Dessinateur indien autodidacte, cireur de chaussures et cordonnier dans l’État du Maharashtra (Inde).
Parcours
Kashinath Chawan est issu d’une famille de cordonniers : son grand-père et son père exerçaient déjà ce métier, qu’il pratique lui-même depuis l’âge de quinze ans. Il vit dans un bidonville et tient un petit étal de cireur de chaussures en ville. Illettré, il n’a reçu aucune formation artistique et ne nourrit aucune ambition d’artiste : il dessine pour apaiser ses soucis.
Dans les années 1980, renversé à vélo par un camion, il subit une triple fracture et perd pour un temps l’usage du bras droit. Le dessin lui sert aussi de rééducation : les va-et-vient répétés du stylo assouplissent son bras blessé. Il dessine sur le trottoir, assis en tailleur, surtout pendant les heures creuses de l’après-midi, et souvent la nuit, quand sa famille dort.
L’œuvre
Chawan dessine au stylo à bille, souvent de couleur, sur des morceaux de carton arrachés à de vieilles boîtes à chaussures ou sur des papiers ramassés dans la rue. Loin de les considérer comme des obstacles, il voit dans les défauts de ces supports une ressource.
Il ne fait aucune esquisse préparatoire. Le trait, d’abord léger, est repris par passages successifs et se densifie peu à peu : il en tire des effets de clair-obscur et une grande douceur graphique. Ses sujets viennent de la tradition indienne : divinités hindoues (Shiva), maîtres spirituels (Swami Samarth, Sant Gajanan Maharaj, Sai Baba), scènes du Mahabharata et du Ramayana, mais aussi figures politiques et vedettes de Bollywood.
Expositions
- « summer variations #2 », galerie christian berst, Paris, 5 au 26 juillet 2025






