nelly Kaplan, La Fiancée du pirate. Le couple Silva-Tentindo installe un atelier dans la maison familiale et travaille de concert à des œuvres graphiques, des travaux publicitaires et des illustrations diverses. Mais bientôt, après plusieurs périodes de turbulences, le couple se sépare définitivement. Virginia reprend son indépendance et doit assumer seule sa subsistance et celle de ses deux enfants. C’est ainsi qu’elle entame une carrière de graphiste et de maquettiste pour différents éditeurs dont le magazine Science & Vie.

    En 1974, Virginia Tentindo s’installe à Pietrasanta, en Toscane, où elle apprend à travailler le marbre, à Torano près des célèbres carrières de Carrare. Dans les fonderies de Pietrasanta, puis de Bologne, elle commence à réaliser ses bronzes. En 1979, Virginia Tentindo installe son atelier au célèbre Bateau-Lavoir, à Montmartre dans le 18e arrondissement de Paris. Ce dans ce lieu que va travailler Virginia, tout comme l’un de ses amis, le peintre surréaliste hongrois Endre Rozsda. Dès lors, son œuvre, saluée et admirée par des personnalités aussi exigeantes que Nelly Kaplan, Julio Cortázar, Dolfi Trost, Théodore Brauner, José Pierre, Pierre Alechinsky ou Sarane Alexandrian, sera présentée dans de nombreuses expositions internationales, collectives et personnelles (130 expositions à 2013).

    En 2011, l’Université de Florence et l’Accademia delle arti del disegno, avec le concours de l’Institut Français de Florence et du Centre de recherche sur le surréalisme, lui ont consacré un colloque, sous le titre de : « Les Chimères surréalistes de Virginia Tentindo », en même temps qu’une rétrospective, « Virginia Tentindo, Sculptures, Dessins », à l’Accademia delle arti del disegno. A cette occasion, fut projeté le film de Fabrice Maze et Jean-François Rabain Minimes Innocences consacré à Virginia Tentindo, soit à l’inventrice d’un monde dominé par le mythe, la poésie et l’érotisme ; un monde onirique qui ne cesse d’explorer davantage, toujours davantage, tant la matière que les arcanes de l’être, tout en prolongeant le surréalisme, dont elle est en sculpture l’une des représentantes, comme l’a écrit Françoise Py et avant elle, José Pierre (in L’univers surréaliste, Somogy, 1983).

    El fuego ! C’est cela Virginia Tentindo, le tango du Feu de la vie et de la passion ; le Feu du désir et de la poésie ; le Feu de la métamorphose et celui de l’alchimiste qui, de son Athanor, ressort de l’or émotionnel en terre-cuite : un Chat d’octobre ou une Lionne des jours Terre-Lune. Virginia aux mains de flamme sculpte le feu sous la cendre.

    Christophe DAUPHIN

    Artiste : Virginia Tentindo

  • Jorge Camacho

    Jorge Camacho

    Du 9 février au 25 mars 2021
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    En 1952, il abandonna ses études de droit pour se consacrer entièrement à la peinture.

    Au Mexique, en 1959, il rencontra le peintre José Luis Cuevas et ensemble ils entreprirent un long voyage aux sources de la culture maya.

    Camacho arriva à Paris en 1959, où il retrouva ses amis: le sculpteur Agustín Cárdenas qui le présenta à André Breton en 1961 et le peintre Joaquin Ferrer. Il intègra très vite le groupe surréaliste. « Celui qui piège », ainsi que le désignait Breton en 1964, restera fidèle à ses premiers engagements.

    L’espace pictural de Jorge Camacho aborde des mondes torturés, où l’ésotérisme le plus sophistiqué côtoie un chamanisme surprenant. Au-delà de ces marques, les tableaux de Jorge Camacho expriment un univers poétique, sous l’éclairage raffiné d’une palette fauve.

    Écriture, photographie, musique — c’était un amoureux du jazz et du flamenco — tout comme sa passion pour l’alchimie, l’occultisme ou l’ornithologie sont des appoints décisifs à son travail de peintre.

    Il a illustré notamment les œuvres poétiques de Jean-Pierre Duprey, Gilbert Lely, Guy Cabanel, Joyce Mansour, Claude Tarnaud.

    Il a traduit de l’espagnol en français des poèmes du poète haïtien Magloire Saint-Aude.

    Jorge Camacho vivait et travaillait entre Paris et l’Andalousie depuis 1975.

    Todo el mundo habla de surrealismo, pero son muy pocos los que lo comprenden (« Tout le monde parle de surréalisme, mais bien peu le comprennent »), Jorge Camacho.

    Expositions

    Quelques expositions personnelles importantes dans le parcours de Camacho
    En 1962, sa deuxième exposition personnelle à la galerie Daniel Cordier s’intitule « L’Immaculée Conception des papes ». Elle s’inspire de l’œuvre férocement anticléricale de l’écrivain allemand Oskar Panizza et elle est organisée avec le concours du groupe surréaliste.
    En 1967, c’est l’œuvre de Raymond Roussel qui lui inspire l’exposition « HARR », à la galerie Matthias Fels, ainsi qu’un recueil de poèmes, L’Arbre acide.
    Autre exposition marquante : « Le Ton haut », en 1969, inspirée par l’alchimie traditionnelle, remise à l’honneur dans les cercles surréalistes par René Alleau et Eugène Canseliet. Elle inspirera également une exposition à la Galerie de Seine, en 1975 : « La Danse de la mort », préfacée par René Alleau lui-même, ainsi qu’un traité hermétique original, conçu en collaboration avec Alain Gruger, Héraldique alchimique nouvelle, publié en 1978 (aux éditions du Soleil noir).

    Artiste : Jorge Camacho

  • Territoires singuliers

    Territoires singuliers

    Du 3 décembre 2020 au 30 janvier 2021
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Heureux de vous retrouver pour découvrir  » la matière transfigurée « dans notre nouvelle exposition

    TERRITOIRES SINGULIERS

    avec des oeuvres de Pierre Bettencourt, Chomo, Yolande Fièvre,
    Louis Pons, Josette Rispal

  • Art brut à la folie !

    Art brut à la folie !

    Du 17 septembre au 25 octobre 2020
    Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

    Cette exposition couvre plus de cent vingt ans de création d’art brut. Elle propose un large corpus d’œuvres historiques asilaires et médiumniques ainsi que des œuvres «contemporaines». Leurs rencontres respectives avec Max Ernst et André Breton achèvera