Peintre et graveur français d’origine américaine, né le 29 septembre 1909 à New York, mort le 12 août 1989 à Nice.
Parcours
Il étudie d’abord l’électrotechnique au MIT, puis l’histoire de l’art à Harvard, qu’il quitte pour suivre des cours de peinture à la Grand Central School of Art de New York. En juillet 1930, il part pour Paris et fréquente les académies de Montparnasse : Colarossi, Julian, la Grande Chaumière. C’est là qu’il rencontre en septembre 1935 la peintre néerlandaise Christine Boumeester, qu’il épouse la même année. Elle l’initie à la gravure et l’accompagne vers l’abstraction.
Dès janvier 1936, Goetz peint des tableaux non figuratifs, une « peinture non figurative de pure invention » pour exprimer son univers intérieur sans se servir des objets du monde réel. Il découvre le surréalisme grâce à son amitié avec le poète Juan Brea et sa femme Mary Low, membres du groupe d’André Breton ; le peintre allemand Richard Oelze lui parle pour la première fois de Dalí. Il fréquente alors Raoul Ubac, Benjamin Péret et Óscar Domínguez. Breton le rencontre en 1938, sans toutefois lui proposer de participer aux manifestations du mouvement. Sa première exposition personnelle à Paris a lieu en 1937 à la galerie Van Leer.
Pendant l’Occupation, le couple participe à la Résistance, notamment en fabriquant de faux papiers, avant de se réfugier sur la Côte d’Azur. De retour à Paris à la Libération, Goetz enseigne la peinture à partir de 1949 à l’Académie Ranson, puis à la Grande Chaumière, avant de fonder sa propre académie. Il est naturalisé français en 1949. Il fait don de ses œuvres et de celles de Christine Boumeester, morte en 1971, à la ville de Villefranche-sur-Mer, dont la citadelle abrite aujourd’hui un musée à leurs noms.
L’œuvre
L’esprit surréaliste qui imprègne sa peinture donne naissance aux Chefs-d’œuvre corrigés (1938-1939) : sur des reproductions d’œuvres célèbres, Goetz laisse libre cours aux images associatives qu’elles lui suggèrent. C’est en les découvrant en 1939 qu’André Breton leur trouve ce titre. Sur son choix de la non-figuration, Goetz écrit :
« Si je choisis le monde non figuratif, c’est que je crois qu’il est plus vaste que l’autre. Je crois qu’il y a plus à découvrir dans l’inconnu que dans le connu. » (Henri Goetz)
Graveur, il pratique la pointe sèche, le burin, l’eau-forte et l’aquatinte. Il invente dans les années 1960 la gravure au carborundum, procédé de planche en relief obtenue à partir de poudres, qu’il expose dans un traité publié par la galerie Maeght en 1968, préfacé par Joan Miró. En 1947, Alain Resnais lui consacre un court métrage, Portrait d’Henri Goetz.
Expositions et collections
- À la galerie : Sans titre, 1939, huile sur panneau, 22 x 32 cm, et L’homme aux feuilles, John Wells, 1939, technique mixte, 21 x 27 cm, présentés dans « Aux sources de la Beauté convulsive » (25 octobre-30 novembre 2024)
- À la galerie : Sans titre, 1942-1943, huile sur panneau, 61 x 47 cm (2023)










