The artists
A -> GH -> SS -> Y
Sort by : Name
CountryArt movement
Guy Harloff28
Jacques Hérold45
Yoshiko Hirasawa57
Emile Josome Hodinos11
Josef Hofer77
Vojislav Jakic12
Siegfried Klapper13
Jacques Lacomblez54
Yves Laloy46
Stanislao Lepri15
Ljuba48
Waldemar Lorentzon17
Georges Malkine49
André Masson18
Georges Mathieu51
Didier Mazuru30
Pierre Molinier53
Michel Nedjar63
Wolfgang Paalen47
Georges Papazoff52
Mimi Parent 56
Marinela Pelosi73
Jules Perahim34
Bettencourt Pierre67
Edgard Pillet19
Lubos Plny72
Louis Pons69
Josette Rispal31
Ody Saban64
Bernard Saby20
Guy Harloff
France
1933 - 1991
Outsider Art
Fils d’un peintre-graveur franco-néerlandais d’origine russe et de mère suisse d’origine italienne. Il passe la guerre en Italie, puis y débute des études classiques de lettres, puis de Cinéma (il sera Assistant de V. de Sica en 50)

Dès 52 il débute un travail de peintre-collagiste autodidacte sur des éléments collectés dans la rue, directement influencé par les travaux de K.Schwitters.
Première exposition à Florence en 1954 (il a 21 ans) à la Galerie Numero, puis en 59 à Milan chez A. Schwartz, puis à Venise, Rome, Paris en 61, Los Angeles, Copenhage, Turin, Genève…

S’installe à Paris en 55 après des voyages en Grèce, Turquie et Iran.
Il retournera en Orient entre 62 et 65 et y étudiera les rites, les religions, les symboles et traditions de ces sociétés.
Séjourne au « Beat Hotel » , rue Git le cœur, où sont Allen Ginsberg, W. Burroughs, B. Gysin, entre Paris et Tanger.

De nouveau fixé à Milan après 65 il voyagera encore fréquemment à New York, Paris, Londres, Amsterdam, Bruxelles et en Scandinavie.

Guy Harloff participa à la Documenta 5 de Kassel en 1972 dans le département des « Mythologies individuelles ».
En 1973 il achève la construction de son bateau « Le Devenir », sur lequel il vit dèslors et navigue, mais sa santé l’obligera à renoncer à son projet de voyage au long-court.

Prototype du Globtrotter curieux, parlant cinq langues, il fréquenta beaucoup d’artistes d’avant-garde mais n’intégra aucun groupe.
Son œuvre personnelle fut célébrée par de grands critiques tels que W. Bourroughs, R .de Solier, A. Joffroy, P. Waldberg, H. Miller notamnent.


Il fut un voyageur incessant, indépendant des mouvements culturels et des modes. Ses influences et sources d’inspiration seront multiples ( de part ses origines, ses voyages et sa curiosité constante)
Sa pratique quotidienne et rituelle du dessin l’accompagnera partout. Ces oeuvres sont toujours des récits, non selon la forme du classique carnet de voyage mais plutôt comme condensation d’une impression, d’une lecture, ou d’une rencontre, chacun d’entre eux constituant alors la page de son journal intime.

Son usage des alphabets, de la calligraphie, des signes et symboles trouvent sa source dans sa passion des cultures orientales (Tabula, Mandala, Main de Fatima, Œil, symboles sprituels …) mais aussi dans la tradition classique européenne et italienne des blasons, des emblèmes, de la peinture murale et religieuse, des ex-voto, de l’ésotérisme et de l’alchimie.

Ses dessins constituant parfois des labyrintes ou des rébus.
Appropriation et recyclage seront un projet esthétique intime et spontané, poétique et utopique.

Ses représentations figuratives ne dérivant pas d’un processus logique, ni d’un raisonnement mais d’une méditation, puis d’une condensation dans un jeu spontané et imprévisible proche des dessins d’enfants, du jeu et de l’automatisme (si chers aux Surréalistes), et de l’Art Brut par la récurrence des motifs et une systématique occupation de tout l’espace de la feuille par le moyen technique “simple” et casi exclusive du stylo à bille.

“ Le concept est celui de la Voie Royale , des Alchimistes.
Faire un parcours spirituel.
Chaque travail est thérapie. Répétition. Rite. Découverte et possession.”
Déclare-t-il en 74.

Le motif de l’œil prendra une place prépondérante dans ses œuvres des années 70. L’oeil du regard, de la contemplation, de la vision, du visionnaire, mais aussi le troisième oeil de la vision extra-sensorielle, de la vision intérieure.
L’oeil-symbole mais aussi outil d’observation et d’exploration, du voyageur et de perception du rêveur.
Voir pour se voir, se comprendre en captant les signes du monde tel fut son programme.




Jacques Hérold
Romania
1910-1987
Surrealism
Jacques Hérold (pseudonyme de Hérold Blumer) est un peintre, sculpteur, illustrateur lié au mouvement surréaliste, né à Piatra Neam? dans le jude? de Neam?, dans la province de Moldavie en Roumanie, le 10 octobre 1910 et mort à Paris le 11 janvier 1987.
Yoshiko Hirasawa
Japan
Surrealism
Yoshiko ne nous est pas tombée du ciel, mais presque.
On ne saurait trop rappeler dans quelles surprenantes conditions cette artiste japonaise contemporaine allait rompre avec sa première vie pour accéder au monde de la peinture. Yoshiko Hirasawa, munie d’une maîtrise ès lettres de l’université Keio (Tokyo), avait en effet commencé une brillante carrière de présentatrice à la télévision japonaise NHK. À l’occasion d’un voyage à Paris, elle abandonna brusquement ce métier pour se consacrer à l’art.
Dans sa peinture inspirée de l’école métaphysique, Yoshiko se situe en position de « médium » par rapport au monde extérieur, toujours prête à capter des signaux furtifs et les présences incertaines « de l’autre côté du miroir ». Yoshiko présente sa première exposition à Paris avec le concours du ministère de la Culture, en 1979. Par la suite, elle participe à de nombreuses expositions en France et à l’étranger.
À Paris, elle expose en compagnie de Marcel Duchamp et de Max Ernst (Galerie Artcurial). La FIAC lui consacre une exposition personnelle, ainsi que la Pinacothèque de Bari (Italie), le Fuji Television Gallery à Tokyo et le musée d’Art moderne de Toyama. Elle eut encore le rare honneur d’une exposition personnelle au musée national du Palais d’Été (Saint-Pétersbourg). En cette fin de siècle où l’art cherche désespérément un nouveau souffle, on ne peut continuer à ignorer l’œuvre de Yoshiko.
En présentant pour la première fois une rétrospective de sa peinture, ce livre cherche à pénétrer son secret.
À la fin de l’ouvrage, une anthologie critique réunit des textes de Georges Boudaille, Stéphane Déligeorges, Jean-Pierre Faye, Alain Jouffroy, Gilbert Lascault…
Emile Josome Hodinos
France
Josef Hofer
Austria
né en 1945
Art brut
Biographie

Josef Hofer est en 1945 en Bavière. Lui et son frère Walter, né 5 ans plus tôt, souffrent d’un retard mental, de difficultés d’audition et d’élocution. Josef Hofer souffre également d’une mobilité limitée et ne parle presque pas. Leurs parents les élèvent dans une ferme en Haute Autriche et ne les scolarisent pas.

En 1982, le père d’Hofer meurt et sa mère part vivre à Kirchlag avec ses fils. Dès 1985, Josef Hofer fréquente l’hôpital de jour de Linz et, en 1992, il intègre l’institution de Ried, à Innkreis, en Autriche. Là, Élisabeth Telsnig, historienne de l’art et qui collabore à des ateliers pour handicapés mentaux, rencontre Hofer en 1997, découvre son goût pour le dessin et l’encourage dans cette voie. À partir de 1998, l’œuvre d’Hofer est conservée.
Œuvre

Selon les témoignages, Josef Hofer dessinait déjà enfant, il « recopiait des livres d’images » et représentait « son environnement immédiat, la vie paysanne, les chevaux, les chars, les outils, la vannerie, les machines agricoles. » 1. Néanmoins aucun dessin de cette époque n’a été conservé. Ce n’est qu’en 1998, grâce à l’intervention d’Élisabeth Telsnig, que sa production a été systématiquement préservée. À partir de 2001, Hofer dessine principalement des autoportraits en pied, déshabillés. "Il entoure ses nus avec des cadres, comme pour former un cocon protecteur. Frontaux, crus, le sexe rehaussé de rouge, ses corps sont souvent sans pieds ni tête ou alors contraints dans l'espace restant." 2 Michel Thévoz relie ce phénomène à deux évènements : l’achat d’un miroir dans lequel il s’observe plusieurs heures par jour et la découverte d’un album de quatre photographes américains qui traitent du nu masculin. Le sexe masculin est amplement représenté et l’onanisme est un des sujets récurrents de l’œuvre d'Hofer3.

Elisabeth Telsnig décrit sa méthode de travail comme suit: «Il parcourt l'atelier en riant, saisit immédiatement son matériel, un crayon noir, des crayons de couleur, une gomme et un taille-crayon, et travaille de façon autonome avec une grande persévérance. [...] Il gomme souvent, cherche sans cesse de meilleures positions pour ses figures ou des constructions plus précises pour ses machines. Il m'annonce clairement quand il considère son travail comme terminé, toujours en riant, et m'explique par signes le degré d'achèvement du dessin.»4.

Par le biais d’Élisabeth Telsnig, la Collection de l’Art Brut [archive] possède une centaine d’œuvres de cet artiste. Ce musée lausannois lui a consacré une première rétrospective en 2003 et une seconde en 2012. En outre d’autres collections ont accueilli son œuvre en leur sein telles que The Museum of Everything [archive], Art)&(marge [archive], Arnulf Rainer… Il a également été exposé par la galerie am Stein [archive] et par la galerie christian berst [archive]5.
Vojislav Jakic
Macedonia
Siegfried Klapper
South Africa
Jacques Lacomblez
Belgium
1934
Surrealism
Jacques Lacomblez se passionne dès son adolescence pour le Romantisme allemand, Richard Wagner, Gustav Mahler, le Symbolisme, Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud, le Surréalisme, l'histoire des Cathares, Karl Marx, Sigmund Freud et la psychanalyse ou encore, mystique athée, à certains aspects de la gnose orientale. Il peint ses premiers tableaux d’esprit surréaliste à l’âge de 15 ans lorsqu’il découvre l’univers de Giorgio De Chirico puis celui de Max Ernst qui exerce une forte influence sur son travail. Il a aussi une grande admiration pour Kandinsky et Piet Mondrian. En janvier 1952, sa première exposition a lieu à la Galerie Saint-Laurent, à Bruxelles, réputée pour être un haut lieu de découverte de jeunes talents.

Dans le domaine de l'écriture poétique, après avoir été influencé très jeune par Jacques Prévert, la découverte de Breton et de Benjamin Péret inaugure une nouvelle voie où l'automatisme prendra son importance. Mais l'empreinte de Mallarmé, de recueils comme "Serres Chaudes" de Maeterlinck et "Les Reposoirs de la Procession" de Saint-Pol-Roux restera déterminante. Jacques Lacomblez rencontre René Magritte au début des années 1950 et fréquente les poètes surréalistes belges comme E. L. T. Mesens, Achille Chavée, Marcel Havrenne, Marcel Lecomte ou Paul Nougé. En 1956, il fait la connaissance d'Edouard Jaguer, animateur du mouvement et de la revue "Phases", avec qui il collabore étroitement à l'organisation des différentes activités et participe aux nombreuses expositions en Europe comme en Amérique latine et en Amérique du Nord. Il crée les éditions et la revue "Edda" qui comptera 5 numéros (de 1958 à 1965), et les éditions "L’Empreinte et la Nuit" qui publient des recueils de poèmes de Daniel Abel, Achille Chavée, Claude Tarnaud et Jean Thiercelin ainsi que les siens.

En 1958, par l'intermédiaire de Jean-Jacques Lebel, il rencontre André Breton. À la même époque, il entre en relation étroite avec plusieurs surréalistes dont Georges Henein, Wifredo Lam, Karl Otto Götz, Robert Benayoun, Jean-Pierre Duprey, Gérard Legrand, etc.

Sous l’impulsion de Marcel Lecomte et de Breton, il passe un an en pays Cathares, principalement à Montségur et dans le Sud-Ouest de la France. Durant ce séjour marquant, il se lie d'amitié avec Jean Thiercelin, Adrien Dax et Christian d’Orgeix.

Lacomblez participe à deux importantes Expositions Internationales du Surréalisme : en 1959 à la Galleria Schwarz de Milan, intitulée "Mostra Internazionale del Surrealismo" et en 1961, à l’initiative de Breton et de Marcel Duchamp, à la Galerie D’Arcy à New-York, titrée « Le Domaine des enchanteurs ».

En 1963, débute une amitié jamais démentie avec le poète Claude Tarnaud 1; ensemble et avec Thiercelin, ils partageront, entre autres, la passion pour le jazz et fréquenteront assidûment Julio Cortázar parmi tant d'autres mémorables figures des Arts et des Lettres. Partagé entre Bruxelles et Paris, il rencontre la plupart des artistes et poètes surréalistes du monde entier ; il expose notamment à Paris, à Rome, en Allemagne, au Danemark et au Brésil.

En 1964, à l'occasion de ses 30 ans, une grande exposition lui est consacrée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

Après la Pologne en 1980 (Poznañ, Varsovie...), le Musée d’Ixelles à Bruxelles propose sa première rétrospective en Belgique, en 1983.

Féru de musique ancienne, classique et contemporaine, Jacques Lacomblez a réalisé d'importants hommages picturaux à Mahler, Sibelius, Xenakis, Feldman, L. Nono, Grisey ou Ferneyhough... et pour le jazz à Duke Ellington, Thelonious Monk et Ornette Coleman. Il a également illustré plusieurs recueils de poètes, préfacé de nombreux catalogues d’exposition et ses poèmes ont été illustrés par divers artistes.

Sous son impulsion, plusieurs petites maisons d'édition belges et françaises ont fait (et vont faire) place à des auteurs comme Guy Cabanel, Roger Brielle, Gilles Petitclerc, Ludovic Tac et, bien sûr, ses amis Claude Tarnaud et Jean Thiercelin.

Une anthologie de ses poèmes établie par Alain Le Saux, "D'Ailleurs le désir", a paru aux Éditions Les Hauts-Fonds (Brest).

Ses œuvres ont été acquises par plusieurs collections et musées dont les Musées d'Art Moderne de Bruxelles, Rome, Jérusalem (collection Schwarz), Varsovie et Poznan.

Pour célébrer ses 75 ans et 60 ans de création, elles ont été présentées en automne 2009 dans une rétrospective organisée au Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Brieuc (Bretagne), en partenariat avec le Collectif des artistes plasticiens des Côtes d'Armor.

À l'occasion de ses 80 ans, la Galerie Quadri (Bruxelles) a présenté, au printemps 2014, une exposition rétrospective "Images de 1951 à 2013" ; à cette occasion est sortie de presse de presse une monographie illustrée en couleur avec des textes inédits de Guy Cabanel, Jean-Michel Goutier & Laurens Vancrevel qui complète celle déjà parue aux éditions Quadri en 2004..
Yves Laloy
Other
1920-1999
Surrealism
Yves Laloy, né le 13 juin 1920 à Rennes (Ille-et-Vilaine) et mort le 8 septembre 1999 à Cancale, est un architecte et un peintre surréaliste français.
Stanislao Lepri
Italia
1905 - 1980
Surrealism
Ljuba
Other
1934
Surrealism
Ljuba Popovic dit Ljuba, né en 1934 à Tuzla en Bosnie Herzégovine, apprend le nu académique à l’École des Arts décoratifs et à l’Académie des Beaux-arts de Belgrade. « J’étais toujours un peu malheureux dans le travail d’après nature, car je voyais dans le modèle plus de choses qu’il n’y en avait. » Naîtront des nus aux tonalités sombres, très expressifs, décharnés et spectraux, mutilés ou corrodés, qui se métamorphosent partiellement en objets abstraits.

En 1963, Ljuba arrive à Paris et rencontre René de Solier, spécialiste de l’art fantastique qui, huit ans plus tard, écrira sur lui une première monographie. Les écrivains ou critiques qui s’intéressent à son travail sont souvent liés au mouvement surréaliste : Alain Jouffroy, André Pieyre de Mandiargues, Patrick Waldberg, Jean-Clarence Lambert, ou encore Sarane Alexandrian qui lui consacre une étude magistrale, désormais incontournable en 2003 : « La peinture cosmique de Ljuba révèle de la métaphysique expérimentale du Grand Jeu, dont Roger Gilbert-Lecomte a fixé le principe : « Nul ne peut être voyant et adepte d’une religion ou d’un système quelconque de pensée sans trahir sa vision. » On peut parler d’une sorte de mystique moderne chez Ljuba, parce qu’il a une conception du cosmos, du temps et de la mort qu’il met dans sa peinture, et que cette conception n’est pas scientifique, mais intuitive. » Mais il est difficile de le rattacher historiquement à ce mouvement qui le précède. « Il chasse dans les environs » comme dit Sarane Alexandrian, reprenant la formule d'André Breton sur Picasso.
Waldemar Lorentzon
Sweden
Georges Malkine
France
1898-1970
Surrealism
Lié au premier groupe surréaliste, ami de Robert Desnos, d'André Masson, de Max Morise, Georges Malkine est le seul peintre à figurer sur la liste du Manifeste du surréalisme de 1924. Pour la revue La Révolution surréaliste, il dessine l'emblème qui figure sur le papier à lettres de la R.S.. En 1927, il expose, avec succès, à la galerie Surréaliste. Mais cette reconnaissance le déconcerte. Il quitte alors la France, part pour l'Océanie, en compagnie de son ami le peintre et photographe Émile Savitry et d'une Canadienne: Yvette Ledoux que celui-ci vient de rencontrer. La belle finit par jeter son dévolu sur Malkine et Savitry poursuit seul son voyage2. Malkine revient à Paris en 1930. Il donne trois illustrations à Desnos pour son poème The Night of Loveless Nights.

Il cesse toute expression plastique en 1933. Il ne reprend la peinture qu'en 1946, d'abord à Paris puis aux États-Unis où il reste pendant 20 ans. Revenu à Paris, il expose de nouveau, en 1966, une semaine après la mort d'André Breton. L'exposition est conçue en tant qu'hommage à Malkine et réunit Louis Aragon, Jacques Baron, Simone Collinet, Max Ernst, André Masson et Jacques Prévert. Aragon : « [Malkine] inventa cette sorte de baiser florentin : l'abstraction sans le dire. »3

Malkine fut également acteur de théâtre dans la troupe de Michel de Ré, acteur de cinéma, violoniste, photographe, correcteur d'imprimerie, monteur de manèges, plongeur à bord d'un navire... Il a écrit quelques textes surréalistes pour la R.S. et un roman paru en 1977.
André Masson
France
1896-1987
Surrealism
La formation artistique de Masson dure six ans : de 1907 à 1912, il est élève de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles où il apprend surtout la décoration murale et reçoit un premier prix de décoration. Il quitte la Belgique, puis de 1912 au printemps 1914, se forme comme élève dans l'atelier de Paul Baudoüin à l'École nationale des Beaux-Arts de Paris. Après un voyage en Italie à la suite d'une bourse d'études, il va en Suisse et s'engage dans l'infanterie un an plus tard. Il est grièvement blessé au cours de l'offensive du Chemin des Dames et passe plusieurs mois dans divers hôpitaux. Il en gardera toute sa vie une répulsion pour la guerre et le bellicisme.
45 rue Blomet

Après la guerre, il va peindre quelque temps à Céret (Paysage de Céret, Environs de Céret). S'installant 45 rue Blomet, il a Miró pour voisin et, ensemble, ils partagent le même atelier. Il rencontre alors de nombreux artistes et écrivains tels que Roland Tual, Max Jacob, Antonin Artaud, Juan Gris, Derain, Limbour, Leiris, Aragon, Desnos. Lors de son séjour à Céret, André Masson épouse Odette Cabalé (1899 - 1984), dont la famille paternelle est cérétane2. En 1920, à Paris, naissance de leur fille Gladys Masson dite Lily3. En octobre 1922, il se lie par un contrat verbal à la galerie Simon de Kahnweiler et y expose en 1924. S'intéressant aux manifestations dadaistes par l'intermédiaire d'écrivains comme Limbour ou Aragon, il reçoit André Breton à son atelier et rejoint le groupe des surréalistes (1924).

André Masson participe dès lors à leurs activités, rencontre Georges Bataille, ainsi que Paul Éluard. Sa participation au mouvement surréaliste s'interrompt lorsqu'il se brouille avec Breton en 1929. En 1930, il divorce avec Odette Cabalé4.

Durant ces années, il crée ses dessins automatiques. Il invente le procédé des "tableaux de sable", créés en étalant de la colle puis en projetant du sable sur la toile. Il s'initie à la gravure, à l'illustration (Justine de Sade en 1928, Histoire de l'œil, sous le pseudonyme de Lord Auch (1928) et Dossier de l'œil pinéal. L'anus solaire, illustré à la pointe sèche, de Bataille), à la décoration de théâtre et à la sculpture (Métamorphose, 1928). Il reçoit deux importantes commandes : de Pierre David-Weill, la décoration de son appartement parisien (1928) et des Ballets russes de Monte-Carlo, les décors et costumes du ballet Les Présages, dont la première a lieu le 13 avril 1933. En 1933, Masson expose à New York ses Massacres de 1932-33. Après des séjours dans le midi, il s'installe en Espagne au printemps 1934.

En 1937-1939, il participe à l'aventure de la revue Acéphale mais n'adhère pas à la société secrète de Bataille. Son style semble être influencé[évasif] par l'expressionnisme. Produit des dessins sous forme de « séries » : Destin des animaux ; Massacres ; Portraits imaginaires. En 1941, il rejoint les États-Unis pour échapper à la guerre ; y retrouve André Breton. En 1945, retour en France. Il illustre de nombreux décors de théâtre (La Putain respectueuse de Jean-Paul Sartre). En 1954, il reçoit le Prix national des arts. En 1965, il peint le plafond du théâtre de l'Odéon.

Ami de Georges Bataille, André Masson s'est marié avec Rose Maklès (1902-1986) (sœur de Bianca, comédienne à L'Atelier et épouse du dadaïste Théodore Fraenkel ; de Simone, épouse de Jean Piel, et de Sylvia, comédienne, épouse de Georges Bataille puis de Jacques Lacan).

Ses deux fils, Diego et Luis, épousèrent deux des filles de l'architecte Fernand Pouillon, lequel avait dessiné les plans de son atelier au Tholonet, près de la montagne Sainte-Victoire. Sa fille Gladys Masson, dite Lily, est également peintre et continue à exposer ses œuvres à Paris et à l'étranger.

Le cinéaste Jean Grémillon lui a consacré un court métrage présenté au Festival de Cannes en 1959, André Masson et les quatre éléments.
Georges Mathieu
Other
1921-2012
Né au sein d'une famille de banquiers, Georges Mathieu s'oriente d'abord vers des études de droit, de lettres et de philosophie. Dès 1942, il décide de se tourner vers les arts plastiques et réalise ses premières peintures à l'huile. Il exerce pendant quelques années le métier de professeur avant de se lancer dans une carrière artistique. En 1946, il réalise sa première exposition à Paris au Salon des moins de trente ans.

En 1947, il expose au Salon des réalités nouvelles des toiles à la texture faite de taches directement jaillies du tube, revendiquant la paternité du dripping, technique attribuée à Jackson Pollock en 1945 (ou encore à Janet Sobel en 1944), les couleurs étant, dans le cas de Mathieu, écrasées par le doigt de l'artiste dès 1944.

Dès 1950, il expose aux États-Unis et au Japon.

À partir de 1954, il crée une multitude de tableaux, souvent lors de performances ou happenings minutées devant un public, qui mettent en valeur la rapidité et la virtuosité du geste. Ainsi, en 1956 au théâtre Sarah-Bernhardt à Paris, Mathieu, devant près de 2 000 spectateurs, crée un tableau de 4 × 12 mètres en utilisant pas moins de 800 tubes de peinture (cette toile intitulée Hommage aux poètes du monde entier disparaît en 1968 lors de l'incendie de son atelier3). Outre-Atlantique, la diffusion de ses créations fait l'objet d'entraves importantes. En 1958, à New York, il tente également de créer des œuvres en public, mais cela lui est interdit. Il en vient à peindre en solitaire dans les galeries de son hôtel. Les galeries new-yorkaises refusent de l'exposer. Cette ostracisation de la part des institutions et des galeries américaines durera jusqu'à sa mort4.

De 1953 à 1962, il est rédacteur en chef de la revue United States Lines Paris Review. En 1963, année de sa « Grande Rétrospective » au musée d'art moderne de la ville de Paris, il accède enfin à la consécration officielle. Entre 1968 et 1969, il créera plusieurs décors en or pour décorer des pièces de la Manufacture de Sèvres, et notamment des services de table pour les Expositions Universelles de Montréal et d'Osaka.

En 1973, il réalise son unique œuvre architecturale. À la demande de l'industriel Guy Biraud, fabricant de transformateurs, il dessine les plans d'une usine à Fontenay-le-Comte. L'usine Mathieu qui en résulte est un ensemble original en étoile à sept branches inégales, et dont le pourtour intégralement vitré est vu par l'artiste comme un moyen de lier le lieu de travail à la nature environnante.

À partir de 1980, son œuvre peint tardif témoigne alors d'une nouvelle maturité où il rompt avec les derniers vestiges de classicisme et abandonne alors la figure centrale en même temps que sa palette se fait plus vaste.

Il meurt à 91 ans à l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt. Il repose au cimetière de Montmartre (13e division).
Didier Mazuru
France
né en 1953
Visionary art
Pierre Molinier
France
1900 - 1976
Surrealism
Pierre Molinier est un photographe, un peintre et un poète français né le 13 avril 1900 à Agen et mort par suicide le 3 mars 1976 à Bordeaux.

Il est surtout connu pour ses tableaux érotiques et pour ses photomontages, mises en scène de son propre corps et autoportraits travestis, où s'expriment son culte de l'androgynie1 et son fétichisme des jambes2.

Son œuvre singulière et énigmatique a influencé, au début des années 1970, les artistes européens et nord-américains du body art, et continue de retenir l'attention des artistes, des critiques et des collectionneurs d'aujourd'hui.
Michel Nedjar
France
1947
Art brut
Wolfgang Paalen
Austria
1905-1959
Surrealism
Wolfgang Paalen, né le 22 juillet 1905 à Vienne en Autriche et mort le 24 septembre 1959 à Taxco au Mexique, est un peintre, sculpteur et philosophe. Membre du groupe surréaliste autour d'André Breton en 1935, il joue un rôle capital comme peintre et inspirateur pendant son exil à Mexico après 1939. Il est fondateur et éditeur du magazine contre-surréaliste DYN, par lequel il cherche à réconcilier des tendances matérialistes et mystiques (délits en surréalisme) par sa philosophie de la contingence comme substitut au principe surréaliste de la nécessité involontaire. Il apparaît comme l'un des plus influents théoriciens de l´art abstrait pendant la Seconde Guerre mondiale.
Georges Papazoff
Other
1884-1972
Surrealism
Après avoir travaillé en Allemagne, Georges Papazoff s'installe à Paris en 1924.

Considéré comme un précurseur du « surréalisme abstrait », et comme André Masson, il réalise des « tableaux de sable » : succession de couches de colle et de sable sur de la toile, terminées par quelques traits au pinceau pour assurer le « surgissement figural1 »

Bien qu'il soit ami avec Max Ernst, Georges Malkine et Joan Miró, sa défiance envers tout groupe structuré, l'empêche d'adhérer au surréalisme, même si son expression plastique « procède des mêmes curiosités et de la même générosité créatrice » depuis ses « métamorphoses successives » à ses « cristallisations sémaphoriques » proches des dernières œuvres d'Yves Tanguy.
Mimi Parent
Canada
1924-2005
Surrealism
Mimi Parent est la huitième des neuf enfants de l'architecte Lucien Parent.

Après sa scolarité au couvent des Dames du Sacré-Cœur1, elle étudie la peinture à l'École des Beaux-Arts de Montréal en 1942 où elle travaille dans l'atelier d'Alfred Pellan. Au sein d'un groupe contestant l'académisme de l'enseignement, elle rencontre Jean Benoît. En 1947, pour cause d'indiscipline, elle et Jean Benoît sont renvoyés de l'école.

En 1948, Mimi Parent vend toutes ses œuvres à la galerie Dominion de Montréal qui organise sa première exposition personnelle. Elle épouse Jean Benoît et tous deux obtiennent une bourse du gouvernement français pour venir étudier à Paris2.

En 1949, elle expose au Salon de l'Art libre organisé au musée d'Art moderne de la ville de Paris.

En 1959, elle rencontre André Breton et entre au groupe surréaliste.

Elle contribue à l'organisation de l' Exposition inteRnatiOnale du Surréalisme (EROS) présentée du 15 décembre 1959 au 15 février 1960 à Paris. Avec Marcel Duchamp, elle conçoit la maquette du catalogue et réalise la salle du Fétichisme. Elle présente également une boîte verte intitulée Boîte Alerte - Missives Lascives dans laquelle des idées pouvaient être « envoyées ». C'est le début d'une série de boîtes surréalistes.

Jusqu'en 1987, Mimi Parent participe aux principales expositions surréalistes dont :
. Exposition internationale du surréalisme à la galerie Daniel Cordier, à Paris, en 1959,
. Mostra internazionale del Surrealismo à la Galleria Schwarz de Milan, en 1960,
. L'Écart absolu organisée par Breton à la galerie de l'Œil, à Paris, en 1965,
. A Phalla, à la fondation A. Alvarez Pentadeo de São Paolo, en 1967,
. Exposition international du surréalisme aux musées de Prague, Brno et Bratislava en Tchécoslovaquie, en 1968,
. La Femme et le surréalisme au musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, en 1987.

En voulant multiplier les passage de l'image plate au volume et inversemment, Mimi Parent ne cesse d'introduire dans ses peintures toutes sortes de techniques qui vont de la broderie à l'incrustation en passant par le collage. Ses œuvres sont régulièrement publiées dans les revues surréalistes Bief, La Brèche et L'Archibras.

En 2004, le Musée des beaux-arts de Montréal consacre une exposition au couple Parent-Benoît.

Après sa mort en 2005, ses cendres (ainsi que celles de son mari, mort en 2010), ont été dispersées au château de Lacoste, Vaucluse, ayant appartenu au marquis de Sade.
Marinela Pelosi
Brazil
Né en 1957
Art brut
Jules Perahim
Romania
1914 - 2008
Surrealism
Bettencourt Pierre
France
1917-2006
Outsider Art

Pierre BETTENCOURT est né en Normandie en 1917. Il se consacre d’abord à l'écriture, à la typographie, à l'impression, à l'édition de livres poétiques. Il effectue de longs et nombreux voyages en Afrique, Océanie, Indes, Etats-Unis, Mexique, Extrême-Orient… En 1963, avec sa femme l'écrivain Monique APPLE, il s'installe dans l'Yonne à Stigny, où il poursuivra ses travaux jusqu' en 2006. Il y mènera de front son œuvre littéraire, son œuvre dessinée et ses hauts-reliefs, les Obélisques étant les dernières œuvres en volume qu'il réalisera.
Edgard Pillet
France
Lubos Plny
Czech Republic
né en 1961
Art brut
Louis Pons
France
1927
Outsider Art
Après des études primaires à Marseille, à l'école des Chartreux, Louis Pons apprend le métier d'ajusteur à l'École des métiers d'Endoume, toujours à Marseille, mais ne l'exerce pas.

Dessinateur de presse à la Libération, dans les journaux issus de la Résistance, il est aussi, brièvement, comptable, ouvrier agricole, vendangeur, peintre en bâtiment...

En 1948-49, il passe un an et demi en sanatorium, à Hauteville[Où ?]. Malade, il vit à la campagne dans différents lieux du sud de la France : Montfroc, Simiane-la-Rotonde, Vence, Le Piole, Saint-Paul-de-Vence, Aix-en-Provence, Antibes, Sillans-la-Cascade.

Il découvre l'œuvre de Joë Bousquet, les dessins de Louis Soutter, les aphorismes de Lichtenberg1. Il réalise environ 2 000 dessins à l'encre de Chine pendant cette période, il peint et acquiert une presse de graveur. Mais atteint de troubles visuels, il est obligé d'abandonner le dessin.

En 1959, il compose ses premiers assemblages, sortes de collages en trois dimensions, ou tableaux en relief faits d'objets et de matériaux de récupération.

Son œuvre a reçu l'étiquette de surréalisme ou encore d'art brut. Certes il s'en est nourri, mais Louis Pons est un singulier de l'art ; à travers ses boîtes, ses reliquaires, ses collages, ses assemblages, il poursuit inlassablement une ethnologie poétique qui lui est propre. Gilles Plazy dit de lui qu'il est un « amasseur de débris qui compose des œuvres originales avec des choses usées »2, des œuvres que l'on peut trouver morbides mais qui sont toujours pleines de bizarreries, d'incongruités, de surprises et parfois même d'humour.
Josette Rispal
France
1946
Outsider Art
Le bronze, le verre, le plastique, la terre, Josette Rispal utilise bien à « profusion », comme le souligne Françoise Sagan, les matériaux pour créer cet univers unique et riche de diversité où coquillages, bonbons, flore magnifique, masques translucides et poupées de chiffons se côtoient.
Josette, née à Aurillac (Cantal) en 1946, commence à partir de 1974 à travailler l’argile et découvre, en modelant L’Homme qui se roule de douleur, que la sculpture lui ouvre le monde de l’expression. L’année suivante ses recherches explosent en tous sens : elle sculpte sur laves et utilise le verre. S'ensuivent une créativité prolifique, une multiplication des matériaux, une inventivité débordante de nouvelles techniques. Dès 1977, elle expose à Paris et en Allemagne et sa première rétrospective, en septembre 1983, est suivie de nombreuses expositions internationales.
Ody Saban
Turkey
1953
Outsider Art
Ody Saban est une artiste française associée aux courants de l'art brut, hors-les-normes et surréaliste. Elle a été élevée dans un univers mi-juif et mi-musulman, a étudié dans des écoles catholiques, trait qui marque sa signature artistique.

« Artiste inclassable, cette dessinatrice est parfois étiquetée "brute", d'autres fois "surréaliste" ou encore "contemporaine". Si elle a étudié dans des écoles d'art, elle n'en conserve pas moins une imagination inépuisable, une liberté médusante et une inspiration débridée2. »

« La dernière série de peintures d'Ody Saban représente de grands bateaux volants qui la relient à l'utopie révolutionnaire célèbrent à sa façon érotique et amoureuse, le thème de l'émigration. Ody Saban dessine à l’encre de Chine sur du papier de soie, papiers de l'extrême orient, pratique l’aquarelle et la peinture (huile et acrylique). Ces sortes de broderies aux couleurs chaudes rappellent les miniatures, mais aussi l’univers cosmopolite, ce dont elle reste imprégnée. Ses dessins évoquent l’érotisme amoureux et chaque feuille est remplie d’enchevêtrements de corps, de visages, de fleurs, exprimant ainsi la plénitude féminine. Si elle s’identifie à Lilith, la femme maudite, c’est pour mieux combattre la misogynie, mais aussi pour révéler la magie qui se dégage de son univers chargé d’onirisme fantastique.»3
Bernard Saby
France
1925 - 1975
Bernard Saby (1925-1975) est un peintre et dessinateur français. Après avoir étudié dans sa jeunesse la composition musicale auprès de René Leibowitz, il développa une abstraction singulière et suggestive, nourrie non seulement par ses recherches dans le domaine de la musique sérielle, mais aussi par son expérience des drogues, mescaline ou haschich notamment, ou encore par son étude approfondie des lichens et des textes chinois anciens.

Henri Michaux a publié en 1956, dans Misérable Miracle, un texte de Bernard Saby décrivant son expérience de la mescaline : L’image privilégiée.

Selon Patrick Waldberg, "Bernard Saby [était] sans doute, de sa génération, le plus intrépide côtoyeur d'abîmes." 1 Selon Jean-Jacques Lebel : "Mort jeune, Bernard Saby n'avait pas d'âge. Sa singularité absolue le plaçait au-dessus de la mêlée." 2 Pierre Boulez, son condisciple chez Leibowitz, affirme "qu'on peut voir la personnalité de créateur de Saby comme écartelée entre les forces d'irrationalité auxquelles il estimait indispensable de s'abandonner et le besoin de les ordonner selon une logique avouée et contrôlée." 3

Le Musée d'art moderne de la ville de Paris lui a consacré une rétrospective en 1986, et expose des tableaux de Saby dans ses collections permanentes. Il est aussi présent dans les collections du Musée national d'art moderne, Centre Pompidou.