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  • Virginia Tentindo

    Virginia Tentindo

    Sculptrice argentine installée en France, née en 1931 à Buenos Aires.

    J’ai fait la connaissance de Virginia Tentindo en 1997, en rejoignant le comité de rédaction de la revue Supérieur Inconnu, dont elle était membre. Je me souviens, lors de ma première visite dans son atelier, en compagnie de Sarane Alexandrian, avoir été saisi par la beauté convulsive de cet art, en prise directe sur Merveilleux. Virginia nous a toujours accueillis avec une générosité rare et une hospitalité toute argentine, telle une « prêtresse de la Terre-de-Feu » au sein de son sanctuaire onirique, constitué de terres cuites, de bronzes, de marbres, de sa faune et de sa flore, le tout, sorti d’un imaginaire des plus fertiles. Cet atelier, l’écrivain surréaliste José Pierre l’évoqua en 1986, comme « la fabrique des dieux ». Les sculptures de Virginia Tentindo, à la fois sensuelles et terribles, associent des têtes de félidés avec des corps d’hommes et de femmes, aux jambes qui se fondent en une seule, longue et flexible comme un serpent. Ces humanimaux, tels que les appelle Sarane Alexandrian, ont l’air de plantes carnivores. Il ne s’agit pas d’hybrides tels qu’en fabriquent des artistes enclins à des effets insolites faciles, car l’originalité de Virginia est justement de ne pas faire d’assemblages arbitraires. Julio Cortázar a ainsi pu écrire (in Voyage vers un temps pluriel) que chez Virginia Tentindo, « tout est ou peut être mandragore, Gorgone, hermaphrodite, rite phallique, hiérogamie et pourquoi pas épiphanie ». Car rien n’est donné sur un seul plan et la multiplicité des essences est, pour plusieurs de ses sculptures, comme une invite à s’approcher et à toucher ; alors on découvre que ces pièces ne commençaient ni ne finissaient à leur contour visuel mais que le toucher est là pour ouvrir une seconde porte basse. L’art de Tentindo n’est jamais apparence mais toujours intériorité. On dirait, écrit encore Cortázar, « que la nature s’interroge alors sur sa persistante monotonie et cherche à travers l’art quelque chose de plus que l’imitation que lui impartit Oscar Wilde, une rénovation capable de nous arracher à la routine génétique. Là, tout est substitution, parachèvement et ouverture vers de nouvelles constellations de formes. »

    Parcours

    Virginia Tentindo expose ses premières sculptures à seize ans et ouvre à dix-huit ans sa propre galerie à Buenos Aires. Elle participe aux activités du groupe surréaliste de Buenos Aires et fréquente les surréalistes argentins Juan Andralis, Julio Silva et Víctor Chab, disciples du peintre Juan Batlle Planas.

    Installée à Paris en 1953, elle rejoint le groupe surréaliste parisien et travaille comme maquettiste, graphiste et illustratrice de livres. Pour le cinéma, elle recrée en figurines le Sacre de Napoléon pour l’Austerlitz d’Abel Gance et réalise la poupée que brûle l’héroïne de La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan.

    Elle revient pleinement à la sculpture dans les années 1970 et travaille dès lors entre ses ateliers du Bateau-Lavoir, à Montmartre, et de Pietrasanta, en Toscane. En 2011, un colloque, « Chimères surréalistes », lui est consacré à Florence, et Fabrice Maze lui dédie le film Minimes innocences.

    L’œuvre

    Bronze, terre cuite, céramique, marbre : ses sculptures, parfois de grand format, mobiles ou transformables, mettent en scène mythes, dieux, démons et chimères, sous le signe de l’érotisme et du rêve. Elle crée aussi des bijoux, réalisés entre 1978 et 1995 par la fonte à la cire perdue et reprenant en miniature ses grandes pièces, ainsi que des livres-objets. Sa Mandragore (1983) a servi de trophée au 36e Festival de Cannes.

    El fuego ! C’est cela Virginia Tentindo, le tango du Feu de la vie et de la passion ; le Feu du désir et de la poésie ; le Feu de la métamorphose et celui de l’alchimiste qui, de son Athanor, ressort de l’or émotionnel en terre-cuite : un Chat d’octobre ou une Lionne des jours Terre-Lune.

    Expositions et collections

    • Expositions notamment à Bochum (1993), à l’ouverture du musée de l’Érotisme de Paris (1997), à Venise (2006) et à Tokyo (2016).
    • Nouveau Musée National de Monaco : Ci-gît le verbe (2020, sculpture) et Pour que l’histoire recommence (1980, dessin), acquis en 2022 après l’exposition Monaco-Alexandrie, le grand détour ; bijoux présentés au salon Joya, Monte-Carlo, 13 au 16 novembre 2025.
    • Exposition des 25 ans de la Galerie Les Yeux Fertiles, 22 mai au 19 juin 2026.

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  • Claude Tarnaud

    Claude Tarnaud

    Poète et peintre français, né le 27 mai 1922 à Maisons-Laffitte (Yvelines), mort le 3 juin 1991 à Avignon.

    Parcours

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, Claude Tarnaud découvre le surréalisme et le jazz, qui l’aident à s’affranchir d’une mère étouffante. Il écrit alors le Journal du scorpion, manuscrit aujourd’hui perdu. En 1946, il cofonde la revue La Révolution la nuit avec Yves Bonnefoy et Jaroslav Serpan, s’en éloigne vite, et rencontre André Breton. Il vit alors à Paris avec Claudine Merlin, dite Eaudine.

    Membre du groupe surréaliste de 1946 à 1948, proche de Victor Brauner et de Stanislas Rodanski, il participe à l’Exposition internationale du surréalisme de 1947 et cofonde en 1948 la revue Néon avec Rodanski, Sarane Alexandrian, Jindřich Heisler et Véra Hérold. Il quitte le groupe la même année, lors de l’affaire Matta-Brauner, en désaccord avec l’exclusion de Roberto Matta.

    En 1951, il épouse Henriette de Champrel, dite Gibbsy, qui illustrera plusieurs de ses textes, et s’installe à Genève comme traducteur pour l’ONU. Ses missions le mènent ensuite à Mogadiscio (1953-1959), Addis-Abeba, New Delhi et New York, où il vit de 1959 à 1962 ; il y organise en 1961, avec Marcel Duchamp, l’exposition Surrealist Intrusion in the Enchanters’ Domain à la D’Arcy Gallery, et contribue en 1966 à la naissance du groupe surréaliste de Chicago, autour de Franklin et Penelope Rosemont. De 1953 à 1966, il participe au mouvement Phases d’Édouard Jaguer ; avec François Di Dio, il dirige la revue Positions. Il quitte l’ONU et s’installe en 1969 à Salignan, près d’Apt.

    L’œuvre

    Poète, Tarnaud est aussi plasticien et auteur de tableaux-objets. Son premier livre, The Whiteclad Gambler, paraît à compte d’auteur à Genève en 1952. Suivent notamment La Forme réfléchie (Le Soleil noir, 1954, préface de Ghérasim Luca), Orpalée (1965, lithographies de Jean-Pierre Vielfaure), Les Cendres de l’eau (1974, dessins de Jacques Lacomblez) et, à titre posthume, L’Aventure de la Marie-Jeanne ou le Journal indien (2000, dessins de Jorge Camacho). Il collabore aux revues Edda, La Brèche, Phases et Supérieur Inconnu.

    Expositions et collections

    • Archives André Breton : manuscrit L’Iris tournoyant (16-17 février 1948) et lettres de Tarnaud à Breton.
    • Donc te voilà nyctalope !, rétrospective, Paris, 2009.
    • Prélude surréaliste, Galerie Les Yeux Fertiles, 7 juin au 6 juillet 2024.

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  • Jan Švankmajer

    Jan Švankmajer

    Cinéaste d’animation et plasticien tchèque, né le 4 septembre 1934 à Prague.

    Parcours

    Jan Švankmajer étudie la scénographie à l’École supérieure des arts appliqués de Prague (1950-1954), puis la mise en scène et la scénographie au département des marionnettes de la faculté de théâtre de l’Académie des arts du spectacle (1954-1958). Après le Théâtre des masques, il rejoint vers 1962 la Laterna magika, où il dirige jusqu’en 1964 la compagnie de théâtre noir. Son premier film, Le Dernier Truc, date de 1964.

    Il épouse Eva Dvořáková, la peintre Eva Švankmajerová, avec qui il entre en 1970 dans le groupe surréaliste tchécoslovaque animé par Vratislav Effenberger. De 1972 à 1979, il est interdit de tournage pour avoir refusé de céder sur le montage du Château d’Otrante, et travaille aux studios Barrandov comme décorateur et créateur de trucages. En 1991, il fonde avec Jaromír Kallista le studio Athanor, dans un ancien cinéma de Knovíz. Eva Švankmajerová meurt en 2005, peu avant la sortie de Lunacy.

    L’œuvre

    Après de nombreux courts métrages, dont Dimensions du dialogue, récompensé en 1983 par l’Ours d’or à Berlin et le grand prix d’Annecy, il réalise ses longs métrages : Alice (1988), Faust (1994), Les Conspirateurs du plaisir (1996), Little Otik (2000), Lunacy (2005), Survivre à sa vie (2010) et Insect (2018).

    Dans son œuvre plastique, le collage est central depuis les années 1960 (le Svank-meyers Bilderlexikon, commencé au début des années 1970). À partir de 1974, il mène des expériences tactiles, dont il fait la synthèse en 1983 dans un livre diffusé en samizdat, Toucher et imagination ; les objets tactiles deviennent l’une des parts majeures de son travail.

    Expositions et collections

    • Globe de cristal du festival de Karlovy Vary pour sa contribution au cinéma mondial (2009).
    • La subversion des images, Galerie Les Yeux Fertiles, janvier à mars 2025, avec un Sans titre (2009, collage réalisé à partir du matériel du film Survivre à sa vie, 45 x 54 cm).

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  • Max Walter Svanberg

    Max Walter Svanberg

    Peintre, graveur et illustrateur suédois, né en février 1912 à Malmö, mort le 28 mai 1994.

    Parcours

    Max Walter Svanberg rêve d’abord d’être luthier. En 1929, il entre à l’atelier publicitaire du cinéma Palladium de Malmö, suit en 1931 et 1932 les cours de la Skånska Målarskolan, puis, refusé à l’Académie des beaux-arts de Stockholm en 1933, l’école de peinture d’Otte Sköld. Atteint de poliomyélite à l’automne 1934, il expose pour la première fois en 1935, chez Ekström à Stockholm. Il épouse en 1940 Gunni Sjöström, sa compagne depuis 1931, morte en 1982.

    Il expose en 1943 avec le groupe Minotaure, à l’hôtel de ville de Malmö, puis fonde avec C. O. Hultén et Anders Österlin le groupe des Imaginistes (Imaginisterna), dont il rédige des déclarations en 1949 et 1950. André Breton découvre son œuvre en 1953 : en 1954, le n° 3 de la revue Médium, qu’il illustre, s’ouvre sur l’« Hommage à Max Walter Svanberg » de Breton, et en 1955 la galerie À l’Étoile scellée l’expose avec une préface de Breton. Il figure dans L’Art magique (1957), participe aux expositions internationales du surréalisme de Paris (galerie Daniel Cordier, 1959), New York (1960) et Milan (1961), et ne rencontre Breton qu’en 1964.

    Il représente la Suède à la VIIIe Biennale de São Paulo en 1965. Il reçoit la médaille du prince Eugen (1965), entre à l’Académie royale des beaux-arts de Suède (1968) et reçoit la Légion d’honneur en 1969.

    L’œuvre

    Le corps féminin, mêlé d’éléments végétaux et animaux, est le motif central de son œuvre. Peintre, notamment à la gouache, il grave à partir de 1945, publie en 1950 un album de huit lithographies et pratique le collage (suite exposée en 1964). Il illustre les Illuminations de Rimbaud (1958) et conçoit en 1970 les décors et costumes du Misanthrope de Molière au Théâtre dramatique royal de Stockholm.

    Expositions et collections

    • Moderna Museet et Nationalmuseum (Stockholm), Malmö Museum, Göteborgs Konstmuseum ; Tate Modern et British Museum (Londres) ; Museum of Modern Art (New York) ; National Gallery of Art (Washington).
    • Rétrospective au Konsthallen de Göteborg (1967) ; expositions en mémoire au Nationalmuseum et au Malmö Konstmuseum (1995) ; centenaire en 2012.
    • Prélude surréaliste, Galerie Les Yeux Fertiles, 7 juin au 6 juillet 2024, avec un Sans titre (1960, gouache sur papier, 45 x 37,5 cm).

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  • Ugo Sterpini

    Ugo Sterpini

    Peintre italien, né en 1927 à Rome, mort en octobre 2000 à Cavriago (Reggio d’Émilie).

    Parcours

    Formé à l’Accademia del Nudo, Ugo Sterpini se rapproche des recherches abstraites du groupe Forma 1 et participe aux expositions internationales de l’Art Club de Rome. Il figure en 1951 dans Arte astratta e concreta in Italia, à la Galleria Nazionale d’Arte Moderna de Rome, puis rejoint le groupe Origine. Il expose à la VIIIe Quadriennale de Rome (1959) et, en 1962, à la galerie La Nuova Pesa, dans une exposition personnelle conçue par Enrico Crispolti.

    André Breton l’accueille dans le mouvement surréaliste. En 1964, il fonde avec Fabio De Sanctis l’Officina Undici, qui produit jusqu’en 1966 des meubles surréalistes. Il travaille aussi pour le théâtre à Rome et pour le cinéma, notamment avec Elio Petri (Un coin tranquille à la campagne, 1968 ; Todo modo). En 1977, à Reggio d’Émilie, il entre en contact avec Fluxus par l’intermédiaire de Rosanna Chiessi.

    L’œuvre

    Après le cycle des Iterazioni cromatiche du début des années 1950, qui rompt avec l’abstraction post-cubiste, puis les Liste di simbolismi et les Sabbie (1955), Sterpini revient en 1959 à une figuration très matiériste. Suivent les cycles des Giardini et de la Fantasia femminile (1966). À partir de 1967, l’assemblage domine (objets en plastique, peintures en relief, dessins) et un personnage inspiré de Max Ernst, le Pesce mummia (poisson momie), occupe son œuvre jusqu’à la fin des années 1970. Les années 1980 sont marquées par un cycle consacré à Polichinelle.

    Expositions et collections

    • CSAC, Centre d’études et archives de la communication, université de Parme : don de l’artiste (1998) et de ses héritiers (2002).
    • Prélude surréaliste, Galerie Les Yeux Fertiles, 7 juin au 6 juillet 2024.

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  • Sol (Solange Lantier)

    Dessinatrice autodidacte française, Solange Lantier, dite Sol, dont l’œuvre connue date de la seconde moitié des années 1970.

    Parcours

    Avec son mari, Solange Lantier tient tour à tour un restaurant, un bureau de tabac et un bazar. Lorsque celui-ci est frappé de paralysie, elle se consacre à lui pendant de longues années.

    Ses dessins sont exposés à plusieurs reprises à l’Atelier Jacob, et elle participe en 1978 à l’exposition Les Singuliers de l’art, au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Jean Dubuffet acquiert plusieurs de ses dessins pour la Collection de l’Art Brut. Un article lui est consacré dans le Fascicule de l’Art Brut n° 10.

    L’œuvre

    Sol associe pastel sec, crayon de couleur, encre, lavis et vernis, sur carton ou sur papier. Ses titres, parfois inscrits sur la feuille, donnent le ton : Un cauchemar (1978), Personnages sur fond bleu (1979), Les autres se reposent, moi je travaille, Où sont-ils.

    Expositions et collections

    • Collection de l’Art Brut, Lausanne.
    • LaM, Villeneuve-d’Ascq : une vingtaine de dessins datés de 1976 à 1980, donation de L’Aracine (1999), dont Un cauchemar (1978, pastel sec, lavis, encre et vernis sur papier vergé, 50 x 32,6 cm) et Personnages sur fond bleu (1979, pastel sec, crayon de couleur, encre et vernis sur carton, 65 x 50 cm).
    • Les Singuliers de l’art, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 1978.
  • Lewis Smith

    Lewis Smith

    Dessinateur autodidacte américain, né en 1907 dans l’Ohio (États-Unis), mort en 1998.

    Parcours

    Lewis Smith commence à dessiner en 1920. Son père, Howard E. Smith, travaille pour une compagnie de chemins de fer, ce qui lui vaut un laissez-passer pour voyager gratuitement en train : il sillonne ainsi l’Ohio et le reste du pays, consignant ce qu’il voit dans des carnets et des dessins. Quatre petits journaux, tenus de 1904 à 1941 (le plus ancien par son père, les trois autres par lui), sont conservés dans les archives de l’American Folk Art Museum, à New York.

    Il vit et dessine dans la solitude, au point de peindre ses figures jusque sur les murs de sa maison, de sa grange et de ses dépendances, dans l’Ohio rural. Il ne montre pas son travail de son vivant ; l’American Primitive Gallery de New York le fait connaître après sa mort, à la fin des années 1990.

    L’œuvre

    Smith dessine à la mine de plomb et aux crayons de couleur sur des supports de récupération : sacs d’épicerie, cartons aplatis, boîtes de biscuits, souvent recto verso et parfois en intégrant les marques imprimées. Il représente locomotives et détails ferroviaires, ruelles, comptoirs et diners, et surtout de grandes femmes musclées, en boxeuses ou en lutteuses, inspirées des compétitions sportives auxquelles il assiste au fil de ses voyages. Passionné d’actualité, il collectionne aussi journaux, objets, documents et photographies liés au chemin de fer américain.

    Expositions et collections

    • Collection de l’Art Brut, Lausanne (notamment School to school et Free 4 all, room 123) ; 3e Biennale de l’Art Brut, Corps, 17 novembre 2017 au 29 avril 2018.
    • American Folk Art Museum, New York (archives : journaux de Lewis Smith).
  • Sir L

    Sir L

    Peintre, dessinateur, pastelliste et lithographe français d’origine arménienne, de son vrai nom Levon Aradian, né en 1932 à Beyrouth, mort à Paris.

    Parcours

    Sir L. naît dans une famille arménienne de Beyrouth. Son père, rescapé du génocide arménien, s’était engagé en 1915 dans l’Armée française d’Orient ; sa mère est née à New York. Élève des jésuites au lycée français de Beyrouth, il arrive à Paris en 1951 pour étudier à la Sorbonne.

    Dans les années 1950, il fréquente les milieux littéraires et artistiques de Saint-Germain-des-Prés, parcourt la France et l’Europe à pied, exerce de petits métiers et pose comme modèle à l’École des beaux-arts. Il passe par les ateliers de Jean Lurçat, Fernand Léger, Ossip Zadkine, Chana Orloff et Germaine Richier, ainsi que par l’Académie Julian. En 1972, il se consacre entièrement au dessin et à la peinture.

    Il expose au Salon d’automne, à Comparaisons, au Salon de mai, à Figuration critique et au Salon de Montrouge. Dans les années 1970, au Salon de la Jeune Peinture, il fédère les groupes « La Peinture pour qui ? », « Imaginaires de peintres et imageries populaires », « Crises » et « Classicismes et Réalismes ». Dans les années 1980, il rassemble autour du « Nouveau Classicisme » une cinquantaine de peintres figuratifs.

    En 1990, il organise Couleurs de la vie, exposition de cent artistes internationaux à la mémoire des victimes du génocide arménien et des génocides du XXe siècle, présentée à la Bibliothèque nationale de France puis en Europe, notamment à Madrid et à la Galerie nationale de Prague, à l’invitation de Václav Havel.

    L’œuvre

    Le Nouveau Classicisme défendu par Sir L. prône une peinture figurative populaire, accessible à tous, fondée sur les sentiments et les émotions fondamentales. Son œuvre célèbre la beauté du monde, des femmes et de la nature, et tient l’art pour un antidote aux horreurs contemporaines. Il a également conçu des tapis d’artiste, présentés à l’Exposition universelle d’Aichi (Japon) en 2005.

    Expositions et collections

    • Plus de trois cents expositions collectives et une trentaine d’expositions personnelles.
    • Bibliothèque nationale de France ; musée de l’Érotisme, Paris ; musée Saint-Vic, Saint-Amand-Montrond.
  • Jean-Claude Silbermann

    Jean-Claude Silbermann

    Poète, peintre et sculpteur français, né en 1935 à Boulogne-Billancourt.

    Parcours

    Au lycée, un professeur de philosophie fait découvrir à Jean-Claude Silbermann la psychanalyse et le surréalisme ; vers dix-huit ans, la lecture d’Alcools d’Apollinaire le décide à devenir poète. Il publie son premier recueil en 1959 et participe aux activités du groupe surréaliste jusqu’à sa dissolution en 1969. Il codirige la revue Bief (1958-1960) et collabore à La Brèche et à L’Archibras. Il signe la Déclaration des 121 (1960), le manifeste Pour un demain joueur (1967) et la Plate-forme de Prague (1968).

    En 1962, sur les conseils du peintre Pierre Jaouën, il se met au dessin et réalise ses premières « enseignes » en bois découpé. Sa première exposition, Enseignes sournoises, a lieu en 1964 à la galerie Mona Lisa, à Paris, avec une préface d’André Breton. En 1965, il participe à L’Écart absolu, onzième Exposition internationale du surréalisme, à la galerie de L’Œil, avec Sauve qui peut, et conçoit le totem central de l’exposition, Le Consommateur.

    Il prend part ensuite aux activités du mouvement Phases. Il a enseigné dans plusieurs écoles nationales d’art (Bourges, Nice, Limoges, Cergy-Pontoise). Ses œuvres ont été montrées notamment au MAMCO de Genève, à Prague, Stockholm, Brest et au Centre Pompidou.

    L’œuvre

    Poésie, dessin à l’encre ou au crayon, chansons, gravures, objets : l’œuvre de Silbermann circule entre les disciplines. Ses enseignes sournoises sont, selon Alain Joubert, des images peintes « automatiquement », découpées dans le bois et comme flottant sur le mur. Le rêve et l’inconscient en restent le fil conducteur.

    « L’évidence poétique se place au carrefour de trois routes : la poésie, l’amour, la liberté. Là se tient Silbermann. » (André Breton)

    Expositions et collections

    • La Voyante (1961, huile sur toile, 46 x 61 cm ; anciennes collections André Breton et Arturo Schwarz), prêtée par la galerie à l’exposition Surréalisme du Centre Pompidou (4 septembre 2024 au 13 janvier 2025), acquise en 2025 par le Musée national d’art moderne.
    • Hold-Up !, La Banque, musée des Cultures et du Paysage, Hyères, 25 mars au 4 juin 2023.

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  • Christine Sefolosha

    Christine Sefolosha

    Peintre et graveuse suisse, née en 1955 dans la région de Montreux (Vaud).

    Parcours

    Issue d’une famille suisse alémanique établie près de Montreux, Christine Sefolosha dessine dès l’enfance, souvent la nuit, lors d’insomnies chroniques. Cavalière, elle participe à des concours et noue une affinité profonde avec les animaux ; c’est par les chevaux qu’elle rencontre un vétérinaire spécialiste de médecine équine.

    En 1976, à 21 ans, elle le suit en Afrique du Sud, son pays natal, et s’installe à Johannesburg. Elle y reprend le dessin et la peinture, et apprend en secondant son mari l’anatomie des animaux qu’il soigne. En 1982, elle divorce et épouse le musicien sud-africain Patrick Sefolosha ; confronté aux lois de l’apartheid qui interdisent les relations entre Noirs et Blancs, le couple quitte le pays pour la Suisse, où naissent deux fils, dont le basketteur Thabo Sefolosha. Après la mort de ses parents, installée dans la maison de son enfance, elle se remet à peindre à partir de ses souvenirs d’Afrique. En 2000, elle fonde Quai 1-L’Atelier dans l’ancienne salle d’attente de la gare de Montreux.

    L’œuvre

    Graveuse autant que peintre, Christine Sefolosha travaille souvent au sol, étalant à la main sur de grandes toiles ou des papiers épais des pigments sombres qu’elle mêle de terre et de goudron. Elle pratique aussi le monotype, notamment dans l’atelier de l’imprimeur Raymond Meyer, à Lutry. L’animal totémique domine son œuvre.

    « S’en dégage une ambiance qui flotte entre douceur et terreur, une ambiance provenant des couches profondes d’une sensibilité qui met en scène des visions de deux continents opposés. » (Roger Cardinal)

    Expositions et collections

    • Les Yeux ouverts, Halle Saint-Pierre, Paris, 2007 ; Vaisseaux fantômes (2010-2011) et Waldszenen (2014), galerie Polad-Hardouin, Paris.
    • Larguer les amarres, château de Chillon, 29 août au 24 novembre 2019.
    • L’Étoffe des rêves, Halle Saint-Pierre, Paris, jusqu’en août 2026.
    • Musée Jenisch et Collection Nestlé, Vevey ; American Folk Art Museum, New York (collection Audrey B. Heckler).
    • Publications : Timeless Wanderer (2015, préface de Roger Cardinal) ; The Hidden Art (SkiraRizzoli, textes de Colin Rhodes, Valérie Rousseau et Jane Kallir).