Peintre, dessinateur et sculpteur allemand, né le 31 mai 1915 à Schneidemühl (aujourd’hui Piła, Pologne), mort le 14 avril 2005 à Cologne.
Parcours
Bernard Schultze grandit à Berlin, où il étudie de 1934 à 1939 à la Hochschule für Kunsterziehung, notamment auprès de Willy Jaeckel, avant de passer par l’académie des beaux-arts de Düsseldorf. Mobilisé, il combat en Russie et en Afrique ; toutes ses œuvres antérieures disparaissent dans les bombardements de Berlin en 1944. Réfugié deux ans à Flensburg, il s’établit en 1947 à Francfort.
En 1949, il rencontre la peintre Ursula Bluhm, qu’il épouse en 1955 ; elle sera, sous le nom d’Ursula, sa compagne d’atelier pendant près de cinquante ans. Un premier séjour à Paris, en 1951, où il découvre André Masson, Wols et Jean-Paul Riopelle, est décisif : il peint ses premières toiles informelles. En décembre 1952, il fonde à Francfort le groupe Quadriga avec Karl Otto Götz, Otto Greis et Heinz Kreutz.
La galerie Daniel Cordier l’expose à Paris en 1958 et 1962. En 1964, il aménage une salle de Migofs à la documenta III de Kassel. Il reçoit le prix d’art de la ville de Cologne (1969), entre à l’Académie des arts de Berlin (1972) et obtient le prix Lovis-Corinth (1986). Une grande rétrospective circule en Allemagne en 1980 et 1981. À partir de 1995, il partage son temps entre Paris et Cologne.
L’œuvre
D’abord gestuelle et informelle, nourrie par l’intérêt d’André Breton pour l’inconscient, sa peinture gagne le relief : éléments plastiques à partir de 1954, paille, chiffons et ficelle vers 1957. Les œuvres quittent alors le châssis et s’accrochent à des armatures de grillage ou de branches. À partir de 1961 naissent les « Migofs », assemblages et collages qu’il décline ensuite en bronze et en mannequins de plastique coloré.
Les années 1970 voient des huiles et aquarelles aux figures zoomorphes et des paysages aux tons pastel ; les années 1980 et 1990, de très grandes toiles (jusqu’à 15 m²), les « tabuskri » (1991), des bronzes et des eaux-fortes. Les sculptures-peintures et mobiles présentés à Chaumont-sur-Loire en 2023 jouent de verts, d’orangés, de rouges et de bleus fluorescents.
Expositions et collections
- Museum Ludwig (Cologne), Tate (Londres), Museum of Modern Art (New York) ; Villa Hammerschmidt (Bonn).
- Œuvres sur papier, Albertina, Vienne, 1984.
- Sculptures-peintures et mobiles, saison d’art 2023 du Domaine de Chaumont-sur-Loire.
- Exposition des 25 ans de la Galerie Les Yeux Fertiles, 22 mai au 19 juin 2026, avec un Sans titre (1957, technique mixte sur papier marouflé sur toile, 42 x 60 cm, reproduit dans B. Schultze, Hirmer, 1991, p. 246).


