Peintre, sculpteur et illustrateur français d’origine roumaine, né Herold Blumer le 10 octobre 1910 à Piatra Neamț (Moldavie roumaine), mort le 11 janvier 1987 à Paris.
Parcours
Issu d’une famille juive, il passe l’essentiel de son enfance à Galați, port du Danube. De 1925 à 1927, il suit les cours de l’École des beaux-arts de Bucarest, contre l’avis de son père. En 1928, il découvre le surréalisme par les jeunes poètes de la revue Unu, qui publient ses premiers dessins aux côtés de ceux de Victor Brauner.
Il gagne Paris en remontant le Danube à bord d’un bateau, en 1929 selon Alain Jouffroy, en 1930 selon d’autres sources, et y prend le nom de Jacques Hérold. Il travaille pour Constantin Brâncuși, dont il tient la cuisine, et rencontre dans son atelier Marcel Duchamp, Man Ray et James Joyce. Présenté à Yves Tanguy, dont il devient l’ami, il entre par lui dans le groupe d’André Breton, participe à ses jeux et fréquente Brauner et Giacometti.
Sa première exposition personnelle a lieu en 1947, l’année de l’Exposition internationale du surréalisme. Il quitte le groupe de Breton en 1951. Il publie en 1958 Maltraité de peinture et reçoit la même année le prix de la Copley Foundation. La Tate Gallery l’expose en 1959, l’abbaye de Royaumont lui consacre une exposition monographique en 1972, et il participe à la Biennale de Venise en 1986.
L’œuvre
Pendant sa période surréaliste, Hérold cherche à relier la représentation plastique au monde du cristal. Sa sculpture Le Grand Transparent (1946-1947) associe le bronze, le miroir et les cristaux de quartz. Après 1951, sa peinture évolue vers une abstraction rattachée à l’abstraction lyrique et au tachisme. Il illustre ou signe la couverture de plus de quatre-vingts livres, de Gherasim Luca, Tristan Tzara ou Sade. Il disait :
« La peinture est comme l’amour, on ne peut la faire que dans l’intimité. » (Jacques Hérold)
Expositions et collections
- Prêts de la galerie : Le Grand Transparent, 1946-1947, bronze, miroir et cristaux de quartz, 183 x 92 x 53 cm, n° 1/6, fonte Susse 1971, signé sur le socle, présenté dans « À flanc d’abîme : surréalisme et alchimie » (Maison André Breton et espace Rignault, Saint-Cirq-Lapopie, 2023), puis dans « Dreamworld: Surrealism at 100 » (Philadelphia Museum of Art, novembre 2025-février 2026)
- Collections publiques : Centre Pompidou, Paris (Le rouge en flamme, le noir en voûte, 1947) ; musée d’Art moderne de Paris ; musée Cantini, Marseille ; musée d’Art moderne de Céret ; Museum of Modern Art, New York ; Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles ; Israel Museum, Jérusalem


