Du 14 septembre au 8 octobre 2022
Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e
Vernissage le mercredi 14 septembre 2022
Ody Saban ouvre une nouvelle porte de rêve dans son univers surréaliste émerveillé.
Ici, la végétation n’a pas fini d’étinceler. Ni les êtres hybrides de faire éclore des écosystèmes vertigineux. Ni le goût de l’eau de se confondre avec l’outre bleu du ciel…
Mais les forêts et les océans d’Ody se sentent offerts à des assemblées de femmes. L’objectif constant de ces vastes réunions semble être de conjuguer la poésie visuelle avec la poésie tactile, kinesthésique, olfactive et doucement sonore.
Les objectifs précis, conjoncturels de ces groupements humains très librement structurés sont toutefois ouvertement affichés comme l’indique les titres de ces œuvres. Il s’agit par exemple de « faire naître des volcans perliers », de « sublimer les feux les plus intenses », de « marier la musique érotique avec les chants d’oiseaux », d’apprendre les gestes et les paroles pour que « les éléphants et les albatros s’entr’apprivoisent », d’investir le « Bateau Soleil », d’initier tant d’autres actes collectifs indispensables.
Pour ce faire, des images s’échangent à même la peau avec des caresses, des danses, des chants. Des femmes et leurs désirs se meuvent.
À l’intérieur du féminisme de la nécessité immédiate et de la volonté révolutionnaire, se présente, à perte de vue, un surréalisme féministe. Ici, une liberté éblouissante. Des parfums pour embellir les rêves. Des civilisations nourries au lait de foudre.
Comme souvent chez Ody Saban, plus les œuvres se présentent comme naïves et presque simplement narratives, plus l’identité des personnages et les rapports entre eux la vie et l’univers se complexifient. Parallèlement, les relations entre les matières, les perspectives, les lumières, les couleurs, les formes et les mouvements s’affinent et se troublent pour nous troubler.
Bien que la créatrice de ces vies nues nous prenne par la main, il est impossible de « faire le tour » de ces œuvres. Leurs dimensions mythologiques et utopiques, leur puissance pulsionnelle ne peuvent cependant que résonner en nous, frôlant nos propres cœurs que nous percevons soudain bourrés d’explosifs.
Ici, l’ivresse lucide et la recherche passionnée de sens se nourrissent l’une l’autre. Nous sommes chaleureusement invités à contribuer à ce vaste mouvement de croissance. Avec Ody Saban, accompagnée par l’irruption et l’insurrection calme de ses sœurs, cela n’est pas difficile. Pour commencer à s’aventurer sur les terres volcaniques et fertiles de ces contes aux ramifications infinies, il suffit d’être là et d’entre ouvrir, d’ouvrir ou de fermer les yeux.
Il y aura encore plusieurs « livres d’artiste uniques » extraits de la bibliothèque magique d’Ody Saban. Et d’autres merveilles.
Thomas Mordant, Avril 2022
Rencontres
- Jeudi 22 septembre 2022 à 18 h : rencontre avec Thomas Mordant, sur les relations entre la vie d’Ody Saban et son art. D’où viennent ces « Tendres assemblées de femmes » et les utopies qu’elles portent ? D’où surgit toute cette nature qui illumine les œuvres ? Comment sont éclos ces papiers de soie ?
- Jeudi 29 septembre 2022 à 18 h : seconde rencontre avec Thomas Mordant, autour des techniques découvertes par l’artiste (nouvelles formules d’automatisme pictural) et des états d’esprit d’Ody, quand elle nous offre, par sa peinture, cette intensité onirique qui ouvre sur plus de lucidité.
- Jeudi 6 octobre 2022, de 18 h à 19 h 30 : présentation du livre de Joë Bousquet, Imagination, avec 18 portraits imaginaires et un dessin original d’Ody Saban. Remarques sur les trois textes par Ody Saban, réalisation du livre par Pierre Walunski, introduction aux dessins par Thomas Mordant.
Ody Saban figure également dans le n° 3 de la revue surréaliste Alcheringa (été 2022).
Œuvres présentées
- Ody Saban, Assemblée de femmes pour la sublimation des feux les plus subtiles, 2020, encre et aquarelle sur papier de soie, 116 x 148 cm
- Ody Saban, Le Surmoi est caché dans le cadavre, encre de Chine, 30 x 41 cm
Artiste : Ody Saban


