Auteur/autrice : admin

  • Dado

    Dado

    Peintre, dessinateur, graveur et sculpteur né Miodrag Đurić le 4 octobre 1933 à Cetinje (Monténégro, alors Yougoslavie), mort le 27 novembre 2010 à Pontoise, installé en France à partir de 1956.

    Parcours

    Dado étudie les beaux-arts à Herceg Novi de 1947 à 1951, puis à Belgrade, dans la classe de Marko Čelebonović, qui l’encourage à partir pour Paris. Il s’y installe en 1956 et travaille dans l’atelier de lithographie de Gérard Patris, où il rencontre Jean Dubuffet. Celui-ci le présente au marchand Daniel Cordier, qui lui organise en 1958 sa première exposition personnelle et lance sa carrière.

    En 1960, il s’établit dans un ancien moulin à Hérouval, dans le Vexin, qui reste jusqu’à sa mort son lieu de travail et de vie. Il est proche de Bernard Réquichot, disparu en 1961. En 1962, il rencontre à New York l’artiste cubaine Hessie, qui devient sa femme. Il est fait chevalier des Arts et des Lettres en 1984.

    L’œuvre

    Peintre avant tout, à l’huile sur toile, Dado aborde la pointe sèche en 1966, puis la gravure sur cuivre avec Alain Controu à partir de 1967. Sa première sculpture, en 1962, est faite d’os de bétail ; l’essentiel de son œuvre sculpté date des années 2000. Il pratique aussi le collage, numérique à partir de 1996, la céramique et la fresque, qui envahit à partir des années 1990 murs et bâtiments abandonnés.

    Ses premières toiles regardent du côté de Giorgio De Chirico, de Carlo Carrà et des premiers surréalistes. Il illustre de nombreux livres, dont Alphabets de Georges Perec (1976) et Le Terrier de Kafka (1985), ainsi que des textes de Barbey d’Aurevilly, Pierre Bettencourt et Claude Louis-Combet.

    Expositions et collections

    • Galerie Daniel Cordier, Paris, 1958
    • Biennale de Venise, 2009
    • Galerie « Miodrag Dado Đurić », Musée national du Monténégro, Cetinje, ouverte en 2012
    • Rétrospective, musée des Beaux-Arts de Pau, 2018
    • Collections : Musée national d’art moderne, Centre Pompidou ; Bibliothèque nationale de France (estampes)
    • Galerie Les Yeux Fertiles : exposition d’été, 10 au 26 juillet 2025

    À la galerie

  • Lucien Coutaud

    Lucien Coutaud

    Peintre, graveur, décorateur de théâtre et cartonnier de tapisserie français, né en 1904 dans le Gard, mort en 1977 à Paris.

    Parcours

    Fils d’Adrien Coutaud, bijoutier, Lucien Coutaud suit d’octobre 1920 à juin 1924 les cours de l’École des beaux-arts de Nîmes, où le graveur Armand Coussens l’initie sans doute à l’estampe. Monté à Paris en octobre 1924, il fréquente les académies libres de Montparnasse, puis entre à l’École des arts décoratifs. Charles Dullin lui confie son premier décor de théâtre, pour Les Oiseaux d’Aristophane adaptés par Bernard Zimmer : le succès lance sa carrière de décorateur et de costumier, poursuivie notamment avec Le Soulier de satin de Paul Claudel en 1943.

    Après son service militaire en Rhénanie, il expose pour la première fois seul en 1931, à la galerie des Quatre Chemins. En 1936, il épouse Denise Bernollin, graveur et illustratrice. Proche des surréalistes, dont il lit les textes et suit les manifestations, il ne rejoint jamais le groupe et qualifie son art de « surréel » à partir de 1940.

    Après la guerre, il participe au renouveau de la tapisserie d’Aubusson aux côtés de Jean Lurçat et dessine notamment des tapisseries pour le paquebot France (1962). Il dirige l’atelier de gravure de l’École nationale supérieure des beaux-arts de 1964 à 1975. Alain Resnais lui consacre un documentaire en 1948. Il reçoit le grand prix des Beaux-Arts de la Ville de Paris en 1967.

    L’œuvre

    Aux paysages gris-bleu des années rhénanes succèdent, au début des années 1930, des bouquets et des compositions ésotériques. Pendant la guerre, ses figures deviennent squelettiques, fragmentées, sans visage, proches du mannequin ou de l’automate. Coutaud invente ensuite l’« Éroticomagie », fondée sur des métamorphoses à connotation sexuelle, et développe la série des Taureaumagies, nourrie par la tauromachie. Personnages, maisons végétales ou minérales, fers à repasser et vastes paysages composent son répertoire.

    Graveur, il illustre Ma civilisation de Gilbert Lely (1948), Une saison en enfer de Rimbaud (1951) et le Voyage dans la Lune de Cyrano de Bergerac (1971).

  • Alfred Courmes

    Alfred Courmes

    Peintre français, né en 1898 dans le Var, mort en 1993.

    Parcours

    Fils d’un officier de marine qui encourage sa vocation, Alfred Courmes fait ses études à Monaco. En 1919, dans un sanatorium où il soigne une affection pulmonaire, il rencontre Roger de La Fresnaye, son aîné d’environ treize ans : auprès de lui, il apprend son métier, dans une relation plus filiale que scolaire. À partir de 1925, il envoie ses toiles au Salon des indépendants et au Salon d’automne.

    En 1927, il s’installe à Ostende, ville de sa femme, la Belge Henriette Van de Put. Il y découvre les primitifs flamands, l’expressionnisme de James Ensor et de Constant Permeke, et le surréalisme ; il y rencontre aussi Félix Labisse. L’Homme blessé (1929) date de cette période. De retour à Paris, il habite rue des Écluses-Saint-Martin : le canal Saint-Martin devient l’un de ses décors récurrents.

    En 1936, il reçoit le prix Paul Guillaume. Il peint Le Toucher pour l’Exposition internationale de 1937 et réalise, sur commande, une grande fresque, La France heureuse, pour la salle à manger de l’ambassade de France à Ottawa. En 1991, il signe le portrait officiel de Jack Lang.

    L’œuvre

    Courmes détourne la mythologie, l’histoire religieuse et l’imagerie publicitaire avec une ironie grinçante ; il s’en prend aux forces sociales, religieuses et militaristes ; le désir est l’un de ses thèmes constants. André Breton l’a surnommé « l’Ange du mauvais goût » ; Jean Cassou voyait en lui une figure « excentrique, bizarre et grinçante ».

    Son Saint Sébastien (1934, huile sur toile marouflée sur isorel, 164 x 59 cm), exposé au Salon des indépendants de 1935, montre le saint en tenue de marin devant le port militaire de Toulon. Volet d’un triptyque resté inachevé, il a pour pendant Saint Roch natif de Montpellier (1936). La critique le jugea tour à tour « scandaleux », « splendide » et « anachronique ». Il revient au thème en 1961 avec 45 % (de) B.A. (dit : Saint-Sébastien camembert).

    Expositions et collections

    • « Masculin / Masculin », musée d’Orsay, Paris, 2013
    • « Alfred Courmes. La rétrospective », Espace Niemeyer, Paris, 29 mars au 4 juin 2023, puis musée de l’Ardenne, Charleville-Mézières, 7 octobre 2023 au 7 janvier 2024
    • Collections : Musée national d’art moderne, Centre Pompidou (Saint Sébastien, acquis en 1984) ; musée de l’Hospice Saint-Roch, Issoudun (Saint Roch)

    À la galerie

  • Roger Chomeaux

    Roger Chomeaux

    Peintre, sculpteur, architecte, poète et cinéaste français, né Roger Chomeaux le 28 janvier 1907 à Berlaimont (Nord), mort le 19 juin 1999 à Achères-la-Forêt (Seine-et-Marne).

    Parcours

    Roger Chomeaux étudie à l’école d’art de Valenciennes de 1921 à 1925, puis à l’École des beaux-arts de Paris de 1926 à 1928. Pour vivre, il travaille comme décorateur de tapis pour une entreprise de la région parisienne. Fait prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale, il est déporté en Pologne. Après la guerre, il pratique la gouache, la céramique et s’essaie au cinéma.

    En mai 1960, la galerie Jean Camion, 8 rue des Beaux-Arts, présente ses Bois brûlés sous le titre « Expressions noires ». L’exposition attire un large public, dont André Breton, Salvador Dalí et Picasso, mais Chomo, furieux du succès commercial qui s’annonce, la torpille. À cinquante-trois ans, il rompt avec l’art de son temps et adopte le nom de Chomo.

    Il se retire à Achères-la-Forêt, en forêt de Fontainebleau, sur un terrain acquis par sa femme vingt ans plus tôt, dans une maison préfabriquée sans eau courante ni chauffage. Devenu « l’Ermite de la forêt de Fontainebleau », il y vit seul une quarantaine d’années et y bâtit son Village d’art préludien.

    L’œuvre

    Récupération et recyclage sont au cœur de sa pratique. Fasciné par la foudre et la combustion, Chomo laisse le feu entailler le bois, qu’il goudronne puis peint : ce sont les Bois brûlés. Dans la forêt, il élève trois architectures-sculptures, le Refuge, l’Église des pauvres et le Sanctuaire des Bois brûlés (réalisé à partir de 1961, constructions achevées en 1963), avec du plâtre, du grillage, des bouteilles, du bois mort et des déchets de plastique mêlés à la terre et à la pierre.

    Pour Michel Thévoz, il préfigure « sur un mode utopique une dissolution de l’art par extension dans le réel ». À quatre-vingts ans, il entreprend avec le réalisateur Clovis Prévost le tournage du Débarquement spirituel. Images de lumière, éclairé par Jean-Pierre Nadau ; une version de quarante minutes, montée par Frédéric Michaudet, a vu le jour en 2019.

    « Il faut recréer une religion propre, une religion de la pureté. Il faut recommencer à zéro. » (Chomo)

    Expositions et collections

    • « Expressions noires », galerie Jean Camion, Paris, 1960
    • Village d’art préludien, Achères-la-Forêt : site préservé depuis 2015 par l’Association des Amis de Chomo, ouvert à la visite
    • Galerie Les Yeux Fertiles : « Josette Rispal et Chomo », 27 novembre 2025 au 8 janvier 2026, en collaboration avec Maître Aymeric Rouillac ; œuvres présentées : Totem, vers 1960, bois brûlé, 87 x 35 x 26 cm ; Fétiche à clous, vers 1960, bois brûlé et métal, repris dans les années 1990, h. 123 cm
  • Mario Chichorro

    Mario Chichorro

    Peintre et sculpteur portugais, né en 1932 au Portugal, mort en 2023, installé en France à partir de 1963.

    Parcours

    Mário Chichorro étudie l’architecture à l’École des beaux-arts de Porto. En 1963, il s’installe à Perpignan et mène dès lors l’essentiel de sa carrière en France. En 1968, il perd son emploi après avoir été reconnu dans une manifestation contre le patronat : il se consacre alors entièrement à la création.

    Sa première exposition parisienne a lieu en 1974 à l’Atelier Jacob, avec le soutien de Jean Dubuffet, qui l’intègre à sa « collection annexe », l’actuelle collection Neuve Invention de Lausanne. De son vivant, il n’a jamais exposé au Portugal : un hommage posthume lui a été rendu au Centre des arts et du spectacle de Figueira da Foz, avec un espace consacré à son frère, le peintre Heitor Chichorro.

    L’œuvre

    Son travail oscille entre la peinture et la sculpture en bas-relief. Couleurs vives, absence de perspective, humour irrévérencieux : ses compositions mêlent personnages et scènes dans un imaginaire allégorique, parfois teinté d’érotisme.

    « Je suis pour l’irrévérence, l’insubordination, l’irréalisme, la rêverie, l’utopie, le désir. » (Mário Chichorro, traduit du portugais)

    Expositions et collections

    • Atelier Jacob, Paris, 1974
    • « Lusofolia : A Beleza Insensata », Centro de Arte Oliva (Portugal), 9 novembre 2019 au 11 octobre 2020
    • Hommage posthume, Centre des arts et du spectacle (CAE), Figueira da Foz (Portugal)
    • Collections : Collection de l’Art Brut, Lausanne ; La Fabuloserie (France) ; Centro de Arte Oliva (Portugal)
  • Kashinath Chawan

    Kashinath Chawan

    Dessinateur indien autodidacte, cireur de chaussures et cordonnier dans l’État du Maharashtra (Inde).

    Parcours

    Kashinath Chawan est issu d’une famille de cordonniers : son grand-père et son père exerçaient déjà ce métier, qu’il pratique lui-même depuis l’âge de quinze ans. Il vit dans un bidonville et tient un petit étal de cireur de chaussures en ville. Illettré, il n’a reçu aucune formation artistique et ne nourrit aucune ambition d’artiste : il dessine pour apaiser ses soucis.

    Dans les années 1980, renversé à vélo par un camion, il subit une triple fracture et perd pour un temps l’usage du bras droit. Le dessin lui sert aussi de rééducation : les va-et-vient répétés du stylo assouplissent son bras blessé. Il dessine sur le trottoir, assis en tailleur, surtout pendant les heures creuses de l’après-midi, et souvent la nuit, quand sa famille dort.

    L’œuvre

    Chawan dessine au stylo à bille, souvent de couleur, sur des morceaux de carton arrachés à de vieilles boîtes à chaussures ou sur des papiers ramassés dans la rue. Loin de les considérer comme des obstacles, il voit dans les défauts de ces supports une ressource.

    Il ne fait aucune esquisse préparatoire. Le trait, d’abord léger, est repris par passages successifs et se densifie peu à peu : il en tire des effets de clair-obscur et une grande douceur graphique. Ses sujets viennent de la tradition indienne : divinités hindoues (Shiva), maîtres spirituels (Swami Samarth, Sant Gajanan Maharaj, Sai Baba), scènes du Mahabharata et du Ramayana, mais aussi figures politiques et vedettes de Bollywood.

    Expositions

    • « summer variations #2 », galerie christian berst, Paris, 5 au 26 juillet 2025
  • Gerardo Chávez

    Gerardo Chávez

    Peintre et sculpteur péruvien, né le 16 novembre 1937 à Trujillo (Pérou), mort le 22 juin 2025 dans sa ville natale.

    Parcours

    Gerardo Chávez López est diplômé de l’École nationale des beaux-arts du Pérou. En 1960, à vingt-deux ans, il a déjà exposé plus de cinq fois dans son pays et montré son travail au Chili, en Argentine et au Brésil. Il expose aussi en Europe, notamment à Florence (galerie Lo Sprone), à Rome, à Paris (galerie Jacques Desbrières) et à Amsterdam.

    À Trujillo, il devient un acteur culturel de premier plan. Avec María Ofelia Cerro Moral, il est à l’origine de la Biennale d’art contemporain de Trujillo, créée en 1981 et relancée en 2024. Il ouvre en 2001 un musée du Jouet, fonde un musée d’Art moderne et un espace culturel baptisé Angelmira, en hommage à son frère. On le rattache à la descendance du Grupo Norte, cercle d’intellectuels et d’artistes né à Trujillo.

    Il est fait grand officier de l’ordre du Soleil du Pérou en 2006. En 2022, il publie ses mémoires, Antes del olvido, où il revient sur une enfance marquée par la perte de sa mère.

    L’œuvre

    Sa peinture est peuplée d’êtres mythiques. Dans les années 1970, il peint à l’huile sur toile, avant de travailler la terre sur toile de jute. En 1995, il réalise La procesión de la papa, ensemble de six pièces où la pomme de terre andine est portée en procession.

    Chávez se définissait comme un peintre intuitif et reconnaissait des parentés avec les arts premiers. « La mythologie est universelle », disait-il.

    Expositions

    • « Voyage en terre latino-américaine », avec Jorge Camacho, Joaquín Ferrer, Roberto Álvarez Ríos, Ramón Alejandro, Mauro Mejiaz et Jorge Vigil, 18 avril au 31 mai 2025
  • Jacques Carelman

    Jacques Carelman

    Peintre, illustrateur, sculpteur et décorateur de théâtre français, né en 1929 à Marseille, mort en 2012 à Argenteuil.

    Parcours

    Jacques Carelman s’installe à Paris en 1956. Il y exerce la profession de dentiste, qu’il mène de front avec une activité artistique très variée : dessin d’humour, illustration de livres, peinture, sculpture.

    À partir de 1962, il conçoit décors et costumes pour le théâtre, notamment pour des pièces de Molière, Gogol, Dostoïevski et Raymond Queneau. En 1966, il adapte en bande dessinée Zazie dans le métro de Queneau, publiée chez Gallimard. On lui attribue l’une des affiches de Mai 68, montrant un CRS menaçant, matraque à la main.

    Il entre au Collège de ‘Pataphysique en 1969, dont il deviendra Régent, titulaire de la chaire d’Hélicologie (l’étude de la gidouille, la spirale qui orne le ventre du Père Ubu). En 1980, il est l’un des fondateurs de l’Ouvroir de peinture potentielle (OuPeinPo), pendant pictural de l’Oulipo.

    L’œuvre

    Sa notoriété tient au Catalogue d’objets introuvables, publié chez Balland en 1969 : une parodie du catalogue de vente par correspondance de Manufrance, qui recense des objets absurdes comme le fauteuil-radiateur, le tandem convergent ou la cafetière pour masochiste, au bec tourné vers celui qui verse. Le livre est traduit en dix-neuf langues et réédité au Cherche Midi en 1999 et en 2010. Suivent le Petit supplément à l’Encyclopédie (1971) et le Catalogue de timbres-poste introuvables (1972), réédité par Cartouche en 2011.

    Carelman construit aussi des sculptures-machines d’après la littérature : Mécaniques pour Cyrano (1965), La Hie et le Diamant d’après Raymond Roussel, Machine à inspirer l’amour d’après Alfred Jarry, Machine de la colonie pénitentiaire d’après Kafka (1975). Pour l’OuPeinPo, il invente la peinture à symétrie variable, le collage chronologique et la peinture au quart de tour (La Rose des têtes). Illustrateur, il a mis en images Les Mille et Une Nuits, les Fables de La Fontaine en rébus et des textes de Noël Arnaud, François Caradec ou Claude Roy.

    Expositions

    • Objets introuvables réalisés en volume, Vieille Charité, Marseille, novembre 1974 à janvier 1975
    • « Les Machines célibataires », exposition itinérante conçue par Harald Szeemann, 1975
    • Galerie Les Yeux Fertiles : La Machine à inspirer l’amour d’après Jarry, dans « Aux sources de la Beauté convulsive », 25 octobre au 30 novembre 2024
  • Raimundo Camilo

    Créateur brésilien d’art brut, né en 1939 ou en 1943 (les sources divergent) dans l’État du Ceará, au nord-est du Brésil, mort en 2015.

    Parcours

    Jeune homme, Raimundo Camilo quitte sa région natale pour Rio de Janeiro, où il enchaîne les emplois précaires sur des chantiers et dans des cuisines. Un employeur ayant refusé de le payer, il se retrouve à la rue, sans argent et désorienté.

    En 1964, il entre à la Colonia Juliano Moreira, hôpital psychiatrique de Rio, où il reste une cinquantaine d’années, avant d’être recueilli par sa sœur. Il y côtoie Arthur Bispo do Rosário, interné dans le même établissement et devenu depuis la figure majeure de l’art brut brésilien.

    L’œuvre

    Camilo dessine des billets de banque imaginaires, souvent recto verso, agenouillé devant son lit. Il travaille sur ce qui lui tombe sous la main : emballages, formulaires administratifs, papiers imprimés. Il emploie le feutre, le stylo à bille, la gouache et des couleurs qu’il fabrique lui-même, par exemple à partir de café.

    Chaque billet porte une tête, tantôt celle d’un roi, tantôt celle d’un cangaceiro, ce bandit nomade du Nordeste devenu héros populaire. Il offre volontiers ces billets aux membres du personnel qu’il apprécie, en particulier aux femmes. Lui-même refusait de parler d’art : il disait simplement accomplir son « devoir ».

    Expositions et collections

    • Museu Oscar Niemeyer (Brésil), 2005, aux côtés d’Arthur Bispo do Rosário
    • Première présentation en Europe : exposition « objet trouvé », galerie christian berst, Paris, 2008
    • « Living in Art Brut », collection Hannah Rieger, museumkrems (Autriche), 2017
    • « Art brut. Dans l’intimité d’une collection. La Donation Decharme au Centre Pompidou », Grand Palais, Paris, 2025
    • Collections publiques : Musée national d’art moderne, Centre Pompidou (donation Bruno Decharme, 2021) ; LaM, Villeneuve-d’Ascq ; Museu Oscar Niemeyer
  • Jorge Camacho

    Jorge Camacho

    Peintre cubain lié au surréalisme, né le 5 janvier 1934 à La Havane, mort le 30 mars 2011.

    Parcours

    Jorge Camacho abandonne ses études de droit au début des années 1950 pour se consacrer à la peinture, sans formation artistique. En 1953, il part pour le Mexique, où il vit un an et se lie avec José Luis Cuevas ; tous deux s’intéressent aux sources de la culture maya. Il expose à La Havane en 1955 et 1958, et reçoit une mention honorable à la Biennale de São Paulo en 1959.

    Dans La Havane de la seconde moitié des années 1950, il se lie avec Joaquín Ferrer, Agustín Cárdenas et Wifredo Lam. En 1960, Camacho et Ferrer se retrouvent à Paris, à la maison de Cuba de la Cité universitaire, et y passent une année décisive : tous deux choisissent de s’installer définitivement à Paris. Ils participent en 1962 à la grande exposition Art latino-américain organisée par Jean-Clarence Lambert au Musée d’art moderne de la Ville de Paris.

    Camacho rencontre André Breton en 1961, lors d’une exposition de Toyen, et rejoint le groupe surréaliste ; Breton préface l’une de ses expositions. René Alleau l’initie à l’ésotérisme.

    L’œuvre

    L’ésotérisme et l’alchimie nourrissent sa peinture, défendue en leur temps par les galeries Jacques et Thessa Herold à Paris et Joan Prats à Barcelone. Sa passion pour l’ornithologie donne lieu à une exposition de peintures d’oiseaux à la galerie Maeght ; un voyage au Pérou lui inspire ses paysages de sable, montrés en 1984 à la galerie Albert Loeb. Les éditions Palatines lui ont consacré une importante monographie, et ses livres illustrés font l’objet d’un ouvrage de Christian Nicaise (L’Instant perpétuel, 2009).

    « Todo el mundo habla de surrealismo, pero son muy pocos los que lo comprenden » (« Tout le monde parle de surréalisme, mais bien peu le comprennent »). Jorge Camacho

    Expositions et collections

    • Art latino-américain, Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 1962
    • Rétrospective, Maison de l’Amérique latine, Paris
    • Jorge Camacho, Joaquín Ferrer, 2 amis cubains à Paris dès 1960, Galerie Les Yeux Fertiles, 26 janvier – 9 mars 2024 (dont Cendres, 1972, huile sur toile, 130 x 97 cm, et L’Engoulevent, 1972, huile sur toile, 98 x 130 cm)
    • Voyage en terre latino-américaine, Galerie Les Yeux Fertiles, 18 avril – 31 mai 2025 (dont Le Joueur de tours, 1998, pastel et encre de Chine sur toile, 215 x 73 cm)