Peintre, graveur, lithographe et cinéaste français, né en 1930 à Alger, mort en 2015.
Parcours
Jean-Pierre Vielfaure naît à Bab El Oued, à Alger, dans une famille de papetiers, libraires et éditeurs. En 1938, ses parents s’installent à Rodez, où il commence à dessiner seul, vers l’âge de douze ans. Sa première exposition, à Rodez en 1950, réunit des dessins de paysages du Rouergue.
En 1952, il partage sa vie entre Éméville (Oise) et Montmartre. En 1956, il rencontre le peintre allemand Carl Buchheister, qu’il appellera son « père spirituel » et qu’il accueille six mois par an à Éméville jusqu’à sa mort, en 1964. Lié à Édouard Jaguer à partir de 1958, il rejoint le mouvement Phases et donne des estampes originales au n° 10 de la revue. En 1960, il signe le Manifeste des 121 ; en 1961, il reçoit le prix des critiques d’art étrangers à la IIe Biennale de Paris.
En 1965, il entre dans le groupe Inter, formé surtout d’artistes scandinaves : c’est le début d’une longue relation avec Copenhague, faite d’expositions et d’éditions de son œuvre gravé. À partir de 1968, il séjourne à Ibiza et à Formentera. En 1977, un premier long séjour à New York et au Canada donne la série Journal new-yorkais et un film du même titre, achevé en 1979. Fin 1988, il installe son atelier dans l’ancienne manufacture des œillets, à Ivry-sur-Seine.
L’œuvre
À partir de 1968, Vielfaure entreprend Opéra Civilisation, ensemble de soixante-douze tableaux (collage, acrylique, technique mixte) formant une seule œuvre d’environ quarante-deux mètres ; il illustre à la même époque pour Rock & Folk. Suivent Les Portes d’Ibiza (1970-1973), plus de cinquante toiles montrées en 1973 à Ibiza, Copenhague et Helsinki, puis, en 2007, la série L’Appel aux esprits, où il évoque sa spiritualité : « Le chamanisme est ma vraie religion. »
« En art, le sens ne peut apparaître que voilé et sa révélation ne peut que se faire dans les fractures. » (Jean-Pierre Vielfaure, carnet de travail, 22 juin 1998)
Expositions et collections
- Galerie du Fleuve, Paris, 1960 ; IIe Biennale de Paris, 1961 ; L’Appel aux esprits, espace d’art contemporain Camille-Lambert, Juvisy-sur-Orge, 2007 ; centre d’art contemporain du château de Kerguéhennec, Bignan, 2018.
- Centre Pompidou, Musée national d’art moderne : notamment Herbes magie (1960), Le Passe-muraille (1962), Personnage aux deux soleils rouges et Le Prophète de l’abîme (15 octobre 1962) ; ses archives sont conservées à la Bibliothèque Kandinsky.
- Autres collections publiques : MAC VAL, Vitry-sur-Seine ; musée d’arts de Nantes ; National Gallery of Art, Washington ; Kunsthalle de Brême ; ARoS Aarhus Kunstmuseum ; château de Kerguéhennec.


