SURRÉALISME, la troisième saison 1945-1966
Du 24 mai au 30 juin 2019
Maurice Baskine83
Guido Biasi85
Jorge Camacho3
Adrien Dax84
Gabriel Der Kervorkian92
Jacques Lacomblez54
Yves Laloy46
Gherasim Luca87
Mimi Parent 56
Endre Rozsda78
Jean-Claude Silbermann22
Ugo Sterpini86
Max Walter Svanberg76
Jean Terrossian88
Maurice Baskine
1901-1968
Surréalisme
Maurice Baskine est un peintre français, né le 7 octobre 1901 à Kharkiv (Ukraine), et décédé à Paris le 5 juillet 1968.

Sa famille s'est installée à Paris en 1905. Il découvre l'occultisme, l'alchimie en 1933. Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1944, il s'évade du camp de l'organisation Todt à Martigues et prend le maquis. Il rejoint les rangs du F. F. I. le 24 juin 1944.

En 1945, il commence ses premières grandes expositions, dont le Salon des Surindépendants. Il adhère au groupe surréaliste en 1946, et participe à la grande exposition internationale du surréalisme de 1947, à la Galerie Maeght, où il réalise le 13e autel intitulé "l'athanor". En 1948, il organise l'exposition COMME des surréalistes, il y rencontre le peintre surréaliste cordais Francis Meunier. C'est en 1951 qu'il rompt avec les surréalistes, élaborant alors sa ligne alchimique : la Fantasophie.

À partir de 1951, Maurice Baskine poursuit une activité solitaire, de peintre brutiste, préoccupé uniquement d'alchimie fantasophique. Son grand triptyque "Fantasophe-Roc ou l'édification de la pierre de Fantasophopolis" est exposé en 1957 à la Galerie Furstenberg. On peut voir aujourd'hui ce grand tableau, de 5m × 2m, véritable résumé de l'enseignement philosophal, au Musée d'Art Moderne de Cordes-sur-Ciel. Le 24 novembre 1964, le deuxième chaîne de télévision diffuse un reportage sur Baskine, dans l'émission "Entre les Lignes".

Maurice Baskine meurt à Paris le 5 juillet 1968. Grâce à Monique et Jean Saucet, dépositaires des œuvres, de nombreuses expositions rendent hommage à Maurice Baskine après sa mort, en particulier la Biennale de Venise en 1986, ou la rétrospective organisée à Cahors en 1990, au Grenier du Chapitre. En 2003, une grande exposition rétrospective a lieu à Cordes-sur-Ciel, à la Maison Fonpeyrouse et à la Maison des Surréalistes. Depuis lors, l'essentiel des œuvres de Maurice Baskine, données à la Cité cordaise, sont visibles en son Musée d'Art Moderne et Contemporain. De nombreuses pièces appartiennent à des collections privées ; la "Mère Folle" est au Centre Pompidou, à Paris.
Guido Biasi
Italie
1933_1984
Surréalisme
Guido Biasi(1933, Naples - 1983, Paris) était un peintre italien, actif à Paris depuis 1960.


Vie et travail

Guido Biasi a étudié à l'Ecole Supérieure d'Art de Naples et à l' Académie des Beaux- Arts de Naples . En 1953, lui et son ami Mario Colucci se rendirent à Milan pour rendre visite à Enrico Baje . En 1954, il est devenu membre du Movimento di Pittura Nucleare et en 1957, il est devenu signataire du Manifeste des peintures organiques et du manifeste du manifeste d'Abisola Marina . L'année suivante, Guido Biasi, Luca (Luigi Castellano), Del Pezzo, Di Bello et Fergola fondent le groupe artistique "Gruppo 58" et Biasi est l'auteur de son manifeste, qui lie ce groupe au Movimento di Pittura Nucleare de Milan. [1] Depuis 1959, il est directeur du Documento Barrel et a collaboré aux magazines Direzioni , Il Gesto , Linea Sud , Terzo Occhio , Gala International et d’autres. Il était un peintre italien d'avant-garde.

Dans les années 1960 et 1961, il participe à l'intrusion surréaliste dans le domaine des enchanteurs de New York et de Marcel Duchamp . Biasi a également exposé à Prague lors de la Confrontation dans le studio Ji?í Valenta.

En 1960, il s'installe définitivement à Paris. À Paris, il a contribué à la revue "Phases". [2] et figure parmi les membres éminents du mouvement. Il a travaillé pour "Homonymous Review" et "Edda", publiés à Bruxelles. Après 1968, il resta fréquemment et longtemps à Milan. Il est mort à Paris en 1983. [3]

En 1965, il présente l'exposition la plus importante à la Galerie Levante à Rome. Il a exposé dans des expositions prestigieuses, notamment la Roman Quadriennale (1972), la Biennale di Venezia (1972, 1978), la Biennale de Sao Paulo (1972), [4] Jeunes salons de peinture, comparaisons, Salon de mai et autres. et avait des expositions à Francfort, Hambourg, Cologne, Bâle, Paris, Grenoble, Londres, Amsterdam, Bruxelles, Malmö, Stockholm. [1] [5]
Référence
Galerie de Charpentier, Biographie de Guido Biasi
abART: Phases
Roe + Moore: Guido Biasi
askART: Biographie de Guido Biasi

La Collezioni d'Arte Paglione: Biasi Guido

Littérature

Quido Biasi, et al. auteurs, catalogue de l'auteur, Galleria Il Centro, Naples 1964
Guido Biasi, Biasi Quido, Holten Ragnar von, Sanguineti Edoardo, non daté
Guido Biasi, catalogue aut., Maison de la culture, Grenoble 1977
Jorge Camacho
Cuba
1934 - 2011
Surréalisme
Adrien Dax
France
1913-1979
Surréalisme
Adrien Dax, né en 1913 à Toulouse, (Haute-Garonne) et mort dans cette même ville en 1979, est un peintre et un écrivain français, libertaire et surréaliste.

Biographie

Adrien Dax est l'enfant unique d'une famille pauvre. Son père meurt des séquelles de la Première Guerre mondiale.
Il fréquente l'école des Beaux-Arts de Toulouse en cours du soir. Il découvre la peinture surréaliste avec les reproductions de la revue Minotaure.
Au début des années 1930, après un passage aux « Jeunesses socialistes », Adrien Dax s'engage dans les « Jeunesses communistes ». Il en deviendra le secrétaire régional, mais en sera exclu peu de temps après. Seul soutien de sa mère, il renoncera à s'engager dans la guerre d'Espagne.
Après la défaite de 1940, Adrien Dax est emprisonné dans un stalag de Poméranie. Il est libéré deux ans après1

En 1947, il se rend à Paris pour suivre un stage de formation (afin de devenir « Ingénieur des travaux ruraux ») et, à cette occasion, il prend contact avec les surréalistes2.

En 1950, dans son Almanach surréaliste du demi-siècle, André Breton publie le texte de Dax, Perspective automatique.

En novembre 1951, Le Libertaire, l'organe de la Fédération anarchiste, publie son premier article Art soumis art engagé où il souligne l'absence de différence entre l'art académique et bourgeois et le « réalisme socialiste stalinien ».

D'abord plasticien, Adrien Dax met au point une technique dérivée de l'automatisme : l'« impression de relief(s) » (1955). Proche de la lithographie, l'impression de relief est obtenue par des objets de hasard que l'artiste introduit entre la pierre et le papier au moment de tirer la lithographie3.

Il signe le Manifeste des 121 (Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie du 5 septembre 1960).

Trois ans après la mort d'André Breton, craignant que le surréalisme ne puisse échapper au rabâchage, à la pose stérile et à la parodie, Adrien Dax fait partie du groupe qui proclame son auto-dissolution.

Il fut également un « collectionneur passionné d'Art océanien »4.
Expositions personnelles

Galerie La Marée, Bruxelles, 1976
Galerie La Marée, Bruxelles, 1980
Actual, Paris, 1992
Galerie Carole Brimaud, Paris, 1994
Librairie L'Or du temps, Grenoble, 2000
Galerie Loin-de-l'œil, Gaillac, 2001
Galerie Convergences, Paris, 2014.

Expositions collectives

L'Étoile scellée, Paris, 1955
Phases, Varsovie, 1959
Exposition internationale du surréalisme, Paris-New York, Galerie Cordier, 1959
Esposizione collettiva, Galerie Schwarz, Milan, 1960
The Enchanters Domain, Darcy's Gallery, New York, 1960
Solstice de l'image, Ranelagh, Paris, 1961
Mini-Collages, Galerie Saint-Laurent, Bruxelles, 1961
Donner à voir, Galerie Greuze, Paris, 1962
Phases, São Paulo, 1964
L'Écart absolu, exposition internationale du Surréalisme, Galerie L'Œil, Paris, 1965
Princip Slasti [Principe du plaisir], Musée d'art moderne, Prague, 1968
Det rite Landskapet [Le Paysage intérieur], Ritsutstallinger, Stockholm, 1969
Surrealism ?, Moderne Museet, Stockholm, 1970
Der Guest des Surrealismus, Baukunst, Cologne, 1971
Exposition surréaliste, Chicago, 1976

Bibliographie

Adam Biro et René Passeron, Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, Office du Livre, Fribourg, Suisse et Presses universitaires de France, Paris, 1982, p. 118.
Gilles Bounoure, Présence d'Adrien Dax, dans Le Monde libertaire no 1666 du 29 mars 2012, p. 19.
Jean-Paul Clébert, Dictionnaire du Surréalisme, Paris, Seuil, 1996.
Adrien Dax, Écrits, édition établie et présentée par Guy Flandre et Oscar Borillo, Paris, éditions Rue des Cascades, 2010.
Adrien Dax, Perspective automatique, in Almanach surréaliste du demi-siècle, sous la dir. d'André Breton, Paris, Éditions du Sagittaire, 1950.
Gérard Durozoi, Histoire du mouvement surréaliste, Paris, Hazan, 1997.
Raphaël Neuville, « Adrien Dax : l'enchanteur noir [archive] », in Midi-Pyrénées patrimoine, n° 19, 2009, p. 112.
Raphaël Neuville, « Musée des Abattoirs : les peintures du surréaliste Adrien Dax [archive] », in Midi-Pyrénées patrimoine, no 26, 2011, p. 100-105.
Raphaël Neuville, Adrien Dax : surréaliste [archive], Paris, galeries Intuiti et Convergences, 2014, 47 p.
Raphaël Neuville, « Adrien Dax : un ‘‘anartiste’’ sans attaches [archive] », in Midi?Pyrénées patrimoine, no 43, automne 2015, p. 66?73.
Raphaël Neuville, L’« enchanteur noir » du surréalisme : le parcours d’Adrien Dax (1913-1979) [archive], Thèse de doctorat en histoire de l’art, sous la direction de Jean Nayrolles et Luce Barlangue, Toulouse, Université – Jean Jaurès, 2016, 3 vol., 1795 p.

Notes et références

? G. Bounoure, op. cit.
? Biro, op. cit. & Gérard Durozoi, op. cit., p. 665.
? Biro, op. cit., p. 216.
? R.R.R., Le Marteau et la rotule, ou les réflexes de la beauté, introduction à la réédition du texte de 1950 d'Adrien Dax, Perspective automatique, Gaillac-Toulouse, Galerie Loin-de-l'œil / Librairie Champavert, 2001.
Gabriel Der Kervorkian
France
1932
Jacques Lacomblez
Belgique
1934
Surréalisme
Jacques Lacomblez se passionne dès son adolescence pour le Romantisme allemand, Richard Wagner, Gustav Mahler, le Symbolisme, Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud, le Surréalisme, l'histoire des Cathares, Karl Marx, Sigmund Freud et la psychanalyse ou encore, mystique athée, à certains aspects de la gnose orientale. Il peint ses premiers tableaux d’esprit surréaliste à l’âge de 15 ans lorsqu’il découvre l’univers de Giorgio De Chirico puis celui de Max Ernst qui exerce une forte influence sur son travail. Il a aussi une grande admiration pour Kandinsky et Piet Mondrian. En janvier 1952, sa première exposition a lieu à la Galerie Saint-Laurent, à Bruxelles, réputée pour être un haut lieu de découverte de jeunes talents.

Dans le domaine de l'écriture poétique, après avoir été influencé très jeune par Jacques Prévert, la découverte de Breton et de Benjamin Péret inaugure une nouvelle voie où l'automatisme prendra son importance. Mais l'empreinte de Mallarmé, de recueils comme "Serres Chaudes" de Maeterlinck et "Les Reposoirs de la Procession" de Saint-Pol-Roux restera déterminante. Jacques Lacomblez rencontre René Magritte au début des années 1950 et fréquente les poètes surréalistes belges comme E. L. T. Mesens, Achille Chavée, Marcel Havrenne, Marcel Lecomte ou Paul Nougé. En 1956, il fait la connaissance d'Edouard Jaguer, animateur du mouvement et de la revue "Phases", avec qui il collabore étroitement à l'organisation des différentes activités et participe aux nombreuses expositions en Europe comme en Amérique latine et en Amérique du Nord. Il crée les éditions et la revue "Edda" qui comptera 5 numéros (de 1958 à 1965), et les éditions "L’Empreinte et la Nuit" qui publient des recueils de poèmes de Daniel Abel, Achille Chavée, Claude Tarnaud et Jean Thiercelin ainsi que les siens.

En 1958, par l'intermédiaire de Jean-Jacques Lebel, il rencontre André Breton. À la même époque, il entre en relation étroite avec plusieurs surréalistes dont Georges Henein, Wifredo Lam, Karl Otto Götz, Robert Benayoun, Jean-Pierre Duprey, Gérard Legrand, etc.

Sous l’impulsion de Marcel Lecomte et de Breton, il passe un an en pays Cathares, principalement à Montségur et dans le Sud-Ouest de la France. Durant ce séjour marquant, il se lie d'amitié avec Jean Thiercelin, Adrien Dax et Christian d’Orgeix.

Lacomblez participe à deux importantes Expositions Internationales du Surréalisme : en 1959 à la Galleria Schwarz de Milan, intitulée "Mostra Internazionale del Surrealismo" et en 1961, à l’initiative de Breton et de Marcel Duchamp, à la Galerie D’Arcy à New-York, titrée « Le Domaine des enchanteurs ».

En 1963, débute une amitié jamais démentie avec le poète Claude Tarnaud 1; ensemble et avec Thiercelin, ils partageront, entre autres, la passion pour le jazz et fréquenteront assidûment Julio Cortázar parmi tant d'autres mémorables figures des Arts et des Lettres. Partagé entre Bruxelles et Paris, il rencontre la plupart des artistes et poètes surréalistes du monde entier ; il expose notamment à Paris, à Rome, en Allemagne, au Danemark et au Brésil.

En 1964, à l'occasion de ses 30 ans, une grande exposition lui est consacrée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

Après la Pologne en 1980 (Poznañ, Varsovie...), le Musée d’Ixelles à Bruxelles propose sa première rétrospective en Belgique, en 1983.

Féru de musique ancienne, classique et contemporaine, Jacques Lacomblez a réalisé d'importants hommages picturaux à Mahler, Sibelius, Xenakis, Feldman, L. Nono, Grisey ou Ferneyhough... et pour le jazz à Duke Ellington, Thelonious Monk et Ornette Coleman. Il a également illustré plusieurs recueils de poètes, préfacé de nombreux catalogues d’exposition et ses poèmes ont été illustrés par divers artistes.

Sous son impulsion, plusieurs petites maisons d'édition belges et françaises ont fait (et vont faire) place à des auteurs comme Guy Cabanel, Roger Brielle, Gilles Petitclerc, Ludovic Tac et, bien sûr, ses amis Claude Tarnaud et Jean Thiercelin.

Une anthologie de ses poèmes établie par Alain Le Saux, "D'Ailleurs le désir", a paru aux Éditions Les Hauts-Fonds (Brest).

Ses œuvres ont été acquises par plusieurs collections et musées dont les Musées d'Art Moderne de Bruxelles, Rome, Jérusalem (collection Schwarz), Varsovie et Poznan.

Pour célébrer ses 75 ans et 60 ans de création, elles ont été présentées en automne 2009 dans une rétrospective organisée au Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Brieuc (Bretagne), en partenariat avec le Collectif des artistes plasticiens des Côtes d'Armor.

À l'occasion de ses 80 ans, la Galerie Quadri (Bruxelles) a présenté, au printemps 2014, une exposition rétrospective "Images de 1951 à 2013" ; à cette occasion est sortie de presse de presse une monographie illustrée en couleur avec des textes inédits de Guy Cabanel, Jean-Michel Goutier & Laurens Vancrevel qui complète celle déjà parue aux éditions Quadri en 2004..
Yves Laloy
1920-1999
Surréalisme
Yves Laloy, né le 13 juin 1920 à Rennes (Ille-et-Vilaine) et mort le 8 septembre 1999 à Cancale, est un architecte et un peintre surréaliste français.
Gherasim Luca
Roumanie
1913-1994
Surréalisme
Ghérasim Luca (en roumain : Gherasim Luca), né à Bucarest le 23 juillet 1913 et mort à Paris le 9 février 1994, est un poète d'origine roumaine dont la majeure partie de l’œuvre a été publiée en français. Bien qu'il ait côtoyé certains surréalistes français, il n'a jamais appartenu au groupe.

Biographie

Né Salman Locker en Roumanie dans un milieu juif ashkénaze, comme son ami Paul Celan. Son père Berl Locker, tailleur, meurt en 1914. En contact avec les langues française et allemande à Bucarest au début des années 1930, pendant ses années de formation, il lit très tôt de nombreuses œuvres philosophiques.

En 1930, c'est le début d'une longue amitié avec Victor Brauner, qui illustrera plus tard plusieurs de ses livres. Luca publie ses premiers textes la même année, dans la revue Alge, et adhère peu après au parti communiste, alors illégal et clandestin. En 1937 il se marie avec Annie Rasicovici. Dès la fin des années 1930, tout en écrivant en roumain, il commence à écrire en français et prend le pseudonyme de Gherasim Luca. On a longtemps considéré Le Vampire passif (publié à Bucarest en 1945, avec des photographies de Théodore Brauner ; réédité par José Corti en 2001) comme le premier écrit du poète en français ; mais Iulian Toma note cependant l'existence d'un texte inédit datant de 1938 : Les Poètes de vingt ans ou une mère mange l'oreille de son enfant1. Il prend part à la fondation puis à l’activité du groupe surréaliste roumain, avec Gellu Naum, Dolfi Trost, Paul P?un et Virgil Teodorescu, avec qui il collabore, et publie la collection Infra-Noir en 1946-19472.

Dominique Carlat nous renseigne sur son retour en Roumanie : « La déclaration de guerre le surprend à Paris ; après quelques jours d'errance en Italie, il parvient à regagner la Roumanie avec Gellu Naum, le 26 juin 1940. Il vient d'échapper à la déportation »3.

En Roumanie, avant la fin de seconde guerre mondiale, il publie un manifeste non-œdipien, perdu à ce jour, qui toutefois irrigue l'œuvre dans son ensemble. De sa philosophie non-œdipienne ressort avant tout le refus de toute transcendance et le refus de la fatalité biologique. Dès lors, comme le dit Serge Martin, il vivra toujours sur la corde, tel un funambule, dansant sur la corde, dans une « reterritorialisation continue », « hors-la-loi des contraires »4.

Après un rapide passage en Israël, à partir de 1952, il s'installe définitivement à Paris, d'abord avec sa compagne, Mirabelle Dors, puis à partir de 1955 et jusqu'à sa mort avec la peintre Micheline Catti. Il vit à Montmartre, dans un vieil atelier, sans eau chaude ni salle de bain, au troisième étage, sous les toits, du 8 de la rue Joseph-de-Maistre. Parmi ses amis, on compte Victor Brauner, Jacques Hérold, Gilles Ehrmann, Wifredo Lam, Paul Celan et Gisèle Celan-Lestrange, Thierry Garrel, Jean Carteret, le poète Claude Tarnaud, l'artiste Béatrice de la Sablière, qui fut sa compagne de 1952 à 1955, elle-même également liée à Tarnaud et au poète Stanislas Rodanski. Il poursuit ses activités artistiques multiples et en particulier ses réalisations graphiques parmi lesquelles les « cubomanies », commencées dès 1945, sont remarquables. Il s'agit d'une sorte de collage, obtenu en découpant de manière régulière une image donnée en fragments carrés et en recollant aléatoirement les morceaux, selon une conception toute personnelle du hasard objectif. Linda Lê le décrit comme « irréconciliable, il ne se conformait qu'à une règle : rester à l'écart, ne pas se mêler à la tourbe des fauves aux dents longues. »5

Il parle le yiddish, le roumain, le français et l'allemand et devient un poète francophone reconnu, dont les récitals (selon son propre terme), qu'il initie dans les années 1960, ne laissent personne indifférent.

Son ami et complice Jacques Hérold, peintre, placarde sur les murs de Paris, peu avant mai 68, une liste de tableaux imaginée pour lui par André Breton et des poèmes de Ghérasim Luca.

À partir de 1973, les philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari lui rendent hommage, en soulignant à quel point son « bégaiement » renouvelle la poésie, en portant le langage aux limites et en taillant « dans sa langue une langue étrangère »6. Également, sa « position non-œdipienne », son « auto-détermination » comme re-création de soi, bien avant L'Anti-Œdipe, ne pouvaient, à la suite d'Artaud, que retenir l'attention des deux philosophes. Deleuze le cite dans ses dialogues avec Claire Parnet et en parle comme d'« un grand poète parmi les plus grands »7.

Dans une sorte de transe verbale, qui tient autant du rituel que de l'exercice spirituel, « à gorge dénouée »8, Ghérasim Luca lit lui-même ses poèmes, lesquels proposent une écriture d'une très grande complexité dont la volubilité et la retenue font les deux modalités contradictoires mais toujours associées. Tantôt participant à des cycles ou à des projets de livre, chaque poème est minutieusement organisé jusqu'à sa typographie en utilisant le jeu des pages, tenant ainsi au plus fort du livre une oralité de l'écriture pleine de rythme : « je m'oralise », écrit-il. Son travail manifeste, depuis le début, une véritable obsession de la mort sous toutes ses formes tout en recherchant le plus vivant du langage jusque dans l'écriture de mots-valises et de formes syntaxiques défaisant tout académisme langagier pour inventer une véritable « cabale phonétique », une langue riche de nouvelles relations. Exemple le plus célèbre de ce « tangage de la langue »9, le poème Passionnément (1947)10 constitue à lui seul une prouesse remarquable, formidable cri de vie et d'amour, puisqu'il (ré)invente l'amour en tenant politique, éthique et poétique d'un même souffle loin de toutes les dichotomies habituelles (lyrisme/objectivisme ou intime/public, etc.). Évoquant son « parler apatride », André Velter écrit qu’il outrepasse les codes de sa langue d’adoption, « homme de nulle part enfin, il parle ici une langue tout à fait sienne qui excède autant le bon goût des linguistes et des grammairiens que le bon style des littérateurs, la bonne pensée des idéologues ou les bonnes mœurs des tenants de l’ordre grégaire. »11

Dans la tradition kabbalistique du langage, toute son œuvre participe d'une mise en mouvement de la langue, des idées et du corps, indissociablement liés dans un tourbillon d'érotisation générale : une « orgie de mots », qui cherche à « prendre corps » (Paralipomènes). Une manière explosive d'affoler le langage, et de le mettre en état de métamorphoses et mouvement permanent. Ghérasim Luca se livre en effet à une radicale pensée et réinvention du langage, au sens d'un corps-langage, pris dans une incessante « morphologie de la métamorphose » (titre d'un poème dans Héros-Limite)12, qui vise à mettre en mouvement toute la métaphysique : c'est ainsi que le poème « Quart d'heure de culture métaphysique »13 témoigne d'une sortie, à la fois douloureuse et jubilatoire, de la culture métaphysique, une physique du langage contre « le grand tout métaphysique »14. Définitivement « hors la loi », le poète Luca est ce « héros-limite » dont la vie et le cheminement poétique se résument dans un refus de toutes les limites, identités, essences, modes, idéologies, patries, de tous les académismes, enfermements, qu'ils soient politiques, éthiques, religieux, rhétoriques, selon sa formule : « comment s'en sortir sans sortir »15. Vincent Teixeira précise ainsi l'insoumission du poète : « Luca est de ces irréductibles enragés, aventuriers de l'esprit et aventuriers du langage, qui refusent toute allégeance, toute compromission avec les mensonges idéologiques, même tacites, mollement consensuels, les innombrables conformismes et entreprises de normalisation et asservissement des corps et des esprits, bref un refus du monde tel qu'il est ou tel qu'on voudrait nous faire croire qu'il est. Un refus barbare, contre toutes les barbaries de l'histoire »16.

À l'écart de tout mouvement ou école, contre les langages et les corps instrumentalisés, sa poésie apparaît ainsi comme une tentative théâtrale d'inventer un langage inconnu (que symbolisent par exemple les titres Le Chant de la carpe ou Théâtre de bouche), l'invention d'une langue et d'un vivre, et conjointement une réinvention de l'amour et du monde, car selon lui « tout doit être réinventé »17. La poésie, le rêve, l'amour et la révolution ne font qu'un, puisque dire le poème, dire le mot consiste à dire le monde : « gRÈVE / GÉNÉRALe / sans fin / ni commencement / LA POÉSIE / SANS LANGUE / LA RÉVOLUTION / SANS PERSONNE / L’AMOUR / SANS / FIN »18. Dans cette expérience qui tient la poésie et la vie au plus vif, le désespoir est surmonté par « l'appel d'air du rire / à mourir de fou rire »19. Selon lui, avec autant de jouissance que de révolte, autant d'humour que de désespoir, la poésie est une aventure humaine, qui engage le devenir de l'homme et du monde, non pour divertir, mais pour changer le monde, puisqu'« une lettre, c'est l'être lui-même », dit Ghérasim Luca.

Marguerite Bonnet n'ayant pas réussi à persuader Gallimard d'éditer ses textes, à partir de 1985, ce sont les Éditions José Corti qui rééditent certains de ses anciens livres, à commencer par les trois parus aux Éditions Le Soleil noir, et publient ensuite les inédits. Pour tous ses livres édités, Ghérasim Luca apportait un soin extrême à la « physique » du livre, au format, comme à la disposition de chaque poème.

À la fin des années quatre-vingt, l'atelier dans lequel il vit, rue Joseph-de-Maistre est jugé insalubre par l'administration, et il est alors expulsé et contraint de l'évacuer. Pour obtenir d’être relogé, il doit justifier d’une explicite appartenance nationale ; lui qui se considérait, depuis toujours, comme apatride devra alors se résoudre, contraint et forcé, à être naturalisé français, épousant par la même occasion sa compagne, Micheline Catty, en 1990. Ajoutés au poids des brimades passées et à la hantise des idéologies raciste et antisémite, ce déménagement forcé (dans un appartement de la rue Boyer, dans le 20e arrondissement) et cette obligation administrative l'affectèrent profondément, participant à l'assombrissement des dernières années de sa vie.

En 1994, fidèle à sa pensée dans son droit absolu à cette ultime décision (exprimé notamment dans La Mort morte, qui semble sceller son « destin-suicide »), comme dans son refus d'obéir à un destin biologique, il met fin à ses jours, « puisqu'il n'y a plus de place pour les poètes dans ce monde », comme il l'écrit dans une lettre d'adieu qu'il laisse à sa compagne. Comme Paul Celan 24 ans plus tôt, il se suicide en se jetant dans la Seine le 9 février ; son corps sera retrouvé le 10 mars20.
Postérité

Son ami le photographe Gilles Ehrmann lui a rendu hommage avec La Maison d'yeux (1994).

Il avait passé quarante ans en France sans papiers et « apatride », allant chaque année à la Préfecture de police pour renouveler son permis de séjour, avant d'obtenir vers la fin de sa vie la nationalité française. À partir de 1955, il vécut avec la peintre Micheline Catti qu'il épousa par la suite. Elle a participé à certains de ses plus beaux ouvrages dans lesquels graphismes et textes se conjuguent.

Son influence a fécondé, de son vivant, des poètes comme Serge Pey, Jean-Pierre Verheggen, Joël Hubaut, Olivier Cadiot, Julien Blaine, Serge Ritman ou Christophe Tarkos, et elle ne cesse de grandir, comme en témoignent les récentes adaptations de son œuvre au théâtre et les nombreuses études qui paraissent sur son œuvre et sur lui.

En 2012, le chanteur français Arthur H met en musique son poème Prendre corps et Christophe Chassol, un extrait de son poème Passionnément.

En mai 2016 la revue Europe a consacré son no 1045 (dirigé par Serge Martin) à Ghérasim Luca.

Dans le cadre de la Saison France-Roumanie, une exposition intitulée « Ghérasim Luca - Héros-limite » lui est consacrée au Centre Pompidou du 28 novembre 2018 au 7 janvier 2019, à partir de la donation exceptionnelle consentie par Micheline Catti-Ghérasim Luca auprès du Musée national d'Art moderne 21.
Œuvres

Un loup à travers une loupe, Bucarest, 1942. Poèmes en prose, publiés premièrement en roumain, puis traduits par l'auteur en français et publiés aux Éditions José Corti, Paris, 1998
L'Inventeur de l'amour suivi de La Mort morte, Bucarest, 1945. Poèmes en prose, publiés en roumain, puis traduits par l'auteur en français et publiés aux Éditions José Corti, Paris, 1994
Quantitativement aimée, Bucarest, Éditions de l'Oubli, 1944
Le Vampire passif, Bucarest, Éditions de l'Oubli, 1945. Illustré par des photographies de Théodore Brauner ; réédition, Paris, José Corti, 2001. Réédition du manuscrit en fac-similé, présentée par Petre R?ileanu et Nicolae Tzone, Bucarest, Editura Vinea, 2016
Dialectique de la dialectique, en collaboration avec Dolfi Trost, Bucarest, Éditions surréalistes, 1945
Les Orgies des Quanta, Bucarest, Éditions de l'Oubli, 1946
Amphitrite, mouvements sur-thaumaturgiques et non-œdipiens, Bucarest, Éditions de l’Infra-noir, 1947 ; réédition, Paris, "La maison de verre", 1996
Le Secret du vide et du plein, Bucarest, Éditions de l'Oubli, 1947 ; réédition, Paris, "La maison de verre", 1996
Héros-Limite, avec trois dessins de Jacques Hérold, Paris, Le Soleil Noir, 1953 ; réédition, 1970 ; réédition, Paris, José Corti, 1985
Ce Château Pressenti, avec une gravure de Victor Brauner, Paris, Méconnaissance, 1958. Ce poème fait partie de Un loup à travers une loupe.
La Clef, Poème-Tract, Paris, 1960
L'Extrême-Occidentale, avec 7 gravures de Jean Arp, Victor Brauner, Max Ernst, Jacques Hérold, Wifredo Lam, Roberto Matta, Dorothea Tanning, Paris, Éditions Mayer, Lausanne, 1961 ; réédition, Paris, José Corti, 2013
La Lettre, Paris, 1960
Présence de l'imperceptible, 'Vers le Non-Mental' et 'Vers la Pure Nullité', illustré par des Ponctuations de Pol Bury des années 1953-1961, Chatelet, c 1962
Le Sorcier noir, avec Jacques Hérold, Paris, 1962
Sept slogans ontophoniques, avec des gravures de Augustin Fernandez, Enrique Zanartu, Gisèle Celan-Lestrange, Jacques Hérold, Brunidor, Paris, 1963 ; réédition, Paris, José Corti, 2008
Poésie élémentaire, Éditions Brunidor, Vaduz, Liechtenstein, 1966
Apostroph'Apocalypse, avec 14 gravures de Wifredo Lam, Milan, Éditions Upiglio, 1967
Sisyphe Géomètre, avec une sculpture électrique de Piotr Kowalski à partir de bulles de verre renfermant des gaz rares, Paris, Éditions Claude Givaudan, 1967
Droit de regard sur les idées, Paris, Brunidor, 1967
Déférés devant un tribunal d'exception, Paris, 1968
Dé-Monologue, avec des gravures de Micheline Catty, Paris, Brunidor, 1969, repris dans Paralipomènes
La Fin du monde, avec un frontispice de Micheline Catty et 5 dessins de Ghérasim Luca, Paris, Éditions Petitthory, 1969
Le Tourbillon qui repose, Critique et Histoire, 1973
Le Chant de la carpe, Paris, Le Soleil Noir, 1973 avec un disque de sa voix et une sculpture en verre et miroirs de Piotr Kowalski ; réédition, Paris, José Corti, 1985
Présence de l'imperceptible, Franz Jacob, Châtelet, illustré d'œuvres de Pol Bury, sans date
Paralipomènes, avec un objet "cubomanie" du poète, Paris, Le Soleil Noir, 1976 ; réédition, Paris, José Corti, 1986
Théâtre de Bouche, avec des gravures et 9 dessins de Micheline Catty, Paris, Criapl'e, 1984 ; réédition, Paris, José Corti, 1987
Satyre et Satrape, Barlfeur, Éditions de la CREM, 1987
« Argol. Comme un monologue à peine dirigé », dans Qui vive ? Autour de Julien Gracq (recueil de textes de 29 écrivains consacrés à Julien Gracq), Paris, Éditions José Corti, 1989.
La proie s'ombre, Paris, Éditions José Corti, 1991
Le Cri, Paris, Éditions Au fil de l'encre, 1995
La voici la voie silanxieuse, Paris, Éditions José Corti, 1997
Levée d'écrou, Paris, Éditions José Corti, 2003
Le chat double pain trouble..., illustré par Victor Brauner, Paris, Éditions Les loups sont fâchés, 2005
...pour quelques amis lointains..., Correspondance avec Tilo Wenner, Paris, Éditions des Cendres, 2015
La Paupière philosophale, Paris, Éditions José Corti, 2016 (poème éponyme précédemment édité dans Le Chant de la carpe
Je m'oralise, Paris, Éditions José Corti, 2018 (fac-similé d'un manuscrit, composé entre 1964 et 1968, faisant alterner des poèmes et des dessins constitués de points)

Performances

1967 : Stockholm, Moderna Museet
1968 : Vaduz, Aula der Volksschule
1969 : Paris, Musée d'Art Moderne
1970 : Paris, Atelier de création radiophonique
1971 : Paris, Galerie Albertus Magnus
1973 : Stockholm, Franska Institut
1975 : Paris, Musée d’Art Moderne
1977 : Sceaux, Les Gémeaux
1977 : Paris, La Hune
1981 : Paris, Centre Georges Pompidou
1984 : New York, Polyphonix 07, Museum of Modern Art
1984 : New York, La Maison française, New York University & Columbia University
1984 : San Francisco, International Festival of Language and Performance
1985 : Oslo, 1er Festival International de Poésie
1986 : Villeneuve d’Ascq, Musée d’Art Moderne
1986 : Paris, Polyphonix 10, Galerie Lara Vincy
1987 : Paris, Polyphonix 11, "La Revue parlée", Centre Georges Pompidou
1988 : Genève
1989 : Rencontres internationales de poésie contemporaine, Tarascon.
1991 : Paris, Centre Georges Pompidou
1991 : Marseille, Centre international de poésie (cipM)

Monographies, dossiers et articles

Par ordre alphabétique

Sarane Alexandrian, « Le poète sans repentir », Supérieur Inconnu, no 5,? octobre-décembre 1996.
Sarane Alexandrian (trad. Nicolae Tzone, Ioan Prigoreanu et Marilena Munteanu), L'Évolution de Gherasim Luca à Paris, 2006.
Pierrick Brient, « L'insistance sur l'homophonie chez Gherasim Luca. Création poétique et association libre », Le Coq Héron, no 189,? 2008.
Dominique Carlat, Ghérasim Luca l'intempestif, Paris, José Corti, 2001.
Collectif, L'Aimance - Charles Duits - Gherasim Luca, revue bimestrielle Poésie94, no 53, juin 1994.
Charlène Clonts, « Les synesthésies dans les cubomanies et l'écriture poétique de Gherasim Luca », dans Ekphrasis, no 7, Université Babes-Bolai de Cluj-Napoca, Editura Accent, Cluj-Napoca, juin 2012.
Charlène Clonts, « Ghérasim Luca et ses fleurs du mal », dans Caietele avangardei, no 2, Muzeului National al Literaturii Române, Bucuresti, décembre 2013.
Charlène Clonts, « Je m'oralise : Gherasim Luca et le Théâtre de bouche », dans Mélusine - Cahiers du centre de recherches sur le surréalisme, n°XXXIV, L'Âge d'Homme, février 2014.
Charlène Clonts, « Ghérasim Luca et la vie dans le vide », dans L'Hétérogène dans les littératures de langue française, Paris, L'Harmattan, 2015.
Benoît Decron (éd.), Ghérasim Luca, Cahiers de l'Abbaye Sainte-Croix, no 110, Les Sables d'Olonne - Marseille - Saint-Yrieix-la-Perche, 2008, 2009.

Comprend des textes de Nicoleta manucu, Charles Soubeyran, Thierry Garrel, Aurélia Gibus, Benoît Decron ainsi que les reproductions de 77 cubomanies et quelques photographies.

Patrice Delbourg, « Ghérasim Luca, bégayeur des nuées », dans Les désemparés - 53 portraits d'écrivains, Paris, Le Castor astral, 1996, p. 141-142.
Gilles Deleuze, « Bégaya-t-il », dans Critique et clinique (p. 135-143), Paris, Minuit, 1993.
Gilles Deleuze, Un Manifeste de moins (p. 108-109), Paris, Minuit, 2004 (in Superpositions, écrit avec Carmelo Bene).
Pierre Dhainaut, « À gorge dénouée », La Quinzaine littéraire, no 178, janvier 1977.
Rémi Froger, « Intonation, détonation », Dossier Ghérasim Luca, Fusées, no 7, 2003, avec un texte inédit de Luca : V'ivre au m'onde.
Hyperion, Numéro spécial Ghérasim Luca, Volume VII, no 3, octobre 2013.
Nicole Manucu, De Tristan Tzara à Ghérasim Luca. Impulsions des modernités roumaines au sein de l'avant-garde européenne, Paris, Honoré Champion, 2014.
Serge Martin (dir.) : Avec Ghérasim Luca passionnément, Saint-Benoît-du-Sault, éditions Tarabuste (supplément à la revue Triages), 2005.

Reprend les actes de la journée d'étude Ghérasim Luca à gorge dénouée organisée à l'Université de Cergy-Pontoise le 10 décembre 2004. Comprend les communications de Serge Martin, Laurent Mourey, Daniel Delas, Julian Toma, Zéno Bianu, Elke de Rijcke, Nicoletta Manucu, Patrick Quillier, Cendrine Varet, Oriane Barbey, Philippe Païni, Marie Cosnefroy-Dollé, Patrick Fontana et une bibliographie exhaustive réalisée par Cendrine Varet et Serge Martin.

Serge Martin, « Écouter l’indicible avec les poèmes de Ghérasim Luca », dans Interférences littéraires, nouvelle série, no 4, « Indicible et littérarité », dir. Lauriane Sable, mai 2010.
Serge Martin (dir.) : Ghérasim Luca, Europe, no 1045, mai 2016 : textes de Ghérasim Luca, contributions de Patrick Beurard-Valdoye, Dominique Carlat, Charlène Clonts, Pierre Dhainaut, Bertrand Fillaudeau, Patrick Fontana, Anne Foucault, Thierry Garrel, Joël Gayraud, Bernard Heidsieck, Nicole Manucu, Serge Martin, Alice Massénat, Laurent Mourey, Jean-Jacques Lebel, Sibylle Orlandi, Charles Pennequin, Sébastian Reichmann, Alfredo Riponi, Vincent Teixeira, Iulian Toma, Monique Yaari.
Serge Martin, Ghérasim Luca, une voix inflammable, Saint Benoît du Sault, éditions Tarabuste, 2018, 236 p.
Sibylle Orlandi, « Les signes en jeu : surgissement et opacification dans les créations poétiques et plastiques de Ghérasim Luca », Thèse de doctorat Lettres et Arts Lyon 2, 2015 (dir. Dominique Carlat). http://www.theses.fr/2015LYO20083.
Petre R?ileanu, Gherasim Luca, Paris, Oxus, coll. « Les étrangers de Paris - Les Roumains de Paris », 2004.
Petre R?ileanu, « Le Vampire passif, un nouvel ordre poétique du monde », dans la réédition du manuscrit en fac-similé du Vampire passif, présentée par Petre R?ileanu et Nicolae Tzone, Bucarest, Editura Vinea, 2016, p. 393-438.
Petre R?ileanu, Les avant-gardes en Roumanie. La charrette et le cheval-vapeur, Paris, éditions Non Lieu, 2018, 220 p., 200 illustrations couleurs.
Vincent Teixeira, « Le tangage de la langue de Ghérasim Luca - Une écriture du trou dans le tout », Fukuoka University Review of Literature and Humanities (Japon), no 154, décembre 2007.
Vincent Teixeira, « Ghérasim Luca, héros limite de la poésie française », Fukuoka University Review of Literature and Humanities (Japon), no 152, juin 2007.
Vincent Teixeira, « Des écrivains de nulle part. Ces autres "français" venus d'ailleurs », Fukuoka University Review of Literature and Humanities (Japon), no 150, décembre 2006.
Vincent Teixeira, « De Rimbaud à Luca - des voies silencieuses ? », Le silence, revue Alkemie, no 13, Paris, Classiques Garnier, 2014.
Iulian Toma, Gherasim Luca ou l'intransigeante passion d'être, préface de Jacqueline Chénieux-Gendron, Paris, Honoré Champion, 2012.
Yannick Torlini, Ghérasim Luca, le poète de la voix : ontologie et érotisme, Paris, L'Harmattan, 2011.
André Velter, Ghérasim Luca passio passionnément, Paris, Jean-Michel Place, 2001.
Monique Yaari (dir.), Infra-Noir, un et multiple : un groupe surréaliste entre Bucarest et Paris, 1945-1947, Oxford, Éditions Peter Lang, 2014.

Discographie et Filmographie

Bain de sang, Ghérasim Luca lit 3 poèmes au MoMA, New York, octobre 1984 (ADLM, 1998).
Ghérasim Luca par Ghérasim Luca, double CD contenant 17 poèmes récités, José Corti / Héros-Limite, 2001.
Comment s'en sortir sans sortir, « Récital télévisuel » dans lequel Ghérasim Luca dit huit poèmes, réalisé par Raoul Sangla, La Sept/CDN/FR3, 1989; rééd., en DVD, accompagnée d'un livret reprenant tous les textes, José Corti éditeur, 2008.
Two Poems, « Autres secrets du vide et du plein » (1971) / « Crimes sens initiales » [sic] (1972). Disque 33? tours : Alga Marghen, Plana-L 18VocSon065, 2009.

Notes

? Iulian Toma, Gherasim Luca ou l'intransigeante passion d'être, préface de Jacqueline Chénieux-Gendron, Honoré Champion, 2012, p. 43.
? C'est dans cette collection que fut publié pour la première fois le célèbre poème « Passionnément », Infra-Noir, Bucarest, 1947 ; rééd. « La maison de verre », Paris, 1996.
? Dominique Carlat, Gherasim Luca l'intempestif, José Corti, Paris, 1998, p. 27.
? Cf. Serge Martin, « Ghérasim Luca, sur la corde sans fin ni commencement », dans Ghérasim Luca, Europe, no 1045, mai 2016, p. 3-17.
? Linda Lê, Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau, Éditions Christian Bourgois, Paris, 2009, p. 107.
? Gilles Deleuze écrit dans « Bégaya-t-il » : « Si la parole de Ghérasim Luca est éminemment poétique, c'est parce qu'il fait du bégaiement un affect de la langue, non pas une affection de la parole. C'est toute la langue qui file et varie pour dégager un bloc sonore ultime, un seul souffle à la limite du cri "je t'aime passionnément". », Critique et clinique, Éditions de Minuit, Paris, 1993, p. 139.
? Gilles Deleuze, Dialogues avec Claire Parnet, Paris, Flammarion, 1977, p. 10.
? « À gorge dénouée » dans Le Chant de la carpe, José Corti, Paris, 1986, p. 99-104.
? Le Tangage de ma langue, dans Ghérasim Luca par Ghérasim Luca, double CD audio regroupant des enregistrements en récitals et privés, direction artistique : Nadèjda et Thierry Garrel, José Corti, Paris, 2001.
? Le Chant de la carpe, p. 87-94.
? André Velter, « Parler apatride », Préface à G. Luca, Héros-Limite, Gallimard, coll. « Poésie », Paris, 2002, p. VII.
? « La Morphologie de la Métamorphose » dans Héros-Limite, José Corti, Paris, 1985, p. 61-64.
? Le Chant de la carpe, p. 9-15.
? Héros-Limite, p. 19.
? « Apostroph’Apocalypse », Paralipomènes, José Corti, Paris, 1986, p. 82.
? Vincent Teixeira, « Un barbare dans les Lettres françaises », dans Ghérasim Luca, Europe, dir. Serge Martin, no 1045, mai 2016, p. 110.
? « Tout doit être réinventé / il n'y a plus rien au monde », L'Inventeur de l'amour, José Corti, Paris, 1994, p. 11.
? « gRÈVE GÉNÉRALe » dans La Proie s'ombre, José Corti, Paris, 1991, p. 45-55.
? « Le verbe » dans Le Chant de la carpe, p. 164.
? Linda Lê, Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau, p. 109
? « Ghérasim Luca - Héros-limite », Centre Pompidou [archive]

Mimi Parent
Canada
1924-2005
Surréalisme
Mimi Parent est la huitième des neuf enfants de l'architecte Lucien Parent.

Après sa scolarité au couvent des Dames du Sacré-Cœur1, elle étudie la peinture à l'École des Beaux-Arts de Montréal en 1942 où elle travaille dans l'atelier d'Alfred Pellan. Au sein d'un groupe contestant l'académisme de l'enseignement, elle rencontre Jean Benoît. En 1947, pour cause d'indiscipline, elle et Jean Benoît sont renvoyés de l'école.

En 1948, Mimi Parent vend toutes ses œuvres à la galerie Dominion de Montréal qui organise sa première exposition personnelle. Elle épouse Jean Benoît et tous deux obtiennent une bourse du gouvernement français pour venir étudier à Paris2.

En 1949, elle expose au Salon de l'Art libre organisé au musée d'Art moderne de la ville de Paris.

En 1959, elle rencontre André Breton et entre au groupe surréaliste.

Elle contribue à l'organisation de l' Exposition inteRnatiOnale du Surréalisme (EROS) présentée du 15 décembre 1959 au 15 février 1960 à Paris. Avec Marcel Duchamp, elle conçoit la maquette du catalogue et réalise la salle du Fétichisme. Elle présente également une boîte verte intitulée Boîte Alerte - Missives Lascives dans laquelle des idées pouvaient être « envoyées ». C'est le début d'une série de boîtes surréalistes.

Jusqu'en 1987, Mimi Parent participe aux principales expositions surréalistes dont :
. Exposition internationale du surréalisme à la galerie Daniel Cordier, à Paris, en 1959,
. Mostra internazionale del Surrealismo à la Galleria Schwarz de Milan, en 1960,
. L'Écart absolu organisée par Breton à la galerie de l'Œil, à Paris, en 1965,
. A Phalla, à la fondation A. Alvarez Pentadeo de São Paolo, en 1967,
. Exposition international du surréalisme aux musées de Prague, Brno et Bratislava en Tchécoslovaquie, en 1968,
. La Femme et le surréalisme au musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, en 1987.

En voulant multiplier les passage de l'image plate au volume et inversemment, Mimi Parent ne cesse d'introduire dans ses peintures toutes sortes de techniques qui vont de la broderie à l'incrustation en passant par le collage. Ses œuvres sont régulièrement publiées dans les revues surréalistes Bief, La Brèche et L'Archibras.

En 2004, le Musée des beaux-arts de Montréal consacre une exposition au couple Parent-Benoît.

Après sa mort en 2005, ses cendres (ainsi que celles de son mari, mort en 2010), ont été dispersées au château de Lacoste, Vaucluse, ayant appartenu au marquis de Sade.
Endre Rozsda
Hongrie
Hongrie 1913 - Paris 1999
Surréalisme
Endre Rozsda (Mohács, Hongrie 1913 - Paris 1999) est l’auteur d’une œuvre personnelle et secrète, à la frontière de différents mouvements artistiques, récusant la distinction abstraction-figuration, dont l’idée du temps constitue le sujet essentiel.

En 1938, il est ébloui par un concert de Bela Bartok qui lui révèle sa propre modernité. Il vient à Paris où il rencontre Vieira da Silva, Giacometti, Picasso et se lie d’amitié avec Françoise Gilot


Persécuté par le nazisme retourne en Hongrie, où il sera piégé par le stalinisme, Rozsda décide, en 1957, de s’installer définitivement en France. André Breton préface le catalogue de sa première exposition à la Galerie Fürstenberg et, en 1964, Marcel Duchamp lui décerne le prix Copley

Soutenu par des amateurs éclairés, Rozsda poursuivra son œuvre dans l’intimité de son atelier, loin du marché de l’art. Il pouvait passer plusieurs années sur un tableau « sans se plier aux exigences de la mode » comme l’avait noté Jack Lang. Il a peint et dessiné, inlassablement, jusqu’à la fin de ses jours au Bateau Lavoir.
?Après la rétrospective ROZSDA le temps retrouvé, présentée en juin dernier à l’Orangerie du Sénat, la Galerie Les Yeux fertiles propose une exposition ROZSDA Retrouvailles où le public parisien va pouvoir redécouvrir cette œuvre exceptionnelle.

« RETROUVAILLES »

Ce sont tout d’abord des Retrouvailles avec la ville de Paris, adoptée, aimée par Rozsda, arpentée inlassablement avec crayon et appareil photo. Retrouvailles, aussi, avec le quartier de St Germain des Prés où André Breton avait présenté ses toiles pour la première fois en 1957, place Fürstenberg dans la galerie de Simone Collinet, la galerie même où Joyce Mansour a présenté en 1963 la dernière exposition publique de Rozsda.
Retrouvailles, ensuite, avec les œuvres que Rozsda avait cachées au public depuis 1963, dont la galerie Les Yeux fertiles nous offre une belle sélection.
Enfin, la galerie Les Yeux fertiles nous permet des Retrouvailles avec l’esprit promeneur de Rozsda : elle est située en bas de la rue de Seine, juste en face de la rue des Beaux-Arts, avec vue sur l’Académie des Arts, l’ancienne librairie du Minotaure et l’hôtel des Beaux-Arts où Rozsda avait rencontré Jorge Luis Borges.


Jean-Claude Silbermann
France
né en 1935
Surréalisme
Ugo Sterpini
Italie
1927-2000
Surréalisme
Max Walter Svanberg
Suède
1912_1994
Surréalisme
Max Walter Svanberg commença des études techniques d'arts appliqués en 1929 puis rejoint une école d'art en 1931. Il exposa ses premières œuvres en 1935. Il démarre le mouvement Minotaure en 1942 avec Hulten et Osterlin. Il a cofondé le mouvement artistique Imaginisterna en 1948. Il a également fondé le groupe suédois Imaginist, mais le quitta peu après. En 1949, suite à des rencontres avec Asger Jorn le mouvement Imaginisterna est devenu la branche suédoise du mouvement artistique CoBrA. En 1950 il publia un album de lithographies. Il commença à intégrer le mouvement surréaliste de Paris en 1955 et fut exposé à la Galerie de l'Étoile Scellée la même année. En 1958 il illustra à l'encre de Chine une édition des "Illuminations" de Rimbaud.
Jean Terrossian
France
1931
Surréalisme