Catégorie : Art Brut

  • Carlo Zinelli

    Carlo Zinelli

    Créateur italien d’art brut, né le 2 juillet 1916 à San Giovanni Lupatoto (province de Vérone), mort le 27 janvier 1974 à Vérone.

    Parcours

    Sixième enfant d’Alessandro Zinelli, menuisier, et de Catterina Manzini, morte en couches en 1918, Carlo Zinelli travaille aux champs dès huit ans. À dix-huit ans, son père l’envoie travailler à l’abattoir municipal de Vérone ; il aime la musique et la danse.

    Appelé en mai 1938 au 11e régiment d’Alpini, il rejoint en mars 1939 le corps des volontaires italiens envoyé soutenir les troupes de Franco ; débarqué à Cadix le 25 mars, il quitte l’Espagne treize jours plus tard. Les premiers signes de schizophrénie apparaissent à cette époque. Démobilisé en décembre 1941, il est interné en 1947 à l’hôpital psychiatrique San Giacomo alla Tomba, à Vérone.

    En 1957, le sculpteur Michael Noble ouvre dans l’hôpital un atelier d’expression libre, avec le psychiatre Mario Marini et l’accord du directeur, Cherubino Trabucchi. Zinelli y peint jusqu’à huit heures par jour. Le psychiatre Vittorino Andreoli étudie son œuvre et la fait connaître à Jean Dubuffet. En 1969, le transfert de l’hôpital à Marzana le désoriente : il peint beaucoup moins jusqu’à sa mort, d’une pneumonie, au sanatorium de Chievo.

    L’œuvre

    Environ 1 900 peintures et quelques sculptures. Zinelli travaille à la détrempe et aux crayons de couleur sur papier blanc. De 1962 à 1968, il peint ses feuilles recto verso, qui se lisent comme des récits continus. Silhouettes de profil, souvent percées de trous à la place des yeux, répétées jusqu’à saturer le fond ; couleurs primaires ; souvenirs de la campagne de son enfance.

    Expositions et collections

    • Galleria La Cornice, Vérone, 1957 ; Insania Pingens, Kunsthalle de Berne, 1963.
    • Exposition itinérante en France : Musée international des arts modestes, Sète (2004) ; LaM, Villeneuve-d’Ascq (2005) ; musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables-d’Olonne (2005-2006).
    • American Folk Art Museum, New York, 2017 ; « Recto Verso », Collection de l’Art Brut, Lausanne, 2019.
    • Collections : Collection de l’Art Brut, Lausanne ; LaM ; collection Zander, Cologne ; Fondazione Culturale Carlo Zinelli, San Giovanni Lupatoto.
    • Exposition « Art brut », Galerie Les Yeux Fertiles, du 10 juin au 23 juillet 2022 : Sans titre, 1966, gouache sur papier recto verso, 70 x 50 cm.
  • Frantz Zéphirin

    Peintre haïtien, né en décembre 1968 au Cap-Haïtien.

    Parcours

    Fils d’un architecte et d’une infirmière, Frantz Zéphirin est élevé par sa grand-mère, brodeuse ; tout petit, il dessine déjà des motifs de fleurs. Il commence à peindre en 1973, à cinq ans, auprès de son oncle, le peintre Antoine Obin, maître de l’école du Cap-Haïtien. À sept ans, il vend de petits paysages aux touristes des paquebots de croisière.

    En 1983, il part poursuivre sa scolarité à Port-au-Prince, puis abandonne ses études pour se consacrer à la peinture et rejoint la galerie Monnin. À partir de 1988, au Centre d’Art de Port-au-Prince, il affirme ses propres thèmes et son style. Prêtre vaudou, il vit et travaille dans son temple, le Temple des Sept Vierges, sur une montagne au-dessus de Mariani, aux portes de Port-au-Prince.

    L’œuvre

    Zéphirin puise dans l’histoire, la politique, l’environnement, la Bible, la culture créole et le vaudou. Ses compositions serrées, aux couleurs vives, réunissent des figures humaines à têtes d’animaux sauvages ou domestiques (singes, éléphants, crocodiles, girafes), des personnages mystiques et des mondes parallèles. Il y caricature la société haïtienne, et d’abord sa classe dirigeante. Il se définit lui-même comme un « animaliste historique ».

    Ses tableaux ont fait la couverture du New Yorker, de Time, du New York Times et du Smithsonian Magazine.

    Expositions et collections

    • Prix Suisse et Prix Europe de la peinture primitive moderne, Kasper Pro Arte, Morges (Suisse), 1994 ; médaille d’or de la IIIe Biennale de peinture des Caraïbes et d’Amérique centrale, musée d’Art moderne de Saint-Domingue, 1996.
    • Sacred Arts of Haitian Vodou, Fowler Museum, Los Angeles, 1995, puis tournée aux États-Unis.
    • Le dernier voyage d’André Malraux en Haïti, musée du Montparnasse, Paris, 2009.
    • Kafou : Haïti, Art & Vodou, Nottingham Contemporary, 2012-2013 ; In Extremis, Fowler Museum, UCLA, 2012-2013.
    • Collections : Afrika Museum, Berg-en-Dal (Pays-Bas).
  • Jean-Michel Wuilbeaux

    Jean-Michel Wuilbeaux

    Peintre né en 1968 à Valenciennes. Il travaille depuis 1990 à l’atelier de La Pommeraie, en Belgique.

    Parcours

    Depuis 1990, Jean-Michel Wuilbeaux fréquente l’atelier d’arts plastiques de La Pommeraie, à Belœil, dans le Hainaut. Fondée en 1972, La Pommeraie est un centre d’hébergement pour adultes en situation de handicap, réparti entre plusieurs villages, dont Ellignies-Sainte-Anne. Son atelier, dont la Fondation Paul Duhem promeut les artistes, a exposé en France, à Hong Kong et en Russie.

    Le Trinkhall Museum de Liège lui a consacré sa première exposition monographique, organisée avec la Fondation Paul Duhem et Bruno Gérard, responsable de l’atelier de La Pommeraie.

    L’œuvre

    Wuilbeaux peint et écrit, directement sur la toile comme sur des feuilles volantes. Peintures, dessins et mots y circulent librement, entre idées reçues et conscience.

  • Scottie Wilson

    Scottie Wilson

    Dessinateur britannique, de son vrai nom Louis (ou Lewis) Freeman, né à Glasgow en 1891 (1888 selon certaines sources), mort à Londres le 26 mars 1972.

    Parcours

    Issu d’une famille juive modeste de Glasgow, Scottie Wilson quitte l’école à huit ans pour aider les siens. Engagé en 1906 dans les Scottish Rifles, il sert en Inde et en Afrique du Sud, quitte l’armée en 1911, puis reprend du service en 1914 et combat sur le front de l’Ouest.

    Après la guerre, il émigre au Canada, où il débarque en 1920, avant de se fixer durablement à Toronto en 1932. Brocanteur, il tient une petite boutique sur Yonge Street. C’est là qu’il commence à dessiner, avec un stylo-plume tiré de son stock. Soutenu par le collectionneur Douglas Duncan, il expose pour la première fois à Toronto en 1943.

    En 1945, il s’installe à Londres et expose quelques mois plus tard à l’Arcade Gallery. Il continue pourtant à vendre ses dessins dans la rue, pour une fraction des prix pratiqués en galerie. Au début des années 1950, à l’invitation de Jean Dubuffet, il séjourne en France ; Dubuffet et Picasso possèdent de ses œuvres. Dans les années 1960, il dessine pour Royal Worcester un service de table inspiré des mâts totémiques, produit jusqu’en 1965. Il meurt à Kilburn, au nord de Londres.

    L’œuvre

    Dessins minutieux à la plume, peuplés de personnages de son invention, les « evils » et les « greedies » (les malfaisants et les avides), opposés aux symboles de la bonté et de la vérité : poissons, oiseaux, fleurs, arbres, autoportraits, figures de totems. Les surréalistes ont admiré son travail.

    Expositions et collections

    • Tate, Londres ; National Galleries of Scotland, Édimbourg ; Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa ; Carleton University Art Gallery, Ottawa.
    • Collection de l’Art Brut, Lausanne ; Metropolitan Museum of Art, New York ; collection Zander, Cologne.
  • August Walla

    August Walla

    Créateur autrichien d’art brut, né le 22 juin 1936 à Klosterneuburg, près de Vienne, mort le 7 juillet 2001 à Gugging.

    Parcours

    Après la mort de son père, August Walla est élevé par sa mère, Aloisia, et sa grand-mère, Rosina. À seize ans, après avoir menacé de se suicider et mis le feu à la maison, il est interné. À sa sortie, il vit avec sa mère, qui veille sur lui, dans plusieurs appartements successifs de Klosterneuburg ; il en couvre les murs d’inscriptions, d’emblèmes et de signes, comme le jardin ouvrier familial des bords du Danube.

    En 1970, il est admis à l’hôpital psychiatrique de Maria Gugging. En novembre 1983, il s’installe avec sa mère à la Maison des artistes (Haus der Künstler) de Gugging, où il vit et travaille jusqu’à sa mort.

    L’œuvre

    Walla s’est construit une mythologie privée, avec sa langue, ses symboles et ses divinités. Au centre, l’« Ewigkeitende » (la fin de l’éternité) et Satttus, dieu protecteur de l’humanité ; autour, des dieux, des démons, des saints, des prophètes et des faiseurs de miracles. Cette lutte contre la mort traverse toute l’œuvre. Il collectionne les dictionnaires de langues étrangères, y puise des mots qu’il combine pour forger ses propres termes, et mêle étroitement le dessin et l’écriture.

    Il ne hiérarchise aucun médium : peinture de chevalet, peinture murale, dessin, texte, sculpture, installation, photographie, performance. Il peint les murs et le plafond de sa chambre, ses meubles et ses objets, les murs de l’hôpital et des maisons voisines, et dessine à la craie sur la chaussée. Ses œuvres sont pour lui des talismans contre les esprits, les hommes et la mort.

    Expositions et collections

    • Collection de l’Art Brut, Lausanne (collection permanente).
    • « Du monde des ténèbres à la renaissance par la création et l’art », Galerie Les Yeux Fertiles, du 10 juin au 23 juillet 2022 : World flow, dessin double face, crayons noir et couleur, 38 x 28 cm.
  • Germain Van der Steen

    Germain Van der Steen

    Peintre français, né en 1897 à Versailles, mort en 1985.

    Parcours

    Adolescent, Germain Van der Steen (ou Vandersteen) dessine et peint déjà à l’aquarelle. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il est gazé et en garde des séquelles durables, dont des troubles du sommeil.

    Dans l’entre-deux-guerres, il tient avec sa femme un commerce de couleurs à Paris (à partir de 1925 selon Le Delarge, de 1931 selon le musée de Laval) et peint la nuit. Encouragé par le critique Anatole Jakovsky, il expose au Salon d’automne à partir de 1944, puis à la galerie Louise, à Paris (1950), et chez Hutter, à Bâle (1951). Son œuvre a ensuite été montrée en France, en Belgique, en Allemagne, en Autriche, en ex-Yougoslavie, aux États-Unis, au Brésil et en Israël.

    L’œuvre

    Autodidacte, rangé tantôt parmi les peintres naïfs, tantôt parmi les auteurs d’art brut, Van der Steen a traversé trois périodes : une période non figurative, inspirée par la musique des compositeurs de son temps ; celle des végétaux imaginaires, arbres ou fleurs aux feuilles détachées et multicolores, avec des draperies tendues entre les troncs ; enfin celle du bestiaire, surtout des chats et des oiseaux, qui lui vaut parfois le surnom d’« empereur des chats ». Sa palette est très vive.

    Privé de sommeil par les suites de la guerre, il disait peindre les rêves qu’il ne pouvait plus faire, voyant dans la souffrance la source de « la vraie création de l’esprit ».

    Expositions et collections

    • Salon d’automne, Paris, à partir de 1944.
    • Centre Pompidou, Musée national d’art moderne : Entente cordiale, avant 1955, huile sur carton, 54 x 65 cm, don de l’artiste à l’État en 1955.
    • Musée d’art naïf et d’arts singuliers (MANAS), Laval : Le Chat à la pelote, 1944, huile sur contreplaqué ; Le Bureau de tabac de Chatenay, 1944, huile sur panneau ; Oiseau fantastique, gouache et huile sur Isorel ; Chat, pastel.
    • Musée croate d’art naïf, Zagreb.
  • Damian Valdes Dilla

    Damian Valdes Dilla

    Créateur cubain d’art brut, né en 1970 à La Havane.

    Parcours

    Damián Valdés Dilla quitte l’école à 17 ans en raison de graves troubles psychiques ; une schizophrénie est diagnostiquée à l’adolescence. Soigné, il occupe divers emplois, de façon irrégulière. Après l’échec de son mariage, il retourne vivre avec sa mère dans un petit appartement d’Alamar, banlieue-dortoir de La Havane faite d’immeubles de cinq étages de type soviétique.

    Converti à l’islam, qu’il a accordé à sa propre philosophie, il garde toujours sur lui un Coran, un tapis de prière et une calotte de prière.

    L’œuvre

    Il commence par construire des maquettes de villes avec de petits morceaux de bois, puis, le bois devenant difficile à trouver, avec des matériaux de récupération : bâtiments, tours, immeubles, et toute une flottille d’engins volants assemblés à partir de rebuts ramassés dans la rue, peut-être destinés à sauver son île, qu’il figure en train de sombrer.

    Depuis 2014, il dessine au stylo à bille des villes minutieuses et ordonnées, à l’opposé du désordre de ses assemblages : tours serrées coiffées de toits pyramidaux et d’horloges, métropoles monumentales aux perspectives fantastiques, véhicules de toutes sortes (avions, hélicoptères, navires, autobus). Aucune figure humaine n’y apparaît.

    Expositions et collections

    • Collection de l’Art Brut, Lausanne : Sans titre, 2015, stylo à bille sur papier, 40,5 x 100,8 cm ; exposition « Art Brut CUBA », du 6 décembre 2024 au 27 avril 2025.
    • Musée national d’art moderne, Centre Pompidou : assemblages sans titre (vers 2000) de la collection abcd de Bruno Decharme, donnés en 2021.
  • Sol (Solange Lantier)

    Dessinatrice autodidacte française, Solange Lantier, dite Sol, dont l’œuvre connue date de la seconde moitié des années 1970.

    Parcours

    Avec son mari, Solange Lantier tient tour à tour un restaurant, un bureau de tabac et un bazar. Lorsque celui-ci est frappé de paralysie, elle se consacre à lui pendant de longues années.

    Ses dessins sont exposés à plusieurs reprises à l’Atelier Jacob, et elle participe en 1978 à l’exposition Les Singuliers de l’art, au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Jean Dubuffet acquiert plusieurs de ses dessins pour la Collection de l’Art Brut. Un article lui est consacré dans le Fascicule de l’Art Brut n° 10.

    L’œuvre

    Sol associe pastel sec, crayon de couleur, encre, lavis et vernis, sur carton ou sur papier. Ses titres, parfois inscrits sur la feuille, donnent le ton : Un cauchemar (1978), Personnages sur fond bleu (1979), Les autres se reposent, moi je travaille, Où sont-ils.

    Expositions et collections

    • Collection de l’Art Brut, Lausanne.
    • LaM, Villeneuve-d’Ascq : une vingtaine de dessins datés de 1976 à 1980, donation de L’Aracine (1999), dont Un cauchemar (1978, pastel sec, lavis, encre et vernis sur papier vergé, 50 x 32,6 cm) et Personnages sur fond bleu (1979, pastel sec, crayon de couleur, encre et vernis sur carton, 65 x 50 cm).
    • Les Singuliers de l’art, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 1978.
  • Lewis Smith

    Lewis Smith

    Dessinateur autodidacte américain, né en 1907 dans l’Ohio (États-Unis), mort en 1998.

    Parcours

    Lewis Smith commence à dessiner en 1920. Son père, Howard E. Smith, travaille pour une compagnie de chemins de fer, ce qui lui vaut un laissez-passer pour voyager gratuitement en train : il sillonne ainsi l’Ohio et le reste du pays, consignant ce qu’il voit dans des carnets et des dessins. Quatre petits journaux, tenus de 1904 à 1941 (le plus ancien par son père, les trois autres par lui), sont conservés dans les archives de l’American Folk Art Museum, à New York.

    Il vit et dessine dans la solitude, au point de peindre ses figures jusque sur les murs de sa maison, de sa grange et de ses dépendances, dans l’Ohio rural. Il ne montre pas son travail de son vivant ; l’American Primitive Gallery de New York le fait connaître après sa mort, à la fin des années 1990.

    L’œuvre

    Smith dessine à la mine de plomb et aux crayons de couleur sur des supports de récupération : sacs d’épicerie, cartons aplatis, boîtes de biscuits, souvent recto verso et parfois en intégrant les marques imprimées. Il représente locomotives et détails ferroviaires, ruelles, comptoirs et diners, et surtout de grandes femmes musclées, en boxeuses ou en lutteuses, inspirées des compétitions sportives auxquelles il assiste au fil de ses voyages. Passionné d’actualité, il collectionne aussi journaux, objets, documents et photographies liés au chemin de fer américain.

    Expositions et collections

    • Collection de l’Art Brut, Lausanne (notamment School to school et Free 4 all, room 123) ; 3e Biennale de l’Art Brut, Corps, 17 novembre 2017 au 29 avril 2018.
    • American Folk Art Museum, New York (archives : journaux de Lewis Smith).
  • Ursula Schultze-Bluhm

    Ursula Schultze-Bluhm

    Peintre, dessinatrice et poète allemande, dite Ursula, née le 17 novembre 1921 à Mittenwalde (Brandebourg), morte le 9 avril 1999 à Cologne.

    Parcours

    Fille d’Erwin Bluhm, Ursula travaille à l’Amerika-Haus de Francfort, où elle rencontre en 1949 le peintre Bernard Schultze, qu’elle épouse en 1955. Elle commence à peindre et à écrire en 1950, en partant de l’abstraction de Willi Baumeister, puis trouve une voie personnelle entre peinture naïve, art brut et Informel. Pendant près de cinquante ans, le couple partage le même atelier, chacun suivant son propre chemin.

    En 1954, elle rencontre Jean Dubuffet, avec qui elle noue une amitié durable ; ses œuvres entrent dans la Collection de l’Art Brut, à Lausanne. Autodidacte, elle reste pourtant inclassable : en 1961, dans la revue La Brèche, André Breton rattache son travail à « l’automatisme des médiums ». Elle participe à la documenta 6 de Kassel en 1977. Installée à Cologne avec son mari, elle y vit jusqu’à sa mort.

    L’œuvre

    Ursula réalise des dessins à l’encre, de grandes peintures et, à partir de la fin des années 1950, des assemblages en matériaux souples, notamment la fourrure, garnis de punaises et de lames de rasoir ; vers 1970, elle crée aussi des installations occupant l’espace, alors appelées « environnements ». Ses compositions sinueuses, construites par motifs de points et de lignes, sont peuplées d’êtres qui dansent, volent et se métamorphosent (Andrew Russeth, The New York Times, 16 mai 2023).

    « L’image est logée dans mon esprit et attend d’être diffusée dans le monde extérieur, sur la toile. » (Ursula)

    Parmi les œuvres présentées à la galerie : Bouquet fleurs (vers 1955, huile sur panneau, 75 x 52 cm, CR 50er/001), La Femme de Potiphar (1983, huile sur toile, 120 x 180 cm, CR 83/001), Cauchemar (1984, huile et fourrures sur toile, 79 x 99 x 4 cm, CR 84/007), Les Deux Gardiens (1986, huile et vernis sur bois, recto verso, 175 x 57 et 175 x 58 cm, CR 86/102).

    Expositions et collections

    • Collection de l’Art Brut, Lausanne ; Nationalgalerie, Berlin ; Staatliche Kunstsammlungen, Dresde ; Museum für Moderne Kunst, Francfort-sur-le-Main ; Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris.
    • Documenta 6, Kassel, 1977.
    • Ursula: That’s Me. So What?, première grande rétrospective, Museum Ludwig, Cologne, 2023, commissaire Stephan Diederich ; la galerie y a prêté cinq œuvres.
    • C’est moi Ursula ! Peintures, dessins, boîtes, avec Yolande Fièvre, Galerie Les Yeux Fertiles, 14 mars au 12 avril 2025.
    • Monographie et catalogue raisonné : Evelyn Weiss, Ursula, Hirmer, 2007.