Écrivain, imprimeur et artiste français, né le 28 juillet 1917 à Saint-Maurice-d’Ételan, mort le 13 avril 2006 à Stigny (Yonne).
Parcours
Après des études secondaires au Havre et en Savoie, Pierre Bettencourt suit de 1936 à 1938 le cours de poétique de Paul Valéry au Collège de France. En 1941, il acquiert une presse à bras et imprime, dans la maison familiale alors occupée par les Allemands, ses propres textes et des inédits d’Henri Michaux (Tu vas être père), d’Antonin Artaud (Le Théâtre de Séraphin), de Francis Ponge (Le Galet) et de Jean Dubuffet (Plukifekler). Il signe ses écrits érotiques du pseudonyme de Jean Sadinet.
Grand voyageur, il parcourt l’Afrique en 1946 et 1947, l’Océanie et l’Inde en 1951 et 1952, puis les Amériques, l’Égypte et l’Asie. Il rencontre Jean Dubuffet en 1947. En juin 1962, il épouse l’écrivain et artiste Monique Apple ; ils s’installent l’année suivante à Stigny, où il travaille jusqu’à sa mort.
L’œuvre
En août 1953, invité par Dubuffet dans le Midi à chasser le papillon, il compose de petits portraits avec des ailes de papillons. À ce moment-là, dit-il, sa vie va se précipiter dans une direction toute nouvelle. À l’automne, faute de papillons, il ramasse dans les bois silex et écorces et les colle sur contreplaqué pour former visages et scènes. Commence alors la série des 388 hauts-reliefs, close en 1991 : sur des fonds peints, ardoise, grains de café, coquilles d’œuf, pierres ou pommes de pin dessinent des figures où Éros et Thanatos se côtoient. Le Divin Marquis (1954), numéro 6 de cette série, fait de matériaux particulièrement bruts, en est une œuvre historique.
Daniel Cordier l’expose et le collectionne dans les années 1950 et 1960. Longtemps tenue à l’écart du marché, son œuvre plastique se double d’une importante production littéraire.
Expositions et collections
- Galerie Daniel Cordier, Paris
- L’Emprise des sens, Galerie Les Yeux Fertiles, Paris, 2022 (avec Le Divin Marquis, 1954, et Le Mystère du temps, 1970, haut-relief, 124 x 175 cm)
- Coups de cœur : art brut, art naïf, art singulier, Galerie Les Yeux Fertiles, 2024
- Musée national d’art moderne, Centre Pompidou : La Voie lactée, 1964, assemblage de matériaux divers et peinture sur contreplaqué, 275 x 154 x 15 cm (donation Daniel Cordier, 1989)
- Autres collections publiques : Centre national des arts plastiques ; musée des Abattoirs, Toulouse ; musée de Grenoble ; musée des Beaux-Arts de Rennes ; MAMC+ Saint-Étienne ; MAMCS Strasbourg ; abbaye d’Auberive ; collection Cérès Franco, Montolieu ; MAC’s Grand-Hornu (Belgique)


