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  • Ursula Schultze-Bluhm

    Ursula Schultze-Bluhm

    Peintre, dessinatrice et poète allemande, dite Ursula, née le 17 novembre 1921 à Mittenwalde (Brandebourg), morte le 9 avril 1999 à Cologne.

    Parcours

    Fille d’Erwin Bluhm, Ursula travaille à l’Amerika-Haus de Francfort, où elle rencontre en 1949 le peintre Bernard Schultze, qu’elle épouse en 1955. Elle commence à peindre et à écrire en 1950, en partant de l’abstraction de Willi Baumeister, puis trouve une voie personnelle entre peinture naïve, art brut et Informel. Pendant près de cinquante ans, le couple partage le même atelier, chacun suivant son propre chemin.

    En 1954, elle rencontre Jean Dubuffet, avec qui elle noue une amitié durable ; ses œuvres entrent dans la Collection de l’Art Brut, à Lausanne. Autodidacte, elle reste pourtant inclassable : en 1961, dans la revue La Brèche, André Breton rattache son travail à « l’automatisme des médiums ». Elle participe à la documenta 6 de Kassel en 1977. Installée à Cologne avec son mari, elle y vit jusqu’à sa mort.

    L’œuvre

    Ursula réalise des dessins à l’encre, de grandes peintures et, à partir de la fin des années 1950, des assemblages en matériaux souples, notamment la fourrure, garnis de punaises et de lames de rasoir ; vers 1970, elle crée aussi des installations occupant l’espace, alors appelées « environnements ». Ses compositions sinueuses, construites par motifs de points et de lignes, sont peuplées d’êtres qui dansent, volent et se métamorphosent (Andrew Russeth, The New York Times, 16 mai 2023).

    « L’image est logée dans mon esprit et attend d’être diffusée dans le monde extérieur, sur la toile. » (Ursula)

    Expositions et collections

    • Collection de l’Art Brut, Lausanne ; Nationalgalerie, Berlin ; Staatliche Kunstsammlungen, Dresde ; Museum für Moderne Kunst, Francfort-sur-le-Main ; Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris.
    • Documenta 6, Kassel, 1977.
    • Ursula: That’s Me. So What?, première grande rétrospective, Museum Ludwig, Cologne, 2023, commissaire Stephan Diederich ; la galerie y a prêté cinq œuvres.
    • C’est moi Ursula ! Peintures, dessins, boîtes, avec Yolande Fièvre, Galerie Les Yeux Fertiles, 14 mars au 12 avril 2025.
    • Monographie et catalogue raisonné : Evelyn Weiss, Ursula, Hirmer, 2007.
  • Bernard Schultze

    Bernard Schultze

    Peintre, dessinateur et sculpteur allemand, né le 31 mai 1915 à Schneidemühl (aujourd’hui Piła, Pologne), mort le 14 avril 2005 à Cologne.

    Parcours

    Bernard Schultze grandit à Berlin, où il étudie de 1934 à 1939 à la Hochschule für Kunsterziehung, notamment auprès de Willy Jaeckel, avant de passer par l’académie des beaux-arts de Düsseldorf. Mobilisé, il combat en Russie et en Afrique ; toutes ses œuvres antérieures disparaissent dans les bombardements de Berlin en 1944. Réfugié deux ans à Flensburg, il s’établit en 1947 à Francfort.

    En 1949, il rencontre la peintre Ursula Bluhm, qu’il épouse en 1955 ; elle sera, sous le nom d’Ursula, sa compagne d’atelier pendant près de cinquante ans. Un premier séjour à Paris, en 1951, où il découvre André Masson, Wols et Jean-Paul Riopelle, est décisif : il peint ses premières toiles informelles. En décembre 1952, il fonde à Francfort le groupe Quadriga avec Karl Otto Götz, Otto Greis et Heinz Kreutz.

    La galerie Daniel Cordier l’expose à Paris en 1958 et 1962. En 1964, il aménage une salle de Migofs à la documenta III de Kassel. Il reçoit le prix d’art de la ville de Cologne (1969), entre à l’Académie des arts de Berlin (1972) et obtient le prix Lovis-Corinth (1986). Une grande rétrospective circule en Allemagne en 1980 et 1981. À partir de 1995, il partage son temps entre Paris et Cologne.

    L’œuvre

    D’abord gestuelle et informelle, nourrie par l’intérêt d’André Breton pour l’inconscient, sa peinture gagne le relief : éléments plastiques à partir de 1954, paille, chiffons et ficelle vers 1957. Les œuvres quittent alors le châssis et s’accrochent à des armatures de grillage ou de branches. À partir de 1961 naissent les « Migofs », assemblages et collages qu’il décline ensuite en bronze et en mannequins de plastique coloré.

    Les années 1970 voient des huiles et aquarelles aux figures zoomorphes et des paysages aux tons pastel ; les années 1980 et 1990, de très grandes toiles (jusqu’à 15 m²), les « tabuskri » (1991), des bronzes et des eaux-fortes. Les sculptures-peintures et mobiles présentés à Chaumont-sur-Loire en 2023 jouent de verts, d’orangés, de rouges et de bleus fluorescents.

    Expositions et collections

    • Museum Ludwig (Cologne), Tate (Londres), Museum of Modern Art (New York) ; Villa Hammerschmidt (Bonn).
    • Œuvres sur papier, Albertina, Vienne, 1984.
    • Sculptures-peintures et mobiles, saison d’art 2023 du Domaine de Chaumont-sur-Loire.
    • Exposition des 25 ans de la Galerie Les Yeux Fertiles, 22 mai au 19 juin 2026, avec un Sans titre (1957, technique mixte sur papier marouflé sur toile, 42 x 60 cm, reproduit dans B. Schultze, Hirmer, 1991, p. 246).
  • Fabian Sanchez

    Sculpteur péruvien, né en 1934 à Ayacucho (Pérou), mort le 9 avril 2020. Installé à Paris à partir de 1965.

    Parcours

    Fabián Sánchez étudie la peinture à l’École nationale des beaux-arts de Lima et participe, de 1960 à 1968, à des expositions de peinture au Pérou et à l’étranger. Il s’installe à Paris en 1965 et y travaille jusqu’à la fin de sa vie.

    En 1969, il abandonne la surface plane pour des œuvres en trois dimensions, en bois, polyester et métal. Sculpteur autodidacte, il se consacre à l’étude des structures morphologiques et à la construction d’automates. À partir de 1971, ses œuvres animées sont montrées dans des expositions consacrées à l’art et la technologie, à l’art surréaliste et à la sculpture contemporaine. Il a été distingué par l’Académie des beaux-arts.

    L’œuvre

    Tout part de la récupération d’une machine à coudre : avec des pièces de machines à coudre, Sánchez construit des formes anthropomorphes mues par une « animation plastico-mécanique ». L’objet renvoie à la rencontre fortuite d’une machine à coudre et d’un parapluie sur une table de dissection, l’image de Lautréamont dont les surréalistes avaient fait un mot d’ordre.

    « Dans chaque mécanisme usé, il devinait une histoire à raconter. Dans chaque rouage abandonné, il percevait une beauté à révéler. » (Ludvina Sánchez, sa fille, 2024)

    Expositions et collections

    • Les Machines sentimentales, Centre Georges Pompidou, Paris ; Énergie et mouvement, Reims ; Mécanic’Art, Annecy ; Robots en liberté, CNIT, La Défense.
    • FIAC, Grand Palais (1977, 1980, 1994) ; IVe Biennale de Paris ; XXXIXe Biennale de Venise ; IVe Biennale de Medellín.
    • Amérique latine et surréalisme, Museum Bochum ; Surrealism: Two Private Eyes, Solomon R. Guggenheim Museum, New York.
    • Fabián Sánchez, Machines anthropomorphes, exposition posthume, Galerie Les Yeux Fertiles, 6 décembre 2024 au 9 janvier 2025, troisième volet d’« Aux sources de la beauté convulsive » (Paris surréaliste, avec le Comité des galeries d’art et le Centre Pompidou), avec Excelsior (vers 1977, sculpture animée, 158 x 53 x 80 cm) et Ingau Ingau (vers 1998, sculpture animée et sonore, 44 x 17 x 16 cm).
    • La subversion des images, Galerie Les Yeux Fertiles, janvier à mars 2025.
  • Bernard Saby

    Bernard Saby

    Peintre et dessinateur français, né en 1925 à Paris, mort en 1975 à Paris.

    Parcours

    Après des classes préparatoires en mathématiques à Lyon, où il rencontre Pierre Boulez, Bernard Saby se tourne vers la composition musicale. Il suit avec Boulez l’enseignement de René Leibowitz et s’oriente vers la musique sérielle. Il écrit pour la Revue du Domaine musical, dont il dessine aussi la couverture, et fréquente dans le Paris d’après-guerre Pierre Joffroy, Armand Gatti et Henri Michaux.

    En 1956, Michaux publie dans Misérable Miracle un texte de Saby, « L’image privilégiée », récit de son expérience de la mescaline. Saby expose à la galerie du Dragon (1955 à 1958, puis 1974) et à la galerie de L’Œil (1963, avec un texte de Michel Butor, 1965, 1967), ainsi qu’au Salon de Mai. En 1965, il figure dans l’exposition « Le Surréalisme et l’art fantastique » de la VIIIe Biennale de São Paulo.

    Onze ans après sa mort, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris lui consacre en 1986 une rétrospective, dirigée par André Berne-Joffroy. Stéphane Gatti (mort en 2025) a ensuite beaucoup œuvré à la redécouverte de son œuvre.

    L’œuvre

    Peintures à l’huile, gouaches, fusains, lavis : l’abstraction de Saby se nourrit de ses recherches sérielles, de ses expériences de la mescaline et du haschich, de son étude des lichens et des textes chinois anciens. À Alain Jouffroy, il dit vouloir « construire un piège à fascination » et pratiquer une « peinture du possible ».

    « Un jour, dans mes tableaux s’est mise à apparaître une profondeur, et je me suis enfoncé, je me suis lancé à corps perdu dans son exploration. » (Bernard Saby, entretiens avec Michel Butor, 1963)

    Patrick Waldberg voyait en lui le plus intrépide « côtoyeur d’abîmes » de sa génération ; Pierre Boulez, une personnalité « écartelée entre les forces d’irrationalité » et le besoin de les ordonner. Claude Roy a résumé : « Il faut être Klee, Wols, Saby ou rien ! »

    Expositions et collections

    • Musée national d’art moderne, Centre Pompidou : cinq dessins acquis en 2012 dans l’exposition de la galerie consacrée aux dessins, dont un Sans titre (1951, fusain sur papier, 76 x 108 cm).
    • Musée d’Art moderne de la Ville de Paris : acquisitions lors de la rétrospective de 1986, puis deux en 2008.
    • Château de Rochechouart, centre d’art de la Haute-Vienne (don J. de la Casinière) ; musée de l’Hospice Saint-Roch d’Issoudun (donation Zao Wou-ki) ; musée Unterlinden de Colmar (donation Person).
    • Septième exposition à la Galerie Les Yeux Fertiles, du 13 mars au 18 avril 2026, en hommage à l’artiste et à Stéphane Gatti, avec notamment un Sans titre (vers 1955, gouache noire à la caséine, 65 x 81 cm) et un Sans titre (1966, huile sur toile, 97 x 130 cm).
  • Ody Saban

    Ody Saban

    Artiste plasticienne née en 1953 à Istanbul, installée à Paris depuis la fin des années 1970.

    Parcours

    Ody Saban naît dans une famille juive d’Istanbul et grandit entre le judéo-espagnol (ladino) et le turc. En 1969, elle part pour Israël, où elle étudie dans une école d’art de Haïfa, puis séjourne longuement aux États-Unis avant de s’établir à Paris. Elle y suit de manière intermittente les cours de l’École nationale supérieure des beaux-arts, tout en vivant surtout en marge des circuits officiels.

    En 1983, elle cofonde le collectif d’artistes Art Cloche, dont elle est la seule femme ; après l’expulsion du squat où il est installé, elle fonde Art Cloche 2, groupe exclusivement féminin.

    L’œuvre

    Dessins, peintures, lithographies, performances, poèmes calligraphiés ou sérigraphiés et livres d’artiste composent son œuvre. Elle y fait revenir un signe de son invention, le kus, lettre imaginaire inspirée de la vulve, et y croise féminisme, mythologie, kabbale, érotisme et références à la Déesse Mère du site néolithique de Çatal Höyük. La revue Raw Vision rattache sa démarche aux explorations surréalistes et lacaniennes de l’inconscient.

    « La dernière série de peintures d’Ody Saban représente de grands bateaux volants qui la relient à l’utopie révolutionnaire célèbrent à sa façon érotique et amoureuse, le thème de l’émigration. Ody Saban dessine à l’encre de Chine sur du papier de soie, papiers de l’extrême orient, pratique l’aquarelle et la peinture (huile et acrylique). Ces sortes de broderies aux couleurs chaudes rappellent les miniatures, mais aussi l’univers cosmopolite, ce dont elle reste imprégnée. Ses dessins évoquent l’érotisme amoureux et chaque feuille est remplie d’enchevêtrements de corps, de visages, de fleurs, exprimant ainsi la plénitude féminine. Si elle s’identifie à Lilith, la femme maudite, c’est pour mieux combattre la misogynie, mais aussi pour révéler la magie qui se dégage de son univers chargé d’onirisme fantastique. »

    Expositions et collections

    • Tendres assemblées de femmes et autres merveilles, Galerie Les Yeux Fertiles, septembre 2022, avec une rencontre animée par Thomas Mordant le 22 septembre 2022.
  • Endre Rozsda

    Endre Rozsda

    Peintre hongrois naturalisé français, né le 18 novembre 1913 à Mohács (Hongrie), mort en septembre 1999 à Paris.

    Parcours

    Endre Rozsda se forme à l’école libre du peintre Vilmos Aba-Novák. Sa première exposition personnelle, à la galerie Tamás de Budapest en 1936, est remarquée : le musée des Beaux-Arts de Budapest lui achète une toile. Un concert de Béla Bartók l’amène pourtant à remettre en cause sa manière post-impressionniste.

    En 1938, il s’installe à Paris avec le sculpteur Lajos Barta et suit les cours de l’École du Louvre. Il découvre le surréalisme et se lie avec Árpád Szenes, Maria Helena Vieira da Silva, Françoise Gilot, Max Ernst et Alberto Giacometti. L’occupation allemande le contraint à regagner Budapest en 1943. Après la guerre, il compte parmi les fondateurs de l’École européenne, groupe dissous en 1948 sous le régime communiste ; il ne peut plus alors peindre qu’en secret, sans exposer.

    Après l’écrasement de la révolution de 1956, il revient définitivement en France. En 1957, la galerie de Simone Collinet, place de Furstenberg, lui consacre une exposition dont André Breton préface le catalogue. Il participe en 1961 à l’Exposition internationale du surréalisme organisée par Breton à la galerie Schwarz de Milan, et reçoit en 1964 le prix Copley, décerné par un jury où siègent notamment Hans Arp, Max Ernst, Man Ray et Marcel Duchamp. Naturalisé français en 1970, il installe en 1979 son atelier au Bateau-Lavoir, où il travaille jusqu’à sa mort. Il repose au cimetière de Montmartre.

    L’œuvre

    La peinture de Rozsda se nourrit du temps et de la mémoire, comme il l’a lui-même écrit :

    « De mes souvenirs et de la lumière, je fais un tissu dense et je contemple jusqu’à ce qu’il s’anime et me rende mon regard, et se dresse en face de moi. C’est le temps que je veux saisir, ordonner, évaluer. Le temps, l’oubli multicolore et lumineux ; des jouissances et des souffrances, le temps fait ses perles. Autour, je tresse le lierre de mes souvenirs. Je ne veux ni estimer, ni expliquer mais comprendre. Je pose ma tête sur le temps et j’écoute ce qu’il me dit. » (Endre Rozsda)

    Expositions et collections

    • Musée des Beaux-Arts de Budapest (achat en 1936).
    • Musée des Beaux-Arts de Dijon : Amour sacré, amour profane (1947).
    • Musée national d’art moderne, Centre Pompidou : Promenade d’Erzsébet (1946), choisie en 2025 pour entrer dans les collections nationales.
    • Musée hongrois de la photographie : legs de ses photographies et négatifs.
    • Rétrospective au musée des Beaux-Arts de Quimper, de juin à novembre 2027.
  • Josette Rispal

    Josette Rispal

    Sculptrice et plasticienne française, née en 1946 à Aurillac (Cantal). Elle vit et travaille à Paris.

    Parcours

    Fille du galeriste Antonin Rispal et de Joséphine Ajalbert, Josette Rispal grandit à Paris. Autodidacte, elle réalise en 1977 ses premiers masques-lumière. De 1980 à 1983, elle séjourne à New York, où elle réalise des collages avec Jean Dupuy. À partir de 1981, avec Henri-Hugues Lejeune, elle vit en partie à Venise, où elle commence à travailler le verre et rencontre Egidio Costantini.

    En 1983, le Salon national des arts présente au Grand Palais sa « maison des Masques Lumière ». En 1992, elle réalise son premier vitrail avec les Ateliers Loire ; Les Jardiniers (1993), sculpture en dalle de verre rehaussée de grisaille et d’émail, est montrée au salon SAGA du Grand Palais en 1993.

    Elle reçoit plusieurs commandes : Cascade de lumière, sculpture de 16 mètres inaugurée le 15 octobre 1994 à l’entrée du tunnel du Puymorens ; une croix, un tabernacle, un chemin de croix et des chandeliers pour l’église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, à Paris ; une sculpture en béton armé et verre pour l’autoroute reliant Clermont-Ferrand à Périgueux.

    En 2005, un ensemble de meubles et d’objets Art nouveau issu de la galerie Antonin Rispal entre par donation au musée d’Orsay, qui le publie en 2006 (Un ensemble Art nouveau : la donation Rispal). Josette Rispal est chevalier de la Légion d’honneur (2009) et officier des Arts et des Lettres (2014).

    L’œuvre

    Depuis 1975, Josette Rispal travaille le bronze, le fer, la terre cuite et le verre de Murano. La lumière tient une place centrale dans son travail. Comme son ami Chomo, qu’elle rencontre en juillet 1984 dans son Village d’Art préludien d’Achères-la-Forêt, elle cherche à transformer les rebuts en œuvres. Elle devient sa complice et sa mécène, et organise pour lui en 1991 une exposition dans tout Milly-la-Forêt.

    Expositions et collections

    • Les Obsidiens en mouvement, Galerie Les Yeux Fertiles, 2014.
    • Constellation Rispal, Galerie Les Yeux Fertiles, 1er décembre 2018 au 12 janvier 2019.
    • Josette Rispal et Chomo, Galerie Les Yeux Fertiles, en collaboration avec Maître Aymeric Rouillac, 27 novembre 2025 au 8 janvier 2026, avec notamment Témoins de l’Humanité (2013-2015, métal brossé et verres de Murano, de 160 à 207 cm).
  • Maurice Rapin

    Maurice Rapin

    Peintre, poète et théoricien français, né en 1927 à Paris, mort en 2000.

    Parcours

    Attiré très tôt par la peinture, Maurice Rapin étudie les mathématiques et la biologie pour gagner sa vie. Admirateur de René Magritte, il entretient avec lui une longue correspondance.

    Il expose à L’Étoile scellée, la galerie animée par André Breton, et appartient au groupe surréaliste de 1952 à 1954 ; il s’en éloigne en refusant les thèses de Charles Estienne sur le tachisme, et rompt avec Breton en 1958. Il collabore aux revues Médium (1953), Temps mêlés (Verviers) et Gradiva (Bruxelles). Au sein du groupe, il rencontre la peintre Mirabelle Dors, qu’il épouse en 1954.

    Avec elle, Jacqueline et Jean-Pierre Duprey, Clovis Trouille et Magritte, il fonde la Tendance populaire surréaliste, qu’il anime de 1957 à 1978 : publications, expositions et prises de position politiques. Le couple, installé à Vélizy-Villacoublay, édite de 1971 à 1980 les ouvrages collectifs du mouvement. En 1978, Rapin crée avec Mirabelle Dors et Yak Rivais l’association Salon Figuration critique. Il est inhumé au petit cimetière de Bercy, à Paris.

    L’œuvre

    Peintre et poète, Rapin mène de front création et réflexion théorique au sein de ses groupes. Parmi ses œuvres connues figure un Sans titre de 1964, aquarelle et feutre sur papier (28 x 38 cm).

  • Gaston Puel

    Gaston Puel

    Poète et éditeur français, né le 6 mars 1924 à Castres (Tarn), mort en 2013.

    Parcours

    À la Libération, Gaston Puel rencontre Joë Bousquet, André Breton et René Char, avec lesquels il correspond. Il prend part aux activités du groupe surréaliste à partir de 1947, puis s’en éloigne en 1950 tout en restant en bons termes avec Breton.

    Typographe autant que poète, il installe son propre atelier d’impression et fonde en 1961 les éditions de La Fenêtre ardente. Il y publie Pierre Albert-Birot, Joë Bousquet, René Char, Pierre-André Benoit, Jean Grenier, Pierre Gabriel ou Jean Malrieu, et lance une collection de livres d’artistes à laquelle participent Jean Arp, Max Ernst, Joan Miró, Jean Dubuffet, Raoul Ubac et Staritsky.

    En 1971, il dirige à l’université du Maryland, aux États-Unis, deux séminaires, consacrés l’un à René Char, l’autre à Claude Simon.

    L’œuvre

    Gaston Puel est l’auteur d’une trentaine de recueils de poèmes et de plusieurs essais, dont une étude sur Lucien Becker parue en 1962 dans la collection « Poètes d’aujourd’hui » chez Seghers. Son œuvre poétique a reçu le prix Max-Jacob. Une partie de ses archives est conservée à la bibliothèque littéraire Jacques Doucet, à Paris.

  • Mario Prassinos

    Mario Prassinos

    Peintre et cartonnier de tapisserie français d’origine grecque, né le 30 juillet 1916 à Constantinople, mort le 23 octobre 1985.

    Parcours

    Issu d’une famille grecque de Constantinople, Mario Prassinos arrive en France en 1922, après l’expulsion des Grecs de Turquie, avec ses parents et sa sœur Gisèle, future écrivaine. Il étudie au lycée Condorcet, à l’École des langues orientales puis à la faculté des lettres de Paris, et non aux Beaux-Arts ; il passe brièvement par l’atelier du peintre Clément Serveau.

    C’est par Gisèle Prassinos, dont les poèmes paraissent dès 1934 dans les revues, notamment Minotaure, qu’il approche les surréalistes. Il fréquente les réunions du café de la place Blanche et rencontre Paul Éluard, André Breton, Salvador Dalí, Man Ray, Max Ernst et Marcel Duchamp. Il peint dans une veine surréaliste de 1932 à 1936 (La Bataille de Fontenoy, 1937 ; Guerrier grenouille, 1938) et expose pour la première fois en 1938, à la galerie Billiet-Pierre Vorms.

    Engagé volontaire en 1940, grièvement blessé, il reçoit la croix de guerre, puis aide des soldats alliés à quitter la France occupée. Il se lie avec Raymond Queneau, qui l’introduit chez Gallimard, et avec Albert Camus. Naturalisé français en 1949, il s’installe en 1951 à Eygalières, dans les Alpilles.

    L’œuvre

    À partir de 1949, Prassinos se consacre aussi à la tapisserie (Les Troupeaux, 1949) ; ses premières pièces, montrées lors d’une réception chez Gallimard, le font connaître. Il travaille pour la scène, notamment les décors du Macbeth monté par Jean Vilar à Avignon en 1954.

    Peintre non figuratif à la fin des années 1950 (Meltem, 1959, huile sur toile, 260 x 190 cm), il réalise aussi des portraits (Bessie Smith, son grand-père Prétextat) et des paysages des Alpilles, comme la série d’encres Colline à Eygalières (1976).

    Expositions et collections

    • Donation Mario Prassinos à l’État, présentée depuis 1986 dans la chapelle Notre-Dame-de-Pitié, à Saint-Rémy-de-Provence.
    • Œuvres dans les collections du Musée national d’art moderne (Paris), du Stedelijk Museum (Amsterdam), de la Kunsthalle de Brême, du Victoria and Albert Museum (Londres), du Museum of Modern Art et du Metropolitan Museum of Art (New York), de l’Art Institute of Chicago.
    • Chevalier de la Légion d’honneur (1966), officier des Arts et des Lettres (1980).

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