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  • August Walla

    August Walla

    Créateur autrichien d’art brut, né le 22 juin 1936 à Klosterneuburg, près de Vienne, mort le 7 juillet 2001 à Gugging.

    Parcours

    Après la mort de son père, August Walla est élevé par sa mère, Aloisia, et sa grand-mère, Rosina. À seize ans, après avoir menacé de se suicider et mis le feu à la maison, il est interné. À sa sortie, il vit avec sa mère, qui veille sur lui, dans plusieurs appartements successifs de Klosterneuburg ; il en couvre les murs d’inscriptions, d’emblèmes et de signes, comme le jardin ouvrier familial des bords du Danube.

    En 1970, il est admis à l’hôpital psychiatrique de Maria Gugging. En novembre 1983, il s’installe avec sa mère à la Maison des artistes (Haus der Künstler) de Gugging, où il vit et travaille jusqu’à sa mort.

    L’œuvre

    Walla s’est construit une mythologie privée, avec sa langue, ses symboles et ses divinités. Au centre, l’« Ewigkeitende » (la fin de l’éternité) et Satttus, dieu protecteur de l’humanité ; autour, des dieux, des démons, des saints, des prophètes et des faiseurs de miracles. Cette lutte contre la mort traverse toute l’œuvre. Il collectionne les dictionnaires de langues étrangères, y puise des mots qu’il combine pour forger ses propres termes, et mêle étroitement le dessin et l’écriture.

    Il ne hiérarchise aucun médium : peinture de chevalet, peinture murale, dessin, texte, sculpture, installation, photographie, performance. Il peint les murs et le plafond de sa chambre, ses meubles et ses objets, les murs de l’hôpital et des maisons voisines, et dessine à la craie sur la chaussée. Ses œuvres sont pour lui des talismans contre les esprits, les hommes et la mort.

    Expositions et collections

    • Collection de l’Art Brut, Lausanne (collection permanente).
    • « Du monde des ténèbres à la renaissance par la création et l’art », Galerie Les Yeux Fertiles, du 10 juin au 23 juillet 2022 : World flow, dessin double face, crayons noir et couleur, 38 x 28 cm.
  • Jorge Vigil

    Jorge Vigil

    Peintre et dessinateur péruvien, né en 1963 à Lima. Il vit à Paris depuis 1990.

    Parcours

    Diplômé de l’École nationale des beaux-arts du Pérou, Jorge Vigil s’installe en France en 1990. Il y reçoit en 1992 le deuxième prix du Salon Lefranc Bourgeois (région Sud-Ouest), puis en 2000 un prix au premier festival de la ville de Nay. En 2012, la galerie Enlace Arte Contemporáneo, à Lima, présente son exposition personnelle La cuarta cifra, réunissant les œuvres des deux années précédant ses cinquante ans.

    La Galerie Les Yeux Fertiles le présente régulièrement depuis 2022.

    L’œuvre

    Ses compositions mêlent des éléments de son environnement à un monde imaginaire, entre réel et rêve. Saturées jusqu’à l’horreur du vide, elles laissent pourtant place à des figures calmes, au milieu desquelles le regard peut suivre plusieurs récits. Vigil travaille surtout le dessin : mine de plomb, aquarelle, fusain, acrylique, techniques mixtes sur papier, parfois sur cartes géographiques.

    « La línea y el color pertenecen a la misma tragedia » (la ligne et la couleur appartiennent à la même tragédie). (Jorge Vigil, Arte por Excelencias)

    Expositions et collections

    • La cuarta cifra, Enlace Arte Contemporáneo, Lima, décembre 2012 à janvier 2013.
    • « Itinéraire d’un rêveur », Galerie Les Yeux Fertiles, du 20 janvier au 5 février 2022 : Aguas tranquilas, 2016, mine de plomb, 30 x 42 cm ; Saint George et le Dragon, 2016, dessin sur carte géographique, 31 x 24 cm.
    • L’univers enchanté de Jorge Vigil, Galerie Les Yeux Fertiles, juillet 2023.
    • « Au-delà de mes rêves », avec Olena Donichenko, Galerie Les Yeux Fertiles, du 3 mai au 1er juin 2024 : Vestiges, 2015, aquarelle, fusain et acrylique sur papier, 27 x 19 cm ; Coïncidences, 2019, technique mixte sur papier, 31 x 45 cm.
    • « Voyage en terre latino-américaine », Galerie Les Yeux Fertiles, du 18 avril au 31 mai 2025.
  • Jean-Pierre Vielfaure

    Jean-Pierre Vielfaure

    Peintre, graveur, lithographe et cinéaste français, né en 1930 à Alger, mort en 2015.

    Parcours

    Jean-Pierre Vielfaure naît à Bab El Oued, à Alger, dans une famille de papetiers, libraires et éditeurs. En 1938, ses parents s’installent à Rodez, où il commence à dessiner seul, vers l’âge de douze ans. Sa première exposition, à Rodez en 1950, réunit des dessins de paysages du Rouergue.

    En 1952, il partage sa vie entre Éméville (Oise) et Montmartre. En 1956, il rencontre le peintre allemand Carl Buchheister, qu’il appellera son « père spirituel » et qu’il accueille six mois par an à Éméville jusqu’à sa mort, en 1964. Lié à Édouard Jaguer à partir de 1958, il rejoint le mouvement Phases et donne des estampes originales au n° 10 de la revue. En 1960, il signe le Manifeste des 121 ; en 1961, il reçoit le prix des critiques d’art étrangers à la IIe Biennale de Paris.

    En 1965, il entre dans le groupe Inter, formé surtout d’artistes scandinaves : c’est le début d’une longue relation avec Copenhague, faite d’expositions et d’éditions de son œuvre gravé. À partir de 1968, il séjourne à Ibiza et à Formentera. En 1977, un premier long séjour à New York et au Canada donne la série Journal new-yorkais et un film du même titre, achevé en 1979. Fin 1988, il installe son atelier dans l’ancienne manufacture des œillets, à Ivry-sur-Seine.

    L’œuvre

    À partir de 1968, Vielfaure entreprend Opéra Civilisation, ensemble de soixante-douze tableaux (collage, acrylique, technique mixte) formant une seule œuvre d’environ quarante-deux mètres ; il illustre à la même époque pour Rock & Folk. Suivent Les Portes d’Ibiza (1970-1973), plus de cinquante toiles montrées en 1973 à Ibiza, Copenhague et Helsinki, puis, en 2007, la série L’Appel aux esprits, où il évoque sa spiritualité : « Le chamanisme est ma vraie religion. »

    « En art, le sens ne peut apparaître que voilé et sa révélation ne peut que se faire dans les fractures. » (Jean-Pierre Vielfaure, carnet de travail, 22 juin 1998)

    Expositions et collections

    • Galerie du Fleuve, Paris, 1960 ; IIe Biennale de Paris, 1961 ; L’Appel aux esprits, espace d’art contemporain Camille-Lambert, Juvisy-sur-Orge, 2007 ; centre d’art contemporain du château de Kerguéhennec, Bignan, 2018.
    • Centre Pompidou, Musée national d’art moderne : notamment Herbes magie (1960), Le Passe-muraille (1962), Personnage aux deux soleils rouges et Le Prophète de l’abîme (15 octobre 1962) ; ses archives sont conservées à la Bibliothèque Kandinsky.
    • Autres collections publiques : MAC VAL, Vitry-sur-Seine ; musée d’arts de Nantes ; National Gallery of Art, Washington ; Kunsthalle de Brême ; ARoS Aarhus Kunstmuseum ; château de Kerguéhennec.

    Retour sur ses expositions

  • Paul-Émile Victor

    Paul-Émile Victor

    Explorateur polaire, ethnologue et dessinateur français, né le 28 juin 1907 à Genève, mort le 7 mars 1995 à Bora-Bora (Polynésie française).

    Parcours

    Élève de l’École centrale de Lyon, Paul-Émile Victor passe ensuite par la Marine et l’aviation. En 1934, il convainc Jean-Baptiste Charcot de l’emmener au Groenland à bord du Pourquoi-Pas ? ; il passe une année avec trois compagnons auprès des Inuit d’Ammassalik. En 1936, il traverse l’inlandsis en traîneau à chiens avec Robert Gessain, Michel Perez et Eigil Knuth : 825 kilomètres en 44 jours, d’ouest en est.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert dans l’aviation américaine. En 1947, il fonde les Expéditions polaires françaises, qui conduiront quelque cent cinquante missions dans l’Arctique et l’Antarctique, notamment en Terre-Adélie. Il se retire ensuite à Bora-Bora, où il meurt.

    L’œuvre

    « Dis-moi ce que tu dessines, je te dirai qui tu es »…

    Multiples morceaux du puzzle de sa personnalité, ses dessins portent en eux ce qu’il a été. Tendres et jamais méchants, ils transpirent l’humanité. Précis et vivants, ils prouvent son sens de l’observation. Colorés et foisonnants, ils font éclater son indéfectible force vitale – celle qu’il allait chercher en lui pour se relever là où il était tombé. Fantaisistes et même loufoques, ils montrent aussi combien il savait ne pas se prendre au sérieux.

    Inspirés par d’autres peintres ou originaux, les dessins de PEV sont le fruit de son insatiable curiosité et de son ouverture constante à autre chose. Le crayon à papier, le stylo bille, la plume, le crayon de couleur sec ou gras, le stylo feutre, la peinture, l’encre brute, la colle liquide…

    Tout essayer, tout tenter. Pour apprendre, pour comprendre, mais aussi, pour s’amuser… Au risque de partir dans tous les sens – ce dont Paul-Émile Victor était d’ailleurs parfaitement conscient : il avait créé, non sans humour, un mouvement artistique (où il était tout seul) qu’il avait dénommé “Acanthomisme“ parce que « la feuille d’acanthe (que tout le monde connaît pour son utilisation en ornementation architecturale) est une plante à feuilles largement découpées symbolisant une démarche multiple dans toutes les directions. »

    Expositions et collections

    • Galerie Les Yeux Fertiles, juillet 2023 : les dessins polynésiens de Paul-Émile Victor.
    • Exposition d’été, Galerie Les Yeux Fertiles, du 10 au 26 juillet 2025 : « L’ethnologue, explorateur et pataphysicien Paul-Émile Victor ».
  • Claude Verlinde

    Claude Verlinde

    Peintre, graveur et illustrateur français, né en 1927 à Paris, mort en 2020 dans la même ville. Figure du réalisme fantastique.

    Parcours

    Flamand par son père, Claude Verlinde dessine dès l’enfance. Un professeur le pousse à présenter l’École des arts appliqués à l’industrie ; il réussit le concours, mais la guerre emporte ce projet et la famille se replie à Saint-André-sur-Orne, en Normandie. Apprenti dans un atelier de sculpture religieuse, il seconde ensuite Drouin, directeur de l’école des beaux-arts de Caen, dans la restauration de l’église Saint-Pierre. Drouin, qui faisait parvenir à Londres des relevés du mur de l’Atlantique, est fusillé le jour du Débarquement. Pendant les combats, Verlinde s’abrite dans les mines de fer, où il dessine la vie souterraine et les réfugiés ; la maison familiale est détruite.

    La famille est relogée à Montigny-lès-Cormeilles, dans une maison sans eau ni électricité ; Verlinde y rencontre le docteur Guy Dulon, collectionneur d’art africain et précolombien, qui soutiendra le peintre toute sa vie et achète sa première sculpture, Le Joueur de luth. À dix-sept ans, chez sa famille paternelle en Belgique, Verlinde découvre Bosch et Bruegel l’Ancien : la rencontre est décisive.

    Après son service militaire à la base aérienne de Dijon, où il peint une fresque au mess des officiers, il fréquente la galerie des Antiques et l’atelier de Souverbie à l’École des beaux-arts de Paris, ainsi que les séances de dessin anatomique de la Grande Chaumière. En 1955, il s’installe à Vallauris : décorateur chez des potiers le matin, peintre l’après-midi. Il y rencontre Robert Tatin, sous l’influence duquel il s’essaie un temps à l’art brut avant de suivre sa propre voie. Il revient à Paris en 1960.

    L’œuvre

    Peintre humaniste selon ses propres mots, Verlinde s’inscrit dans une lignée qui va de Bosch, Bruegel et Cranach à Ensor. Outre la peinture et le dessin, il pratique la gravure, la lithographie (tirages chez Mourlot) et la sculpture (résine, bronze, terre cuite, plâtre). Illustrateur, il signe des couvertures de livres, l’affiche du festival d’Avoriaz (1983), des décors et costumes de théâtre, notamment pour Marivaux à la Comédie-Française, et des éditions bibliophiliques de Pantagruel (2001) et des Fables de La Fontaine.

    Expositions et collections

    • Galerie Duncan, Paris, 1948 ; rétrospectives à la galerie de la place Beauvau, Paris (1980), et dans six villes du Japon (1985) ; Palais Coburg, Vienne (2005) ; invité d’honneur d’Art Capital, Grand Palais, Paris (2019).
    • Collections : musée départemental de l’Oise, Beauvais ; musée Daubigny, Auvers-sur-Oise ; musée consacré à l’artiste à Vitznau (Suisse), au bord du lac des Quatre-Cantons.
    • « Aux sources de la Beauté convulsive », Galerie Les Yeux Fertiles, du 25 octobre au 30 novembre 2024 : L’Ibis sacré, 1971, huile sur toile, 54 x 73 cm.
    • « La subversion des images », Galerie Les Yeux Fertiles, du 24 janvier au 8 mars 2025 : Dans le fauteuil, 1996, huile sur panneau, 80 x 55 cm.
    • « Le réalisme fantastique de Claude Verlinde », exposition d’été, Galerie Les Yeux Fertiles, du 10 au 26 juillet 2025.
    • « 25 ans de la galerie », Galerie Les Yeux Fertiles, du 22 mai au 19 juin 2026 : Jeu d’échecs, 1970, huile sur toile, 38 x 55 cm.
  • Germain Van der Steen

    Germain Van der Steen

    Peintre français, né en 1897 à Versailles, mort en 1985.

    Parcours

    Adolescent, Germain Van der Steen (ou Vandersteen) dessine et peint déjà à l’aquarelle. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il est gazé et en garde des séquelles durables, dont des troubles du sommeil.

    Dans l’entre-deux-guerres, il tient avec sa femme un commerce de couleurs à Paris (à partir de 1925 selon Le Delarge, de 1931 selon le musée de Laval) et peint la nuit. Encouragé par le critique Anatole Jakovsky, il expose au Salon d’automne à partir de 1944, puis à la galerie Louise, à Paris (1950), et chez Hutter, à Bâle (1951). Son œuvre a ensuite été montrée en France, en Belgique, en Allemagne, en Autriche, en ex-Yougoslavie, aux États-Unis, au Brésil et en Israël.

    L’œuvre

    Autodidacte, rangé tantôt parmi les peintres naïfs, tantôt parmi les auteurs d’art brut, Van der Steen a traversé trois périodes : une période non figurative, inspirée par la musique des compositeurs de son temps ; celle des végétaux imaginaires, arbres ou fleurs aux feuilles détachées et multicolores, avec des draperies tendues entre les troncs ; enfin celle du bestiaire, surtout des chats et des oiseaux, qui lui vaut parfois le surnom d’« empereur des chats ». Sa palette est très vive.

    Privé de sommeil par les suites de la guerre, il disait peindre les rêves qu’il ne pouvait plus faire, voyant dans la souffrance la source de « la vraie création de l’esprit ».

    Expositions et collections

    • Salon d’automne, Paris, à partir de 1944.
    • Centre Pompidou, Musée national d’art moderne : Entente cordiale, avant 1955, huile sur carton, 54 x 65 cm, don de l’artiste à l’État en 1955.
    • Musée d’art naïf et d’arts singuliers (MANAS), Laval : Le Chat à la pelote, 1944, huile sur contreplaqué ; Le Bureau de tabac de Chatenay, 1944, huile sur panneau ; Oiseau fantastique, gouache et huile sur Isorel ; Chat, pastel.
    • Musée croate d’art naïf, Zagreb.
  • Suzanne Van Damme

    Suzanne Van Damme

    Peintre belge, née le 22 septembre 1901 à Gand, morte le 11 janvier 1986 à Ixelles.

    Parcours

    Suzanne Van Damme se forme aux académies de Gand et de Bruxelles, puis à l’atelier libre L’Effort, à Bruxelles. À Ostende, elle subit l’influence de James Ensor, qui devient son mentor : elle peint son portrait en 1925, il peint le sien en 1938. Ses débuts relèvent d’une peinture post-impressionniste.

    Au début des années 1930, elle s’installe à Paris et y rencontre le peintre et poète italien Bruno Capacci, qu’elle épouse. Elle partagera ensuite sa vie entre Paris, le sud de la France, Londres et Florence.

    En 1941, elle entre en contact avec les surréalistes. André Breton photographie nombre de ses premières toiles surréalistes. En 1947, elle participe à l’Exposition internationale du surréalisme organisée à Paris par Breton et Marcel Duchamp.

    L’œuvre

    Ses tableaux des années 1940 dialoguent avec Picasso, De Chirico, Kurt Seligmann et Toyen. Installée à Florence, elle se tourne vers l’abstraction, puis élabore un langage personnel d’idéogrammes composés de « mini-peintures » où se mêlent éléments abstraits et figuratifs.

    Expositions et collections

    • Biennale de Venise, 1935, 1954 et 1962 ; Biennale de São Paulo, 1953.
    • Exposition internationale du surréalisme, Paris, 1947.
    • États-Unis, années 1950 et 1960 : Marshall Field Gallery, Chicago (1959) ; Thibault Gallery, New York (1961) ; Calhoun Gallery, Dallas (1961) ; Saks Gallery, Denver (1969).
    • Musée des beaux-arts de Gand (MSK) : grande huile surréaliste intitulée The Oppressor of Silence dans la notice du musée, 156 x 122,5 cm, dépôt de la Communauté flamande depuis 1949.
  • Damian Valdes Dilla

    Damian Valdes Dilla

    Créateur cubain d’art brut, né en 1970 à La Havane.

    Parcours

    Damián Valdés Dilla quitte l’école à 17 ans en raison de graves troubles psychiques ; une schizophrénie est diagnostiquée à l’adolescence. Soigné, il occupe divers emplois, de façon irrégulière. Après l’échec de son mariage, il retourne vivre avec sa mère dans un petit appartement d’Alamar, banlieue-dortoir de La Havane faite d’immeubles de cinq étages de type soviétique.

    Converti à l’islam, qu’il a accordé à sa propre philosophie, il garde toujours sur lui un Coran, un tapis de prière et une calotte de prière.

    L’œuvre

    Il commence par construire des maquettes de villes avec de petits morceaux de bois, puis, le bois devenant difficile à trouver, avec des matériaux de récupération : bâtiments, tours, immeubles, et toute une flottille d’engins volants assemblés à partir de rebuts ramassés dans la rue, peut-être destinés à sauver son île, qu’il figure en train de sombrer.

    Depuis 2014, il dessine au stylo à bille des villes minutieuses et ordonnées, à l’opposé du désordre de ses assemblages : tours serrées coiffées de toits pyramidaux et d’horloges, métropoles monumentales aux perspectives fantastiques, véhicules de toutes sortes (avions, hélicoptères, navires, autobus). Aucune figure humaine n’y apparaît.

    Expositions et collections

    • Collection de l’Art Brut, Lausanne : Sans titre, 2015, stylo à bille sur papier, 40,5 x 100,8 cm ; exposition « Art Brut CUBA », du 6 décembre 2024 au 27 avril 2025.
    • Musée national d’art moderne, Centre Pompidou : assemblages sans titre (vers 2000) de la collection abcd de Bruno Decharme, donnés en 2021.
  • Václav Tikal

    Václav Tikal

    Peintre et céramiste tchèque, né le 24 décembre 1906 dans la région de Plzeň, mort le 26 novembre 1965 à Prague.

    Parcours

    En partie autodidacte, Václav Tikal peint d’abord en amateur, en « peintre du dimanche ». À partir de 1937, il étudie à l’Académie des beaux-arts de Prague, jusqu’à la fermeture de l’établissement pendant la guerre.

    Au cœur de la guerre, il rejoint un cercle de jeunes artistes où il rencontre Karel Teige et d’autres surréalistes. Après la Libération, il fait partie des peintres du groupe Ra, avec Josef Istler, Bohdan Lacina et Václav Zykmund. Le groupe publie son texte fondateur et tient sa première exposition collective en 1947 ; il est officiellement interdit en 1948.

    Après la mort de Teige, Tikal se retire plusieurs années et cesse presque de peindre. À partir de 1964, il participe au mouvement international Phases, comme Josef Istler. Dans les dernières années de sa vie, des expositions personnelles et sa présence dans des expositions d’art moderne, en Tchécoslovaquie et à l’étranger, lui valent une reconnaissance plus large.

    L’œuvre

    Tikal compte parmi les principaux représentants du surréalisme tchèque d’après-guerre ; on le rapproche souvent de Salvador Dalí et de Giorgio de Chirico. Ses paysages traduisent des états intérieurs, avec une coloration romantique. Pendant et après la guerre, ils accueillent des scènes cruelles et des fragments de corps humains. Le lyrisme et une « nostalgie du merveilleux » traversent l’ensemble de l’œuvre.

    Les œuvres tardives glissent vers l’abstraction : éléments imaginaires et constructifs y associent la géométrie aux formes naturelles. Tikal a aussi dessiné des modèles de céramique et de porcelaine.

    Expositions et collections

    • Galerie nationale de Prague : Objet surréaliste (Tête), 1945 ; Prométhée délivré, 1945.
    • « Prélude surréaliste », Galerie Les Yeux Fertiles, du 7 juin au 6 juillet 2024 : Sans titre, 1957, dessin à la mine de plomb, 34 x 23 cm.

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  • Jean Terrossian

    Peintre français, né en 1931. Membre du groupe surréaliste à partir de 1961.

    Parcours

    L’arménien est la langue de la petite enfance de Jean Terrossian ; le français devient celle de sa culture. Avant de se dire, par autodérision, « peintre », il énumère volontiers ses carrières manquées : danseur de claquettes, cuisinier, pianiste de bar.

    En 1961, il rejoint le groupe réuni autour d’André Breton. Il prend part aux réunions de café et aux jeux collectifs, découvre les poèmes-objets de Breton, et y forge son attention aux « ricochets » de la pensée. Son premier dessin publié paraît en 1963 dans le n° 5 de La Brèche, la revue dirigée par Breton. La même année, il cosigne les tracts La Voie inique (8 février) et la Lettre ouverte à Messieurs Duhamel, Mauriac, Maurois… (15 avril). En décembre 1965, il figure au catalogue de l’exposition L’Écart absolu, à la galerie de L’Œil.

    Peintre, illustrateur et créateur d’objets, il a fait l’objet d’une rétrospective à Maubeuge en 2000 (catalogue La mémoire mise à sac). En 2010, la revue L’or aux 13 îles lui a consacré un dossier.

    L’œuvre

    Terrossian distingue lui-même deux manières : une première, de spontanéité graphique et picturale, proche d’une beauté classique ; une seconde, fondée sur le « beau comme » surréaliste et sur les mécanismes involontaires (lapsus, associations, calembours). Il peint à l’acrylique sur toile, parfois avec des éléments de collage repeints à la main, comme dans Duchamp libre. Ses sujets viennent du quotidien : objets qu’il n’aime pas (matériel de sport, téléphones), plages et mer, hommages à Marcel Duchamp, mots peints en français. On le rapproche souvent de la figuration narrative, dont il se distingue.

    « Mes tableaux partent et parlent de ma vie quotidienne, et ce sont les ratés qui en sont le moteur. » (Jean Terrossian, entretien, Contretemps n° 8)

    Son travail est lent : il esquisse plusieurs compositions avant d’en retenir une, selon ce qu’il décrit comme « un processus de fermentation, puis de cristallisation ».

    Expositions et collections

    • L’Écart absolu, galerie de L’Œil, Paris, décembre 1965.
    • Rétrospective, Maubeuge, 2000.
    • Galerie Les Yeux Fertiles, juillet 2023 : Duchamp libre, vers 1974, acrylique sur toile, 117 x 80 cm.
    • « Prélude surréaliste », Galerie Les Yeux Fertiles, du 7 juin au 6 juillet 2024 : En chute libre, vers 1965, huile sur toile, 81 x 100 cm.

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