Catégorie : Art Fantastique

  • Claude Verlinde

    Claude Verlinde

    Peintre, graveur et illustrateur français, né en 1927 à Paris, mort en 2020 dans la même ville. Figure du réalisme fantastique.

    Parcours

    Flamand par son père, Claude Verlinde dessine dès l’enfance. Un professeur le pousse à présenter l’École des arts appliqués à l’industrie ; il réussit le concours, mais la guerre emporte ce projet et la famille se replie à Saint-André-sur-Orne, en Normandie. Apprenti dans un atelier de sculpture religieuse, il seconde ensuite Drouin, directeur de l’école des beaux-arts de Caen, dans la restauration de l’église Saint-Pierre. Drouin, qui faisait parvenir à Londres des relevés du mur de l’Atlantique, est fusillé le jour du Débarquement. Pendant les combats, Verlinde s’abrite dans les mines de fer, où il dessine la vie souterraine et les réfugiés ; la maison familiale est détruite.

    La famille est relogée à Montigny-lès-Cormeilles, dans une maison sans eau ni électricité ; Verlinde y rencontre le docteur Guy Dulon, collectionneur d’art africain et précolombien, qui soutiendra le peintre toute sa vie et achète sa première sculpture, Le Joueur de luth. À dix-sept ans, chez sa famille paternelle en Belgique, Verlinde découvre Bosch et Bruegel l’Ancien : la rencontre est décisive.

    Après son service militaire à la base aérienne de Dijon, où il peint une fresque au mess des officiers, il fréquente la galerie des Antiques et l’atelier de Souverbie à l’École des beaux-arts de Paris, ainsi que les séances de dessin anatomique de la Grande Chaumière. En 1955, il s’installe à Vallauris : décorateur chez des potiers le matin, peintre l’après-midi. Il y rencontre Robert Tatin, sous l’influence duquel il s’essaie un temps à l’art brut avant de suivre sa propre voie. Il revient à Paris en 1960.

    L’œuvre

    Peintre humaniste selon ses propres mots, Verlinde s’inscrit dans une lignée qui va de Bosch, Bruegel et Cranach à Ensor. Outre la peinture et le dessin, il pratique la gravure, la lithographie (tirages chez Mourlot) et la sculpture (résine, bronze, terre cuite, plâtre). Illustrateur, il signe des couvertures de livres, l’affiche du festival d’Avoriaz (1983), des décors et costumes de théâtre, notamment pour Marivaux à la Comédie-Française, et des éditions bibliophiliques de Pantagruel (2001) et des Fables de La Fontaine.

    Expositions et collections

    • Galerie Duncan, Paris, 1948 ; rétrospectives à la galerie de la place Beauvau, Paris (1980), et dans six villes du Japon (1985) ; Palais Coburg, Vienne (2005) ; invité d’honneur d’Art Capital, Grand Palais, Paris (2019).
    • Collections : musée départemental de l’Oise, Beauvais ; musée Daubigny, Auvers-sur-Oise ; musée consacré à l’artiste à Vitznau (Suisse), au bord du lac des Quatre-Cantons.
    • « Aux sources de la Beauté convulsive », Galerie Les Yeux Fertiles, du 25 octobre au 30 novembre 2024 : L’Ibis sacré, 1971, huile sur toile, 54 x 73 cm.
    • « La subversion des images », Galerie Les Yeux Fertiles, du 24 janvier au 8 mars 2025 : Dans le fauteuil, 1996, huile sur panneau, 80 x 55 cm.
    • « Le réalisme fantastique de Claude Verlinde », exposition d’été, Galerie Les Yeux Fertiles, du 10 au 26 juillet 2025.
    • « 25 ans de la galerie », Galerie Les Yeux Fertiles, du 22 mai au 19 juin 2026 : Jeu d’échecs, 1970, huile sur toile, 38 x 55 cm.
  • Christine Sefolosha

    Christine Sefolosha

    Peintre et graveuse suisse, née en 1955 dans la région de Montreux (Vaud).

    Parcours

    Issue d’une famille suisse alémanique établie près de Montreux, Christine Sefolosha dessine dès l’enfance, souvent la nuit, lors d’insomnies chroniques. Cavalière, elle participe à des concours et noue une affinité profonde avec les animaux ; c’est par les chevaux qu’elle rencontre un vétérinaire spécialiste de médecine équine.

    En 1976, à 21 ans, elle le suit en Afrique du Sud, son pays natal, et s’installe à Johannesburg. Elle y reprend le dessin et la peinture, et apprend en secondant son mari l’anatomie des animaux qu’il soigne. En 1982, elle divorce et épouse le musicien sud-africain Patrick Sefolosha ; confronté aux lois de l’apartheid qui interdisent les relations entre Noirs et Blancs, le couple quitte le pays pour la Suisse, où naissent deux fils, dont le basketteur Thabo Sefolosha. Après la mort de ses parents, installée dans la maison de son enfance, elle se remet à peindre à partir de ses souvenirs d’Afrique. En 2000, elle fonde Quai 1-L’Atelier dans l’ancienne salle d’attente de la gare de Montreux.

    L’œuvre

    Graveuse autant que peintre, Christine Sefolosha travaille souvent au sol, étalant à la main sur de grandes toiles ou des papiers épais des pigments sombres qu’elle mêle de terre et de goudron. Elle pratique aussi le monotype, notamment dans l’atelier de l’imprimeur Raymond Meyer, à Lutry. L’animal totémique domine son œuvre.

    « S’en dégage une ambiance qui flotte entre douceur et terreur, une ambiance provenant des couches profondes d’une sensibilité qui met en scène des visions de deux continents opposés. » (Roger Cardinal)

    Parmi les œuvres présentées à la galerie : Cadet Rousselle (2013-2014, encres et pigments), Totémique (2024, technique mixte poudrée rehaussée, 50 x 35 cm), Paname (2024, monotype rehaussé à l’huile et aux pigments sur papier, 56 x 41 cm).

    Expositions et collections

    • Les Yeux ouverts, Halle Saint-Pierre, Paris, 2007 ; Vaisseaux fantômes (2010-2011) et Waldszenen (2014), galerie Polad-Hardouin, Paris.
    • Larguer les amarres, château de Chillon, 29 août au 24 novembre 2019.
    • L’Étoffe des rêves, Halle Saint-Pierre, Paris, jusqu’en août 2026.
    • Musée Jenisch et Collection Nestlé, Vevey ; American Folk Art Museum, New York (collection Audrey B. Heckler).
    • Publications : Timeless Wanderer (2015, préface de Roger Cardinal) ; The Hidden Art (SkiraRizzoli, textes de Colin Rhodes, Valérie Rousseau et Jane Kallir).
  • Bolesław Biegas

    Bolesław Biegas

    Sculpteur et peintre polonais, né en 1877 à Koziczyn, près de Ciechanów, mort en 1954 à Paris.

    Parcours

    Bolesław Biegas, dit aussi Boleslas Biegas en France, étudie à l’Académie des beaux-arts de Cracovie. Soutenu par le baron Henryk et la baronne Jadwiga Trutschel, qui financent son séjour, entretiennent son atelier et paient la fonte de ses bronzes, il s’établit à Paris au début du XXe siècle.

    Il expose au Salon des indépendants à partir de 1902 ; en 1906, Guillaume Apollinaire y remarque ses peintures. Il trouve des appuis dans les milieux symbolistes réunis autour de la revue La Plume, où Marcel Réja commente dès 1902 sa sculpture La Terre. En 1908, la galerie des Artistes modernes lui consacre sa seule exposition personnelle dans une galerie parisienne avant la Première Guerre mondiale. Peu connu de son vivant, il sera redécouvert par les surréalistes.

    L’œuvre

    Sa sculpture symboliste, aux courbes sinueuses proches de l’Art nouveau, met en scène visions et allégories : dans Le Rêve de Dieu (1905), un visage grave et une main crispée émergent de la base, tandis qu’une nuée laisse apparaître trois figures. En peinture, il développe des cycles, comme La Mystique de l’infini, peint vers 1923-1929 et exposé chez Seligmann (1925) et chez Bernheim-Jeune (1929).

    Il a légué son fonds d’atelier à la Société historique et littéraire polonaise de Paris, qui l’a confié au musée Bolesław Biegas, à la Bibliothèque polonaise. Un catalogue raisonné est en préparation par Xavier Deryng.

    Expositions et collections

    • Salon des indépendants, Paris, à partir de 1902
    • Galerie des Artistes modernes, Paris, 1908
    • Musée des Beaux-Arts de Lyon : Le Rêve de Dieu, 1905, bronze, h. 107 cm (acquis en 1991) ; dépôts de plâtres de la Société historique et littéraire polonaise
    • Musée Bolesław Biegas, Bibliothèque polonaise, Paris
    • La Subversion des images, Galerie Les Yeux Fertiles, Paris, 24 janvier – 8 mars 2025

    À la galerie