Les artistes
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Trier par : Nom
PaysCourant
Jacques Le Maréchal107
Stanislao Lepri15
Ljuba48
Waldemar Lorentzon17
Gherasim Luca87
Georges Malkine49
André Masson18
Georges Mathieu51
Didier Mazuru30
James Metcalf94
Pierre Molinier53
Edmund Monsiel111
MR. DJUB93
Michel Nedjar63
Wolfgang Paalen47
Georges Papazoff52
Mimi Parent91
Marinela Pelosi73
Jules Perahim34
Edgard Pillet19
Lubos Plny72
Louis Pons69
Alejandro Ramon105
Josette Rispal31
Endre Rozsda78
Ody Saban64
Bernard Saby20
Fabian Sanchez21
Frederich Schroeder-Sonnenstern99
Bernard Schultze26
Jacques Le Maréchal
France
1928-2016
Jacques Le Maréchal est né en 1928 à Paris.

Après avoir écrit des poèmes, Jacques Le Maréchal réalise, à partir de 1952, des dessins « inextricables », puis des peintures à la fois transparentes et touffues qu'André Breton remarque. Cependant, il reste indépendant du groupe surréaliste.

Lors d'un séjour à Londres en 1955-1956, il découvre la gravure et ses techniques grâce à Robert Erskine3.

Sa première exposition est organisée à Londres en 1955.

Il a été considéré par certains comme le « chef de file » du mouvement informel appelé « visionnaire » dont font partie, entre autres, Didier Mazuru, qui a photographié beaucoup de ses œuvres, Georges Rubel, qui a été son « élève », Jean-Pierre Velly, Yves Doaré, Mordecai Moreh…
Stanislao Lepri
Italie
1905 - 1980
Surréalisme
Ljuba
Autre
1934
Surréalisme
Ljuba Popovic dit Ljuba, né en 1934 à Tuzla en Bosnie Herzégovine, apprend le nu académique à l’École des Arts décoratifs et à l’Académie des Beaux-arts de Belgrade. « J’étais toujours un peu malheureux dans le travail d’après nature, car je voyais dans le modèle plus de choses qu’il n’y en avait. » Naîtront des nus aux tonalités sombres, très expressifs, décharnés et spectraux, mutilés ou corrodés, qui se métamorphosent partiellement en objets abstraits.

En 1963, Ljuba arrive à Paris et rencontre René de Solier, spécialiste de l’art fantastique qui, huit ans plus tard, écrira sur lui une première monographie. Les écrivains ou critiques qui s’intéressent à son travail sont souvent liés au mouvement surréaliste : Alain Jouffroy, André Pieyre de Mandiargues, Patrick Waldberg, Jean-Clarence Lambert, ou encore Sarane Alexandrian qui lui consacre une étude magistrale, désormais incontournable en 2003 : « La peinture cosmique de Ljuba révèle de la métaphysique expérimentale du Grand Jeu, dont Roger Gilbert-Lecomte a fixé le principe : « Nul ne peut être voyant et adepte d’une religion ou d’un système quelconque de pensée sans trahir sa vision. » On peut parler d’une sorte de mystique moderne chez Ljuba, parce qu’il a une conception du cosmos, du temps et de la mort qu’il met dans sa peinture, et que cette conception n’est pas scientifique, mais intuitive. » Mais il est difficile de le rattacher historiquement à ce mouvement qui le précède. « Il chasse dans les environs » comme dit Sarane Alexandrian, reprenant la formule d'André Breton sur Picasso.
Waldemar Lorentzon
Suède
Gherasim Luca
Roumanie
1913-1994
Surréalisme
Ghérasim Luca (en roumain : Gherasim Luca), né à Bucarest le 23 juillet 1913 et mort à Paris le 9 février 1994, est un poète d'origine roumaine dont la majeure partie de l’œuvre a été publiée en français. Bien qu'il ait côtoyé certains surréalistes français, il n'a jamais appartenu au groupe.

Biographie

Né Salman Locker en Roumanie dans un milieu juif ashkénaze, comme son ami Paul Celan. Son père Berl Locker, tailleur, meurt en 1914. En contact avec les langues française et allemande à Bucarest au début des années 1930, pendant ses années de formation, il lit très tôt de nombreuses œuvres philosophiques.

En 1930, c'est le début d'une longue amitié avec Victor Brauner, qui illustrera plus tard plusieurs de ses livres. Luca publie ses premiers textes la même année, dans la revue Alge, et adhère peu après au parti communiste, alors illégal et clandestin. En 1937 il se marie avec Annie Rasicovici. Dès la fin des années 1930, tout en écrivant en roumain, il commence à écrire en français et prend le pseudonyme de Gherasim Luca. On a longtemps considéré Le Vampire passif (publié à Bucarest en 1945, avec des photographies de Théodore Brauner ; réédité par José Corti en 2001) comme le premier écrit du poète en français ; mais Iulian Toma note cependant l'existence d'un texte inédit datant de 1938 : Les Poètes de vingt ans ou une mère mange l'oreille de son enfant1. Il prend part à la fondation puis à l’activité du groupe surréaliste roumain, avec Gellu Naum, Dolfi Trost, Paul P?un et Virgil Teodorescu, avec qui il collabore, et publie la collection Infra-Noir en 1946-19472.

Dominique Carlat nous renseigne sur son retour en Roumanie : « La déclaration de guerre le surprend à Paris ; après quelques jours d'errance en Italie, il parvient à regagner la Roumanie avec Gellu Naum, le 26 juin 1940. Il vient d'échapper à la déportation »3.

En Roumanie, avant la fin de seconde guerre mondiale, il publie un manifeste non-œdipien, perdu à ce jour, qui toutefois irrigue l'œuvre dans son ensemble. De sa philosophie non-œdipienne ressort avant tout le refus de toute transcendance et le refus de la fatalité biologique. Dès lors, comme le dit Serge Martin, il vivra toujours sur la corde, tel un funambule, dansant sur la corde, dans une « reterritorialisation continue », « hors-la-loi des contraires »4.

Après un rapide passage en Israël, à partir de 1952, il s'installe définitivement à Paris, d'abord avec sa compagne, Mirabelle Dors, puis à partir de 1955 et jusqu'à sa mort avec la peintre Micheline Catti. Il vit à Montmartre, dans un vieil atelier, sans eau chaude ni salle de bain, au troisième étage, sous les toits, du 8 de la rue Joseph-de-Maistre. Parmi ses amis, on compte Victor Brauner, Jacques Hérold, Gilles Ehrmann, Wifredo Lam, Paul Celan et Gisèle Celan-Lestrange, Thierry Garrel, Jean Carteret, le poète Claude Tarnaud, l'artiste Béatrice de la Sablière, qui fut sa compagne de 1952 à 1955, elle-même également liée à Tarnaud et au poète Stanislas Rodanski. Il poursuit ses activités artistiques multiples et en particulier ses réalisations graphiques parmi lesquelles les « cubomanies », commencées dès 1945, sont remarquables. Il s'agit d'une sorte de collage, obtenu en découpant de manière régulière une image donnée en fragments carrés et en recollant aléatoirement les morceaux, selon une conception toute personnelle du hasard objectif. Linda Lê le décrit comme « irréconciliable, il ne se conformait qu'à une règle : rester à l'écart, ne pas se mêler à la tourbe des fauves aux dents longues. »5

Il parle le yiddish, le roumain, le français et l'allemand et devient un poète francophone reconnu, dont les récitals (selon son propre terme), qu'il initie dans les années 1960, ne laissent personne indifférent.

Son ami et complice Jacques Hérold, peintre, placarde sur les murs de Paris, peu avant mai 68, une liste de tableaux imaginée pour lui par André Breton et des poèmes de Ghérasim Luca.

À partir de 1973, les philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari lui rendent hommage, en soulignant à quel point son « bégaiement » renouvelle la poésie, en portant le langage aux limites et en taillant « dans sa langue une langue étrangère »6. Également, sa « position non-œdipienne », son « auto-détermination » comme re-création de soi, bien avant L'Anti-Œdipe, ne pouvaient, à la suite d'Artaud, que retenir l'attention des deux philosophes. Deleuze le cite dans ses dialogues avec Claire Parnet et en parle comme d'« un grand poète parmi les plus grands »7.

Dans une sorte de transe verbale, qui tient autant du rituel que de l'exercice spirituel, « à gorge dénouée »8, Ghérasim Luca lit lui-même ses poèmes, lesquels proposent une écriture d'une très grande complexité dont la volubilité et la retenue font les deux modalités contradictoires mais toujours associées. Tantôt participant à des cycles ou à des projets de livre, chaque poème est minutieusement organisé jusqu'à sa typographie en utilisant le jeu des pages, tenant ainsi au plus fort du livre une oralité de l'écriture pleine de rythme : « je m'oralise », écrit-il. Son travail manifeste, depuis le début, une véritable obsession de la mort sous toutes ses formes tout en recherchant le plus vivant du langage jusque dans l'écriture de mots-valises et de formes syntaxiques défaisant tout académisme langagier pour inventer une véritable « cabale phonétique », une langue riche de nouvelles relations. Exemple le plus célèbre de ce « tangage de la langue »9, le poème Passionnément (1947)10 constitue à lui seul une prouesse remarquable, formidable cri de vie et d'amour, puisqu'il (ré)invente l'amour en tenant politique, éthique et poétique d'un même souffle loin de toutes les dichotomies habituelles (lyrisme/objectivisme ou intime/public, etc.). Évoquant son « parler apatride », André Velter écrit qu’il outrepasse les codes de sa langue d’adoption, « homme de nulle part enfin, il parle ici une langue tout à fait sienne qui excède autant le bon goût des linguistes et des grammairiens que le bon style des littérateurs, la bonne pensée des idéologues ou les bonnes mœurs des tenants de l’ordre grégaire. »11

Dans la tradition kabbalistique du langage, toute son œuvre participe d'une mise en mouvement de la langue, des idées et du corps, indissociablement liés dans un tourbillon d'érotisation générale : une « orgie de mots », qui cherche à « prendre corps » (Paralipomènes). Une manière explosive d'affoler le langage, et de le mettre en état de métamorphoses et mouvement permanent. Ghérasim Luca se livre en effet à une radicale pensée et réinvention du langage, au sens d'un corps-langage, pris dans une incessante « morphologie de la métamorphose » (titre d'un poème dans Héros-Limite)12, qui vise à mettre en mouvement toute la métaphysique : c'est ainsi que le poème « Quart d'heure de culture métaphysique »13 témoigne d'une sortie, à la fois douloureuse et jubilatoire, de la culture métaphysique, une physique du langage contre « le grand tout métaphysique »14. Définitivement « hors la loi », le poète Luca est ce « héros-limite » dont la vie et le cheminement poétique se résument dans un refus de toutes les limites, identités, essences, modes, idéologies, patries, de tous les académismes, enfermements, qu'ils soient politiques, éthiques, religieux, rhétoriques, selon sa formule : « comment s'en sortir sans sortir »15. Vincent Teixeira précise ainsi l'insoumission du poète : « Luca est de ces irréductibles enragés, aventuriers de l'esprit et aventuriers du langage, qui refusent toute allégeance, toute compromission avec les mensonges idéologiques, même tacites, mollement consensuels, les innombrables conformismes et entreprises de normalisation et asservissement des corps et des esprits, bref un refus du monde tel qu'il est ou tel qu'on voudrait nous faire croire qu'il est. Un refus barbare, contre toutes les barbaries de l'histoire »16.

À l'écart de tout mouvement ou école, contre les langages et les corps instrumentalisés, sa poésie apparaît ainsi comme une tentative théâtrale d'inventer un langage inconnu (que symbolisent par exemple les titres Le Chant de la carpe ou Théâtre de bouche), l'invention d'une langue et d'un vivre, et conjointement une réinvention de l'amour et du monde, car selon lui « tout doit être réinventé »17. La poésie, le rêve, l'amour et la révolution ne font qu'un, puisque dire le poème, dire le mot consiste à dire le monde : « gRÈVE / GÉNÉRALe / sans fin / ni commencement / LA POÉSIE / SANS LANGUE / LA RÉVOLUTION / SANS PERSONNE / L’AMOUR / SANS / FIN »18. Dans cette expérience qui tient la poésie et la vie au plus vif, le désespoir est surmonté par « l'appel d'air du rire / à mourir de fou rire »19. Selon lui, avec autant de jouissance que de révolte, autant d'humour que de désespoir, la poésie est une aventure humaine, qui engage le devenir de l'homme et du monde, non pour divertir, mais pour changer le monde, puisqu'« une lettre, c'est l'être lui-même », dit Ghérasim Luca.

Marguerite Bonnet n'ayant pas réussi à persuader Gallimard d'éditer ses textes, à partir de 1985, ce sont les Éditions José Corti qui rééditent certains de ses anciens livres, à commencer par les trois parus aux Éditions Le Soleil noir, et publient ensuite les inédits. Pour tous ses livres édités, Ghérasim Luca apportait un soin extrême à la « physique » du livre, au format, comme à la disposition de chaque poème.

À la fin des années quatre-vingt, l'atelier dans lequel il vit, rue Joseph-de-Maistre est jugé insalubre par l'administration, et il est alors expulsé et contraint de l'évacuer. Pour obtenir d’être relogé, il doit justifier d’une explicite appartenance nationale ; lui qui se considérait, depuis toujours, comme apatride devra alors se résoudre, contraint et forcé, à être naturalisé français, épousant par la même occasion sa compagne, Micheline Catty, en 1990. Ajoutés au poids des brimades passées et à la hantise des idéologies raciste et antisémite, ce déménagement forcé (dans un appartement de la rue Boyer, dans le 20e arrondissement) et cette obligation administrative l'affectèrent profondément, participant à l'assombrissement des dernières années de sa vie.

En 1994, fidèle à sa pensée dans son droit absolu à cette ultime décision (exprimé notamment dans La Mort morte, qui semble sceller son « destin-suicide »), comme dans son refus d'obéir à un destin biologique, il met fin à ses jours, « puisqu'il n'y a plus de place pour les poètes dans ce monde », comme il l'écrit dans une lettre d'adieu qu'il laisse à sa compagne. Comme Paul Celan 24 ans plus tôt, il se suicide en se jetant dans la Seine le 9 février ; son corps sera retrouvé le 10 mars20.
Postérité

Son ami le photographe Gilles Ehrmann lui a rendu hommage avec La Maison d'yeux (1994).

Il avait passé quarante ans en France sans papiers et « apatride », allant chaque année à la Préfecture de police pour renouveler son permis de séjour, avant d'obtenir vers la fin de sa vie la nationalité française. À partir de 1955, il vécut avec la peintre Micheline Catti qu'il épousa par la suite. Elle a participé à certains de ses plus beaux ouvrages dans lesquels graphismes et textes se conjuguent.

Son influence a fécondé, de son vivant, des poètes comme Serge Pey, Jean-Pierre Verheggen, Joël Hubaut, Olivier Cadiot, Julien Blaine, Serge Ritman ou Christophe Tarkos, et elle ne cesse de grandir, comme en témoignent les récentes adaptations de son œuvre au théâtre et les nombreuses études qui paraissent sur son œuvre et sur lui.

En 2012, le chanteur français Arthur H met en musique son poème Prendre corps et Christophe Chassol, un extrait de son poème Passionnément.

En mai 2016 la revue Europe a consacré son no 1045 (dirigé par Serge Martin) à Ghérasim Luca.

Dans le cadre de la Saison France-Roumanie, une exposition intitulée « Ghérasim Luca - Héros-limite » lui est consacrée au Centre Pompidou du 28 novembre 2018 au 7 janvier 2019, à partir de la donation exceptionnelle consentie par Micheline Catti-Ghérasim Luca auprès du Musée national d'Art moderne 21.
Œuvres

Un loup à travers une loupe, Bucarest, 1942. Poèmes en prose, publiés premièrement en roumain, puis traduits par l'auteur en français et publiés aux Éditions José Corti, Paris, 1998
L'Inventeur de l'amour suivi de La Mort morte, Bucarest, 1945. Poèmes en prose, publiés en roumain, puis traduits par l'auteur en français et publiés aux Éditions José Corti, Paris, 1994
Quantitativement aimée, Bucarest, Éditions de l'Oubli, 1944
Le Vampire passif, Bucarest, Éditions de l'Oubli, 1945. Illustré par des photographies de Théodore Brauner ; réédition, Paris, José Corti, 2001. Réédition du manuscrit en fac-similé, présentée par Petre R?ileanu et Nicolae Tzone, Bucarest, Editura Vinea, 2016
Dialectique de la dialectique, en collaboration avec Dolfi Trost, Bucarest, Éditions surréalistes, 1945
Les Orgies des Quanta, Bucarest, Éditions de l'Oubli, 1946
Amphitrite, mouvements sur-thaumaturgiques et non-œdipiens, Bucarest, Éditions de l’Infra-noir, 1947 ; réédition, Paris, "La maison de verre", 1996
Le Secret du vide et du plein, Bucarest, Éditions de l'Oubli, 1947 ; réédition, Paris, "La maison de verre", 1996
Héros-Limite, avec trois dessins de Jacques Hérold, Paris, Le Soleil Noir, 1953 ; réédition, 1970 ; réédition, Paris, José Corti, 1985
Ce Château Pressenti, avec une gravure de Victor Brauner, Paris, Méconnaissance, 1958. Ce poème fait partie de Un loup à travers une loupe.
La Clef, Poème-Tract, Paris, 1960
L'Extrême-Occidentale, avec 7 gravures de Jean Arp, Victor Brauner, Max Ernst, Jacques Hérold, Wifredo Lam, Roberto Matta, Dorothea Tanning, Paris, Éditions Mayer, Lausanne, 1961 ; réédition, Paris, José Corti, 2013
La Lettre, Paris, 1960
Présence de l'imperceptible, 'Vers le Non-Mental' et 'Vers la Pure Nullité', illustré par des Ponctuations de Pol Bury des années 1953-1961, Chatelet, c 1962
Le Sorcier noir, avec Jacques Hérold, Paris, 1962
Sept slogans ontophoniques, avec des gravures de Augustin Fernandez, Enrique Zanartu, Gisèle Celan-Lestrange, Jacques Hérold, Brunidor, Paris, 1963 ; réédition, Paris, José Corti, 2008
Poésie élémentaire, Éditions Brunidor, Vaduz, Liechtenstein, 1966
Apostroph'Apocalypse, avec 14 gravures de Wifredo Lam, Milan, Éditions Upiglio, 1967
Sisyphe Géomètre, avec une sculpture électrique de Piotr Kowalski à partir de bulles de verre renfermant des gaz rares, Paris, Éditions Claude Givaudan, 1967
Droit de regard sur les idées, Paris, Brunidor, 1967
Déférés devant un tribunal d'exception, Paris, 1968
Dé-Monologue, avec des gravures de Micheline Catty, Paris, Brunidor, 1969, repris dans Paralipomènes
La Fin du monde, avec un frontispice de Micheline Catty et 5 dessins de Ghérasim Luca, Paris, Éditions Petitthory, 1969
Le Tourbillon qui repose, Critique et Histoire, 1973
Le Chant de la carpe, Paris, Le Soleil Noir, 1973 avec un disque de sa voix et une sculpture en verre et miroirs de Piotr Kowalski ; réédition, Paris, José Corti, 1985
Présence de l'imperceptible, Franz Jacob, Châtelet, illustré d'œuvres de Pol Bury, sans date
Paralipomènes, avec un objet "cubomanie" du poète, Paris, Le Soleil Noir, 1976 ; réédition, Paris, José Corti, 1986
Théâtre de Bouche, avec des gravures et 9 dessins de Micheline Catty, Paris, Criapl'e, 1984 ; réédition, Paris, José Corti, 1987
Satyre et Satrape, Barlfeur, Éditions de la CREM, 1987
« Argol. Comme un monologue à peine dirigé », dans Qui vive ? Autour de Julien Gracq (recueil de textes de 29 écrivains consacrés à Julien Gracq), Paris, Éditions José Corti, 1989.
La proie s'ombre, Paris, Éditions José Corti, 1991
Le Cri, Paris, Éditions Au fil de l'encre, 1995
La voici la voie silanxieuse, Paris, Éditions José Corti, 1997
Levée d'écrou, Paris, Éditions José Corti, 2003
Le chat double pain trouble..., illustré par Victor Brauner, Paris, Éditions Les loups sont fâchés, 2005
...pour quelques amis lointains..., Correspondance avec Tilo Wenner, Paris, Éditions des Cendres, 2015
La Paupière philosophale, Paris, Éditions José Corti, 2016 (poème éponyme précédemment édité dans Le Chant de la carpe
Je m'oralise, Paris, Éditions José Corti, 2018 (fac-similé d'un manuscrit, composé entre 1964 et 1968, faisant alterner des poèmes et des dessins constitués de points)

Performances

1967 : Stockholm, Moderna Museet
1968 : Vaduz, Aula der Volksschule
1969 : Paris, Musée d'Art Moderne
1970 : Paris, Atelier de création radiophonique
1971 : Paris, Galerie Albertus Magnus
1973 : Stockholm, Franska Institut
1975 : Paris, Musée d’Art Moderne
1977 : Sceaux, Les Gémeaux
1977 : Paris, La Hune
1981 : Paris, Centre Georges Pompidou
1984 : New York, Polyphonix 07, Museum of Modern Art
1984 : New York, La Maison française, New York University & Columbia University
1984 : San Francisco, International Festival of Language and Performance
1985 : Oslo, 1er Festival International de Poésie
1986 : Villeneuve d’Ascq, Musée d’Art Moderne
1986 : Paris, Polyphonix 10, Galerie Lara Vincy
1987 : Paris, Polyphonix 11, "La Revue parlée", Centre Georges Pompidou
1988 : Genève
1989 : Rencontres internationales de poésie contemporaine, Tarascon.
1991 : Paris, Centre Georges Pompidou
1991 : Marseille, Centre international de poésie (cipM)

Monographies, dossiers et articles

Par ordre alphabétique

Sarane Alexandrian, « Le poète sans repentir », Supérieur Inconnu, no 5,? octobre-décembre 1996.
Sarane Alexandrian (trad. Nicolae Tzone, Ioan Prigoreanu et Marilena Munteanu), L'Évolution de Gherasim Luca à Paris, 2006.
Pierrick Brient, « L'insistance sur l'homophonie chez Gherasim Luca. Création poétique et association libre », Le Coq Héron, no 189,? 2008.
Dominique Carlat, Ghérasim Luca l'intempestif, Paris, José Corti, 2001.
Collectif, L'Aimance - Charles Duits - Gherasim Luca, revue bimestrielle Poésie94, no 53, juin 1994.
Charlène Clonts, « Les synesthésies dans les cubomanies et l'écriture poétique de Gherasim Luca », dans Ekphrasis, no 7, Université Babes-Bolai de Cluj-Napoca, Editura Accent, Cluj-Napoca, juin 2012.
Charlène Clonts, « Ghérasim Luca et ses fleurs du mal », dans Caietele avangardei, no 2, Muzeului National al Literaturii Române, Bucuresti, décembre 2013.
Charlène Clonts, « Je m'oralise : Gherasim Luca et le Théâtre de bouche », dans Mélusine - Cahiers du centre de recherches sur le surréalisme, n°XXXIV, L'Âge d'Homme, février 2014.
Charlène Clonts, « Ghérasim Luca et la vie dans le vide », dans L'Hétérogène dans les littératures de langue française, Paris, L'Harmattan, 2015.
Benoît Decron (éd.), Ghérasim Luca, Cahiers de l'Abbaye Sainte-Croix, no 110, Les Sables d'Olonne - Marseille - Saint-Yrieix-la-Perche, 2008, 2009.

Comprend des textes de Nicoleta manucu, Charles Soubeyran, Thierry Garrel, Aurélia Gibus, Benoît Decron ainsi que les reproductions de 77 cubomanies et quelques photographies.

Patrice Delbourg, « Ghérasim Luca, bégayeur des nuées », dans Les désemparés - 53 portraits d'écrivains, Paris, Le Castor astral, 1996, p. 141-142.
Gilles Deleuze, « Bégaya-t-il », dans Critique et clinique (p. 135-143), Paris, Minuit, 1993.
Gilles Deleuze, Un Manifeste de moins (p. 108-109), Paris, Minuit, 2004 (in Superpositions, écrit avec Carmelo Bene).
Pierre Dhainaut, « À gorge dénouée », La Quinzaine littéraire, no 178, janvier 1977.
Rémi Froger, « Intonation, détonation », Dossier Ghérasim Luca, Fusées, no 7, 2003, avec un texte inédit de Luca : V'ivre au m'onde.
Hyperion, Numéro spécial Ghérasim Luca, Volume VII, no 3, octobre 2013.
Nicole Manucu, De Tristan Tzara à Ghérasim Luca. Impulsions des modernités roumaines au sein de l'avant-garde européenne, Paris, Honoré Champion, 2014.
Serge Martin (dir.) : Avec Ghérasim Luca passionnément, Saint-Benoît-du-Sault, éditions Tarabuste (supplément à la revue Triages), 2005.

Reprend les actes de la journée d'étude Ghérasim Luca à gorge dénouée organisée à l'Université de Cergy-Pontoise le 10 décembre 2004. Comprend les communications de Serge Martin, Laurent Mourey, Daniel Delas, Julian Toma, Zéno Bianu, Elke de Rijcke, Nicoletta Manucu, Patrick Quillier, Cendrine Varet, Oriane Barbey, Philippe Païni, Marie Cosnefroy-Dollé, Patrick Fontana et une bibliographie exhaustive réalisée par Cendrine Varet et Serge Martin.

Serge Martin, « Écouter l’indicible avec les poèmes de Ghérasim Luca », dans Interférences littéraires, nouvelle série, no 4, « Indicible et littérarité », dir. Lauriane Sable, mai 2010.
Serge Martin (dir.) : Ghérasim Luca, Europe, no 1045, mai 2016 : textes de Ghérasim Luca, contributions de Patrick Beurard-Valdoye, Dominique Carlat, Charlène Clonts, Pierre Dhainaut, Bertrand Fillaudeau, Patrick Fontana, Anne Foucault, Thierry Garrel, Joël Gayraud, Bernard Heidsieck, Nicole Manucu, Serge Martin, Alice Massénat, Laurent Mourey, Jean-Jacques Lebel, Sibylle Orlandi, Charles Pennequin, Sébastian Reichmann, Alfredo Riponi, Vincent Teixeira, Iulian Toma, Monique Yaari.
Serge Martin, Ghérasim Luca, une voix inflammable, Saint Benoît du Sault, éditions Tarabuste, 2018, 236 p.
Sibylle Orlandi, « Les signes en jeu : surgissement et opacification dans les créations poétiques et plastiques de Ghérasim Luca », Thèse de doctorat Lettres et Arts Lyon 2, 2015 (dir. Dominique Carlat). http://www.theses.fr/2015LYO20083.
Petre R?ileanu, Gherasim Luca, Paris, Oxus, coll. « Les étrangers de Paris - Les Roumains de Paris », 2004.
Petre R?ileanu, « Le Vampire passif, un nouvel ordre poétique du monde », dans la réédition du manuscrit en fac-similé du Vampire passif, présentée par Petre R?ileanu et Nicolae Tzone, Bucarest, Editura Vinea, 2016, p. 393-438.
Petre R?ileanu, Les avant-gardes en Roumanie. La charrette et le cheval-vapeur, Paris, éditions Non Lieu, 2018, 220 p., 200 illustrations couleurs.
Vincent Teixeira, « Le tangage de la langue de Ghérasim Luca - Une écriture du trou dans le tout », Fukuoka University Review of Literature and Humanities (Japon), no 154, décembre 2007.
Vincent Teixeira, « Ghérasim Luca, héros limite de la poésie française », Fukuoka University Review of Literature and Humanities (Japon), no 152, juin 2007.
Vincent Teixeira, « Des écrivains de nulle part. Ces autres "français" venus d'ailleurs », Fukuoka University Review of Literature and Humanities (Japon), no 150, décembre 2006.
Vincent Teixeira, « De Rimbaud à Luca - des voies silencieuses ? », Le silence, revue Alkemie, no 13, Paris, Classiques Garnier, 2014.
Iulian Toma, Gherasim Luca ou l'intransigeante passion d'être, préface de Jacqueline Chénieux-Gendron, Paris, Honoré Champion, 2012.
Yannick Torlini, Ghérasim Luca, le poète de la voix : ontologie et érotisme, Paris, L'Harmattan, 2011.
André Velter, Ghérasim Luca passio passionnément, Paris, Jean-Michel Place, 2001.
Monique Yaari (dir.), Infra-Noir, un et multiple : un groupe surréaliste entre Bucarest et Paris, 1945-1947, Oxford, Éditions Peter Lang, 2014.

Discographie et Filmographie

Bain de sang, Ghérasim Luca lit 3 poèmes au MoMA, New York, octobre 1984 (ADLM, 1998).
Ghérasim Luca par Ghérasim Luca, double CD contenant 17 poèmes récités, José Corti / Héros-Limite, 2001.
Comment s'en sortir sans sortir, « Récital télévisuel » dans lequel Ghérasim Luca dit huit poèmes, réalisé par Raoul Sangla, La Sept/CDN/FR3, 1989; rééd., en DVD, accompagnée d'un livret reprenant tous les textes, José Corti éditeur, 2008.
Two Poems, « Autres secrets du vide et du plein » (1971) / « Crimes sens initiales » [sic] (1972). Disque 33? tours : Alga Marghen, Plana-L 18VocSon065, 2009.

Notes

? Iulian Toma, Gherasim Luca ou l'intransigeante passion d'être, préface de Jacqueline Chénieux-Gendron, Honoré Champion, 2012, p. 43.
? C'est dans cette collection que fut publié pour la première fois le célèbre poème « Passionnément », Infra-Noir, Bucarest, 1947 ; rééd. « La maison de verre », Paris, 1996.
? Dominique Carlat, Gherasim Luca l'intempestif, José Corti, Paris, 1998, p. 27.
? Cf. Serge Martin, « Ghérasim Luca, sur la corde sans fin ni commencement », dans Ghérasim Luca, Europe, no 1045, mai 2016, p. 3-17.
? Linda Lê, Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau, Éditions Christian Bourgois, Paris, 2009, p. 107.
? Gilles Deleuze écrit dans « Bégaya-t-il » : « Si la parole de Ghérasim Luca est éminemment poétique, c'est parce qu'il fait du bégaiement un affect de la langue, non pas une affection de la parole. C'est toute la langue qui file et varie pour dégager un bloc sonore ultime, un seul souffle à la limite du cri "je t'aime passionnément". », Critique et clinique, Éditions de Minuit, Paris, 1993, p. 139.
? Gilles Deleuze, Dialogues avec Claire Parnet, Paris, Flammarion, 1977, p. 10.
? « À gorge dénouée » dans Le Chant de la carpe, José Corti, Paris, 1986, p. 99-104.
? Le Tangage de ma langue, dans Ghérasim Luca par Ghérasim Luca, double CD audio regroupant des enregistrements en récitals et privés, direction artistique : Nadèjda et Thierry Garrel, José Corti, Paris, 2001.
? Le Chant de la carpe, p. 87-94.
? André Velter, « Parler apatride », Préface à G. Luca, Héros-Limite, Gallimard, coll. « Poésie », Paris, 2002, p. VII.
? « La Morphologie de la Métamorphose » dans Héros-Limite, José Corti, Paris, 1985, p. 61-64.
? Le Chant de la carpe, p. 9-15.
? Héros-Limite, p. 19.
? « Apostroph’Apocalypse », Paralipomènes, José Corti, Paris, 1986, p. 82.
? Vincent Teixeira, « Un barbare dans les Lettres françaises », dans Ghérasim Luca, Europe, dir. Serge Martin, no 1045, mai 2016, p. 110.
? « Tout doit être réinventé / il n'y a plus rien au monde », L'Inventeur de l'amour, José Corti, Paris, 1994, p. 11.
? « gRÈVE GÉNÉRALe » dans La Proie s'ombre, José Corti, Paris, 1991, p. 45-55.
? « Le verbe » dans Le Chant de la carpe, p. 164.
? Linda Lê, Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau, p. 109
? « Ghérasim Luca - Héros-limite », Centre Pompidou [archive]

Georges Malkine
France
1898-1970
Surréalisme
Lié au premier groupe surréaliste, ami de Robert Desnos, d'André Masson, de Max Morise, Georges Malkine est le seul peintre à figurer sur la liste du Manifeste du surréalisme de 1924. Pour la revue La Révolution surréaliste, il dessine l'emblème qui figure sur le papier à lettres de la R.S.. En 1927, il expose, avec succès, à la galerie Surréaliste. Mais cette reconnaissance le déconcerte. Il quitte alors la France, part pour l'Océanie, en compagnie de son ami le peintre et photographe Émile Savitry et d'une Canadienne: Yvette Ledoux que celui-ci vient de rencontrer. La belle finit par jeter son dévolu sur Malkine et Savitry poursuit seul son voyage2. Malkine revient à Paris en 1930. Il donne trois illustrations à Desnos pour son poème The Night of Loveless Nights.

Il cesse toute expression plastique en 1933. Il ne reprend la peinture qu'en 1946, d'abord à Paris puis aux États-Unis où il reste pendant 20 ans. Revenu à Paris, il expose de nouveau, en 1966, une semaine après la mort d'André Breton. L'exposition est conçue en tant qu'hommage à Malkine et réunit Louis Aragon, Jacques Baron, Simone Collinet, Max Ernst, André Masson et Jacques Prévert. Aragon : « [Malkine] inventa cette sorte de baiser florentin : l'abstraction sans le dire. »3

Malkine fut également acteur de théâtre dans la troupe de Michel de Ré, acteur de cinéma, violoniste, photographe, correcteur d'imprimerie, monteur de manèges, plongeur à bord d'un navire... Il a écrit quelques textes surréalistes pour la R.S. et un roman paru en 1977.
André Masson
France
1896-1987
Surréalisme
La formation artistique de Masson dure six ans : de 1907 à 1912, il est élève de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles où il apprend surtout la décoration murale et reçoit un premier prix de décoration. Il quitte la Belgique, puis de 1912 au printemps 1914, se forme comme élève dans l'atelier de Paul Baudoüin à l'École nationale des Beaux-Arts de Paris. Après un voyage en Italie à la suite d'une bourse d'études, il va en Suisse et s'engage dans l'infanterie un an plus tard. Il est grièvement blessé au cours de l'offensive du Chemin des Dames et passe plusieurs mois dans divers hôpitaux. Il en gardera toute sa vie une répulsion pour la guerre et le bellicisme.
45 rue Blomet

Après la guerre, il va peindre quelque temps à Céret (Paysage de Céret, Environs de Céret). S'installant 45 rue Blomet, il a Miró pour voisin et, ensemble, ils partagent le même atelier. Il rencontre alors de nombreux artistes et écrivains tels que Roland Tual, Max Jacob, Antonin Artaud, Juan Gris, Derain, Limbour, Leiris, Aragon, Desnos. Lors de son séjour à Céret, André Masson épouse Odette Cabalé (1899 - 1984), dont la famille paternelle est cérétane2. En 1920, à Paris, naissance de leur fille Gladys Masson dite Lily3. En octobre 1922, il se lie par un contrat verbal à la galerie Simon de Kahnweiler et y expose en 1924. S'intéressant aux manifestations dadaistes par l'intermédiaire d'écrivains comme Limbour ou Aragon, il reçoit André Breton à son atelier et rejoint le groupe des surréalistes (1924).

André Masson participe dès lors à leurs activités, rencontre Georges Bataille, ainsi que Paul Éluard. Sa participation au mouvement surréaliste s'interrompt lorsqu'il se brouille avec Breton en 1929. En 1930, il divorce avec Odette Cabalé4.

Durant ces années, il crée ses dessins automatiques. Il invente le procédé des "tableaux de sable", créés en étalant de la colle puis en projetant du sable sur la toile. Il s'initie à la gravure, à l'illustration (Justine de Sade en 1928, Histoire de l'œil, sous le pseudonyme de Lord Auch (1928) et Dossier de l'œil pinéal. L'anus solaire, illustré à la pointe sèche, de Bataille), à la décoration de théâtre et à la sculpture (Métamorphose, 1928). Il reçoit deux importantes commandes : de Pierre David-Weill, la décoration de son appartement parisien (1928) et des Ballets russes de Monte-Carlo, les décors et costumes du ballet Les Présages, dont la première a lieu le 13 avril 1933. En 1933, Masson expose à New York ses Massacres de 1932-33. Après des séjours dans le midi, il s'installe en Espagne au printemps 1934.

En 1937-1939, il participe à l'aventure de la revue Acéphale mais n'adhère pas à la société secrète de Bataille. Son style semble être influencé[évasif] par l'expressionnisme. Produit des dessins sous forme de « séries » : Destin des animaux ; Massacres ; Portraits imaginaires. En 1941, il rejoint les États-Unis pour échapper à la guerre ; y retrouve André Breton. En 1945, retour en France. Il illustre de nombreux décors de théâtre (La Putain respectueuse de Jean-Paul Sartre). En 1954, il reçoit le Prix national des arts. En 1965, il peint le plafond du théâtre de l'Odéon.

Ami de Georges Bataille, André Masson s'est marié avec Rose Maklès (1902-1986) (sœur de Bianca, comédienne à L'Atelier et épouse du dadaïste Théodore Fraenkel ; de Simone, épouse de Jean Piel, et de Sylvia, comédienne, épouse de Georges Bataille puis de Jacques Lacan).

Ses deux fils, Diego et Luis, épousèrent deux des filles de l'architecte Fernand Pouillon, lequel avait dessiné les plans de son atelier au Tholonet, près de la montagne Sainte-Victoire. Sa fille Gladys Masson, dite Lily, est également peintre et continue à exposer ses œuvres à Paris et à l'étranger.

Le cinéaste Jean Grémillon lui a consacré un court métrage présenté au Festival de Cannes en 1959, André Masson et les quatre éléments.
Georges Mathieu
Autre
1921-2012
Né au sein d'une famille de banquiers, Georges Mathieu s'oriente d'abord vers des études de droit, de lettres et de philosophie. Dès 1942, il décide de se tourner vers les arts plastiques et réalise ses premières peintures à l'huile. Il exerce pendant quelques années le métier de professeur avant de se lancer dans une carrière artistique. En 1946, il réalise sa première exposition à Paris au Salon des moins de trente ans.

En 1947, il expose au Salon des réalités nouvelles des toiles à la texture faite de taches directement jaillies du tube, revendiquant la paternité du dripping, technique attribuée à Jackson Pollock en 1945 (ou encore à Janet Sobel en 1944), les couleurs étant, dans le cas de Mathieu, écrasées par le doigt de l'artiste dès 1944.

Dès 1950, il expose aux États-Unis et au Japon.

À partir de 1954, il crée une multitude de tableaux, souvent lors de performances ou happenings minutées devant un public, qui mettent en valeur la rapidité et la virtuosité du geste. Ainsi, en 1956 au théâtre Sarah-Bernhardt à Paris, Mathieu, devant près de 2 000 spectateurs, crée un tableau de 4 × 12 mètres en utilisant pas moins de 800 tubes de peinture (cette toile intitulée Hommage aux poètes du monde entier disparaît en 1968 lors de l'incendie de son atelier3). Outre-Atlantique, la diffusion de ses créations fait l'objet d'entraves importantes. En 1958, à New York, il tente également de créer des œuvres en public, mais cela lui est interdit. Il en vient à peindre en solitaire dans les galeries de son hôtel. Les galeries new-yorkaises refusent de l'exposer. Cette ostracisation de la part des institutions et des galeries américaines durera jusqu'à sa mort4.

De 1953 à 1962, il est rédacteur en chef de la revue United States Lines Paris Review. En 1963, année de sa « Grande Rétrospective » au musée d'art moderne de la ville de Paris, il accède enfin à la consécration officielle. Entre 1968 et 1969, il créera plusieurs décors en or pour décorer des pièces de la Manufacture de Sèvres, et notamment des services de table pour les Expositions Universelles de Montréal et d'Osaka.

En 1973, il réalise son unique œuvre architecturale. À la demande de l'industriel Guy Biraud, fabricant de transformateurs, il dessine les plans d'une usine à Fontenay-le-Comte. L'usine Mathieu qui en résulte est un ensemble original en étoile à sept branches inégales, et dont le pourtour intégralement vitré est vu par l'artiste comme un moyen de lier le lieu de travail à la nature environnante.

À partir de 1980, son œuvre peint tardif témoigne alors d'une nouvelle maturité où il rompt avec les derniers vestiges de classicisme et abandonne alors la figure centrale en même temps que sa palette se fait plus vaste.

Il meurt à 91 ans à l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt. Il repose au cimetière de Montmartre (13e division).
Didier Mazuru
France
né en 1953
Surréalisme, Art Visionnaire, Art singulier
CURRICULUM VITAE


Didier Mazuru est né à Paris le 18 février 1953
1969, commence le saxophone (ténor et soprane) et étudie la musique et les techniques d’improvisation.
1973, rencontre une jeune femme suédoise. Ils se marient en 1978.
1974, entre en architecture à l’école des Beaux Arts. Parallèlement, participe à de nombreux concerts de jazz au sein de différentes formations.
Diplôme d'architecte D.P.L.G. 1981
1981 s’installe à Stockholm avec son épouse et abandonne l’architecture pour se consacrer entièrement à la peinture et à la gravure.
Ne pratique plus le saxophone depuis 1985 mais continue la pratique du piano en amateur.
Pratique la méditation depuis 1989, pratique qui s’accompagne de nombreux séjours en Inde de 1991 à 2008.
De 1996 à 2012, travaille à mi-temps pour la commune de Stockholm comme aide à domicile aux personnes âgées. Continue parallèlement à peindre.
Se consacre à nouveau entièrement à la peinture depuis 2012.


Expositions personnelles :

1984 Galerie Bernier, Paris
1986 Galerie Bernier, Paris
1986 Galerie Saint-Anne, Montluçon
1987 Galerie Bernier, Paris
1987 Galerie L, Saint Étienne
1989 Institut Français, Stockholm
1989 Galerie L, Saint Étienne
1990 Galerie Michèle Broutta, Paris
1990 Galleriet i Holmby, Suède
1992 Galleriet i Holmby, Suède
1993 Galerie L, Saint Étienne
1998 Galerie Michèle Broutta, Paris
1998 Galerie Jan Linder, Stockholm
2005 Café Baires, Stockholm
2006 Galerie Paname, Stockholm
2008 Galerie Paname, Stockholm
2010 Galleri Nordens Ljus, Stockholm (mars)
2011 Galleri Duerr, Stockholm
2016 Exposition personnelle de peintures au festival de musique classique, ”O/Modernt”, Stockholm
2021 Atelier/galerie Idungatan Stockholm, le 11 novembre.

Expositions de groupe :

1983 Atelier Tazé, Saint Niklaas, Belgique.
1984 Maison des arts, Belfort, France
1984 Galerie Michèle Broutta, Paris.
1984 Biennale de Dignes les Bains.
1984 Saalbau-Galerie, Darmstadt.
1987 Ecole de Médecine, Paris.
1987 Foire internationale d’art contemporain, Lyon.
1988 Foire internationale d’art contemporain, Stockholm
1989 Foire internationale d’art contemporain, Stockholm
1990 Foire internationale d’art contemporain, Stockholm
1990 Ecole de Médecine, Paris.
1991 Foire internationale d’art contemporain, Stockholm
1992 Foire internationale d’art contemporain, Stockholm
1992 Musée d’art contemporain, Chamalière.
1992 Institut Français, Stockholm
1992 Galerie Arts Multiples, Metz.
1994 Centre culturale di esposizione e comunicazione, Venedig, Italie
1996 ”Hyllning till Ilmar Laaban”, Liljevalchs Konsthall, Stockholm
1998 VIIème Biennale de Saint-Hilaire-de-Brens.
1999 ”10 graveurs français”, Galerie Flamingo, Falkenberg, Suède.
2002 ”Terra grafica”, Galleri infra, Upplands Väsby, Suède
2003 ”Aqua di colori”, Galleri infra, Upplands Väsby, Suède
2004 Grafiska sällskapet, Stockholm.
2004 ”Métal”, gravures, sculptures, dessins, Maison des jeunes de la culture, Dieppe
2006 Atelier Grognard, ”Les visionnaires – Au-delà du surréalisme” Rueil- Malmaison, France
2006 ”Les visionnaires – Au-delà du surréalisme” Galerie Michèle Broutta, Paris
2006 ”Corps humains”, Hôtel de ville, Saint-Ouen-l’Aumône.
2012 Collection Moreh, musée d’art contemporain, Chamalière
2012 ”Les visionnaires”, Grafiskkunst der Gegenwart aus Frankreich, Panorama Museum, Allemagne
2012 ”10 artistes visionnaires”, Galerie Michèle Broutta, Paris
2014 Œuvres surréalistes sur papier, Galerie Les Yeux Fertiles,Paris.
2014 Galleri Duerr, Stockholm
2014 Affordable ArtFair, Stockholm avec la gallerie Duerr
2016 “Voyage dans l’imaginaire” Galerie Les Yeux Fertiles, Paris.
2018 Estampe en Yvelines, 2ème biennale de l’estampe, La Tannerie, Houdan
2019 Lauréat du prix de peinture Madeleine Couderc attribué par la Fondation Taylor, Paris

Publications :

1983 ”L’atelier Tazé”, Catalogue de l’exposition
1984 ”Dédale”, catalogue de l’exposition à la Galerie Bernier
1984 Catalogue de la Biennale de Dignes les Bains
1987 Catalogue de la foire internationnale de Lyon
1988 Catalogue de la gravure de petit format, Chamalière
1988 Catalogue de la f.i.a.c. de Stockholm
1989 Catalogue de la f.i.a.c. de Stockholm
1992 Catalogue de la f.i.a.c. de Stockholm
1991 ”L’art visionnaire”, par M. Random, éditions Philippe Lebaud (p.112-113)
1992 ”L’art visionnaire”, catalogue de l’exposition au Musée d’Artcontemporain de Chamalière
1993 ”Le dessin, art des origines” par Robert Moran, éditions Fleurus (p.160)
1994 ”Du fantastique au visionnaire”, Catalogue de l’exposition,Venise (p.70-71)
1996 ”La gravure contemporaine”, par M. Solvit, Pierre Zech éd. (p.260-261)
1997 ”Dans l’ossuaire des songes”, par D. Mazuru, éditions C.D.G.Création
1998 ”Hyllning till Ilmar Laaban”, catalogue de l’expos. au Lijevalchs Konsthall, Stockholm (p.57)
1999 Konstvärlden & disajn NR 4 1999 Suède
2006 ”Les visionnaires – Au-delà du surréalisme”, Catalogue de l’exposition, Atelier Grognard, France
2012 Exposition, ”visionnaires, Grafiskkunst der Gegenwart aus Frankreich”, Panorama Museum, Allemagne (p.212-227)
2016 Illustrations du catalogue du festival de musique classique,”O/ Modernt”, Stockholm
2018 Catalogue de l’exposition ”Estampe en Yvelines” Houdan
2021 Grekisk Mytologi i vardags livet 2021 (en suédois) Text från Véronique Mazuru och Didier Mazuru
2021 Konst och Identitet (en suédois)
2021 Art et Identité, Didier Mazuru textes et peintures
2022 Struktur (en suédois)
2022 Structure, Didier Mazuru textes et peintures
2022 Arbre de vie, Didier Mazuru textes et peintures
2023 Cheminement intérieur, Didier Mazuru textes et peintures
2023 Ineffable, Didier Mazuru, peintures 2015 - 2022, Venus d’ailleurs éditeurs


Articles :

1984 Les nouvelles de l’estampe N° 75 (p.23)
1986 Les nouvelles de l’estampe N° 86
1986 Les cahiers de la galerie Ste-Anne
1989 Programme culturel de l’Institut Français de Stockholm, septembre
1990 Artension N° 13 jan-fevr
1990 Skånska Dagbladet, 24 avril Suède
1998 Pariscope, janvier
1998 La Gazette des arts plastiques et décoratifs N° 6, février
1998 Art & Métiers du livre N° 207
1998 Arts Actualités Magazine N° 82, février
1998 Résidences Décoration N°20, mars-avril
1999 Svenska Dagbladet, 7 nov. Suède
2014 Texte de D. Mazuru : catalogue de l’œuvre gravé de Doaré
2014 Art&Métiers du livre N°300. Article de D. Mazuru sur Doaré
2019 Fondation Taylor : Catalogue 2019 (p.41)

À réalisé à ce jour 222 peintures sur toiles où panneau répertoriées de H1 à H222, 880 dessins et peintures sur papier et carton, répertoriée de D1 à D880, 63 gravures sur cuivre accompagnées de nombreux tirages rehaussées, ou complètement retravaillés, à l’encre, à l’aquarelle ou à l’acrylique et une dizaine de carnets d’esquisses.

Stockholm 2023



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Ma vision de l’art:
 
L’art est avant tout un champs d’expérience pour celui qui le fait, comme pour celui qui le découvre. Il ne s’agit pas tant de comprendre ou d’aimer que d’apprendre à se connecter au monde que l’on aborde. 
Pas de créativité sans découverte et donc étonnement. L’étonnement est au cœur du geste créateur. 
À mon sens créer signifie parvenir à se dépasser, tout en restant fidèle à soi-même et donc agir sans compromission.  
De même, pour l’observateur, prendre connaissance d'un univers pictural authentique signifie avant tout, parvenir à dépasser ses propres limites. 
Ainsi, le fait que nous soyons tous différents est une vrais richesse dès lors que l’on parvient à s’ouvrir et se mettre à l’écoute les uns des autres.
 
La fonction de l'art majeur n'est donc pas tant de chercher à plaire que de déranger (entre autre chose, comme je l’ai déjà souligné, en nous amenant à flirter avec nos limites). Car chercher uniquement à plaire nous oriente dans une direction très superficielle.
Et quand on demande à Picasso ce que le beau signifie pour lui, il répond que dans son travail, il ne cherche pas la beauté mais la vérité. 
Il s’agit là, à mon sens, de cette vérité singulière aux multiples facettes, et qui se trouve enfouie au plus profond de nous.
James Metcalf
États-Unis
1925-2012
James « Jimmy » Metcalf (11 Mars, 1925 Janvier, 2012) était un sculpteur américain, artiste et pédagogue. Metcalf établi et dirigé une communauté pour le cuivre artisans à Santa Clara del Cobre , Michoacán , Mexique , depuis les années 1970 jusqu'à sa mort en 2012.

Metcalf est né à New York. Ses parents étaient tous deux vitraux artistes, dont la plupart contribuent notamment aux fenêtres de la cathédrale de Saint Jean le Divin . Metcalf a pris l' art et la sculpture comme un adolescent. Il est enrôlé dans la 88e Division d' infanterie de l' armée américaine , surnommé les Blue Devils, quand il avait 18 ans. Metcalf a combattu dans le nord de l' Italie pendant la Seconde Guerre mondiale, et a perdu trois de ses doigts pendant le combat à Furlo passe .

Metcalf a assisté à la Pennsylvania Academy of Fine Arts de Philadelphie , puis inscrit à l' Ecole Centrale des Arts et Métiers à Londres. Il a reçu une bourse pour étudier l' ancienne métallurgie et essentiellement déménagé à Deya, Majorque , en 1953. Il se lie d' amitié et il a collaboré avec l' écrivain Robert Graves sur son travail, la côte d'Adam, publié en 1955. Metcalf a vécu à Paris 1956-1965, où il trouve son atelier au Impasse Ronsin .

En 1965, Metcalf était un sculpteur accompli, avec un studio sur Spring Street à SoHo . Cependant, il était fatigué de l' art contemporain et a déménagé à Mexico , y compris Mexico . Il se lia d' amitié avec d' éminents écrivains et artistes, parmi lesquels Carlos Fuentes et Carlos Pellicer , et a été le premier à introduire Octavio Paz à Marcel Duchamp . Metcalf a remporté la commission pour forger la flamme olympique pour les Jeux Olympiques d' été de 1968 à Mexico. Il a été marié à l' actrice mexicaine Pilar Pellicer , sa troisième épouse, avec qui il avait deux fils et une fille. Metcalf épousa plus tard la sœur cadette de Pilar Pellicar, sculpteur Ana Pellicer , sa quatrième épouse.

Metcalf a ouvert un studio et forge en 1967, où il a enseigné les artistes comment créer des vases avec un bord épais appelé El Borde Greuso . En 1973, Melcalf et Anna Pellicer a fondé Casa de Artesana et une école. qui deviendrait connue sous le nom Adolfo Meilleur Maugard école des Arts et Métiers à Santa Clara del Cobre , de promouvoir des artistes autochtones et précolombienne chaudronnerie et forgeage techniques. Leur travail a été crédité de la préservation de la métallurgie de la région.

Metcalf est mort à Santa Clara del Cobre, Michoacan, le 27 Janvier 2012, à l'âge de 86 ans , il laisse dans le deuil sa femme, Ana Pellicer . Il a été enterré à Santa Clara del Cobre, près de plusieurs de ses sculptures.
Pierre Molinier
France
1900 - 1976
Surréalisme
Pierre Molinier est un photographe, un peintre et un poète français né le 13 avril 1900 à Agen et mort par suicide le 3 mars 1976 à Bordeaux.

Il est surtout connu pour ses tableaux érotiques et pour ses photomontages, mises en scène de son propre corps et autoportraits travestis, où s'expriment son culte de l'androgynie1 et son fétichisme des jambes2.

Son œuvre singulière et énigmatique a influencé, au début des années 1970, les artistes européens et nord-américains du body art, et continue de retenir l'attention des artistes, des critiques et des collectionneurs d'aujourd'hui.
Edmund Monsiel
Pologne
1897-1962
Art Brut
Edmund Monsiel (1897-1962) est né en Pologne. Il suit l’école primaire et gère quelques années plus tard une petite boutique dans une ville de province, dont il est dépossédé en 1942 par les Allemands. Par crainte d’être arrêté, il se réfugie ensuite dans le grenier de son frère, à Wozuczyn. Il s’y cache jusqu’à la fin de la guerre et ne le quittera plus jusqu’à sa mort, refusant tout contact.
Il semble que la menace de l’occupant n’ait été que le prétexte à une auto-séquestration. Edmund Monsiel souffre par ailleurs d’autisme et d’hallucinations auditives et visuelles.

Edmund Monsiel est l’auteur de quelque cinq cents dessins réalisés au crayon à la mine de plomb, retrouvés dans cette mansarde après sa mort. Ils représentent presque exclusivement des visages christiques par le biais d’une ligne qui, au fur et à mesure qu’elle se développe, engendre d’autres physionomies, et ce jusqu’à l’infini.

Des textes, qui sont pour la plupart des professions de foi religieuses, des exhortations à la piété ou des sentences moralisantes, figurent également au verso ou au recto de ses compositions.
MR. DJUB
France
Surréalisme
MR. DJUB
 
« J’ai réalisé mon premier collage en 1983. J’avais 14 ans, j’étais punk, je faisais des fanzines. Une époque où l’on fabriquait toutes les maquettes de manière traditionnelle… En France, l’héritage punk et situationniste était déjà bien ancré. Le collage était donc une pratique naturelle, mais dans une application surtout politique, dans l’idée du slogan. Le collage a une histoire fascinante. Certains remontent à Charles Dufresny au XVIIIe siècle. Pour ma part, je suis émotionnellement relié aux dadaïstes Raoul Hausmann, Hannah Höch ou John Heartfield ainsi qu’aux surréalistes bien sûr et particulièrement avec Max Ernst – c’est à cette période précise que je suis le plus attaché. Ensuite, j’aime la façon dont les gens d’art brut ont fait évoluer les choses en combinant les techniques, passant du papier aux objets pour se raconter. Le collage est plus une pratique commune qu’un mouvement à proprement parler, c’est une réalité. Par contre, un état d’esprit soude les collagistes : le stakhanovisme de l’affaire. Ce sont tous des furieux du scalpel qui veulent faire surgir d’un matériel étranger un sens nouveau, une malice de détournement. Et le vrai truc là-dedans reste jusqu’où tu es capable de pousser l’exercice. Je crois aussi qu’il faut savoir distinguer les collagistes des addicts de l’ordinateur et de l’assemblage digital.  Je ne travaille que sur des journaux parus entre 1840 et 1880 pour des raisons de cohérence. Un des avantages du collage, c’est justement son manque de repère. En ce sens, aucun dogme n’enferme sa pratique, il n’a donc pas d’école définie, et j’adore cela, moi qui revendique mon état d’autodidacte ayant été éjecté de l’Éducation nationale à 16 ans. Ernst disait : « Si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n’est pas la colle qui fait le collage.» En art, rien ne peut se résumer à une technique. »
 
Mr Djub vit et travaille à Paris (France). Il réalise ses premiers collages en 1983. Claude Roffat, reconnu et respecté pour son travail auprès des singuliers français, créateur de la référentielle revue d’art singulier et brut L’Œuf sauvage, expose l’artiste dans sa galerie de Paris au crépuscule des années 1980. À partir de 2010, Mr Djub complexifie sa technique de collage, décidant de créer uniquement à l’aide de « papiers anciens » – des gravures imprimées entre 1840 et 1890 éditées dans le cadre de publications populaires d’actualités art, culture, politique et faits divers. Recherchant la vérité d’un papier fragilisé et généralement difficilement conservé, ses créations rejettent les gestes – tels que reprographie, réequilibre des couleurs, surlignage à l’encre – autres que ceux imposés par une paire de ciseaux et un scalpel. Mr Djub est également Djubaka (programmateur musical pour la radio nationale France Inter) et la moitié du duo d’activistes Anne & Julien, fondateurs du projet artistique HEY! modern art & pop culture en 2010.

Texte : Anne Richard
 
À lire : Les Mondes Promis, illustrations Mr Djub, textes Rosita Warlock (éditions Rackham).
Michel Nedjar
France
1947
Art Brut
Wolfgang Paalen
Autriche
1905-1959
Surréalisme
Wolfgang Paalen, né le 22 juillet 1905 à Vienne en Autriche et mort le 24 septembre 1959 à Taxco au Mexique, est un peintre, sculpteur et philosophe. Membre du groupe surréaliste autour d'André Breton en 1935, il joue un rôle capital comme peintre et inspirateur pendant son exil à Mexico après 1939. Il est fondateur et éditeur du magazine contre-surréaliste DYN, par lequel il cherche à réconcilier des tendances matérialistes et mystiques (délits en surréalisme) par sa philosophie de la contingence comme substitut au principe surréaliste de la nécessité involontaire. Il apparaît comme l'un des plus influents théoriciens de l´art abstrait pendant la Seconde Guerre mondiale.
Georges Papazoff
Autre
1884-1972
Surréalisme
Après avoir travaillé en Allemagne, Georges Papazoff s'installe à Paris en 1924.

Considéré comme un précurseur du « surréalisme abstrait », et comme André Masson, il réalise des « tableaux de sable » : succession de couches de colle et de sable sur de la toile, terminées par quelques traits au pinceau pour assurer le « surgissement figural1 »

Bien qu'il soit ami avec Max Ernst, Georges Malkine et Joan Miró, sa défiance envers tout groupe structuré, l'empêche d'adhérer au surréalisme, même si son expression plastique « procède des mêmes curiosités et de la même générosité créatrice » depuis ses « métamorphoses successives » à ses « cristallisations sémaphoriques » proches des dernières œuvres d'Yves Tanguy.
Mimi Parent
Canada
Surréalisme
Mimi Parent, née Marie Florence1 Parent le 8 septembre 1924 à Montréal et morte le 14 juin 2005 à Villars-sur-Ollon (Suisse), est une artiste peintre surréaliste canadienne.

Mimi est la huitième des neuf enfants de l'architecte Lucien Parent.

Après sa scolarité au couvent des Dames du Sacré-Cœur2, elle étudie la peinture à l'École des Beaux-Arts de Montréal en 1942 où elle travaille dans l'atelier d'Alfred Pellan3. Au sein d'un groupe contestant l'académisme de l'enseignement, elle rencontre Jean Benoît. En 1947, pour cause d'indiscipline, elle et Jean Benoît sont renvoyés de l'école.

En 1948, Mimi Parent vend toutes ses œuvres à la galerie Dominion de Montréal qui organise sa première exposition personnelle. Elle épouse Jean Benoît et tous deux obtiennent une bourse du gouvernement français pour venir étudier à Paris4.

En 1949, elle expose au Salon de l'Art libre organisé au musée d'Art moderne de la ville de Paris. en 1954, en compagnie de son mari, elle représente le Canada pour l'Exposition de la jeune peinture au Palais de Tokyo1.

En 1959, elle rencontre André Breton et entre au groupe surréaliste.

Elle contribue à l'organisation de l' Exposition inteRnatiOnale du Surréalisme (EROS) présentée du 15 décembre 1959 au 15 février 1960 à Paris. Avec Marcel Duchamp, elle conçoit la maquette du catalogue et réalise la salle du Fétichisme. Elle présente également une boîte verte intitulée Boîte Alerte - Missives Lascives dans laquelle des idées pouvaient être « envoyées ». C'est le début d'une série de boîtes surréalistes.

Jusqu'en 1987, Mimi Parent participe aux principales expositions surréalistes dont :
. Exposition internationale du surréalisme à la galerie Daniel Cordier, à Paris, en 1959,
. Mostra internazionale del Surrealismo à la Galleria Schwarz de Milan, en 1960,
. L'Écart absolu organisée par Breton à la galerie de l'Œil, à Paris, en 1965,
. A Phalla, à la fondation A. Alvarez Pentadeo de São Paolo, en 1967,
. Exposition international du surréalisme aux musées de Prague, Brno et Bratislava en Tchécoslovaquie, en 1968,
. La Femme et le surréalisme au musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, en 1987.

En voulant multiplier les passage de l'image plate au volume et inversemment, Mimi Parent ne cesse d'introduire dans ses peintures toutes sortes de techniques qui vont de la broderie à l'incrustation en passant par le collage. Ses œuvres sont régulièrement publiées dans les revues surréalistes Bief, La Brèche et L'Archibras.

En 2004, le Musée national des Beaux-Arts du Québec consacre une exposition au couple Parent-Benoît.

Après sa mort en 2005, ses cendres (ainsi que celles de son mari, mort en 2010), ont été dispersées au château de Lacoste, Vaucluse, ayant appartenu au marquis de Sade.
Œuvres

Autoportrait au chat, 1945, huile sur toile collée sur carton, 75,4 x 78,7 cm, Musée national des beaux-arts du Québec5,6
Nature morte, 1948 ou avant, huile sur carton, 61,3 x 61,3 cm, Musée national des Beaux-Arts du Québec1,7
J'habite au choc, 1949, première version8
Sans titre, 1951, huile sur toile, 73 x 92 cm, collection particulière9
J'habite au choc, 1955, deuxième version, huile sur bois, 62 x 87 x 8 cm, collection privée10
La Cravate en cheveux, 1959, tableau-objet, collection particulière11
Masculin-Féminin, 19598
Boîte alerte, 1959, carton et papier, 28,0 x 17,9 x 6,4 cm, collection particulière12
La Crypte du fétichisme, 1959, assemblage d'une vingtaine d'objets symbolisant le fétichisme13
Le Veilleur de nuits, 1959 ou 1960, huile sur toile, 74 x 92 cm, Collection Musée national des Beaux-Arts du Québec14
Pour Diane, 19758
Le passage du mervillon, 1975, huile sur contreplaqué et matériaux divers, 52,5 x 65,0 x 7,5 cm, collection privée15
Reliquaire pour un crâne surmodelé du Moyen-Sepik, 1976, matériaux divers, 49,0 x 26,7 x 26,7 cm, collection privée16
La Belle cheval, 1982, boîte-relief, 76,5 × 51,9 cm, Galerie François Petit17
Panthère noire, vers 1983, huile sur contreplaqué et matériaux divers, 73,7 x 101,5 x 18,5 cm, collection particulière18
Les très riches heures du marquis de Sade, 1989, huile sur contreplaqué et matériaux divers, 102,0 x 73,5 x 16,5 cm, collection particulière19
Espace bleu, 1991, boîte-relief, 63 × 77 cm, collection particulière20
Adieu vieux monde, 1991, huile sur contreplaqué et matériaux divers, 86,0 x 94,0 x 17,5 cm21
Anne, ma soeur Anne, 1994, huile sur contreplaqué et matériaux divers, 70,0 x 92,0 x 16,5, collection de l'artiste22
Maîtresse, 1996, cheveux, cuir, huile et bois, 47,5 x 34,5 x 5,7 cm, collection particulière23

Bibliographie

Adam Biro & René Passeron, Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, Fribourg, Office du Livre, et Paris, Presses universitaires de France, 1982, p. 318.
André Breton, Le Surréalisme et la peinture, Paris, Gallimard, 1965, p. 390.
Georgiana Colvile, Scandaleusement d'elles. Trente-quatre femmes surréalistes, Paris, Jean-Michel Place, 1999, p. 228-234, avec une photographie de l'artiste réalisée en 1977 par Marion Kalter.
Annie Le Brun, « Nostalgiques tableaux de proie », préface pour l'exposition de Mimi Parent, Galerie André-François Petit, mai-juin 1984, dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éditions Carrère, 1984, p. 238-242.
Danielle Lord, Mimi Parent, Jean Benoît : surréalistes, Québec, Musée national des beaux-arts du Québec, 2004.

Notes

? a b et c Trépanier, Esther, 1951- et Musée national des beaux-arts du Québec., Femmes artistes du XXe siècle au Québec : œuvres du Musée national des beaux-arts du Québec, Musée national des beaux-arts du Québec, 2010 (ISBN 9782551198573 et 2551198577, OCLC 657061520, lire en ligne [archive]), p. 100,248
? A. Biro, op. cit.
? Comité de rédaction, Anne-Marie Bouchard ; auteurs, Kasia Basta ... et [al.], Croire, devenir, ressentir, imaginer, revendiquer : 350 ans de pratiques artistiques au Québec, Québec, Musée national des beaux-arts du Québec, novembre 2018, p. 58
? Colvile, op. cit.
? Reproduction dans E. Trépanier, op. cit.
? « Autoportrait au chat | Collections Musée national des beaux-arts du Québec » [archive], sur collections.mnbaq.org (consulté le 2 février 2019)
? « Nature morte | Collections Musée national des beaux-arts du Québec » [archive], sur collections.mnbaq.org (consulté le 2 février 2019)
? a b et c Cité dans Biro, op. cité
? Reproduction dans D. Lord, op. cit., p. 72
? Reproduction dans D. Lord, op. cit., p. 73
? Reproduction dans Colvile, op. cit., p. 233
? Reproduction dans D. Lord, op. cit., p. 19
? Reproduction dans D. Lord, op. cit., p. 18
? « Mimi Parent | Collection Musée national des beaux-arts du Québec » [archive], sur collections.mnbaq.org (consulté le 2 février 2019)
? Reproduction dans D. Lord, op. cit., p. 82
? Reproduction dans D. Lord, op. cit., p. 83
? Reproduction dans Colvile, op. cit., p. 230
? Reproduction dans D. Lord, op. cit., p. 88
? Reproduction dans D. Lord, op. cit., p. 90
? Reproduction dans Colvile, op. cit., p. 231
? Reproduction dans D. Lord, op. cit., p. 91
? Reproduction dans D. Lord, op. cit., p. 98
? Reproduction dans D. Lord, op. cit., p. 99

Liens externes
Marinela Pelosi
Brésil
Né en 1957
Art Brut
Jules Perahim
Roumanie
1914 - 2008
Surréalisme
Edgard Pillet
France
Lubos Plny
République tchèque
né en 1961
Art Brut
Louis Pons
France
1927
Art singulier
Après des études primaires à Marseille, à l'école des Chartreux, Louis Pons apprend le métier d'ajusteur à l'École des métiers d'Endoume, toujours à Marseille, mais ne l'exerce pas.

Dessinateur de presse à la Libération, dans les journaux issus de la Résistance, il est aussi, brièvement, comptable, ouvrier agricole, vendangeur, peintre en bâtiment...

En 1948-49, il passe un an et demi en sanatorium, à Hauteville[Où ?]. Malade, il vit à la campagne dans différents lieux du sud de la France : Montfroc, Simiane-la-Rotonde, Vence, Le Piole, Saint-Paul-de-Vence, Aix-en-Provence, Antibes, Sillans-la-Cascade.

Il découvre l'œuvre de Joë Bousquet, les dessins de Louis Soutter, les aphorismes de Lichtenberg1. Il réalise environ 2 000 dessins à l'encre de Chine pendant cette période, il peint et acquiert une presse de graveur. Mais atteint de troubles visuels, il est obligé d'abandonner le dessin.

En 1959, il compose ses premiers assemblages, sortes de collages en trois dimensions, ou tableaux en relief faits d'objets et de matériaux de récupération.

Son œuvre a reçu l'étiquette de surréalisme ou encore d'art brut. Certes il s'en est nourri, mais Louis Pons est un singulier de l'art ; à travers ses boîtes, ses reliquaires, ses collages, ses assemblages, il poursuit inlassablement une ethnologie poétique qui lui est propre. Gilles Plazy dit de lui qu'il est un « amasseur de débris qui compose des œuvres originales avec des choses usées »2, des œuvres que l'on peut trouver morbides mais qui sont toujours pleines de bizarreries, d'incongruités, de surprises et parfois même d'humour.
Alejandro Ramon
Cuba
1943
Surréalisme
Ramón Alejandro naît le 16 février 1943 à Cuba et passe son enfance dans les faubourgs de La Havane, à La Víbora. Il est le petit-fils et neveu de peintres issus des écoles des Beaux-Arts de Madrid et de La Havane. En 1960, il quitte sa famille et Cuba pour voyager de par le monde et visiter de nombreux musées pour voir les originaux des œuvres qui le fascinaient au travers de leurs reproductions ou leurs copies réalisées par son grand-père, admirer le baroque exubérant de certaines églises et se former au métier. Il se rend d'abord en Amérique du Sud, en Argentine, au Brésil et en Uruguay. Il entame même des études aux Beaux-Arts de Buenos Aires. Il arrive en Europe en 1963.

Après un tour d'Espagne, passant notamment par les Asturies, terre de ses ancêtres, il se fixe à Paris en 1963 et s'inscrit dans l'atelier de gravure de Johnny Friedlaender. Il acquiert la nationalité française, fonde une famille et installe son atelier au pied de la butte Montmartre, après avoir vécu à Madrid entre 1976 et 1978. Sa femme, l'artiste peintre Catherine Blanchard, meurt en 1993. Il cherche alors à se rapprocher de son île natale en séjournant à Miami de 1995 à 2004. Il ne parvient pas à s'installer durablement à La Havane en 2005 et se fixe à Mexico en 2007 mais, après un retour à Paris, il revient à Miami en 2011, dans le quartier de South Beach, près de son fils. Il y réside actuellement.
Josette Rispal
France
1946
Art singulier
Le bronze, le verre, le plastique, la terre, Josette Rispal utilise bien à « profusion », comme le souligne Françoise Sagan, les matériaux pour créer cet univers unique et riche de diversité où coquillages, bonbons, flore magnifique, masques translucides et poupées de chiffons se côtoient.
Josette, née à Aurillac (Cantal) en 1946, commence à partir de 1974 à travailler l’argile et découvre, en modelant L’Homme qui se roule de douleur, que la sculpture lui ouvre le monde de l’expression. L’année suivante ses recherches explosent en tous sens : elle sculpte sur laves et utilise le verre. S'ensuivent une créativité prolifique, une multiplication des matériaux, une inventivité débordante de nouvelles techniques. Dès 1977, elle expose à Paris et en Allemagne et sa première rétrospective, en septembre 1983, est suivie de nombreuses expositions internationales.
Endre Rozsda
Hongrie
Hongrie 1913 - Paris 1999
Surréalisme
Endre Rozsda (Mohács, Hongrie 1913 - Paris 1999) est l’auteur d’une œuvre personnelle et secrète, à la frontière de différents mouvements artistiques, récusant la distinction abstraction-figuration, dont l’idée du temps constitue le sujet essentiel.

En 1938, il est ébloui par un concert de Bela Bartok qui lui révèle sa propre modernité. Il vient à Paris où il rencontre Vieira da Silva, Giacometti, Picasso et se lie d’amitié avec Françoise Gilot


Persécuté par le nazisme retourne en Hongrie, où il sera piégé par le stalinisme, Rozsda décide, en 1957, de s’installer définitivement en France. André Breton préface le catalogue de sa première exposition à la Galerie Fürstenberg et, en 1964, Marcel Duchamp lui décerne le prix Copley

Soutenu par des amateurs éclairés, Rozsda poursuivra son œuvre dans l’intimité de son atelier, loin du marché de l’art. Il pouvait passer plusieurs années sur un tableau « sans se plier aux exigences de la mode » comme l’avait noté Jack Lang. Il a peint et dessiné, inlassablement, jusqu’à la fin de ses jours au Bateau Lavoir.
?Après la rétrospective ROZSDA le temps retrouvé, présentée en juin dernier à l’Orangerie du Sénat, la Galerie Les Yeux fertiles propose une exposition ROZSDA Retrouvailles où le public parisien va pouvoir redécouvrir cette œuvre exceptionnelle.

« RETROUVAILLES »

Ce sont tout d’abord des Retrouvailles avec la ville de Paris, adoptée, aimée par Rozsda, arpentée inlassablement avec crayon et appareil photo. Retrouvailles, aussi, avec le quartier de St Germain des Prés où André Breton avait présenté ses toiles pour la première fois en 1957, place Fürstenberg dans la galerie de Simone Collinet, la galerie même où Joyce Mansour a présenté en 1963 la dernière exposition publique de Rozsda.
Retrouvailles, ensuite, avec les œuvres que Rozsda avait cachées au public depuis 1963, dont la galerie Les Yeux fertiles nous offre une belle sélection.
Enfin, la galerie Les Yeux fertiles nous permet des Retrouvailles avec l’esprit promeneur de Rozsda : elle est située en bas de la rue de Seine, juste en face de la rue des Beaux-Arts, avec vue sur l’Académie des Arts, l’ancienne librairie du Minotaure et l’hôtel des Beaux-Arts où Rozsda avait rencontré Jorge Luis Borges.


Ody Saban
Turquie
1953
Surréalisme, Art Brut
Ody Saban est une artiste française associée aux courants de l'art brut, hors-les-normes et surréaliste. Elle a été élevée dans un univers mi-juif et mi-musulman, a étudié dans des écoles catholiques, trait qui marque sa signature artistique.

« Artiste inclassable, cette dessinatrice est parfois étiquetée "brute", d'autres fois "surréaliste" ou encore "contemporaine". Si elle a étudié dans des écoles d'art, elle n'en conserve pas moins une imagination inépuisable, une liberté médusante et une inspiration débridée2. »

« La dernière série de peintures d'Ody Saban représente de grands bateaux volants qui la relient à l'utopie révolutionnaire célèbrent à sa façon érotique et amoureuse, le thème de l'émigration. Ody Saban dessine à l’encre de Chine sur du papier de soie, papiers de l'extrême orient, pratique l’aquarelle et la peinture (huile et acrylique). Ces sortes de broderies aux couleurs chaudes rappellent les miniatures, mais aussi l’univers cosmopolite, ce dont elle reste imprégnée. Ses dessins évoquent l’érotisme amoureux et chaque feuille est remplie d’enchevêtrements de corps, de visages, de fleurs, exprimant ainsi la plénitude féminine. Si elle s’identifie à Lilith, la femme maudite, c’est pour mieux combattre la misogynie, mais aussi pour révéler la magie qui se dégage de son univers chargé d’onirisme fantastique.»3
Bernard Saby
France
1925 - 1975
Bernard Saby (1925-1975) est un peintre et dessinateur français. Après avoir étudié dans sa jeunesse la composition musicale auprès de René Leibowitz, il développa une abstraction singulière et suggestive, nourrie non seulement par ses recherches dans le domaine de la musique sérielle, mais aussi par son expérience des drogues, mescaline ou haschich notamment, ou encore par son étude approfondie des lichens et des textes chinois anciens.

Henri Michaux a publié en 1956, dans Misérable Miracle, un texte de Bernard Saby décrivant son expérience de la mescaline : L’image privilégiée.

Selon Patrick Waldberg, "Bernard Saby [était] sans doute, de sa génération, le plus intrépide côtoyeur d'abîmes." 1 Selon Jean-Jacques Lebel : "Mort jeune, Bernard Saby n'avait pas d'âge. Sa singularité absolue le plaçait au-dessus de la mêlée." 2 Pierre Boulez, son condisciple chez Leibowitz, affirme "qu'on peut voir la personnalité de créateur de Saby comme écartelée entre les forces d'irrationalité auxquelles il estimait indispensable de s'abandonner et le besoin de les ordonner selon une logique avouée et contrôlée." 3

Le Musée d'art moderne de la ville de Paris lui a consacré une rétrospective en 1986, et expose des tableaux de Saby dans ses collections permanentes. Il est aussi présent dans les collections du Musée national d'art moderne, Centre Pompidou.


Fabian Sanchez
Pérou
Frederich Schroeder-Sonnenstern
Allemagne
1892-1982
Art Brut
D’origine lituanienne, Friedrich Schröder-Sonnenstern (1892 – 1982) est né en Russie, dans la région de Sovetsk (anciennement Tilsit), près de la frontière allemande. Deuxième d’une famille de treize enfants, il ne reçoit pratiquement aucune éducation de ses parents qui le délaissent. Dès l’âge de quatorze ans, il est placé dans une maison de correction pour vagabondage, vol et voies de fait. Plusieurs autres internements suivront entre lesquels il parvient à terminer un apprentissage en métairie et à exercer ce métier. En 1918, à la suite du vol d’un cheval, il est déclaré irresponsable et interné à la clinique de Sovetsk, d’où il sort moins de deux ans plus tard pour retourner vivre chez ses parents. Il s’enfuit ensuite pour Berlin, où il vivra sous le faux nom de Gustav Gnass. Avec la complicité de sa compagne, il gagne sa vie en escroc, pratiquant l’astrologie et le magnétisme curatif, entre autres. Il est ensuite condamné à plusieurs reprises et interné dans un hôpital psychiatrique situé dans le district de Neustadt, en Allemagne. C’est là qu’il aurait commencé à dessiner.

Excluant une maladie mentale caractérisée, le rapport médical autorise sa sortie en 1934. Durant la Seconde Guerre mondiale, sa survie aux campagnes d’extermination nazie des personnes mentalement déficientes reste un mystère. Reprenant le dessin à la fin des années 1940, il commence à vendre ses œuvres et à se faire connaître, notamment dans le milieu surréaliste. Il cesse de dessiner après le décès de sa femme en 1964 et sombre dans la dépression et l’alcoolisme. Ses œuvres, jugées scandaleuses lors de leurs premières expositions, représentent des personnages composites, sortes de monstres mi-humains mi-animaux, dans des postures souvent très sexualisées.
Bernard Schultze
Allemagne
1915 - 1905