Peintre et cartonnier de tapisserie français d’origine grecque, né le 30 juillet 1916 à Constantinople, mort le 23 octobre 1985.
Parcours
Issu d’une famille grecque de Constantinople, Mario Prassinos arrive en France en 1922, après l’expulsion des Grecs de Turquie, avec ses parents et sa sœur Gisèle, future écrivaine. Il étudie au lycée Condorcet, à l’École des langues orientales puis à la faculté des lettres de Paris, et non aux Beaux-Arts ; il passe brièvement par l’atelier du peintre Clément Serveau.
C’est par Gisèle Prassinos, dont les poèmes paraissent dès 1934 dans les revues, notamment Minotaure, qu’il approche les surréalistes. Il fréquente les réunions du café de la place Blanche et rencontre Paul Éluard, André Breton, Salvador Dalí, Man Ray, Max Ernst et Marcel Duchamp. Il peint dans une veine surréaliste de 1932 à 1936 (La Bataille de Fontenoy, 1937 ; Guerrier grenouille, 1938) et expose pour la première fois en 1938, à la galerie Billiet-Pierre Vorms.
Engagé volontaire en 1940, grièvement blessé, il reçoit la croix de guerre, puis aide des soldats alliés à quitter la France occupée. Il se lie avec Raymond Queneau, qui l’introduit chez Gallimard, et avec Albert Camus. Naturalisé français en 1949, il s’installe en 1951 à Eygalières, dans les Alpilles.
L’œuvre
À partir de 1949, Prassinos se consacre aussi à la tapisserie (Les Troupeaux, 1949) ; ses premières pièces, montrées lors d’une réception chez Gallimard, le font connaître. Il travaille pour la scène, notamment les décors du Macbeth monté par Jean Vilar à Avignon en 1954.
Peintre non figuratif à la fin des années 1950 (Meltem, 1959, huile sur toile, 260 x 190 cm), il réalise aussi des portraits (Bessie Smith, son grand-père Prétextat) et des paysages des Alpilles, comme la série d’encres Colline à Eygalières (1976).
Expositions et collections
- Donation Mario Prassinos à l’État, présentée depuis 1986 dans la chapelle Notre-Dame-de-Pitié, à Saint-Rémy-de-Provence.
- Œuvres dans les collections du Musée national d’art moderne (Paris), du Stedelijk Museum (Amsterdam), de la Kunsthalle de Brême, du Victoria and Albert Museum (Londres), du Museum of Modern Art et du Metropolitan Museum of Art (New York), de l’Art Institute of Chicago.
- Chevalier de la Légion d’honneur (1966), officier des Arts et des Lettres (1980).


