Catégorie : Surréalisme

  • Yoshiko Hirasawa

    Yoshiko Hirasawa

    Peintre japonaise installée à Paris, connue sous le nom de Yoshiko (Hirasawa Yoshiko, 平沢淑子).

    Parcours

    D’abord présentatrice à la télévision publique japonaise NHK, elle quitte ce métier et s’installe à Paris en 1974 pour se consacrer à la peinture. Elle y expose notamment en 1980 à la galerie Le Triskèle, puis aux États-Unis, en Russie, en Égypte et au Japon. En 1985, la photographe Michiko Matsumoto la photographie à Paris pour sa série de portraits de femmes artistes, aujourd’hui conservée au Tokyo Photographic Art Museum.

    Expositions et collections

    La galerie a présenté ses toiles dans les expositions du centenaire du surréalisme : « Prélude surréaliste » (7 juin-6 juillet 2024), puis « La subversion des images » (24 janvier-8 mars 2025), avec Pour Rodogune, 1986, huile sur toile, 110 x 100 cm.

  • Jacques Hérold

    Jacques Hérold

    Peintre, sculpteur et illustrateur français d’origine roumaine, né Herold Blumer le 10 octobre 1910 à Piatra Neamț (Moldavie roumaine), mort le 11 janvier 1987 à Paris.

    Parcours

    Issu d’une famille juive, il passe l’essentiel de son enfance à Galați, port du Danube. De 1925 à 1927, il suit les cours de l’École des beaux-arts de Bucarest, contre l’avis de son père. En 1928, il découvre le surréalisme par les jeunes poètes de la revue Unu, qui publient ses premiers dessins aux côtés de ceux de Victor Brauner.

    Il gagne Paris en remontant le Danube à bord d’un bateau, en 1929 selon Alain Jouffroy, en 1930 selon d’autres sources, et y prend le nom de Jacques Hérold. Il travaille pour Constantin Brâncuși, dont il tient la cuisine, et rencontre dans son atelier Marcel Duchamp, Man Ray et James Joyce. Présenté à Yves Tanguy, dont il devient l’ami, il entre par lui dans le groupe d’André Breton, participe à ses jeux et fréquente Brauner et Giacometti.

    Sa première exposition personnelle a lieu en 1947, l’année de l’Exposition internationale du surréalisme. Il quitte le groupe de Breton en 1951. Il publie en 1958 Maltraité de peinture et reçoit la même année le prix de la Copley Foundation. La Tate Gallery l’expose en 1959, l’abbaye de Royaumont lui consacre une exposition monographique en 1972, et il participe à la Biennale de Venise en 1986.

    L’œuvre

    Pendant sa période surréaliste, Hérold cherche à relier la représentation plastique au monde du cristal. Sa sculpture Le Grand Transparent (1946-1947) associe le bronze, le miroir et les cristaux de quartz. Après 1951, sa peinture évolue vers une abstraction rattachée à l’abstraction lyrique et au tachisme. Il illustre ou signe la couverture de plus de quatre-vingts livres, de Gherasim Luca, Tristan Tzara ou Sade. Il disait :

    « La peinture est comme l’amour, on ne peut la faire que dans l’intimité. » (Jacques Hérold)

    Expositions et collections

    • Prêts de la galerie : Le Grand Transparent, 1946-1947, bronze, miroir et cristaux de quartz, 183 x 92 x 53 cm, n° 1/6, fonte Susse 1971, signé sur le socle, présenté dans « À flanc d’abîme : surréalisme et alchimie » (Maison André Breton et espace Rignault, Saint-Cirq-Lapopie, 2023), puis dans « Dreamworld: Surrealism at 100 » (Philadelphia Museum of Art, novembre 2025-février 2026)
    • Collections publiques : Centre Pompidou, Paris (Le rouge en flamme, le noir en voûte, 1947) ; musée d’Art moderne de Paris ; musée Cantini, Marseille ; musée d’Art moderne de Céret ; Museum of Modern Art, New York ; Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles ; Israel Museum, Jérusalem
  • Henri Goetz

    Henri Goetz

    Peintre et graveur français d’origine américaine, né le 29 septembre 1909 à New York, mort le 12 août 1989 à Nice.

    Parcours

    Il étudie d’abord l’électrotechnique au MIT, puis l’histoire de l’art à Harvard, qu’il quitte pour suivre des cours de peinture à la Grand Central School of Art de New York. En juillet 1930, il part pour Paris et fréquente les académies de Montparnasse : Colarossi, Julian, la Grande Chaumière. C’est là qu’il rencontre en septembre 1935 la peintre néerlandaise Christine Boumeester, qu’il épouse la même année. Elle l’initie à la gravure et l’accompagne vers l’abstraction.

    Dès janvier 1936, Goetz peint des tableaux non figuratifs, une « peinture non figurative de pure invention » pour exprimer son univers intérieur sans se servir des objets du monde réel. Il découvre le surréalisme grâce à son amitié avec le poète Juan Brea et sa femme Mary Low, membres du groupe d’André Breton ; le peintre allemand Richard Oelze lui parle pour la première fois de Dalí. Il fréquente alors Raoul Ubac, Benjamin Péret et Óscar Domínguez. Breton le rencontre en 1938, sans toutefois lui proposer de participer aux manifestations du mouvement. Sa première exposition personnelle à Paris a lieu en 1937 à la galerie Van Leer.

    Pendant l’Occupation, le couple participe à la Résistance, notamment en fabriquant de faux papiers, avant de se réfugier sur la Côte d’Azur. De retour à Paris à la Libération, Goetz enseigne la peinture à partir de 1949 à l’Académie Ranson, puis à la Grande Chaumière, avant de fonder sa propre académie. Il est naturalisé français en 1949. Il fait don de ses œuvres et de celles de Christine Boumeester, morte en 1971, à la ville de Villefranche-sur-Mer, dont la citadelle abrite aujourd’hui un musée à leurs noms.

    L’œuvre

    L’esprit surréaliste qui imprègne sa peinture donne naissance aux Chefs-d’œuvre corrigés (1938-1939) : sur des reproductions d’œuvres célèbres, Goetz laisse libre cours aux images associatives qu’elles lui suggèrent. C’est en les découvrant en 1939 qu’André Breton leur trouve ce titre. Sur son choix de la non-figuration, Goetz écrit :

    « Si je choisis le monde non figuratif, c’est que je crois qu’il est plus vaste que l’autre. Je crois qu’il y a plus à découvrir dans l’inconnu que dans le connu. » (Henri Goetz)

    Graveur, il pratique la pointe sèche, le burin, l’eau-forte et l’aquatinte. Il invente dans les années 1960 la gravure au carborundum, procédé de planche en relief obtenue à partir de poudres, qu’il expose dans un traité publié par la galerie Maeght en 1968, préfacé par Joan Miró. En 1947, Alain Resnais lui consacre un court métrage, Portrait d’Henri Goetz.

    Expositions et collections

    • À la galerie : Sans titre, 1939, huile sur panneau, 22 x 32 cm, et L’homme aux feuilles, John Wells, 1939, technique mixte, 21 x 27 cm, présentés dans « Aux sources de la Beauté convulsive » (25 octobre-30 novembre 2024)
    • À la galerie : Sans titre, 1942-1943, huile sur panneau, 61 x 47 cm (2023)
  • Leonor Fini

    Leonor Fini

    Peintre, dessinatrice, illustratrice et créatrice de costumes, née le 30 août 1907 à Buenos Aires, morte le 18 janvier 1996 à Paris.

    Parcours

    Moins de dix-huit mois après sa naissance, sa mère, originaire de Trieste, la ramène dans cette ville, où elle grandit. Au début de son adolescence, une maladie des yeux la décide à devenir artiste. Elle s’installe à Milan à 17 ans et y présente sa première exposition personnelle en 1929, à la Galleria Barbaroux. Elle connaît alors Carlo Carrà et Giorgio de Chirico, dont la peinture métaphysique marque ses débuts.

    Elle se fixe à Paris en 1931 et expose dès 1932 à la galerie Jacques Bonjean. Elle fréquente Paul Éluard, Max Ernst, Georges Bataille, Henri Cartier-Bresson, André Pieyre de Mandiargues et Salvador Dalí. Sans jamais adhérer officiellement au groupe surréaliste, elle expose aux côtés de ses membres. À New York, la Julien Levy Gallery lui consacre deux expositions, en 1936 et en 1939, et Peggy Guggenheim la retient en 1943 pour Exhibition by 31 Women à la galerie Art of This Century.

    Elle partage sa vie avec le comte italien Stanislao Lepri, qui abandonne la diplomatie pour la suivre, puis avec l’écrivain polonais Konstanty Jeleński, rencontré à Rome en janvier 1952 et installé dans son appartement parisien en octobre de la même année. Tous trois restent inséparables jusqu’à leur mort.

    L’œuvre

    Au-delà de la peinture, l’essentiel de son activité entre 1944 et 1972 est consacré aux costumes, pour le théâtre, le ballet, l’opéra et le cinéma : Les Demoiselles de la nuit (1948), premier ballet du Ballet de Paris de Roland Petit, Le Rêve de Leonor (1949), chorégraphié par Frederick Ashton sur une musique de Benjamin Britten, avec des costumes hybrides mi-humains mi-animaux, ou encore les films Roméo et Juliette de Renato Castellani (1954) et A Walk with Love and Death de John Huston (1968). À la fin des années 1930, elle travaille pour Elsa Schiaparelli, dont elle dessine le flacon du parfum Shocking.

    Elle illustre une cinquantaine de livres, parmi lesquels Juliette de Sade (édition de 1944), le Satyricon, des textes de Jean Genet, Charles Baudelaire, Edgar Allan Poe et Shakespeare, ainsi que Le Poids d’un oiseau (1955) de Lise Deharme. Elle écrit aussi, notamment le roman Rogomelec (Stock, 1979). Elle vit entourée de chats persans, jusqu’à vingt-trois à la fois.

    Expositions et collections

    • 1929 : première exposition personnelle, Galleria Barbaroux, Milan
    • 1936 et 1939 : Julien Levy Gallery, New York
    • 1986 : rétrospective au musée du Luxembourg, Paris, avec plus de 260 œuvres
    • Collections publiques : Centre Pompidou et musée d’Art moderne de Paris, musée de Grenoble, Museo Revoltella (Trieste), Peggy Guggenheim Collection (Venise), Tate (Londres), Metropolitan Museum of Art (New York), Art Institute of Chicago

    À la galerie

  • Anne Ethuin

    Collagiste, dessinatrice et poète, née Simone Jaguer en 1921, morte en 2009.

    Parcours

    Épouse du poète et critique d’art Édouard Jaguer (1924-2006), elle fonde avec lui et quelques amis, en 1952, la revue Phases, autour de laquelle se forme le mouvement du même nom.

    Elle adopte le nom d’Anne Éthuin après son exposition de 1973 à la galerie Les Mains libres, à Paris, en hommage à sa grand-mère maternelle.

    L’œuvre

    Anne Éthuin est l’auteure de « collages revêtus » et d’« objets habillés », qui donnent leur titre à plusieurs de ses expositions. Elle pratique aussi le dessin et la peinture.

    Expositions

    • Galerie Les Mains libres, Paris, 1973
    • Exposition de peintures, Galeria Valle Ortí, Valence (Espagne), 1976
    • « Collages revêtus », Paris, 1980
    • « Collages revêtus, objets habillés », Paris, 6 novembre au 12 décembre 1989
  • Erro

    Erro

    Peintre islandais, né Guðmundur Guðmundsson le 19 juillet 1932 à Ólafsvík (Islande), installé à Paris depuis 1958.

    Parcours

    Erró étudie à l’École de peinture et d’arts appliqués de Reykjavík de 1949 à 1951, puis à l’Académie des beaux-arts d’Oslo (1952-1954) et à l’Académie des beaux-arts de Florence (1955-1957). Il étudie aussi la mosaïque, à Ravenne et à Reykjavík. À Ravenne, il rencontre Jean-Jacques Lebel, qui l’introduit auprès des écrivains et des peintres parisiens. Après un séjour en Israël en 1957, il se fixe à Paris en 1958.

    Il signe d’abord Ferró, puis Erró. Il raconte lui-même ce changement de nom :

    « Mon premier nom d’artiste était Ferro. Je l’avais trouvé à la suite d’un voyage en Espagne, en 1952. J’avais alors vécu une semaine dans un village, Castel del Ferro. J’avais trouvé ce nom très beau, d’autant plus qu’en islandais, « fer ro » signifie « la tranquillité qui part ». Je ne savais cependant pas qu’à Montmartre il y avait un artiste brésilien, Gabriel Ferraud. Or il y a une loi en France, de la période de Vichy, qui stipule que les étrangers ne peuvent pas prendre le nom d’un artiste déjà existant. J’ai donc eu un procès, que j’ai perdu deux fois. Avec Jean-Jacques Lebel, on a alors pensé écrire ce nom avec trois « r », mais cela n’a pas été accepté. Finalement, au tribunal, on a décidé d’enlever le « F ». Cela m’a plu. Et en islandais « er ro » veut dire « maintenant c’est calme » ».

    En 1962, il réalise avec Éric Duvivier le film Mécamorphoses, puis Grimaces en 1967. Il voyage beaucoup, entre Paris, les États-Unis, l’URSS et l’Asie. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 2010.

    L’œuvre

    À partir de 1958-1959, Erró compose des collages mécaniques qui lui servent de modèles pour ses tableaux. Il y puise dans toutes les images imprimées : planches anatomiques, publicité, bande dessinée, affiches de propagande. Ces collages s’inscrivent dans la lignée des photomontages dadaïstes de Raoul Hausmann et de John Heartfield.

    Ses collages précèdent de deux ou trois ans la naissance du pop art, et il est, avec Roy Lichtenstein, l’un des premiers à faire entrer les personnages de bande dessinée dans la peinture. Ses séries jalonnent son parcours : Carcasses (1955-1957), Mécamasks (1959), Les Galapagos (1959), les portraits de Maïakovski (1964-1966), Pope Art (1965), American Interiors (1968), puis les Chinese Paintings, à partir de 1972, qui lui valent une notoriété internationale.

    Expositions

    • Exposition « Figuration narrative », galerie Creuze, Paris, 1965
    • Galerie Les Yeux Fertiles : exposition des 25 ans de la galerie, 22 mai au 19 juin 2026
  • Lou Dubois

    Lou Dubois

    Poète et plasticien, auteur de collages, de boîtes et d’assemblages, établi entre Paris et l’Andalousie depuis 1982.

    L’œuvre

    Entomologiste mésestimé, atteint de calembourite aiguë et incurable, le petit Lou Dubois est allé voir ailleurs. Poète, artiste, il ouvre des mondes d’une infinie vastitude dans des cabinets de curiosité compressés. Lou Dubois se situe dans la lignée de Max Ernst et de Jacques Prévert : collages, boîtes, trophées, assemblages. Chaque œuvre est un microcosme où, comme dans les cabinets de curiosités, le spectateur est introduit dans un monde fabuleux et déroutant qui défie ses repères.

    Le collage, c’est d’abord le découpage. Montées comme des films, les images basculent dans le grand vide et subissent des commentaires vertement sentis. Il vous plie L’autre et amont en un parapluie, une machine à coudre, un écorché et quelques verres. Il fait montre d’un érotisme discret et courtois mais juge mal les belles-mères, les affublant de crucifix turgescents et de saucisses pendantes. Les cerveaux sont occupés par des objets inappropriés. Erudit mélancolique, il amuse et émeut de ses brillantes sotties. Mais le pire, c’est qu’il découpe les enfants pour en faire des images.

    Redevenu sérieux, il contribuait à feue la revue Supérieur inconnu, et expose à la galerie des Yeux fertiles. Poète en mots et en images, Lou Dubois vit entre Paris et l’Andalousie depuis 1982.

    Expositions

    • « Triscénoramas & Cie », décembre 2022 à janvier 2023, prolongée en raison de son succès ; œuvres présentées : Triscénorama iconique (2022, 50 x 39,3 x 6 cm), Merci pour l’escargot (2021, 22,5 x 29,2 x 4,2 cm), Réouverture des Boîtes (2021, 52 x 34 x 10 cm), Cibo lichen si beau nombril de Vénus (2022, 39 x 26 x 5,2 cm), Le chant d’un argonaute (2022, 39 x 30 x 4,6 cm)
    • « Aux sources de la Beauté convulsive », section « La permanence du regard surréaliste contemporain », avec Mr. Djub et Yoan A. Gil, 25 octobre au 30 novembre 2024
    • Exposition des 25 ans de la galerie, 22 mai au 19 juin 2026
  • Mr. Djub

    Mr. Djub

    Collagiste français, vit et travaille à Paris.

    Parcours

    Mr Djub vit et travaille à Paris (France). Il réalise ses premiers collages en 1983. Claude Roffat, reconnu et respecté pour son travail auprès des singuliers français, créateur de la référentielle revue d’art singulier et brut L’Œuf sauvage, expose l’artiste dans sa galerie de Paris au crépuscule des années 1980. À partir de 2010, Mr Djub complexifie sa technique de collage, décidant de créer uniquement à l’aide de « papiers anciens » – des gravures imprimées entre 1840 et 1890 éditées dans le cadre de publications populaires d’actualités art, culture, politique et faits divers. Recherchant la vérité d’un papier fragilisé et généralement difficilement conservé, ses créations rejettent les gestes – tels que reprographie, réequilibre des couleurs, surlignage à l’encre – autres que ceux imposés par une paire de ciseaux et un scalpel. Mr Djub est également Djubaka (programmateur musical pour la radio nationale France Inter) et la moitié du duo d’activistes Anne & Julien, fondateurs du projet artistique HEY! modern art & pop culture en 2010.

    Texte : Anne Richard

    L’œuvre

    « J’ai réalisé mon premier collage en 1983. J’avais 14 ans, j’étais punk, je faisais des fanzines. Une époque où l’on fabriquait toutes les maquettes de manière traditionnelle… En France, l’héritage punk et situationniste était déjà bien ancré. Le collage était donc une pratique naturelle, mais dans une application surtout politique, dans l’idée du slogan. Le collage a une histoire fascinante. Certains remontent à Charles Dufresny au XVIIIe siècle. Pour ma part, je suis émotionnellement relié aux dadaïstes Raoul Hausmann, Hannah Höch ou John Heartfield ainsi qu’aux surréalistes bien sûr et particulièrement avec Max Ernst – c’est à cette période précise que je suis le plus attaché. Ensuite, j’aime la façon dont les gens d’art brut ont fait évoluer les choses en combinant les techniques, passant du papier aux objets pour se raconter. Le collage est plus une pratique commune qu’un mouvement à proprement parler, c’est une réalité. Par contre, un état d’esprit soude les collagistes : le stakhanovisme de l’affaire. Ce sont tous des furieux du scalpel qui veulent faire surgir d’un matériel étranger un sens nouveau, une malice de détournement. Et le vrai truc là-dedans reste jusqu’où tu es capable de pousser l’exercice. Je crois aussi qu’il faut savoir distinguer les collagistes des addicts de l’ordinateur et de l’assemblage digital. Je ne travaille que sur des journaux parus entre 1840 et 1880 pour des raisons de cohérence. Un des avantages du collage, c’est justement son manque de repère. En ce sens, aucun dogme n’enferme sa pratique, il n’a donc pas d’école définie, et j’adore cela, moi qui revendique mon état d’autodidacte ayant été éjecté de l’Éducation nationale à 16 ans. Ernst disait : « Si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n’est pas la colle qui fait le collage.» En art, rien ne peut se résumer à une technique. » (Mr. Djub)

    À lire : Les Mondes Promis, illustrations Mr Djub, textes Rosita Warlock (éditions Rackham).

    Expositions

    • Galerie Les Yeux Fertiles : « Aux sources de la Beauté convulsive », section « La permanence du regard surréaliste contemporain », avec Lou Dubois et Yoan A. Gil, 25 octobre au 30 novembre 2024 (finissage avec « Le Mage Mr. Djub »)
    • Galerie Les Yeux Fertiles : « Charivari », petit cabinet présenté avec « Didier Mazuru, Fragmentations surréalistes », 5 juin au 4 juillet 2025, en parallèle de l’exposition « Paname » avec l’artiste 13bis à la galerie Roger-Viollet, 6 rue de Seine
    • Galerie Les Yeux Fertiles : exposition des 25 ans de la galerie, 22 mai au 19 juin 2026
  • Gabriel Der Kevorkian

    Peintre français d’origine arménienne, né en 1932 à Paris.

    Parcours

    Gabriel Der Kevorkian rejoint le groupe surréaliste au milieu des années 1960 et en reste membre jusqu’en 1969. Il prend part à l’exposition internationale du surréalisme « L’Écart absolu » en 1965 et publie dans les revues La Brèche (1964-1965) et L’Archibras (1969).

    Après la dissolution du groupe parisien, il poursuit l’aventure avec les surréalistes réunis autour du Bulletin de liaison surréaliste (BLS), au sommaire duquel il figure en 1973 et 1976, puis de la revue Surréalisme (1977). Il participe aussi au mouvement Phases. En 1973, une exposition personnelle à la galerie « Aaa » est préfacée par Jean-Louis Bédouin, Jean Benoît et Vincent Bounoure ; il figure en 1975 dans l’exposition collective « Armes et bagages ».

    L’œuvre

    Le commentaire critique recueilli par la base Mélusine place sa peinture sous le signe d’un humour qui « tord le cou à l’éloquence ».

    Expositions

    • « L’Écart absolu », Exposition internationale du surréalisme, Paris, 1965
    • Exposition personnelle, galerie « Aaa », 1973
    • « Armes et bagages », 1975
    • Galerie Les Yeux Fertiles : « Prélude surréaliste », 7 juin au 6 juillet 2024

    À la galerie

  • Irena Dedicova

    Peintre d’origine tchèque, née Irena Dědičová le 12 février 1932 à Prague, morte en 1990 à Paris.

    Parcours

    Irena Dedicova s’inscrit dans l’orbite du surréalisme et du mouvement Phases, animé par Édouard Jaguer, auquel elle participe notamment lors de l’exposition Phases d’Ixelles (Belgique) en 1974. Elle figure dans la revue Arsenal et dans plusieurs expositions collectives consacrées au surréalisme et au fantastique, parmi lesquelles « Surrealismus in Europa » et « Le Fantastique contemporain ».

    En 1977, la Maison de la culture et des loisirs de Saint-Étienne-du-Rouvray lui consacre l’exposition « Irena Dedicova : peintures 1967-1977 » (7 avril au 8 mai), accompagnée d’un catalogue. On y voit notamment Les Vases communicants II (1974), Le Crépuscule des dieux et Machine à ombres (1975), Deux soleils, Rêve d’un paysage et New York III (1976).

    Expositions

    • Exposition Phases, Ixelles, 1974
    • « Irena Dedicova : peintures 1967-1977 », Maison de la culture et des loisirs, Saint-Étienne-du-Rouvray, 1977
    • Galerie Les Yeux Fertiles : « Prélude surréaliste », 7 juin au 6 juillet 2024

    À la galerie