Peintre islandais, né Guðmundur Guðmundsson le 19 juillet 1932 à Ólafsvík (Islande), installé à Paris depuis 1958.
Parcours
Erró étudie à l’École de peinture et d’arts appliqués de Reykjavík de 1949 à 1951, puis à l’Académie des beaux-arts d’Oslo (1952-1954) et à l’Académie des beaux-arts de Florence (1955-1957). Il étudie aussi la mosaïque, à Ravenne et à Reykjavík. À Ravenne, il rencontre Jean-Jacques Lebel, qui l’introduit auprès des écrivains et des peintres parisiens. Après un séjour en Israël en 1957, il se fixe à Paris en 1958.
Il signe d’abord Ferró, puis Erró. Il raconte lui-même ce changement de nom :
« Mon premier nom d’artiste était Ferro. Je l’avais trouvé à la suite d’un voyage en Espagne, en 1952. J’avais alors vécu une semaine dans un village, Castel del Ferro. J’avais trouvé ce nom très beau, d’autant plus qu’en islandais, « fer ro » signifie « la tranquillité qui part ». Je ne savais cependant pas qu’à Montmartre il y avait un artiste brésilien, Gabriel Ferraud. Or il y a une loi en France, de la période de Vichy, qui stipule que les étrangers ne peuvent pas prendre le nom d’un artiste déjà existant. J’ai donc eu un procès, que j’ai perdu deux fois. Avec Jean-Jacques Lebel, on a alors pensé écrire ce nom avec trois « r », mais cela n’a pas été accepté. Finalement, au tribunal, on a décidé d’enlever le « F ». Cela m’a plu. Et en islandais « er ro » veut dire « maintenant c’est calme » ».
En 1962, il réalise avec Éric Duvivier le film Mécamorphoses, puis Grimaces en 1967. Il voyage beaucoup, entre Paris, les États-Unis, l’URSS et l’Asie. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 2010.
L’œuvre
À partir de 1958-1959, Erró compose des collages mécaniques qui lui servent de modèles pour ses tableaux. Il y puise dans toutes les images imprimées : planches anatomiques, publicité, bande dessinée, affiches de propagande. Ces collages s’inscrivent dans la lignée des photomontages dadaïstes de Raoul Hausmann et de John Heartfield.
Ses collages précèdent de deux ou trois ans la naissance du pop art, et il est, avec Roy Lichtenstein, l’un des premiers à faire entrer les personnages de bande dessinée dans la peinture. Ses séries jalonnent son parcours : Carcasses (1955-1957), Mécamasks (1959), Les Galapagos (1959), les portraits de Maïakovski (1964-1966), Pope Art (1965), American Interiors (1968), puis les Chinese Paintings, à partir de 1972, qui lui valent une notoriété internationale.
Expositions
- Exposition « Figuration narrative », galerie Creuze, Paris, 1965
- Galerie Les Yeux Fertiles : exposition des 25 ans de la galerie, 22 mai au 19 juin 2026