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Josette Rispal et Chomo, une amitié singulière

JOSETTE RISPAL ET CHOMO UNE AMITIÉ SINGULIÈRE

Du 27 novembre 2025 au 8 janvier 2026
Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, Paris 6e

En collaboration avec Maître Aymeric Rouillac

De L’Humanité de Josette Rispal aux Bois brûlés de Chomo.
L’Humanité a été exposée en 2016 pendant neuf mois à l’église de la Madeleine.
Les Bois brûlés ont été la seule exposition de Chomo, à la galerie Jean Camion, en 1960.

« Sculpteur, c’est quoi tout ça ? c’est de la merde ! » lance Chomo en juillet 1984, à celle qui ose franchir les clôtures de son village d’Art Préludien à Achères-la-Forêt. Pourtant depuis 1975, Josette Rispal sculpte le bronze, le fer, la terre cuite et le verre de Murano. Il y a chez ces deux artistes une volonté de transformer les rebuts en œuvres d’art, de transmuter la matière. De ce fait, cette reconnaissance mutuelle deviendra une amitié singulière entre Josette Rispal et Chomo. Face à « l’Ermite d’Achères », alors sans beaucoup de moyens, Josette Rispal deviendra complice et mécène, et organisera pour Chomo en 1991 une exposition dans tout Milly-la-Forêt, qui eut un grand succès. C’est l’histoire de cette relation très fusionnelle et amicale entre deux artistes de grande générosité, deux âmes sœurs, que nous relatons dans l’exposition présentée à la Galerie Les Yeux Fertiles.

Chomo (Roger-Edmond Chomeaux, dit), 1907-1999. Ses Bois brûlés, histoire d’une rupture

À 53 ans, en 1960, Chomo rompt avec l’art contemporain de son époque, qui est pour lui un art formaté, en véritable sécessionniste radical. Michel Thévoz dit qu’il préfigure sur un mode utopique une dissolution de l’art par extension dans le réel, illustrant par avance le slogan de Mai 68 « L’art sera vivant quand le dernier artiste sera mort ». Récupération et recyclage sont au cœur de ses nouvelles pratiques. Pour Chomo, chaque fragment d’objet au rebut devient alors matière première (découpée, lacérée, brûlée), engendrant un nouveau vocabulaire (cf. le texte analytique de Françoise Monnin, in Chomo, dir. Aymeric Rouillac). De ce point de vue, les bois brûlés sont chez lui l’expression la plus réussie. Fasciné par la foudre et la combustion du bois, Chomo fixe la matière incandescente, laisse le feu entailler le bois qu’il goudronnera ensuite, et qu’il peindra plus tard.

Soixante-cinq ans après, refaisons vivre la première et dernière exposition des Bois brûlés de Chomo, appelée alors « Expressions noires », à la Galerie Camion, au 8 rue des Beaux-Arts. 40 000 personnes la visitèrent en six semaines, mais Chomo le rebelle, furieux du succès commercial qui s’annonçait, torpilla l’exposition. En 1961, Chomo, devenu « l’Ermite de la forêt de Fontainebleau », réalisera le sanctuaire des Bois brûlés dans son Village-Centre d’Art Préludien. Constructions achevées en 1963, dont une partie se visite encore aujourd’hui.

Merci à Télérama et à Bénédicte Philippe pour le compte rendu de l’exposition (TTT).

Artistes : Josette Rispal, Roger Chomeaux