Peintre, sculpteur, architecte, poète et cinéaste français, né Roger Chomeaux le 28 janvier 1907 à Berlaimont (Nord), mort le 19 juin 1999 à Achères-la-Forêt (Seine-et-Marne).
Parcours
Roger Chomeaux étudie à l’école d’art de Valenciennes de 1921 à 1925, puis à l’École des beaux-arts de Paris de 1926 à 1928. Pour vivre, il travaille comme décorateur de tapis pour une entreprise de la région parisienne. Fait prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale, il est déporté en Pologne. Après la guerre, il pratique la gouache, la céramique et s’essaie au cinéma.
En mai 1960, la galerie Jean Camion, 8 rue des Beaux-Arts, présente ses Bois brûlés sous le titre « Expressions noires ». L’exposition attire un large public, dont André Breton, Salvador Dalí et Picasso, mais Chomo, furieux du succès commercial qui s’annonce, la torpille. À cinquante-trois ans, il rompt avec l’art de son temps et adopte le nom de Chomo.
Il se retire à Achères-la-Forêt, en forêt de Fontainebleau, sur un terrain acquis par sa femme vingt ans plus tôt, dans une maison préfabriquée sans eau courante ni chauffage. Devenu « l’Ermite de la forêt de Fontainebleau », il y vit seul une quarantaine d’années et y bâtit son Village d’art préludien.
L’œuvre
Récupération et recyclage sont au cœur de sa pratique. Fasciné par la foudre et la combustion, Chomo laisse le feu entailler le bois, qu’il goudronne puis peint : ce sont les Bois brûlés. Dans la forêt, il élève trois architectures-sculptures, le Refuge, l’Église des pauvres et le Sanctuaire des Bois brûlés (réalisé à partir de 1961, constructions achevées en 1963), avec du plâtre, du grillage, des bouteilles, du bois mort et des déchets de plastique mêlés à la terre et à la pierre.
Pour Michel Thévoz, il préfigure « sur un mode utopique une dissolution de l’art par extension dans le réel ». À quatre-vingts ans, il entreprend avec le réalisateur Clovis Prévost le tournage du Débarquement spirituel. Images de lumière, éclairé par Jean-Pierre Nadau ; une version de quarante minutes, montée par Frédéric Michaudet, a vu le jour en 2019.
« Il faut recréer une religion propre, une religion de la pureté. Il faut recommencer à zéro. » (Chomo)
Expositions et collections
- « Expressions noires », galerie Jean Camion, Paris, 1960
- Village d’art préludien, Achères-la-Forêt : site préservé depuis 2015 par l’Association des Amis de Chomo, ouvert à la visite
- Galerie Les Yeux Fertiles : « Josette Rispal et Chomo », 27 novembre 2025 au 8 janvier 2026, en collaboration avec Maître Aymeric Rouillac ; œuvres présentées : Totem, vers 1960, bois brûlé, 87 x 35 x 26 cm ; Fétiche à clous, vers 1960, bois brûlé et métal, repris dans les années 1990, h. 123 cm


