Mr. Djub

Mr. Djub

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Collagiste français, vit et travaille à Paris.

Parcours

Mr Djub vit et travaille à Paris (France). Il réalise ses premiers collages en 1983. Claude Roffat, reconnu et respecté pour son travail auprès des singuliers français, créateur de la référentielle revue d’art singulier et brut L’Œuf sauvage, expose l’artiste dans sa galerie de Paris au crépuscule des années 1980. À partir de 2010, Mr Djub complexifie sa technique de collage, décidant de créer uniquement à l’aide de « papiers anciens » – des gravures imprimées entre 1840 et 1890 éditées dans le cadre de publications populaires d’actualités art, culture, politique et faits divers. Recherchant la vérité d’un papier fragilisé et généralement difficilement conservé, ses créations rejettent les gestes – tels que reprographie, réequilibre des couleurs, surlignage à l’encre – autres que ceux imposés par une paire de ciseaux et un scalpel. Mr Djub est également Djubaka (programmateur musical pour la radio nationale France Inter) et la moitié du duo d’activistes Anne & Julien, fondateurs du projet artistique HEY! modern art & pop culture en 2010.

Texte : Anne Richard

L’œuvre

« J’ai réalisé mon premier collage en 1983. J’avais 14 ans, j’étais punk, je faisais des fanzines. Une époque où l’on fabriquait toutes les maquettes de manière traditionnelle… En France, l’héritage punk et situationniste était déjà bien ancré. Le collage était donc une pratique naturelle, mais dans une application surtout politique, dans l’idée du slogan. Le collage a une histoire fascinante. Certains remontent à Charles Dufresny au XVIIIe siècle. Pour ma part, je suis émotionnellement relié aux dadaïstes Raoul Hausmann, Hannah Höch ou John Heartfield ainsi qu’aux surréalistes bien sûr et particulièrement avec Max Ernst – c’est à cette période précise que je suis le plus attaché. Ensuite, j’aime la façon dont les gens d’art brut ont fait évoluer les choses en combinant les techniques, passant du papier aux objets pour se raconter. Le collage est plus une pratique commune qu’un mouvement à proprement parler, c’est une réalité. Par contre, un état d’esprit soude les collagistes : le stakhanovisme de l’affaire. Ce sont tous des furieux du scalpel qui veulent faire surgir d’un matériel étranger un sens nouveau, une malice de détournement. Et le vrai truc là-dedans reste jusqu’où tu es capable de pousser l’exercice. Je crois aussi qu’il faut savoir distinguer les collagistes des addicts de l’ordinateur et de l’assemblage digital. Je ne travaille que sur des journaux parus entre 1840 et 1880 pour des raisons de cohérence. Un des avantages du collage, c’est justement son manque de repère. En ce sens, aucun dogme n’enferme sa pratique, il n’a donc pas d’école définie, et j’adore cela, moi qui revendique mon état d’autodidacte ayant été éjecté de l’Éducation nationale à 16 ans. Ernst disait : « Si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n’est pas la colle qui fait le collage.» En art, rien ne peut se résumer à une technique. » (Mr. Djub)

À lire : Les Mondes Promis, illustrations Mr Djub, textes Rosita Warlock (éditions Rackham).

Expositions

  • Galerie Les Yeux Fertiles : « Aux sources de la Beauté convulsive », section « La permanence du regard surréaliste contemporain », avec Lou Dubois et Yoan A. Gil, 25 octobre au 30 novembre 2024 (finissage avec « Le Mage Mr. Djub »)
  • Galerie Les Yeux Fertiles : « Charivari », petit cabinet présenté avec « Didier Mazuru, Fragmentations surréalistes », 5 juin au 4 juillet 2025, en parallèle de l’exposition « Paname » avec l’artiste 13bis à la galerie Roger-Viollet, 6 rue de Seine
  • Galerie Les Yeux Fertiles : exposition des 25 ans de la galerie, 22 mai au 19 juin 2026

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