Dessinateur polonais d’art brut, né le 12 novembre 1897 à Wożuczyn, mort le 8 avril 1962 à Tomaszów Lubelski.
Parcours
Sixième enfant d’un charpentier, Edmund Monsiel est élevé par un oncle organiste. Il entre au séminaire de Chełm, qu’il quitte sans diplôme, puis aide sa mère à tenir une boutique avant d’ouvrir la sienne, à Łaszczów. Les Allemands la ferment en 1942.
Le 25 décembre 1942, il échappe de peu à une exécution de représailles au cours de laquelle son beau-frère et des dizaines d’habitants sont tués sous ses yeux. Au printemps 1943, il se réfugie dans le grenier de la maison de son frère, à Wożuczyn, et se coupe peu à peu du monde. Dans les années 1950, il vit dans une maison abandonnée, puis loue des chambres jusqu’à sa mort. Ses voisins se souvenaient d’un homme pieux, cultivé et élégant, l’un des premiers photographes amateurs de la région.
L’œuvre
Ses premiers dessins datés remontent à la Semaine sainte de 1943. Après sa mort, sa famille découvre plus de cinq cents dessins, dont certains enfermés dans un coffre fermé de trois cadenas. Monsiel travaille surtout à la mine de plomb dure, parfois avec du collage, sur des feuilles de récupération, des couvertures de livres, des formulaires ou des enveloppes.
Ses compositions mêlent iconographie populaire et religieuse. Elles répètent de façon obsessionnelle des visages, notamment celui d’un homme moustachu couvert d’yeux, parfois par milliers sur une même feuille. Chaque dessin est signé « EM » et porte une maxime morale.
La galerie a présenté un Sans titre de 1947 (technique mixte, 15 x 10 cm) dans l’exposition « Coups de cœur : art brut, art naïf, art singulier » (15 mars – 18 avril 2024) ; Monsiel figurait déjà dans son exposition « Art brut » de 2022.
Expositions et collections
- « Inner Worlds Outside », Whitechapel Gallery, Londres, et Irish Museum of Modern Art, Dublin, 2006
- Galeria Gardzienice, Lublin, 15 octobre – 15 novembre 2010
- « Art brut. Dans l’intimité d’une collection », Grand Palais, Paris, 2025
- Musée national d’art moderne, Centre Pompidou (donation Bruno Decharme, 2021) ; Collection de l’Art Brut, Lausanne


