Auteur/autrice : admin

  • Isabelle Jarousse

    Isabelle Jarousse

    Dessinatrice française, née en 1964.

    L’œuvre

    Isabelle Jarousse dessine à l’encre de Chine sur un papier qu’elle fabrique elle-même, à partir de pâte à papier pur chiffon. Le Centre Pompidou conserve plusieurs de ses œuvres, entrées en 2010 avec la donation de Daniel Cordier et déposées aux Abattoirs de Toulouse, dont un Sans titre daté du 31 mai 2005 (encre de Chine sur pâte à papier pur chiffon, 14 x 14 x 2 cm).

    Elle décrit ainsi son travail :

    « Mes dessins sont composés d’animaux, de plantes, d’être humains mais aussi de formes abstraites comme des traits, des points, des courbes, un alphabet graphique qui évolue au fil du temps. Je fabrique le papier sur lequel je dessine minutieusement, lentement avec un pinceau rempli d’encre noire. Sur cette matière blanche, matrice noueuse, creuse ou plate, j’inscris mon écriture, je structure mon langage, j’obéis à la création. Blanc immaculé, légèrement brillant, plis mouillés, matière voluptueuse. Exister un instant, dans le désir de renaître, de vivre malgré les “ratés”. De nouveaux dessins recouvrent les plus anciens ; plusieurs épaisseurs s’ajoutent ainsi au support initial, des palimpsestes d’une écriture réprimée, rejetée, corrigée, travaillée jusqu’à saturation. » (Isabelle Jarousse)

  • Vojislav Jakić

    Vojislav Jakić

    Dessinateur serbe de l’art brut, né en 1932 à Veliki Radobilj, près de Bitola (Macédoine), mort en 2003.

    Parcours

    Fils d’un prêtre orthodoxe originaire du Monténégro, il grandit dans un foyer très religieux et sévère. Vers 1935, la famille s’installe à Despotovac, petite ville du centre de la Serbie. Avant ses huit ans, il perd sa sœur aînée et son frère cadet, emportés par la diphtérie et la scarlatine ; à la mort de son père, il vit avec sa mère dans une grande pauvreté, de sa seule pension. Enfant, il voit son père célébrer les funérailles des morts portés à l’église. À huit ans, il dessine un Portrait de la mère ; adolescent, il gagne un peu d’argent en faisant le portrait des défunts pour leurs familles.

    Vers 20 ans, en 1952, il part pour Belgrade étudier le dessin et la sculpture, mais l’école lui sert surtout d’abri pour la nuit. Il fréquente les ateliers et cherche à exposer, sans succès : artiste provincial, sans formation et sans argent, il trouve les portes fermées. Au bout de cinq ans environ, il retourne vivre chez sa mère, puis se marie.

    L’œuvre

    Il dessine au stylo à bille, à la gouache, aux crayons ordinaires et aux crayons de cire. À partir de 1970, il réalise de grands formats, dont des rouleaux de plus de cinquante mètres. Ses compositions très denses se peuplent d’insectes, de figures embryonnaires et d’êtres humains.

    Expositions et collections

    • 1979 : exposition personnelle, Collection de l’Art Brut, Lausanne (13 juin-16 septembre)
    • Collection de l’Art Brut, Lausanne : notamment Les effrayants insectes cornus (1970) et Svetogrde II (Sacrilège II) (2002)
  • Édouard Jaguer

    Édouard Jaguer

    Poète, critique d’art et dessinateur français, né Édouard Petit le 8 août 1924 à Paris, mort le 9 mai 2006 à Paris. Fondateur de la revue et du mouvement Phases.

    Parcours

    Il découvre en 1937 le surréalisme et la peinture non figurative, et commence en 1939 à dessiner et à écrire. Ses premiers poèmes paraissent en 1943 dans la revue semi-clandestine La Main à plume. Après la guerre, il collabore avec Yves Bonnefoy à La Révolution la nuit et, à Bruxelles, aux Deux Sœurs de Christian Dotremont. De 1948 à 1951, il est le rédacteur français de la revue Cobra ; il cofonde en 1949 la revue Rixes avec Max Clarac-Sérou et Jaroslav Serpan.

    La disparition de Cobra et de Rixes, en 1951, le conduit à réunir leurs artistes autour d’un nouveau projet, conçu avec sa femme, Anne Éthuin. Le titre Phases est choisi en 1953 et le premier numéro paraît en 1954. Autour de la revue se forme un mouvement international qui associe la jeune peinture abstraite et le surréalisme d’après-guerre : Pierre Alechinsky, Camille Bryen, Corneille, Asger Jorn, Karl Otto Götz, Henri Goetz, Enrico Baj et beaucoup d’autres. Jaguer en coordonne les expositions et les publications dans de nombreux pays ; Jacques Lacomblez l’implante en Belgique en 1956, et des revues sœurs naissent à Malmö, Milan, Bruxelles ou Buenos Aires.

    À partir de 1959, il se rapproche d’André Breton et participe aux activités du mouvement surréaliste international ; il coorganise avec lui l’exposition « Le Domaine des enchanteurs » à New York (1960). Phases s’en éloigne en 1963. En 1960, Jaguer signe le Manifeste des 121 sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie. La revue cesse de paraître en 1975, mais le groupe poursuit ses expositions et ses publications jusqu’à la mort de son fondateur.

    L’œuvre

    Poète, il publie notamment La Poutre creuse (1950), La Nuit est faite pour ouvrir les portes (1955), Le Mur derrière le mur (1958) et L’Envers de la panoplie (2000). Critique, il signe Les Mystères de la chambre noire (Flammarion, 1983), consacré à la photographie surréaliste, Le Surréalisme face à la littérature (1989) et Cobra au cœur du XXe siècle (Galilée, 1997), ainsi que des monographies sur Alechinsky, Baj, Joseph Cornell, Lacomblez, Perahim, Oelze ou Remedios Varo.

    Expositions et collections

    • À la galerie, 2024 : ses œuvres figurent dans « Prélude surréaliste » (7 juin-6 juillet) ; une section « Édouard Jaguer et le mouvement international Phases » de l’exposition « Aux sources de la Beauté convulsive » (25 octobre-30 novembre) réunit des œuvres de Guido Biasi, Jacques Lacomblez, Jules Perahim, Philip West et Ludwig Zeller

    Retour sur ses expositions

  • Daisuke Ichiba

    Daisuke Ichiba

    Dessinateur et peintre japonais, né en 1963. Il vit et travaille à Tokyo.

    Parcours

    Daisuke Ichiba commence à peindre sérieusement dans les années 1980. En 1990, il autoédite son premier livre, 37 Year Old Bastard, et publie depuis environ un livre par an, en marge des circuits éditoriaux et institutionnels. Son travail est remarqué par le mangaka Takashi Nemoto et par Pakito Bolino, de l’atelier marseillais Le Dernier Cri. Il est exposé par plusieurs galeries en France et aux États-Unis.

    La galerie Arsenic lui consacre une première grande monographie, Daisuke Ichiba, l’art d’équilibrer les dissonances, préfacée par Philippe Dagen, avec une longue analyse de Xavier-Gilles Néret, qui situe son œuvre entre les scènes graphiques underground japonaise et française.

    L’œuvre

    Formé à la gravure, il dessine le plus souvent en noir et réserve la couleur à quelques détails. Ses images, à la fois violentes et délicates, puisent dans le folklore japonais (créatures surnaturelles, samouraïs), le cinéma d’horreur, les contre-cultures otaku, le manga, l’art brut et le collage. Écolières aux prises avec des monstres, corps en décomposition ou décapités, fantômes, êtres hybrides à trois yeux ou sans tête : la jeunesse et le sexe s’y mêlent à la corruption et à la mort. Lui-même dit y projeter « le chaos, l’anarchie, l’angoisse, le grotesque, l’absurde et l’irrationnel ».

  • Stanislav Holas

    Dessinateur médiumnique tchèque (1905-1989), issu du cercle spirite de Moravie du Sud.

    Parcours

    Tonnelier de métier, il est aussi policier. Il dessine presque toute sa vie, en alternant de longues pauses et des périodes très fécondes ; la plus prolifique suit la mort de sa femme, en 1969. Ses dessins sont montrés dans plusieurs expositions spirites, dont une à New York en 1937.

    L’œuvre

    Ses premiers dessins, vers 1920, sont encore figuratifs. Dans les années 1940, la figuration disparaît au profit d’objets vibrants aux couleurs chaudes délicatement dégradées, ou de formes rondes et ondulantes. Certaines feuilles portent des écrits spirites. Une série des années 1960 s’inspire des ornements des costumes populaires de Moravie du Sud. Il travaille notamment à la mine de plomb sur papier.

  • Josef Hofer

    Josef Hofer

    Dessinateur autrichien de l’art brut, né en 1945 à Wegscheid (Bavière), dans les dernières semaines de la Seconde Guerre mondiale. Il vit et travaille à Ried im Innkreis (Haute-Autriche).

    Parcours

    Atteint d’un handicap physique et mental et presque totalement sourd à la suite d’otites, Josef Hofer n’a jamais été scolarisé ni appris la langue des signes. Il grandit avec ses parents et son frère, lui aussi handicapé, dans une petite ferme du nord du Mühlviertel, en Haute-Autriche. En 1982, quelques années après la mort du père, la famille s’installe à Kirchschlag. À partir de 1985, il passe ses journées dans un centre de l’association Lebenshilfe à Linz, puis vit depuis 1992 dans un établissement de la même association à Ried im Innkreis.

    En 1997, il rencontre l’historienne de l’art Elisabeth Telsnig, qui anime un atelier de dessin à Ried et devient sa mentore. C’est par ses dons que la Collection de l’Art Brut de Lausanne réunit une centaine de ses œuvres. Il signe souvent du surnom « Pepi ».

    L’œuvre

    Il dessine à la mine de plomb, en traçant ses lignes le long d’une baguette de bois qui lui sert de règle, puis aux crayons de couleur. Il travaille très lentement. Son sujet central est la figure masculine, presque toujours nue, et la sexualité, représentée sans détour : des autoportraits, souvent fragmentés, privés de tête ou de membres inférieurs. Un miroir posé au sol face à son lit, dans lequel il s’observe des heures chaque jour, devient dans ses dessins un grand cadre rectangulaire autour des figures. Ces cadres apparaissent en 2002, deviennent systématiques en 2003 et occupent toute la feuille vers 2011 ; il les colore de teintes constantes, de préférence l’orange et le jaune. Il dessine aussi des chevaux, des objets de son environnement et, plus tard, des nus féminins.

    Expositions et collections

    • 2003 : première exposition personnelle, Collection de l’Art Brut, Lausanne
    • 2004 : prix euward
    • 2011-2012 : « alter ego », galerie christian berst, Paris ; galerie am Stein, Schärding
    • 2012 : « Josef Hofer et le miroir », Collection de l’Art Brut, Lausanne (une cinquantaine de dessins, commissaire Sarah Lombardi)
    • Collections : Collection de l’Art Brut, Lausanne ; Centre Pompidou (donation Bruno Decharme, 2021) ; The Museum of Everything ; collections Arnulf Rainer, Hannah Rieger et Treger-Saint Silvestre
  • Yoshiko Hirasawa

    Yoshiko Hirasawa

    Peintre japonaise installée à Paris, connue sous le nom de Yoshiko (Hirasawa Yoshiko, 平沢淑子).

    Parcours

    D’abord présentatrice à la télévision publique japonaise NHK, elle quitte ce métier et s’installe à Paris en 1974 pour se consacrer à la peinture. Elle y expose notamment en 1980 à la galerie Le Triskèle, puis aux États-Unis, en Russie, en Égypte et au Japon. En 1985, la photographe Michiko Matsumoto la photographie à Paris pour sa série de portraits de femmes artistes, aujourd’hui conservée au Tokyo Photographic Art Museum.

    Expositions et collections

    La galerie a présenté ses toiles dans les expositions du centenaire du surréalisme : « Prélude surréaliste » (7 juin-6 juillet 2024), puis « La subversion des images » (24 janvier-8 mars 2025), avec Pour Rodogune, 1986, huile sur toile, 110 x 100 cm.

  • Jacques Hérold

    Jacques Hérold

    Peintre, sculpteur et illustrateur français d’origine roumaine, né Herold Blumer le 10 octobre 1910 à Piatra Neamț (Moldavie roumaine), mort le 11 janvier 1987 à Paris.

    Parcours

    Issu d’une famille juive, il passe l’essentiel de son enfance à Galați, port du Danube. De 1925 à 1927, il suit les cours de l’École des beaux-arts de Bucarest, contre l’avis de son père. En 1928, il découvre le surréalisme par les jeunes poètes de la revue Unu, qui publient ses premiers dessins aux côtés de ceux de Victor Brauner.

    Il gagne Paris en remontant le Danube à bord d’un bateau, en 1929 selon Alain Jouffroy, en 1930 selon d’autres sources, et y prend le nom de Jacques Hérold. Il travaille pour Constantin Brâncuși, dont il tient la cuisine, et rencontre dans son atelier Marcel Duchamp, Man Ray et James Joyce. Présenté à Yves Tanguy, dont il devient l’ami, il entre par lui dans le groupe d’André Breton, participe à ses jeux et fréquente Brauner et Giacometti.

    Sa première exposition personnelle a lieu en 1947, l’année de l’Exposition internationale du surréalisme. Il quitte le groupe de Breton en 1951. Il publie en 1958 Maltraité de peinture et reçoit la même année le prix de la Copley Foundation. La Tate Gallery l’expose en 1959, l’abbaye de Royaumont lui consacre une exposition monographique en 1972, et il participe à la Biennale de Venise en 1986.

    L’œuvre

    Pendant sa période surréaliste, Hérold cherche à relier la représentation plastique au monde du cristal. Sa sculpture Le Grand Transparent (1946-1947) associe le bronze, le miroir et les cristaux de quartz. Après 1951, sa peinture évolue vers une abstraction rattachée à l’abstraction lyrique et au tachisme. Il illustre ou signe la couverture de plus de quatre-vingts livres, de Gherasim Luca, Tristan Tzara ou Sade. Il disait :

    « La peinture est comme l’amour, on ne peut la faire que dans l’intimité. » (Jacques Hérold)

    Expositions et collections

    • Prêts de la galerie : Le Grand Transparent, 1946-1947, bronze, miroir et cristaux de quartz, 183 x 92 x 53 cm, n° 1/6, fonte Susse 1971, signé sur le socle, présenté dans « À flanc d’abîme : surréalisme et alchimie » (Maison André Breton et espace Rignault, Saint-Cirq-Lapopie, 2023), puis dans « Dreamworld: Surrealism at 100 » (Philadelphia Museum of Art, novembre 2025-février 2026)
    • Collections publiques : Centre Pompidou, Paris (Le rouge en flamme, le noir en voûte, 1947) ; musée d’Art moderne de Paris ; musée Cantini, Marseille ; musée d’Art moderne de Céret ; Museum of Modern Art, New York ; Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles ; Israel Museum, Jérusalem
  • Karel Havlíček

    Karel Havlíček

    Dessinateur tchèque, né en 1907 à Berlin, mort en 1988 à Kadaň (Bohême).

    Parcours

    Il grandit dans une famille d’artistes : son père, Karel Havlíček, est peintre et décorateur de théâtre, et son cousin, l’architecte Josef Havlíček, est lié aux surréalistes pragois. Après l’école à Berlin, il suit ses parents à Prague en 1923, achève le lycée puis la faculté de droit de l’université allemande de Prague, où il obtient son doctorat en 1934.

    De 1936 à 1949, il est juriste et fonctionnaire de police dans plusieurs villes de Bohême, et dirige la police régionale de Kadaň. Écarté après le coup de Prague de 1948, il est arrêté deux fois par la police secrète entre 1949 et 1955. Il travaille ensuite comme dessinateur et peintre dans une fabrique de porcelaine de Klášterec nad Ohří (1949-1955), puis comme ouvrier dans la céramique, une carrière et le bâtiment jusqu’en 1970.

    En 1945, il décide de consacrer sa vie au dessin et s’impose à partir de novembre une pratique quotidienne, le soir, qu’il tiendra des décennies. Le théoricien Karel Teige lui consacre une longue analyse ; l’exposition qu’il prépare pour lui en 1948 est interdite. Sous le régime communiste, son œuvre n’est presque pas montrée, défendue par quelques proches comme Teige, Vratislav Effenberger et Ivo Pondělíček. Sa première exposition personnelle a lieu en 1963, à la salle Mánes de Prague. La galerie municipale de Kadaň porte aujourd’hui son nom.

    L’œuvre

    Il dessine surtout en noir et blanc, au crayon et à la mine de plomb, parfois aux crayons de couleur : un motif dominant par feuille, des titres qui orientent le sens de l’image. Il y déploie une mythologie personnelle de créatures oniriques, de plantes et de monstres, du côté du monstrueux et du grotesque. Teige rapprochait en partie son travail de l’art brut. Une exposition du Wilhelm Lehmbruck Museum, en 1998, présente ses dessins sous le titre Imaginäre Skulpturen (sculptures imaginaires).

    Expositions et collections

    • 1963 : première exposition personnelle, salle Mánes, Prague
    • 1980 : Museum moderner Kunst, Vienne ; 1983 et 1985 : Museum Ludwig, Cologne ; 1991 et 1998 : Wilhelm Lehmbruck Museum, Duisbourg
    • 2002 : « L’art brut tchèque », Halle Saint-Pierre, Paris ; 2004 : « abcd, une collection d’art brut », Pavillon des arts, Paris
    • Collections : Muzeum umění Olomouc ; Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (donation Bruno Decharme, 2021)
  • Guy Harloff

    Guy Harloff

    Peintre, dessinateur et collagiste, né le 4 juin 1933 à Paris, mort en 1991 à Galliate (province de Novare, Italie).

    Parcours

    Enfant, il parcourt l’Europe avec ses parents, puis grandit à Paris, qu’il quitte adolescent en abandonnant famille et études. En 1950, il s’installe à Rome et travaille au Centro Sperimentale di Cinematografia ; passionné de cinéma, il collabore avec Vittorio De Sica et réalise deux courts métrages restés inédits jusqu’en 2019. Au début des années 1950, il commence à dessiner, proche du surréalisme, et compose des collages à partir de matériaux de récupération.

    À Rome, il rencontre les écrivains de la Beat Generation (Allen Ginsberg, Peter Orlovsky, Gregory Corso, William Burroughs) et se passionne pour le jazz ; il fréquentera Ornette Coleman et Charles Mingus. En 1959-1960, il est soutenu en Italie par Carlo Cardazzo et Arturo Schwarz. Il voyage dans le golfe Persique, s’installe un temps au Maroc, parcourt l’Afrique jusqu’au Soudan. Au début des années 1960, à Milan, il côtoie Roberto Crippa et Lucio Fontana et travaille avec le galeriste Renzo Cortina.

    Partagé entre Milan, Paris et Londres à la fin des années 1960, il vit à New York à partir de 1970. Harald Szeemann l’invite en 1972 à la Documenta 5 de Kassel. Revenu en Italie, il vit à Galliate, où il meurt subitement d’une crise cardiaque en 1991.

    L’œuvre

    Il travaille le collage, l’encre de couleur et le crayon sur papier, en miniaturiste, par accumulation de signes. Nourrie d’alchimie, de tantrisme, de soufisme et de kabbale, son œuvre croise références surréalistes, symbolistes et néo-dada et allégories juives, orientales et arabes. Reviennent les mandalas, les lettres de l’alphabet, les vaisseaux du « grand voyage », les livres de la connaissance, les tapis persans, le cœur, l’arbre de vie, la « Voie royale » des alchimistes, avec des inscriptions et des dates qui accompagnent l’image. Dino Buzzati voyait en lui un « doux géant, peintre et alchimiste ».

    « Le concept est celui de la Voie Royale, des Alchimistes. Faire un parcours spirituel. Chaque travail est thérapie. Répétition. Rite. Découverte et possession. » (Guy Harloff, 1974)

    Expositions et collections

    • 1972 : Documenta 5, Kassel
    • 1974 : exposition anthologique à la Permanente, Milan, avec un concert d’Ornette Coleman
    • 1977 : Xe Quadriennale de Rome
    • 2019 : « Guy Harloff (1933/1991). Alchimie e sinestesie », Centro Culturale di Milano
    • À la galerie : Painting=Alchemy Painting=Terapia, 1963, encre et gouache sur papier, diamètre 40 cm, présenté dans l’exposition d’été de la galerie (10-26 juillet 2025)