Catégorie : Surréalisme

  • Pierre Molinier

    Pierre Molinier

    Peintre et photographe français, né le 13 avril 1900 à Agen, mort le 3 mars 1976 à Bordeaux.

    Parcours

    Pierre Molinier se forme auprès de son père et du sculpteur Pierre Augustin de Fumadelles. Il commence par peindre des paysages et s’initie à la photographie dès l’âge de dix-huit ans. Après son service militaire (1921-1922), il va copier les maîtres à Paris, puis s’établit à Bordeaux, où il passera l’essentiel de sa vie. Sa première exposition personnelle a lieu en 1931 à la galerie A. Grézy, à Bordeaux.

    En 1955, il écrit à André Breton et lui envoie des photographies de ses tableaux. Breton l’accueille dans le groupe surréaliste : en 1956, la galerie À l’Étoile scellée lui consacre une exposition à Paris, et il participe à l’Exposition internationale du surréalisme de 1959-1960. En 1969 paraît chez Jean-Jacques Pauvert L’Art magique de Molinier, avec un avant-propos de Breton. Sa santé déclinant, il se donne la mort dans son appartement bordelais le 3 mars 1976.

    L’œuvre

    Peintures, photographies et photomontages composent une œuvre érotique et transgressive, volontairement provocante. À partir de 1965, Molinier se met en scène dans son atelier-boudoir de Bordeaux : à l’aide d’un déclencheur à distance et du photomontage, il réalise des autoportraits travestis, réunis notamment dans la série des Cent photographies érotiques (1965-1976).

    La galerie a présenté un tirage photographique original, Hanel Sechs ! (18,5 x 14,5 cm), dans l’exposition « L’Emprise des sens. Variations érotiques » (11 février – 19 mars 2022). Molinier figurait aussi dans l’exposition « La subversion des images » (24 janvier – 8 mars 2025).

    Expositions et collections

    • Centre Pompidou, Paris, 1979-1980 ; « Scènes de la séduction », Rencontres d’Arles, 1998
    • « Molinier rose saumon », FRAC Nouvelle-Aquitaine MÉCA, Bordeaux, 2023
    • Musée national d’art moderne, Centre Pompidou ; Centre national des arts plastiques ; musée des Beaux-Arts et CAPC de Bordeaux ; musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg ; SFMOMA, San Francisco ; musée de la Photographie, Charleroi

    À la galerie

  • Mayo

    Mayo

    Peintre et costumier de cinéma, Antoine Malliarakis, dit Mayo, né le 15 février 1905 à Port-Saïd (Égypte), mort le 1er octobre 1990 à Seine-Port (Seine-et-Marne).

    Parcours

    Fils d’un ingénieur grec du canal de Suez et d’une mère française, Mayo est scolarisé à Ismaïlia, puis chez les jésuites d’Alexandrie. Il garde toute sa vie un passeport grec, mais sa culture est française. Venu à Paris au début des années 1920 pour étudier l’architecture, il entre aux Beaux-Arts et se tourne vers la peinture. À Montparnasse, il côtoie Man Ray, Robert Desnos, Tristan Tzara, Francis Picabia, Foujita et Kiki de Montparnasse.

    En 1927, René Crevel le présente à André Breton, mais Mayo refuse d’adhérer au groupe surréaliste. Il collabore à la revue Le Grand Jeu de son ami Roger Gilbert-Lecomte, séjourne à Berlin en 1928 et expose en 1929 avec Giorgio de Chirico à la Galerie des Quatre Chemins. Lors de ses séjours en Égypte, il participe au groupe cairote Art et Liberté, fondé en 1938 par Georges Henein, et illustre notamment des textes d’Edmond Jabès.

    Sur la recommandation de Jacques Prévert, il dessine les costumes des Enfants du paradis de Marcel Carné. Il travaille ensuite une vingtaine d’années pour le cinéma et le théâtre, avant de revenir entièrement à la peinture au début des années 1960. En 1966, il s’installe à Rome, via Margutta. Atteint d’une maladie des yeux, il rentre en France dans les années 1980. Il est fait commandeur des Arts et des Lettres en 1986.

    L’œuvre

    Sans se rattacher à aucun groupe, Mayo développe un style personnel entre réalisme, surréalisme et poésie. Ses premières toiles parisiennes montrent des figures massives, souvent tirées de son entourage ; plusieurs œuvres des années 1930 sont marquées par le Front populaire et la guerre d’Espagne. Il s’initie à la gravure à l’Atelier 17 de Stanley William Hayter. À Rome, il peint les ruines antiques de sa « période romaine » et des métamorphoses inspirées d’Ovide.

    La galerie l’a présenté dans l’exposition « Prélude surréaliste » (7 juin – 6 juillet 2024).

    Expositions et collections

    • « Mayo, retour d’Italie », musée des Arts décoratifs, Paris, 1986
    • « Surrealism Beyond Borders », Metropolitan Museum of Art, New York (2021), et Tate Modern, Londres (2022)
    • Centre Pompidou, Paris ; Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, Düsseldorf ; Mathaf, Doha ; Dalloul Art Foundation, Beyrouth

    À la galerie

  • André Masson

    André Masson

    Peintre, dessinateur et graveur français, né le 4 janvier 1896 à Balagny-sur-Thérain (Oise), mort le 28 octobre 1987 à Paris.

    Parcours

    André Masson se forme à Bruxelles de 1907 à 1912, à l’Académie royale des beaux-arts et à l’École des arts décoratifs, puis entre en 1912 à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, dans l’atelier de Paul Baudoüin. Engagé volontaire en 1915, il est grièvement blessé à la poitrine en 1917, au Chemin des Dames, et réformé en 1918.

    Au début des années 1920, son atelier du 45, rue Blomet devient un lieu de rencontre pour peintres et écrivains. À l’automne 1922, il rencontre le marchand Daniel-Henry Kahnweiler. Il rejoint le groupe surréaliste dès 1924, l’année du Manifeste, puis rompt avec lui en 1929. Il vit en Espagne de 1934 à la fin de 1936 et conçoit avec Georges Bataille la revue Acéphale, qu’il illustre.

    Le 31 mars 1941, il embarque à Marseille pour les États-Unis ; il vit quatre ans dans le Connecticut, près du lac Waramaug, avant de rentrer en France en 1945. En 1947, il s’installe au Tholonet, près d’Aix-en-Provence. En 1965, André Malraux lui confie le plafond du théâtre de l’Odéon.

    L’œuvre

    Masson réalise ses premiers dessins automatiques dès l’hiver 1923, avant même la théorisation de l’écriture automatique, et devient le principal praticien de cette méthode parmi les surréalistes. De 1927 à 1929, il met au point les tableaux de sable, qui prolongent l’automatisme dans la peinture. Ses œuvres de la fin des années 1920 et des années 1930 traitent de la violence, de l’érotisme et de la métamorphose des corps, par des formes biomorphiques proches de l’abstraction.

    « L’artiste authentique doit trouver pour lui-même le mouvement vers le mythe. » (André Masson, « Peindre est une gageure », Les Cahiers du Sud, 1941)

    La galerie a présenté sa gouache Rue Saint-Denis (vers 1955, 32 x 50 cm, certificat du Comité Masson) dans l’exposition « Prélude surréaliste » (7 juin – 6 juillet 2024).

    Expositions et collections

    • Rétrospectives à Bâle (1950) et à New York (1976)
    • « André Masson. Il n’y a pas de monde achevé », Centre Pompidou-Metz, 29 mars – 2 septembre 2024

    À la galerie

  • Georges Malkine

    Georges Malkine

    Peintre et acteur français, né le 10 octobre 1898 à Paris, mort le 22 mars 1970 à Paris.

    Parcours

    Ami de Robert Desnos et de Louis Aragon, Georges Malkine appartient au premier groupe surréaliste. Dans le Manifeste du surréalisme de 1924, André Breton le cite parmi ceux qui ont « fait acte de surréalisme absolu » : il est le seul peintre de la liste. Il dessine l’en-tête du papier à lettres de La Révolution surréaliste et publie des textes dans la revue en 1924 et 1925. En 1927, ses toiles sont montrées à la Galerie surréaliste.

    Il cesse de peindre en 1933. Entre 1933 et 1939, il tourne dans une vingtaine de films, aux côtés notamment de Jean Gabin et de Michèle Morgan. Après la guerre, il épouse Sonia Malkine et s’installe avec elle aux États-Unis en 1948, d’abord à Brooklyn, puis à Woodstock (État de New York), où il recommence à peindre. Il y vit une vingtaine d’années.

    En 1966, la galerie Mona Lisa, à Paris, lui consacre une rétrospective, et il reçoit le prix de la William and Norma Copley Foundation. Son roman À bord du violon de mer, écrit et illustré par lui en 1950, paraît en 1977, après sa mort. Patrick Waldberg lui a consacré un livre en 1970.

    L’œuvre

    Malkine a peint environ 500 œuvres, surtout dans les années 1920, au début des années 1930 et dans les années 1960. Ses toiles de 1926, comme L’Orage ou La Nuit d’amour, sont parmi les plus reproduites du surréalisme ; on a vu dans la seconde une préfiguration de l’abstraction lyrique.

    À partir de 1966, il entreprend la série des « Demeures » : des portraits métaphoriques de grands créateurs, figurés sous la forme d’édifices qui traduisent leur caractère ou leur œuvre. La galerie a prêté au Centre Pompidou l’une d’elles, Demeure de Lewis Carroll (1966, huile sur carton toilé, 60 x 73 cm), présentée dans la salle d’Alice de l’exposition « Surréalisme » (2024-2025), avant son entrée dans une collection privée parisienne.

    Expositions et collections

    • Galerie surréaliste, Paris, 1927
    • Rétrospective, galerie Mona Lisa, Paris, 1966
    • « Surréalisme », Centre Pompidou, Paris, 2024-2025 (prêt de la galerie)
    • Archives of American Art, Smithsonian Institution : fonds Georges Malkine
  • Émile Malespine

    Médecin psychiatre, écrivain, peintre et éditeur français, né en 1892 à Nancy, mort à Paris (en 1952 ou 1953 selon les sources).

    Parcours

    Émile Malespine étudie la botanique, la médecine, la physiologie et la psychologie. Médecin pendant la Première Guerre mondiale, il ouvre ensuite un cabinet à Lyon tout en achevant un doctorat de psychiatrie.

    Ses voyages en Suisse et à Paris le mettent en relation avec Jean Arp, Filippo Tommaso Marinetti, André Breton et Tristan Tzara. De 1922 à 1928, il dirige à Lyon la revue Manomètre, inspirée de Zenit et de Der Sturm, qui le place au cœur des échanges entre les avant-gardes européennes. Il fonde aussi le Théâtre expérimental du Donjon.

    Homme aux activités multiples, il est à la fois médecin, poète, théoricien, critique d’art, peintre, homme de théâtre, de cinéma et de radio, et dessinateur de mobilier. À partir de 1924, il réalise des courts métrages d’avant-garde, Jeux d’ombre et Jeux arborescents.

  • Ghérasim Luca

    Ghérasim Luca

    Poète et plasticien d’origine roumaine, de langue française, né Salman Locker le 23 juillet 1913 à Bucarest, mort le 9 février 1994 à Paris.

    Parcours

    Fils d’un tailleur juif, Berl Locker, mort en 1914, Ghérasim Luca grandit à Bucarest entre le yiddish, le roumain, l’allemand et le français. Dès le début des années 1930, il noue des liens étroits avec les milieux artistiques français, en particulier avec le groupe surréaliste. En Roumanie, il fonde le groupe surréaliste de Bucarest avec Gellu Naum, Paul Păun, Virgil Teodorescu et Dolfi Trost. En 1945 paraît à Bucarest Le Vampire passif.

    Inquiété par le régime, il quitte la Roumanie en 1952, séjourne brièvement en Israël, puis s’installe à Paris, à Montmartre, où il vivra jusqu’à sa mort. Apatride depuis 1952, il ne prend la nationalité française qu’à la fin des années 1980, en épousant sa compagne de longue date, la peintre Micheline Catti, qui a illustré plusieurs de ses livres. Il met fin à ses jours le 9 février 1994.

    À partir de 1967, ses lectures publiques le mènent à Stockholm, Oslo, Genève, New York et San Francisco. En 1988, le portrait télévisé de Raoul Sangla, Comment s’en sortir sans sortir, le fait connaître d’un plus large public. Gilles Deleuze, qui suit son œuvre à partir de 1972, voit en lui le plus grand poète de langue française et tire de son travail la notion de « bégaiement » de la langue.

    L’œuvre

    Sa poésie défait la syntaxe et la langue elle-même pour refuser toute assignation, politique, identitaire ou morale. Héros-Limite (Le Soleil Noir, 1953) en est l’un des titres majeurs.

    Plasticien, Luca invente dès 1945 les « cubomanies » : des reproductions de tableaux ou d’illustrations découpées en carrés égaux, puis réassemblées en une image nouvelle. Le nom joue à la fois sur le rôle du carré dans le cubisme et sur une raillerie des héritiers du cubisme. Ces collages, qui s’attaquent à Léonard de Vinci, aux frères van Eyck, au Caravage ou à Ingres, doivent au surréalisme et au L.H.O.O.Q. de Marcel Duchamp (1919).

    Expositions et collections

    • Beaux-Arts de Paris : Madeleine, manuscrit autographe avec images découpées ; une cubomanie d’après La Vierge du bourgmestre Meyer de Holbein, acquise en 2019
  • Ljuba

    Ljuba

    Peintre serbe, Ljubomir Popović, dit Ljuba, né le 14 octobre 1934 à Tuzla (Bosnie), mort le 12 août 2016 à Belgrade.

    Parcours

    Né à Tuzla, Ljuba grandit à Valjevo, en Serbie. À Belgrade, il fréquente l’Académie des arts appliqués, puis l’Académie des beaux-arts, où il suit les classes de Marko Čelebonović, Đorđe Andrejević Kun et Milo Milunović. Remarqué par Leonid Šejka lors de l’exposition de fin d’études de 1959, il expose en 1960 avec le groupe Mediala.

    À l’automne 1963, il quitte définitivement Belgrade pour Paris. Il y trouve rapidement l’appui de galeristes et d’écrivains proches du surréalisme, et la galerie de Thessa Herold soutient son travail. En 1971, René de Solier lui consacre une monographie, la première publiée en France sur un peintre serbe. André Pieyre de Mandiargues écrit sur lui dès 1970, et Walerian Borowczyk filme son œuvre dans le court métrage L’amour monstre de tous les temps (1978).

    L’œuvre

    Formé au nu académique, Ljuba s’en éloigne très tôt :

    « J’étais toujours un peu malheureux dans le travail d’après nature, car je voyais dans le modèle plus de choses qu’il n’y en avait. » (Ljuba)

    Sa peinture, souvent qualifiée de surréalisme fantastique, met en scène des corps, le plus souvent féminins, aux sujets érotiques ou inattendus. Elle puise dans la peinture de la Renaissance et du baroque, et porte une veine sombre. Parmi ses toiles majeures : Les pèlerins d’Emmaüs (1960-1962), L’apparition (1967-1968), La Tentation de saint Antoine (1972), le triptyque Hommage à James George Frazer (1976-1978), Le Théâtre de la cruauté (1990).

    Sarane Alexandrian, qui lui a consacré une étude en 2003, écrivait : « On peut parler d’une sorte de mystique moderne chez Ljuba, parce qu’il a une conception du cosmos, du temps et de la mort qu’il met dans sa peinture, et que cette conception n’est pas scientifique, mais intuitive. »

    La galerie a présenté sa toile Trois points (1980, huile sur toile, 162 x 130 cm) lors de l’exposition « Visions » en novembre 2023.

    Expositions et collections

    • Rétrospective « Ljuba Popović (1934-2016) », galerie de l’Académie serbe des sciences et des arts, Belgrade, 4 septembre – 20 octobre 2019
    • Collections publiques serbes : Moderna galerija de Valjevo, Musée d’art contemporain et Musée national de Belgrade, Musée national de Kragujevac

    À la galerie

  • Jacques Le Maréchal

    Jacques Le Maréchal

    Poète, dessinateur, peintre et graveur français, né Jacques Moreau en 1928 à Paris, mort en 2016 à Paris.

    Parcours

    Jacques Moreau, dit Le Maréchal, vient d’abord à la poésie. Proche du surréalisme, il reste à l’écart du groupe ; André Breton salue sa peinture en 1960. Il figure dans la revue Le Surréalisme, même en 1957 et participe à l’exposition EROS (1959) puis à l’exposition internationale du surréalisme de Milan (1961). Gaston Bachelard, André Pieyre de Mandiargues et Édouard Glissant ont aussi écrit sur son œuvre.

    Graveur, il est rattaché à la lignée des « graveurs visionnaires » qui se réclament de Rodolphe Bresdin, et il a formé Georges Rubel. Son œuvre gravé a fait l’objet d’un catalogue raisonné aux éditions Broutta en 1985.

    L’œuvre

    On connaît surtout ses « dessins inextricables » et ses « peintures transparentes », décrites comme des « visions fantastiques et prophétiques ». Il dessine à l’encre de Chine et pratique aussi la tempera à l’œuf, l’aquarelle et la gouache.

    Expositions et collections

    • 2023 : exposition à la galerie, dans le cadre de « Chromatisme », avec la parution de la monographie L’Imperceptible abîme (éditions Venus d’Ailleurs) et la projection, au cinéma Christine, du documentaire de Véronique Faure et Delphine Genest qui lui est consacré
    • 2024 : trois œuvres dans « Aux sources de la Beauté convulsive » à la galerie, dont Les 7 portes de la folie, encre de Chine sur papier, 30 x 25 cm, et Les 3 Papes, 1971-1975, tempera à l’œuf sur panneau, 58 x 45 cm ; article de Louis Janover, « Changer l’angle de la réalité », dans Le Monde diplomatique (novembre 2024)
    • Autre œuvre présentée par la galerie : Là où plane le héron gris, 1991-1992, aquarelle et gouache, 25,3 x 32,6 cm
    • 2026 : « Graver l’imaginaire », galerie La Ville A des Arts, Paris (23 mars-5 avril), avec Yves Doaré, Didier Mazuru, Georges Rubel et d’autres
  • Jacques Lacomblez

    Jacques Lacomblez

    Peintre, poète et éditeur belge, né en 1934 à Bruxelles, membre du mouvement Phases.

    Parcours

    Autodidacte, il peint ses premiers tableaux d’esprit surréaliste à quinze ans, après avoir découvert Giorgio De Chirico puis Max Ernst ; il admire aussi Kandinsky. Sa première exposition a lieu à Bruxelles, à la galerie Saint-Laurent. Au début des années 1950, il rencontre René Magritte et fréquente les surréalistes belges E. L. T. Mesens, Achille Chavée, Marcel Lecomte et Paul Nougé.

    En 1956, il fait la connaissance d’Édouard Jaguer, animateur de la revue Phases, et implante le mouvement en Belgique ; il collabore dès lors étroitement à ses activités et à ses expositions en Europe et dans les Amériques. Il fonde à Bruxelles la revue Edda, dont les cinq numéros paraissent de 1958 à 1964, avec des textes de Camille Bryen, Gherasim Luca, Francis Ponge, Marcel Broodthaers ou Julio Cortázar, et les éditions L’Empreinte et la Nuit. En 1958, Jean-Jacques Lebel le présente à André Breton. À l’initiative de Breton et de Marcel Lecomte, il passe un an dans le Sud-Ouest de la France, notamment à Montségur. Il participe aux expositions internationales du surréalisme de Milan (Galleria Schwarz, 1959) et de New York (D’Arcy Galleries, « Le Domaine des enchanteurs », 1960-1961).

    L’œuvre

    Grand amateur de musique, il consacre des hommages picturaux à Mahler, Sibelius, Xenakis, Feldman, Luigi Nono, Grisey ou Ferneyhough, et, pour le jazz, à Duke Ellington, Thelonious Monk et Ornette Coleman. Poète, il publie en Belgique, en France, aux Pays-Bas, en Suisse, au Canada et aux États-Unis ; une anthologie de ses poèmes, D’ailleurs le désir, établie par Alain Le Saux, paraît aux éditions Les Hauts-Fonds (Brest) en 2010. Il illustre des textes de Guy Cabanel, Jorge Camacho, Édouard Jaguer et Franklin Rosemont, et publie Achille Chavée.

    Expositions et collections

    • 1964 : exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles ; 1983 : première rétrospective en Belgique, musée d’Ixelles
    • 2009 : rétrospective au musée d’Art et d’Histoire de Saint-Brieuc ; 2014 : « Images de 1951 à 2013 », galerie Quadri, Bruxelles
    • 2024 : « Le surréaliste Jacques Lacomblez en mots et en images », Bibliotheca Wittockiana, Bruxelles (18 octobre-15 décembre)
    • Collections : musées d’art moderne de Bruxelles, Rome, Varsovie et Poznań ; Israel Museum, Jérusalem (collection Schwarz)
    • À la galerie : présenté en 2024 dans la section « Édouard Jaguer et le mouvement international Phases » de l’exposition « Aux sources de la Beauté convulsive » (25 octobre-30 novembre)
  • Édouard Jaguer

    Édouard Jaguer

    Poète, critique d’art et dessinateur français, né Édouard Petit le 8 août 1924 à Paris, mort le 9 mai 2006 à Paris. Fondateur de la revue et du mouvement Phases.

    Parcours

    Il découvre en 1937 le surréalisme et la peinture non figurative, et commence en 1939 à dessiner et à écrire. Ses premiers poèmes paraissent en 1943 dans la revue semi-clandestine La Main à plume. Après la guerre, il collabore avec Yves Bonnefoy à La Révolution la nuit et, à Bruxelles, aux Deux Sœurs de Christian Dotremont. De 1948 à 1951, il est le rédacteur français de la revue Cobra ; il cofonde en 1949 la revue Rixes avec Max Clarac-Sérou et Jaroslav Serpan.

    La disparition de Cobra et de Rixes, en 1951, le conduit à réunir leurs artistes autour d’un nouveau projet, conçu avec sa femme, Anne Éthuin. Le titre Phases est choisi en 1953 et le premier numéro paraît en 1954. Autour de la revue se forme un mouvement international qui associe la jeune peinture abstraite et le surréalisme d’après-guerre : Pierre Alechinsky, Camille Bryen, Corneille, Asger Jorn, Karl Otto Götz, Henri Goetz, Enrico Baj et beaucoup d’autres. Jaguer en coordonne les expositions et les publications dans de nombreux pays ; Jacques Lacomblez l’implante en Belgique en 1956, et des revues sœurs naissent à Malmö, Milan, Bruxelles ou Buenos Aires.

    À partir de 1959, il se rapproche d’André Breton et participe aux activités du mouvement surréaliste international ; il coorganise avec lui l’exposition « Le Domaine des enchanteurs » à New York (1960). Phases s’en éloigne en 1963. En 1960, Jaguer signe le Manifeste des 121 sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie. La revue cesse de paraître en 1975, mais le groupe poursuit ses expositions et ses publications jusqu’à la mort de son fondateur.

    L’œuvre

    Poète, il publie notamment La Poutre creuse (1950), La Nuit est faite pour ouvrir les portes (1955), Le Mur derrière le mur (1958) et L’Envers de la panoplie (2000). Critique, il signe Les Mystères de la chambre noire (Flammarion, 1983), consacré à la photographie surréaliste, Le Surréalisme face à la littérature (1989) et Cobra au cœur du XXe siècle (Galilée, 1997), ainsi que des monographies sur Alechinsky, Baj, Joseph Cornell, Lacomblez, Perahim, Oelze ou Remedios Varo.

    Expositions et collections

    • À la galerie, 2024 : ses œuvres figurent dans « Prélude surréaliste » (7 juin-6 juillet) ; une section « Édouard Jaguer et le mouvement international Phases » de l’exposition « Aux sources de la Beauté convulsive » (25 octobre-30 novembre) réunit des œuvres de Guido Biasi, Jacques Lacomblez, Jules Perahim, Philip West et Ludwig Zeller

    À la galerie