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  • Henri Goetz

    Henri Goetz

    Peintre et graveur français d’origine américaine, né le 29 septembre 1909 à New York, mort le 12 août 1989 à Nice.

    Parcours

    Il étudie d’abord l’électrotechnique au MIT, puis l’histoire de l’art à Harvard, qu’il quitte pour suivre des cours de peinture à la Grand Central School of Art de New York. En juillet 1930, il part pour Paris et fréquente les académies de Montparnasse : Colarossi, Julian, la Grande Chaumière. C’est là qu’il rencontre en septembre 1935 la peintre néerlandaise Christine Boumeester, qu’il épouse la même année. Elle l’initie à la gravure et l’accompagne vers l’abstraction.

    Dès janvier 1936, Goetz peint des tableaux non figuratifs, une « peinture non figurative de pure invention » pour exprimer son univers intérieur sans se servir des objets du monde réel. Il découvre le surréalisme grâce à son amitié avec le poète Juan Brea et sa femme Mary Low, membres du groupe d’André Breton ; le peintre allemand Richard Oelze lui parle pour la première fois de Dalí. Il fréquente alors Raoul Ubac, Benjamin Péret et Óscar Domínguez. Breton le rencontre en 1938, sans toutefois lui proposer de participer aux manifestations du mouvement. Sa première exposition personnelle à Paris a lieu en 1937 à la galerie Van Leer.

    Pendant l’Occupation, le couple participe à la Résistance, notamment en fabriquant de faux papiers, avant de se réfugier sur la Côte d’Azur. De retour à Paris à la Libération, Goetz enseigne la peinture à partir de 1949 à l’Académie Ranson, puis à la Grande Chaumière, avant de fonder sa propre académie. Il est naturalisé français en 1949. Il fait don de ses œuvres et de celles de Christine Boumeester, morte en 1971, à la ville de Villefranche-sur-Mer, dont la citadelle abrite aujourd’hui un musée à leurs noms.

    L’œuvre

    L’esprit surréaliste qui imprègne sa peinture donne naissance aux Chefs-d’œuvre corrigés (1938-1939) : sur des reproductions d’œuvres célèbres, Goetz laisse libre cours aux images associatives qu’elles lui suggèrent. C’est en les découvrant en 1939 qu’André Breton leur trouve ce titre. Sur son choix de la non-figuration, Goetz écrit :

    « Si je choisis le monde non figuratif, c’est que je crois qu’il est plus vaste que l’autre. Je crois qu’il y a plus à découvrir dans l’inconnu que dans le connu. » (Henri Goetz)

    Graveur, il pratique la pointe sèche, le burin, l’eau-forte et l’aquatinte. Il invente dans les années 1960 la gravure au carborundum, procédé de planche en relief obtenue à partir de poudres, qu’il expose dans un traité publié par la galerie Maeght en 1968, préfacé par Joan Miró. En 1947, Alain Resnais lui consacre un court métrage, Portrait d’Henri Goetz.

    Expositions et collections

    • À la galerie : Sans titre, 1939, huile sur panneau, 22 x 32 cm, et L’homme aux feuilles, John Wells, 1939, technique mixte, 21 x 27 cm, présentés dans « Aux sources de la Beauté convulsive » (25 octobre-30 novembre 2024)
    • À la galerie : Sans titre, 1942-1943, huile sur panneau, 61 x 47 cm (2023)
  • Joaquim Vicens Gironella

    Joaquim Vicens Gironella

    Sculpteur et écrivain catalan de l’art brut, né en 1911 à Agullana (Catalogne), mort en 1997 à Toulouse.

    Parcours

    Issu d’une famille de bouchonniers, il apprend de ses parents le travail du liège et l’exerce lui-même. Il reçoit une instruction rudimentaire mais se passionne tôt pour l’écriture : adolescent, il publie dans la presse locale des articles et des poèmes consacrés au chêne-liège.

    Antifasciste, il entre au comité antifasciste et au conseil municipal de son village, puis s’engage dans l’armée républicaine en 1936, où il dirige une publication du front. En février 1939, après la victoire franquiste, il passe en France ; arrêté à Perpignan, il est interné plus d’un an au camp de Bram (Aude). Installé à Toulouse, il travaille dans une fabrique de bouchons et fonde une famille avec Paz Santiago Ruiz, réfugiée comme lui, dont il a trois filles. Sous l’Occupation, il est envoyé au camp du Récébédou, puis au Croisic, où il travaille pour l’organisation Todt sur le mur de l’Atlantique.

    Jean Dubuffet découvre ses sculptures à Paris, dans le bureau de René Lajus, administrateur de la fabrique, et lui consacre fin 1948 une exposition au Foyer de l’art brut, avec la participation d’André Breton. Gironella écrit toute sa vie des poèmes, des pièces de théâtre et des romans, longtemps sans éditeur, ainsi qu’un récit autobiographique, L’exil, mon village et moi (1984).

    L’œuvre

    Vers 1941, il essaie l’argile, qui ne lui convient pas, puis se consacre au liège, qu’il taille dans la masse, en ronde-bosse comme en bas-relief. Ses figures, issues de son imaginaire et nourries de souvenirs de sa Catalogne natale, jouent d’une perspective fantasque et de membres disproportionnés qui accusent leur expressivité. Il réalise plus tard des panneaux muraux inspirés de la Catalogne, de l’art islamique et de l’art médiéval. En 1990, il publie Exaltació del suro, recueil de poèmes et d’images entièrement fait de liège.

    Expositions

    • 1948 : exposition personnelle au Foyer de l’art brut, Paris, organisée par Jean Dubuffet
    • 1967 : « L’art brut », musée des Arts décoratifs, Paris
    • 2021 : « Dubuffet: Brutal Beauty », Barbican, Londres
    • 2022-2023 : exposition monographique au Museu de l’Exili, La Jonquera, puis au musée du Liège de Palafrugell
    • 2023 : exposition à la galerie christian berst, Paris
  • Madge Gill

    Madge Gill

    Dessinatrice médiumnique britannique, de son vrai nom Maude Ethel Eades, née le 19 janvier 1882 dans l’est de Londres, morte en 1961.

    Parcours

    Considérée comme une enfant illégitime, elle est tenue à l’écart pendant ses premières années. À neuf ans, bien que sa mère soit encore en vie, elle est placée dans un foyer du Dr Barnardo à Barkingside. En 1896, elle fait partie des enfants envoyés au Canada, où elle est placée comme domestique dans des fermes de l’Ontario. Revenue à East Ham en 1900, elle vit chez une tante qui l’initie au spiritisme et à l’astrologie, et travaille comme infirmière à l’hôpital de Whipps Cross.

    À 25 ans, elle épouse son cousin Thomas Edwin Gill, agent de change. Le couple a trois fils. Le deuxième, Reginald, meurt de la grippe espagnole ; l’année suivante, elle met au monde une fille mort-née. La maladie qui suit la cloue au lit plusieurs mois et la laisse aveugle de l’œil gauche. C’est alors, vers 1920, à 38 ans, qu’elle se met soudain à dessiner. Après la mort de son fils aîné en 1958, elle sombre dans l’alcool et cesse de dessiner. Des milliers de dessins sont découverts chez elle à sa mort.

    L’œuvre

    Madge Gill attribue son travail à un esprit guide qu’elle nomme Myrninerest (« my inner rest », mon repos intérieur), nom dont elle signe souvent ses œuvres. Par crainte de le contrarier, elle ne vend jamais rien. Elle dessine surtout à l’encre noire, sur des supports allant de la carte postale à de longs lés de calicot, dont certains dépassent neuf mètres ; elle tricote, tisse et écrit aussi. Prolifique, elle peut achever des dizaines de dessins en une nuit.

    Ses compositions déclinent des visages féminins ovales aux grands yeux en amande, souvent fixes, pris dans des damiers et des architectures en labyrinthe, les corps presque absents ou dissimulés sous de lourds vêtements. L’historien de l’art Roger Cardinal parle à son propos d’« un art de la dissimulation ».

    Expositions et collections

    • Whitechapel Gallery, Londres : expositions de 1932 à 1947, dont celle de 1939 où elle montre une œuvre d’environ 40 mètres couvrant tout un mur
    • 2006 : « Outsider Art », Tate Britain ; 2019 : « Myrninerest », William Morris Gallery, Londres ; 2024 : Biennale de Venise
    • Collections : London Borough of Newham (fonds principal) ; Collection de l’Art Brut, Lausanne ; LaM, Villeneuve-d’Ascq (donation L’Aracine, 1999) ; Centre Pompidou (donation Bruno Decharme, 2021)
    • À la galerie : Sans titre, 1953, 63 x 51 cm, présenté dans l’exposition « Art brut » (juin-juillet 2022)
  • Eugène Gabritschevsky

    Eugène Gabritschevsky

    Biologiste et peintre russe, figure de l’art brut, né le 3 décembre 1893 à Moscou, mort le 5 avril 1979 à Haar, près de Munich.

    Parcours

    Deuxième de cinq enfants, il grandit dans un milieu aisé de scientifiques. Son père, Georg Gabritschevsky (1860-1907), bactériologiste de renom international, a travaillé avec Louis Pasteur à Paris et Robert Koch en Allemagne, et fonde à Moscou le premier institut d’épidémiologie et de microbiologie. Les enfants reçoivent l’enseignement d’une vingtaine de précepteurs. Selon son frère Georg, Eugen dessine déjà quand il sait à peine lire et écrire.

    Il entre en 1913 à l’université de Moscou pour étudier la biologie, l’hérédité et l’entomologie. Il quitte définitivement l’Union soviétique en 1924 et arrive à New York en janvier 1925 pour travailler à l’université Columbia auprès de Thomas Hunt Morgan, puis au laboratoire de Woods Hole en 1926. De 1927 à 1929, il poursuit ses recherches sur les mutations des insectes à l’Institut Pasteur, à Paris, sous la direction du professeur Roux. Invité à l’université d’Édimbourg en 1931, il doit s’interrompre en octobre de la même année : sa santé mentale se dégrade.

    Interné en 1931 à l’hôpital psychiatrique d’Eglfing-Haar, il y passe le reste de sa vie, hormis quelques séjours chez des proches. Jean Dubuffet découvre son œuvre en 1948 par son médecin. En 1960, à l’initiative de Dubuffet, le galeriste vençois Alphonse Chave se rend en Allemagne et acquiert plus de 5 000 feuilles. Une grande partie passe ensuite à la galerie Daniel Cordier.

    L’œuvre

    En une trentaine d’années, il produit des milliers d’œuvres sur papier, à la gouache et à l’aquarelle surtout, mais aussi au crayon, au fusain et au pastel. Il multiplie les procédés : frottage, tamponnage, grattage, pliage, éponge, chiffon, décalcomanie. Il peint sur des supports de récupération : papier calque, films radiographiques, pages de magazines, calendriers, documents administratifs de l’hôpital.

    On y trouve des paysages peuplés ou déserts, des villes et des foules, des scènes nocturnes (carnavals, fêtes, concerts), des corps en mutation, des êtres hybrides et des bestiaires de créatures fabuleuses. Max Ernst lui achète cinq peintures en 1972.

    Expositions et collections

    • 2016 : rétrospective à la maison rouge, Paris (environ 250 œuvres), reprise à la Collection de l’Art Brut, Lausanne (2016-2017) et à l’American Folk Art Museum, New York (2017)
    • Collection de l’Art Brut, Lausanne (œuvres acquises par Dubuffet pour la Compagnie de l’art brut)
    • Musée national d’art moderne, Centre Pompidou (donation Daniel Cordier, 1989), en dépôt aux Abattoirs, Toulouse
    • À la galerie : Sans titre, 1960, aquarelle et gouache sur papier, 20 x 28,5 cm, présenté dans l’exposition « Art brut » (juin-juillet 2022) ; œuvres présentées dans « Coups de cœur : art brut, art naïf, art singulier » (mars-avril 2024)
  • Johann Fischer

    Johann Fischer

    Dessinateur autrichien de l’art brut, né le 5 octobre 1919 à Eggendorf am Wagram (Basse-Autriche), mort le 23 septembre 2008. Il appartient au groupe des artistes de Gugging.

    Parcours

    Troisième de sept enfants, il grandit dans une petite exploitation agricole et viticole. Après l’école primaire, il fait un apprentissage de boulanger, qu’il mène jusqu’à la maîtrise. Incorporé dans l’armée allemande en 1940, il est fait prisonnier par les Américains. Un an après la fin de la guerre, il reprend la ferme familiale comme vigneron.

    Il consulte pour la première fois en psychiatrie en 1957, puis retravaille comme boulanger. Il devient ensuite patient permanent de l’hôpital psychiatrique de Gugging, près de Vienne (en 1961 selon le musée Gugging, en 1967 selon la Collection de l’Art Brut). En 1982, il rejoint le groupe de résidents du centre d’art-psychothérapie fondé par le psychiatre Leo Navratil, l’actuelle Maison des artistes (Haus der Künstler).

    L’œuvre

    C’est au contact de l’activité artistique de la Maison des artistes qu’il commence à dessiner, au crayon et à la mine de plomb : des animaux, des objets, des personnages saisis dans leur métier. À partir de 1984, il introduit les crayons de couleur, surtout des jaunes et des bruns chauds, et ses compositions deviennent denses et serrées.

    À la fin des années 1980, l’écriture envahit la feuille : un texte calligraphié sur des lignes qu’il trace lui-même, découpé en sections numérotées pour indiquer l’ordre de lecture. Le texte finit par dominer, l’image ne servant plus que d’illustration. Ses commentaires, souvent politiques, sociaux ou religieux, parlent de la famille, de la maladie, de l’agriculture, des machines, du catholicisme et surtout de l’Autriche, qu’il évoque en patriote sans s’interdire d’en dénoncer les injustices.

    Expositions et collections

    • 1983 : exposition des artistes de Gugging au Museum moderner Kunst, Vienne
    • Collection de l’Art Brut, Lausanne
  • Leonor Fini

    Leonor Fini

    Peintre, dessinatrice, illustratrice et créatrice de costumes, née le 30 août 1907 à Buenos Aires, morte le 18 janvier 1996 à Paris.

    Parcours

    Moins de dix-huit mois après sa naissance, sa mère, originaire de Trieste, la ramène dans cette ville, où elle grandit. Au début de son adolescence, une maladie des yeux la décide à devenir artiste. Elle s’installe à Milan à 17 ans et y présente sa première exposition personnelle en 1929, à la Galleria Barbaroux. Elle connaît alors Carlo Carrà et Giorgio de Chirico, dont la peinture métaphysique marque ses débuts.

    Elle se fixe à Paris en 1931 et expose dès 1932 à la galerie Jacques Bonjean. Elle fréquente Paul Éluard, Max Ernst, Georges Bataille, Henri Cartier-Bresson, André Pieyre de Mandiargues et Salvador Dalí. Sans jamais adhérer officiellement au groupe surréaliste, elle expose aux côtés de ses membres. À New York, la Julien Levy Gallery lui consacre deux expositions, en 1936 et en 1939, et Peggy Guggenheim la retient en 1943 pour Exhibition by 31 Women à la galerie Art of This Century.

    Elle partage sa vie avec le comte italien Stanislao Lepri, qui abandonne la diplomatie pour la suivre, puis avec l’écrivain polonais Konstanty Jeleński, rencontré à Rome en janvier 1952 et installé dans son appartement parisien en octobre de la même année. Tous trois restent inséparables jusqu’à leur mort.

    L’œuvre

    Au-delà de la peinture, l’essentiel de son activité entre 1944 et 1972 est consacré aux costumes, pour le théâtre, le ballet, l’opéra et le cinéma : Les Demoiselles de la nuit (1948), premier ballet du Ballet de Paris de Roland Petit, Le Rêve de Leonor (1949), chorégraphié par Frederick Ashton sur une musique de Benjamin Britten, avec des costumes hybrides mi-humains mi-animaux, ou encore les films Roméo et Juliette de Renato Castellani (1954) et A Walk with Love and Death de John Huston (1968). À la fin des années 1930, elle travaille pour Elsa Schiaparelli, dont elle dessine le flacon du parfum Shocking.

    Elle illustre une cinquantaine de livres, parmi lesquels Juliette de Sade (édition de 1944), le Satyricon, des textes de Jean Genet, Charles Baudelaire, Edgar Allan Poe et Shakespeare, ainsi que Le Poids d’un oiseau (1955) de Lise Deharme. Elle écrit aussi, notamment le roman Rogomelec (Stock, 1979). Elle vit entourée de chats persans, jusqu’à vingt-trois à la fois.

    Expositions et collections

    • 1929 : première exposition personnelle, Galleria Barbaroux, Milan
    • 1936 et 1939 : Julien Levy Gallery, New York
    • 1986 : rétrospective au musée du Luxembourg, Paris, avec plus de 260 œuvres
    • Collections publiques : Centre Pompidou et musée d’Art moderne de Paris, musée de Grenoble, Museo Revoltella (Trieste), Peggy Guggenheim Collection (Venise), Tate (Londres), Metropolitan Museum of Art (New York), Art Institute of Chicago

    À la galerie

  • Yolande Fièvre

    Yolande Fièvre

    Peintre et sculptrice française, née le 25 janvier 1907 à Paris, morte en 1983 à Paris.

    Parcours

    Jeune, Yolande Fièvre voyage en Amérique et vit quelques années en Égypte. Elle se forme à l’École des beaux-arts et à l’académie de la Grande Chaumière, à Paris, puis enseigne à l’école des beaux-arts d’Orléans.

    Dans les années 1930, elle découvre le surréalisme et rencontre André Breton, qui l’amène à abandonner le paysage pour l’automatisme. Elle compte parmi ses amis Jean Paulhan, Jean Dubuffet, Raymond Queneau et Bernard Réquichot, dont le suicide, en 1961, la bouleverse. Son mari meurt en 1968.

    L’œuvre

    Elle pratique d’abord la peinture et le dessin automatiques. Dans les années 1950, elle se tourne vers l’objet et mène des recherches sur des matières souvent organiques : bois flottés et « pierres naufragées » (1957-1961), puis « boîtes-reliefs », où fragments de bois, d’argile et galets, parfois habités de petites figures, évoquent des villes mystérieuses. Les Oniroscopes comptent parmi ses séries.

    En 1961, elle rend hommage à Réquichot avec Rêve pour un jeune mort, assemblage de bois flotté, galets, os, métaux, coquillages et tessons (93 x 167 x 15,7 cm), entré au Musée national d’art moderne avec la donation Daniel Cordier en 1989.

    Expositions et collections

    • Expositions personnelles à partir de 1957, chez Simone Collinet et Daniel Cordier à Paris, au Svensk-Franska Konstgalleriet de Stockholm et à la galerie Bonnier de Genève, notamment
    • Halle Saint-Pierre, Paris, 2007-2008
    • Collections : Musée national d’art moderne, Centre Pompidou (Hommage à Bernard Réquichot, 1961, en dépôt aux Abattoirs, Toulouse)
    • Galerie Les Yeux Fertiles : « Peintures automatiques, Oniroscopes », avec Ursula, 14 mars au 12 avril 2025 ; œuvre présentée : Sans titre, vers 1950, peinture automatique, 23 x 16 cm

    À la galerie

  • Joaquín Ferrer

    Joaquín Ferrer

    Peintre, dessinateur et graveur cubain, naturalisé français, né en 1928 à Manzanillo (Cuba), mort en 2022 à Paris.

    Parcours

    Joaquín Ferrer étudie à l’École des beaux-arts de La Havane et expose chaque année, de 1954 à 1958, au Salon de peinture du Musée d’art moderne de la ville. Dans La Havane de la seconde moitié des années 1950, il se lie avec Jorge Camacho, amitié partagée avec Agustín Cárdenas et Wifredo Lam.

    Boursier du ministère cubain de l’Éducation, il retrouve Camacho à Paris en 1960, à la Maison de Cuba de la Cité universitaire : cette année décisive les conduit tous deux à s’installer définitivement en France. Ferrer travaille alors dans un atelier à Pigalle. En 1962, il participe à la grande exposition « Art latino-américain » organisée par Jean-Clarence Lambert au Musée d’art moderne de la Ville de Paris.

    Sa rencontre avec Max Ernst est décisive : en 1968, sa première exposition parisienne, préfacée par Ernst, a lieu à la galerie Le Point Cardinal de Jean Hugues, qui présente désormais régulièrement son travail, aux côtés de celui d’Ernst, Sima, Michaux, Cárdenas ou Sánchez. Il fréquente des poètes comme Alain Bosquet, Lionel Ray, Henri Michaux et Claude Esteban. Il est naturalisé français en 1979.

    « […] Quant aux jeunes, je les plains. Comment n’ont-ils pas l’impression que tout a été fait avant eux ? On a tort d’en faire des dieux avant même qu’ils aient eu le temps de s’exprimer. L’un d’eux, Ferrer, est un peu ma découverte. Loin du Pop Art, du Mec’Art et de leurs succédanés, il me paraît profondément authentique […] » (Max Ernst, 1967)

    L’œuvre

    Peintre, Ferrer pratique aussi la gravure, comme en témoigne dès 1971 le catalogue « Peintures et gravures 1970-1971 » du Point Cardinal. L’exil et la nostalgie de Cuba traversent une partie de sa production. Parmi les œuvres présentées par la galerie : Sans titre (vers 1965, huile sur papier, 76 x 56 cm), L’arbre S (1979, huile sur toile, 128 x 128 cm) et L’homme obscur (1993, acrylique sur panneau, 62 x 50 cm). Certains de ses tableaux ont appartenu à Alain Bosquet.

    Expositions et collections

    • « Art latino-américain », Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 1962
    • Galerie Le Point Cardinal, Paris, à partir de 1968 (catalogues en 1971, 1972 et 1977)
    • Rétrospective, Maison de l’Amérique latine, Paris, 30 mai au 9 septembre 2017 (catalogue aux éditions Hermann)
    • Monographie aux éditions Palantines
    • « Joaquín Ferrer : transculturations artistiques », journée d’étude, Maison de l’Amérique latine, Paris, 12 octobre 2026
    • Galerie Les Yeux Fertiles : « Aux sources de la Beauté convulsive », 25 octobre au 30 novembre 2024 ; « Voyage en terre latino-américaine », 18 avril au 31 mai 2025 ; exposition des 25 ans de la galerie, 22 mai au 19 juin 2026
  • Anne Ethuin

    Collagiste, dessinatrice et poète, née Simone Jaguer en 1921, morte en 2009.

    Parcours

    Épouse du poète et critique d’art Édouard Jaguer (1924-2006), elle fonde avec lui et quelques amis, en 1952, la revue Phases, autour de laquelle se forme le mouvement du même nom.

    Elle adopte le nom d’Anne Éthuin après son exposition de 1973 à la galerie Les Mains libres, à Paris, en hommage à sa grand-mère maternelle.

    L’œuvre

    Anne Éthuin est l’auteure de « collages revêtus » et d’« objets habillés », qui donnent leur titre à plusieurs de ses expositions. Elle pratique aussi le dessin et la peinture.

    Expositions

    • Galerie Les Mains libres, Paris, 1973
    • Exposition de peintures, Galeria Valle Ortí, Valence (Espagne), 1976
    • « Collages revêtus », Paris, 1980
    • « Collages revêtus, objets habillés », Paris, 6 novembre au 12 décembre 1989
  • Erro

    Erro

    Peintre islandais, né Guðmundur Guðmundsson le 19 juillet 1932 à Ólafsvík (Islande), installé à Paris depuis 1958.

    Parcours

    Erró étudie à l’École de peinture et d’arts appliqués de Reykjavík de 1949 à 1951, puis à l’Académie des beaux-arts d’Oslo (1952-1954) et à l’Académie des beaux-arts de Florence (1955-1957). Il étudie aussi la mosaïque, à Ravenne et à Reykjavík. À Ravenne, il rencontre Jean-Jacques Lebel, qui l’introduit auprès des écrivains et des peintres parisiens. Après un séjour en Israël en 1957, il se fixe à Paris en 1958.

    Il signe d’abord Ferró, puis Erró. Il raconte lui-même ce changement de nom :

    « Mon premier nom d’artiste était Ferro. Je l’avais trouvé à la suite d’un voyage en Espagne, en 1952. J’avais alors vécu une semaine dans un village, Castel del Ferro. J’avais trouvé ce nom très beau, d’autant plus qu’en islandais, « fer ro » signifie « la tranquillité qui part ». Je ne savais cependant pas qu’à Montmartre il y avait un artiste brésilien, Gabriel Ferraud. Or il y a une loi en France, de la période de Vichy, qui stipule que les étrangers ne peuvent pas prendre le nom d’un artiste déjà existant. J’ai donc eu un procès, que j’ai perdu deux fois. Avec Jean-Jacques Lebel, on a alors pensé écrire ce nom avec trois « r », mais cela n’a pas été accepté. Finalement, au tribunal, on a décidé d’enlever le « F ». Cela m’a plu. Et en islandais « er ro » veut dire « maintenant c’est calme » ».

    En 1962, il réalise avec Éric Duvivier le film Mécamorphoses, puis Grimaces en 1967. Il voyage beaucoup, entre Paris, les États-Unis, l’URSS et l’Asie. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 2010.

    L’œuvre

    À partir de 1958-1959, Erró compose des collages mécaniques qui lui servent de modèles pour ses tableaux. Il y puise dans toutes les images imprimées : planches anatomiques, publicité, bande dessinée, affiches de propagande. Ces collages s’inscrivent dans la lignée des photomontages dadaïstes de Raoul Hausmann et de John Heartfield.

    Ses collages précèdent de deux ou trois ans la naissance du pop art, et il est, avec Roy Lichtenstein, l’un des premiers à faire entrer les personnages de bande dessinée dans la peinture. Ses séries jalonnent son parcours : Carcasses (1955-1957), Mécamasks (1959), Les Galapagos (1959), les portraits de Maïakovski (1964-1966), Pope Art (1965), American Interiors (1968), puis les Chinese Paintings, à partir de 1972, qui lui valent une notoriété internationale.

    Expositions

    • Exposition « Figuration narrative », galerie Creuze, Paris, 1965
    • Galerie Les Yeux Fertiles : exposition des 25 ans de la galerie, 22 mai au 19 juin 2026