Peintre français, né en 1898 dans le Var, mort en 1993.
Parcours
Fils d’un officier de marine qui encourage sa vocation, Alfred Courmes fait ses études à Monaco. En 1919, dans un sanatorium où il soigne une affection pulmonaire, il rencontre Roger de La Fresnaye, son aîné d’environ treize ans : auprès de lui, il apprend son métier, dans une relation plus filiale que scolaire. À partir de 1925, il envoie ses toiles au Salon des indépendants et au Salon d’automne.
En 1927, il s’installe à Ostende, ville de sa femme, la Belge Henriette Van de Put. Il y découvre les primitifs flamands, l’expressionnisme de James Ensor et de Constant Permeke, et le surréalisme ; il y rencontre aussi Félix Labisse. L’Homme blessé (1929) date de cette période. De retour à Paris, il habite rue des Écluses-Saint-Martin : le canal Saint-Martin devient l’un de ses décors récurrents.
En 1936, il reçoit le prix Paul Guillaume. Il peint Le Toucher pour l’Exposition internationale de 1937 et réalise, sur commande, une grande fresque, La France heureuse, pour la salle à manger de l’ambassade de France à Ottawa. En 1991, il signe le portrait officiel de Jack Lang.
L’œuvre
Courmes détourne la mythologie, l’histoire religieuse et l’imagerie publicitaire avec une ironie grinçante ; il s’en prend aux forces sociales, religieuses et militaristes ; le désir est l’un de ses thèmes constants. André Breton l’a surnommé « l’Ange du mauvais goût » ; Jean Cassou voyait en lui une figure « excentrique, bizarre et grinçante ».
Son Saint Sébastien (1934, huile sur toile marouflée sur isorel, 164 x 59 cm), exposé au Salon des indépendants de 1935, montre le saint en tenue de marin devant le port militaire de Toulon. Volet d’un triptyque resté inachevé, il a pour pendant Saint Roch natif de Montpellier (1936). La critique le jugea tour à tour « scandaleux », « splendide » et « anachronique ». Il revient au thème en 1961 avec 45 % (de) B.A. (dit : Saint-Sébastien camembert).
Expositions et collections
- « Masculin / Masculin », musée d’Orsay, Paris, 2013
- « Alfred Courmes. La rétrospective », Espace Niemeyer, Paris, 29 mars au 4 juin 2023, puis musée de l’Ardenne, Charleville-Mézières, 7 octobre 2023 au 7 janvier 2024
- Collections : Musée national d’art moderne, Centre Pompidou (Saint Sébastien, acquis en 1984) ; musée de l’Hospice Saint-Roch, Issoudun (Saint Roch)


