Catégorie : Surréalisme

  • Ludwig Zeller

    Ludwig Zeller

    Poète et plasticien chilien, né en 1927 à Río Loa, dans le désert d’Atacama, mort en 2019 au Mexique.

    Parcours

    Fils d’un immigré employé dans les mines du nord du Chili, Ludwig Zeller se forme d’abord au contact du romantisme allemand, qu’il étudie et traduit dès vingt ans ; il publie Las grandes elegías de Friedrich Hölderlin aux éditions universitaires de Santiago. De 1952 à 1968, il dirige la galerie du ministère de l’Éducation. Dans les années 1960, il travaille aussi au Centre d’anthropologie médicale de la faculté de médecine de l’université du Chili.

    À Buenos Aires, il rencontre les poètes du surréalisme argentin. Avec sa femme, l’artiste Susana Wald, il fonde à Santiago la revue Casa de la Luna et organise, à la fin des années 1960, l’exposition Surrealismo en Chile. En 1971, le couple s’installe à Toronto avec trois de leurs quatre enfants ; Zeller y entreprend de fonder les éditions Oasis Publications. En France, il est en relation avec le mouvement Phases. La famille part ensuite pour le Mexique et se fixe à Oaxaca, où il vit jusqu’à sa mort. Son fonds d’archives est conservé à Bibliothèque et Archives Canada.

    L’œuvre

    Chez Zeller, poésie et image sont indissociables. Le collage accompagne toute sa trajectoire, depuis deux peintures murales en collage réalisées en 1955 et 1957, aujourd’hui détruites, jusqu’aux années d’Oaxaca, où il s’y consacre davantage. Ses livres sont souvent des objets : Paloma que se sueña (1960) est imprimé sur un papier plié en forme de colombe ; Las reglas del juego (1968) paraît en espagnol, anglais, allemand et français. Le vidéopoème The Alchemical Body (1986), où ses collages et les peintures de Susana Wald sont projetés sur un corps nu, a été présenté à la XLIIe Biennale de Venise.

    Expositions et collections

    • XLIIe Biennale de Venise, avec The Alchemical Body.
    • Bibliothèque et Archives Canada : fonds Ludwig Zeller.
    • « Aux sources de la Beauté convulsive », section « Édouard Jaguer et le mouvement international Phases », Galerie Les Yeux Fertiles, du 25 octobre au 30 novembre 2024.
  • Philip West

    Philip West

    Peintre surréaliste britannique, né en 1949 à York, mort en 1997 à Saragosse (Espagne).

    Parcours

    Né après la dispersion du premier groupe surréaliste britannique, celui d’E. L. T. Mesens et de Roland Penrose, Philip West prend part au renouveau surréaliste britannique : toute son œuvre date d’après le début des années 1970. Il rejoint d’abord le petit groupe réuni par l’écrivain John Lyle autour de la revue TRANSFORMAcTION, puis collabore à la revue néerlandaise Brumes blondes.

    À partir de 1973, il participe aux manifestations du mouvement Phases d’Édouard Jaguer, en France, aux Pays-Bas, au Portugal et en Belgique. Il quitte ensuite la Grande-Bretagne pour l’Espagne, séjourne au Venezuela, puis revient en Espagne, où il mène des activités surréalistes en lien avec Eugenio F. Granell.

    L’œuvre

    Peintre de l’objet et d’un bestiaire très personnel, Philip West se situe dans la lignée de René Magritte et de Toyen. Ses images, tirées d’un « sac à rébus », rendent hommage à « tous les prophètes du non-sens », de Lewis Carroll à Benjamin Péret. Il compose aussi des œuvres compartimentées où se déroulent des scènes distinctes. Édouard Jaguer voyait en lui un explorateur intrépide du non-sens.

    Expositions et collections

    • Expositions Phases : Bruxelles, 1974 ; Estoril, 1977 ; Lyon, 1980 ; Montluçon, 1987 ; « Greffages 2 », Paris, 1989.
    • « Brumes blondes », Amsterdam, 1977 ; « Imagination », Bochum, 1978.
    • Avis Mundi, Saragosse, 1996.
    • « Philip West. Bestiaire », Fondation Eugenio Granell, Saint-Jacques-de-Compostelle, à partir du 26 septembre 2008.
    • « Aux sources de la Beauté convulsive », section « Édouard Jaguer et le mouvement international Phases », Galerie Les Yeux Fertiles, du 25 octobre au 30 novembre 2024 : Sans titre, 1981, huile sur toile, 70 x 50 cm.
  • Suzanne Van Damme

    Suzanne Van Damme

    Peintre belge, née le 22 septembre 1901 à Gand, morte le 11 janvier 1986 à Ixelles.

    Parcours

    Suzanne Van Damme se forme aux académies de Gand et de Bruxelles, puis à l’atelier libre L’Effort, à Bruxelles. À Ostende, elle subit l’influence de James Ensor, qui devient son mentor : elle peint son portrait en 1925, il peint le sien en 1938. Ses débuts relèvent d’une peinture post-impressionniste.

    Au début des années 1930, elle s’installe à Paris et y rencontre le peintre et poète italien Bruno Capacci, qu’elle épouse. Elle partagera ensuite sa vie entre Paris, le sud de la France, Londres et Florence.

    En 1941, elle entre en contact avec les surréalistes. André Breton photographie nombre de ses premières toiles surréalistes. En 1947, elle participe à l’Exposition internationale du surréalisme organisée à Paris par Breton et Marcel Duchamp.

    L’œuvre

    Ses tableaux des années 1940 dialoguent avec Picasso, De Chirico, Kurt Seligmann et Toyen. Installée à Florence, elle se tourne vers l’abstraction, puis élabore un langage personnel d’idéogrammes composés de « mini-peintures » où se mêlent éléments abstraits et figuratifs.

    Expositions et collections

    • Biennale de Venise, 1935, 1954 et 1962 ; Biennale de São Paulo, 1953.
    • Exposition internationale du surréalisme, Paris, 1947.
    • États-Unis, années 1950 et 1960 : Marshall Field Gallery, Chicago (1959) ; Thibault Gallery, New York (1961) ; Calhoun Gallery, Dallas (1961) ; Saks Gallery, Denver (1969).
    • Musée des beaux-arts de Gand (MSK) : grande huile surréaliste intitulée The Oppressor of Silence dans la notice du musée, 156 x 122,5 cm, dépôt de la Communauté flamande depuis 1949.
  • Václav Tikal

    Václav Tikal

    Peintre et céramiste tchèque, né le 24 décembre 1906 dans la région de Plzeň, mort le 26 novembre 1965 à Prague.

    Parcours

    En partie autodidacte, Václav Tikal peint d’abord en amateur, en « peintre du dimanche ». À partir de 1937, il étudie à l’Académie des beaux-arts de Prague, jusqu’à la fermeture de l’établissement pendant la guerre.

    Au cœur de la guerre, il rejoint un cercle de jeunes artistes où il rencontre Karel Teige et d’autres surréalistes. Après la Libération, il fait partie des peintres du groupe Ra, avec Josef Istler, Bohdan Lacina et Václav Zykmund. Le groupe publie son texte fondateur et tient sa première exposition collective en 1947 ; il est officiellement interdit en 1948.

    Après la mort de Teige, Tikal se retire plusieurs années et cesse presque de peindre. À partir de 1964, il participe au mouvement international Phases, comme Josef Istler. Dans les dernières années de sa vie, des expositions personnelles et sa présence dans des expositions d’art moderne, en Tchécoslovaquie et à l’étranger, lui valent une reconnaissance plus large.

    L’œuvre

    Tikal compte parmi les principaux représentants du surréalisme tchèque d’après-guerre ; on le rapproche souvent de Salvador Dalí et de Giorgio de Chirico. Ses paysages traduisent des états intérieurs, avec une coloration romantique. Pendant et après la guerre, ils accueillent des scènes cruelles et des fragments de corps humains. Le lyrisme et une « nostalgie du merveilleux » traversent l’ensemble de l’œuvre.

    Les œuvres tardives glissent vers l’abstraction : éléments imaginaires et constructifs y associent la géométrie aux formes naturelles. Tikal a aussi dessiné des modèles de céramique et de porcelaine.

    Expositions et collections

    • Galerie nationale de Prague : Objet surréaliste (Tête), 1945 ; Prométhée délivré, 1945.
    • « Prélude surréaliste », Galerie Les Yeux Fertiles, du 7 juin au 6 juillet 2024 : Sans titre, 1957, dessin à la mine de plomb, 34 x 23 cm.

    À la galerie

  • Jean Terrossian

    Peintre français, né en 1931. Membre du groupe surréaliste à partir de 1961.

    Parcours

    L’arménien est la langue de la petite enfance de Jean Terrossian ; le français devient celle de sa culture. Avant de se dire, par autodérision, « peintre », il énumère volontiers ses carrières manquées : danseur de claquettes, cuisinier, pianiste de bar.

    En 1961, il rejoint le groupe réuni autour d’André Breton. Il prend part aux réunions de café et aux jeux collectifs, découvre les poèmes-objets de Breton, et y forge son attention aux « ricochets » de la pensée. Son premier dessin publié paraît en 1963 dans le n° 5 de La Brèche, la revue dirigée par Breton. La même année, il cosigne les tracts La Voie inique (8 février) et la Lettre ouverte à Messieurs Duhamel, Mauriac, Maurois… (15 avril). En décembre 1965, il figure au catalogue de l’exposition L’Écart absolu, à la galerie de L’Œil.

    Peintre, illustrateur et créateur d’objets, il a fait l’objet d’une rétrospective à Maubeuge en 2000 (catalogue La mémoire mise à sac). En 2010, la revue L’or aux 13 îles lui a consacré un dossier.

    L’œuvre

    Terrossian distingue lui-même deux manières : une première, de spontanéité graphique et picturale, proche d’une beauté classique ; une seconde, fondée sur le « beau comme » surréaliste et sur les mécanismes involontaires (lapsus, associations, calembours). Il peint à l’acrylique sur toile, parfois avec des éléments de collage repeints à la main, comme dans Duchamp libre. Ses sujets viennent du quotidien : objets qu’il n’aime pas (matériel de sport, téléphones), plages et mer, hommages à Marcel Duchamp, mots peints en français. On le rapproche souvent de la figuration narrative, dont il se distingue.

    « Mes tableaux partent et parlent de ma vie quotidienne, et ce sont les ratés qui en sont le moteur. » (Jean Terrossian, entretien, Contretemps n° 8)

    Son travail est lent : il esquisse plusieurs compositions avant d’en retenir une, selon ce qu’il décrit comme « un processus de fermentation, puis de cristallisation ».

    Expositions et collections

    • L’Écart absolu, galerie de L’Œil, Paris, décembre 1965.
    • Rétrospective, Maubeuge, 2000.
    • Galerie Les Yeux Fertiles, juillet 2023 : Duchamp libre, vers 1974, acrylique sur toile, 117 x 80 cm.
    • « Prélude surréaliste », Galerie Les Yeux Fertiles, du 7 juin au 6 juillet 2024 : En chute libre, vers 1965, huile sur toile, 81 x 100 cm.

    À la galerie

  • Virginia Tentindo

    Virginia Tentindo

    Sculptrice argentine installée en France, née en 1931 à Buenos Aires.

    J’ai fait la connaissance de Virginia Tentindo en 1997, en rejoignant le comité de rédaction de la revue Supérieur Inconnu, dont elle était membre. Je me souviens, lors de ma première visite dans son atelier, en compagnie de Sarane Alexandrian, avoir été saisi par la beauté convulsive de cet art, en prise directe sur Merveilleux. Virginia nous a toujours accueillis avec une générosité rare et une hospitalité toute argentine, telle une « prêtresse de la Terre-de-Feu » au sein de son sanctuaire onirique, constitué de terres cuites, de bronzes, de marbres, de sa faune et de sa flore, le tout, sorti d’un imaginaire des plus fertiles. Cet atelier, l’écrivain surréaliste José Pierre l’évoqua en 1986, comme « la fabrique des dieux ». Les sculptures de Virginia Tentindo, à la fois sensuelles et terribles, associent des têtes de félidés avec des corps d’hommes et de femmes, aux jambes qui se fondent en une seule, longue et flexible comme un serpent. Ces humanimaux, tels que les appelle Sarane Alexandrian, ont l’air de plantes carnivores. Il ne s’agit pas d’hybrides tels qu’en fabriquent des artistes enclins à des effets insolites faciles, car l’originalité de Virginia est justement de ne pas faire d’assemblages arbitraires. Julio Cortázar a ainsi pu écrire (in Voyage vers un temps pluriel) que chez Virginia Tentindo, « tout est ou peut être mandragore, Gorgone, hermaphrodite, rite phallique, hiérogamie et pourquoi pas épiphanie ». Car rien n’est donné sur un seul plan et la multiplicité des essences est, pour plusieurs de ses sculptures, comme une invite à s’approcher et à toucher ; alors on découvre que ces pièces ne commençaient ni ne finissaient à leur contour visuel mais que le toucher est là pour ouvrir une seconde porte basse. L’art de Tentindo n’est jamais apparence mais toujours intériorité. On dirait, écrit encore Cortázar, « que la nature s’interroge alors sur sa persistante monotonie et cherche à travers l’art quelque chose de plus que l’imitation que lui impartit Oscar Wilde, une rénovation capable de nous arracher à la routine génétique. Là, tout est substitution, parachèvement et ouverture vers de nouvelles constellations de formes. »

    Parcours

    Virginia Tentindo expose ses premières sculptures à seize ans et ouvre à dix-huit ans sa propre galerie à Buenos Aires. Elle participe aux activités du groupe surréaliste de Buenos Aires et fréquente les surréalistes argentins Juan Andralis, Julio Silva et Víctor Chab, disciples du peintre Juan Batlle Planas.

    Installée à Paris en 1953, elle rejoint le groupe surréaliste parisien et travaille comme maquettiste, graphiste et illustratrice de livres. Pour le cinéma, elle recrée en figurines le Sacre de Napoléon pour l’Austerlitz d’Abel Gance et réalise la poupée que brûle l’héroïne de La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan.

    Elle revient pleinement à la sculpture dans les années 1970 et travaille dès lors entre ses ateliers du Bateau-Lavoir, à Montmartre, et de Pietrasanta, en Toscane. En 2011, un colloque, « Chimères surréalistes », lui est consacré à Florence, et Fabrice Maze lui dédie le film Minimes innocences.

    L’œuvre

    Bronze, terre cuite, céramique, marbre : ses sculptures, parfois de grand format, mobiles ou transformables, mettent en scène mythes, dieux, démons et chimères, sous le signe de l’érotisme et du rêve. Elle crée aussi des bijoux, réalisés entre 1978 et 1995 par la fonte à la cire perdue et reprenant en miniature ses grandes pièces, ainsi que des livres-objets. Sa Mandragore (1983) a servi de trophée au 36e Festival de Cannes.

    El fuego ! C’est cela Virginia Tentindo, le tango du Feu de la vie et de la passion ; le Feu du désir et de la poésie ; le Feu de la métamorphose et celui de l’alchimiste qui, de son Athanor, ressort de l’or émotionnel en terre-cuite : un Chat d’octobre ou une Lionne des jours Terre-Lune.

    Expositions et collections

    • Expositions notamment à Bochum (1993), à l’ouverture du musée de l’Érotisme de Paris (1997), à Venise (2006) et à Tokyo (2016).
    • Nouveau Musée National de Monaco : Ci-gît le verbe (2020, sculpture) et Pour que l’histoire recommence (1980, dessin), acquis en 2022 après l’exposition Monaco-Alexandrie, le grand détour ; bijoux présentés au salon Joya, Monte-Carlo, 13 au 16 novembre 2025.
    • Exposition des 25 ans de la Galerie Les Yeux Fertiles, 22 mai au 19 juin 2026.
  • Claude Tarnaud

    Claude Tarnaud

    Poète et peintre français, né le 27 mai 1922 à Maisons-Laffitte (Yvelines), mort le 3 juin 1991 à Avignon.

    Parcours

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, Claude Tarnaud découvre le surréalisme et le jazz, qui l’aident à s’affranchir d’une mère étouffante. Il écrit alors le Journal du scorpion, manuscrit aujourd’hui perdu. En 1946, il cofonde la revue La Révolution la nuit avec Yves Bonnefoy et Jaroslav Serpan, s’en éloigne vite, et rencontre André Breton. Il vit alors à Paris avec Claudine Merlin, dite Eaudine.

    Membre du groupe surréaliste de 1946 à 1948, proche de Victor Brauner et de Stanislas Rodanski, il participe à l’Exposition internationale du surréalisme de 1947 et cofonde en 1948 la revue Néon avec Rodanski, Sarane Alexandrian, Jindřich Heisler et Véra Hérold. Il quitte le groupe la même année, lors de l’affaire Matta-Brauner, en désaccord avec l’exclusion de Roberto Matta.

    En 1951, il épouse Henriette de Champrel, dite Gibbsy, qui illustrera plusieurs de ses textes, et s’installe à Genève comme traducteur pour l’ONU. Ses missions le mènent ensuite à Mogadiscio (1953-1959), Addis-Abeba, New Delhi et New York, où il vit de 1959 à 1962 ; il y organise en 1961, avec Marcel Duchamp, l’exposition Surrealist Intrusion in the Enchanters’ Domain à la D’Arcy Gallery, et contribue en 1966 à la naissance du groupe surréaliste de Chicago, autour de Franklin et Penelope Rosemont. De 1953 à 1966, il participe au mouvement Phases d’Édouard Jaguer ; avec François Di Dio, il dirige la revue Positions. Il quitte l’ONU et s’installe en 1969 à Salignan, près d’Apt.

    L’œuvre

    Poète, Tarnaud est aussi plasticien et auteur de tableaux-objets. Son premier livre, The Whiteclad Gambler, paraît à compte d’auteur à Genève en 1952. Suivent notamment La Forme réfléchie (Le Soleil noir, 1954, préface de Ghérasim Luca), Orpalée (1965, lithographies de Jean-Pierre Vielfaure), Les Cendres de l’eau (1974, dessins de Jacques Lacomblez) et, à titre posthume, L’Aventure de la Marie-Jeanne ou le Journal indien (2000, dessins de Jorge Camacho). Il collabore aux revues Edda, La Brèche, Phases et Supérieur Inconnu.

    Expositions et collections

    • Archives André Breton : manuscrit L’Iris tournoyant (16-17 février 1948) et lettres de Tarnaud à Breton.
    • Donc te voilà nyctalope !, rétrospective, Paris, 2009.
    • Prélude surréaliste, Galerie Les Yeux Fertiles, 7 juin au 6 juillet 2024.

    À la galerie

  • Jan Švankmajer

    Jan Švankmajer

    Cinéaste d’animation et plasticien tchèque, né le 4 septembre 1934 à Prague.

    Parcours

    Jan Švankmajer étudie la scénographie à l’École supérieure des arts appliqués de Prague (1950-1954), puis la mise en scène et la scénographie au département des marionnettes de la faculté de théâtre de l’Académie des arts du spectacle (1954-1958). Après le Théâtre des masques, il rejoint vers 1962 la Laterna magika, où il dirige jusqu’en 1964 la compagnie de théâtre noir. Son premier film, Le Dernier Truc, date de 1964.

    Il épouse Eva Dvořáková, la peintre Eva Švankmajerová, avec qui il entre en 1970 dans le groupe surréaliste tchécoslovaque animé par Vratislav Effenberger. De 1972 à 1979, il est interdit de tournage pour avoir refusé de céder sur le montage du Château d’Otrante, et travaille aux studios Barrandov comme décorateur et créateur de trucages. En 1991, il fonde avec Jaromír Kallista le studio Athanor, dans un ancien cinéma de Knovíz. Eva Švankmajerová meurt en 2005, peu avant la sortie de Lunacy.

    L’œuvre

    Après de nombreux courts métrages, dont Dimensions du dialogue, récompensé en 1983 par l’Ours d’or à Berlin et le grand prix d’Annecy, il réalise ses longs métrages : Alice (1988), Faust (1994), Les Conspirateurs du plaisir (1996), Little Otik (2000), Lunacy (2005), Survivre à sa vie (2010) et Insect (2018).

    Dans son œuvre plastique, le collage est central depuis les années 1960 (le Svank-meyers Bilderlexikon, commencé au début des années 1970). À partir de 1974, il mène des expériences tactiles, dont il fait la synthèse en 1983 dans un livre diffusé en samizdat, Toucher et imagination ; les objets tactiles deviennent l’une des parts majeures de son travail.

    Expositions et collections

    • Globe de cristal du festival de Karlovy Vary pour sa contribution au cinéma mondial (2009).
    • La subversion des images, Galerie Les Yeux Fertiles, janvier à mars 2025, avec un Sans titre (2009, collage réalisé à partir du matériel du film Survivre à sa vie, 45 x 54 cm).

    À la galerie

  • Max Walter Svanberg

    Max Walter Svanberg

    Peintre, graveur et illustrateur suédois, né en février 1912 à Malmö, mort le 28 mai 1994.

    Parcours

    Max Walter Svanberg rêve d’abord d’être luthier. En 1929, il entre à l’atelier publicitaire du cinéma Palladium de Malmö, suit en 1931 et 1932 les cours de la Skånska Målarskolan, puis, refusé à l’Académie des beaux-arts de Stockholm en 1933, l’école de peinture d’Otte Sköld. Atteint de poliomyélite à l’automne 1934, il expose pour la première fois en 1935, chez Ekström à Stockholm. Il épouse en 1940 Gunni Sjöström, sa compagne depuis 1931, morte en 1982.

    Il expose en 1943 avec le groupe Minotaure, à l’hôtel de ville de Malmö, puis fonde avec C. O. Hultén et Anders Österlin le groupe des Imaginistes (Imaginisterna), dont il rédige des déclarations en 1949 et 1950. André Breton découvre son œuvre en 1953 : en 1954, le n° 3 de la revue Médium, qu’il illustre, s’ouvre sur l’« Hommage à Max Walter Svanberg » de Breton, et en 1955 la galerie À l’Étoile scellée l’expose avec une préface de Breton. Il figure dans L’Art magique (1957), participe aux expositions internationales du surréalisme de Paris (galerie Daniel Cordier, 1959), New York (1960) et Milan (1961), et ne rencontre Breton qu’en 1964.

    Il représente la Suède à la VIIIe Biennale de São Paulo en 1965. Il reçoit la médaille du prince Eugen (1965), entre à l’Académie royale des beaux-arts de Suède (1968) et reçoit la Légion d’honneur en 1969.

    L’œuvre

    Le corps féminin, mêlé d’éléments végétaux et animaux, est le motif central de son œuvre. Peintre, notamment à la gouache, il grave à partir de 1945, publie en 1950 un album de huit lithographies et pratique le collage (suite exposée en 1964). Il illustre les Illuminations de Rimbaud (1958) et conçoit en 1970 les décors et costumes du Misanthrope de Molière au Théâtre dramatique royal de Stockholm.

    Expositions et collections

    • Moderna Museet et Nationalmuseum (Stockholm), Malmö Museum, Göteborgs Konstmuseum ; Tate Modern et British Museum (Londres) ; Museum of Modern Art (New York) ; National Gallery of Art (Washington).
    • Rétrospective au Konsthallen de Göteborg (1967) ; expositions en mémoire au Nationalmuseum et au Malmö Konstmuseum (1995) ; centenaire en 2012.
    • Prélude surréaliste, Galerie Les Yeux Fertiles, 7 juin au 6 juillet 2024, avec un Sans titre (1960, gouache sur papier, 45 x 37,5 cm).

    À la galerie

  • Ugo Sterpini

    Ugo Sterpini

    Peintre italien, né en 1927 à Rome, mort en octobre 2000 à Cavriago (Reggio d’Émilie).

    Parcours

    Formé à l’Accademia del Nudo, Ugo Sterpini se rapproche des recherches abstraites du groupe Forma 1 et participe aux expositions internationales de l’Art Club de Rome. Il figure en 1951 dans Arte astratta e concreta in Italia, à la Galleria Nazionale d’Arte Moderna de Rome, puis rejoint le groupe Origine. Il expose à la VIIIe Quadriennale de Rome (1959) et, en 1962, à la galerie La Nuova Pesa, dans une exposition personnelle conçue par Enrico Crispolti.

    André Breton l’accueille dans le mouvement surréaliste. En 1964, il fonde avec Fabio De Sanctis l’Officina Undici, qui produit jusqu’en 1966 des meubles surréalistes. Il travaille aussi pour le théâtre à Rome et pour le cinéma, notamment avec Elio Petri (Un coin tranquille à la campagne, 1968 ; Todo modo). En 1977, à Reggio d’Émilie, il entre en contact avec Fluxus par l’intermédiaire de Rosanna Chiessi.

    L’œuvre

    Après le cycle des Iterazioni cromatiche du début des années 1950, qui rompt avec l’abstraction post-cubiste, puis les Liste di simbolismi et les Sabbie (1955), Sterpini revient en 1959 à une figuration très matiériste. Suivent les cycles des Giardini et de la Fantasia femminile (1966). À partir de 1967, l’assemblage domine (objets en plastique, peintures en relief, dessins) et un personnage inspiré de Max Ernst, le Pesce mummia (poisson momie), occupe son œuvre jusqu’à la fin des années 1970. Les années 1980 sont marquées par un cycle consacré à Polichinelle.

    Expositions et collections

    • CSAC, Centre d’études et archives de la communication, université de Parme : don de l’artiste (1998) et de ses héritiers (2002).
    • Prélude surréaliste, Galerie Les Yeux Fertiles, 7 juin au 6 juillet 2024.

    À la galerie